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[NTTD] La critique du livre making-of de Mark Salisbury

Fut un temps, situé entre Permis de tuer et Le monde ne suffit pas, où les sorties des films étaient accompagnées de livres making-of écrits par divers auteurs et qui racontaient les coulisses du film et en résumait les intrigues. Puis la formule a changé pour devenir des livres uniquement photos sur Meurs un autre jour et les films suivants. Mais avec Mourir peut attendre, la production a décidé de revenir à l’ancienne formule en proposant un livre making-of avec une belle part de texte.

Et c’était là une bonne chose/idée, car il y avait probablement beaucoup à dire sur ce film. Mais comme on le verra, elles n’ont malheureusement pas été dites…

Mais parlons d’abord du livre en lui-même, en tant qu’objet. La première chose constatée après l’avoir reçu (après un bon mois, #LivrerPeutAttendre) c’est qu’il s’agit d’un de ces livres avec ces saloperies de couvertures volantes plus communément appelées « dust jacket ». Passé cette première déception, il faut bien admettre qu’on est face à une belle bête : le poids et la taille sont assez imposant et la qualité du papier est d’excellente facture (tandis que la couverture réelle est, comme souvent avec les dust jacket, naze).

Rien qu’en feuillant un peu on peut remarquer un livre plein d’illustration et en regardant plus attentivement on observe une mise en page soignée. Les images sélectionnées sont belles et pour la grande majorité inédite (très bon point) et il y un parfois un petit côté relief sympa (un élément sort des contours de l’image et dépasse sur le papier blanc, comme les oreilles du chat sur la photo au-dessus).

La seule chose qui vient ternir cette mise en page est l’inclusion de citations en gros qui répètent ce que l’ont a lu ou va lire, donc sans intérêt si ce n’est nous faire perdre notre temps à lire deux fois exactement la même chose (je n’ai jamais compris pourquoi certains livres/sites font ça).

Ok, les images sont belles mais que vaut le texte ? (Précisons qu’il n’y a pas de traduction française de ce livre, il n’existe qu’une version anglaise et japonaise). Oui, le texte, eh bien… c’est là que le bât blesse avec ce livre. C’est que l’auteur et son livre se montrent au final assez avares en révélation, prenons quelques sujets sur lesquels ont aurait aimé que ce livre nous éclaire :

  • Boyle : ce qu’il avait fait du temps où il était là et pourquoi il est parti.
  • Ce qu’il s’est passé avec Dan Romer.
  • L’évolution du scénario.
  • Les scènes coupées.
  • Les raisons derrières les choix osés de ce film.
  • Les motivations de Safin et son plan.

RIEN de tout ça ne sera traité ! Oh on nous dit bien que : « avec l’équipe principale de Boyle en place, la pré-production a commencé. Des endroits ont été repérés, des acteurs ont été auditionnés, des cascades ont été préparées, des costumes et décors ont été conçus et crées ». Et… C’est tout. À aucun moment on nous dit quels endroits ont été visités, ni qui fut auditionné, quelles cascades, et aucune description (ni même photo) des costumes et décors crées. Pourquoi ? En fait l’époque Boyle est carrément expédiée en une page, que diable !

Un manque de détails/développement se fait toujours ressentir dans ce livre tandis qu’il y a un (trop) grand nombre de passages qui se lisent comme un résumé de l’intrigue du film. Heureusement il n’y a pas de section dédiée à un résumé de l’intrigue comme dans les anciens livres du genre (vu qu’à notre les gens peuvent revoir les films chez eux quand ils le veulent) mais regardez cette phrase par exemple :

« Vous ne voyez pas Ash se faire écraser [par le Land Rover], mais vous assumez qu’il l’est », dit Corbould.

Quel est l’intérêt de ce passage ? Je le sais déjà, j’ai des yeux et aie vu le film (comme tout le public cible du livre). C’est du meublage qui fait perdre de la place à des choses plus intéressantes qui auraient pûs êtres dites mais qui ne le sont sont pas (comme pourquoi avoir choisi de montrer l’écrasement du personnage hors champs ? Question que je me suis posée en voyant le film et dont le livre ne me livrera la réponse).

En plus ça on n’apprend que peu de trucs sur comment le film a été crée, une sensation (qui n’est pas juste une sensation) de déjà lu (et même traduit sur ce blog) sur la plupart des choses qui en ressort… Il faut dire que le livre est divisé de manière spéciale : selon l’ordre chronologique du film.

Pas sûr que ce fut un choix judicieux, j’ai plus l’impression que ça n’aide pas à parler du côté pré-production (trop peu présent). D’ailleurs tout ce qui est post-production passe stupidement à la trappe (effets spéciaux numériques, musiques, montage, marketing) et il n’y aucune référence au COVID-19 (dommage pour ceux qui liront le livre dans 30 ans, mais qu’on peut peut-être pardonner si les exemplaires étaient déjà imprimés) !

Autre point, Linus Sandgren doit être un type très bavard ou très disponible : pourquoi n’ai-je l’impression de n’entendre que lui, Cary et Véronique Melery dans ce livre ? À beaucoup d’instances le directeur de la photographie apparaît et j’aurais préféré plus de variété, j’attendais que ce livre fasse place belle à diverses professions de l’ombre telles que les maquilleurs, les costumiers, les constructeurs, les gens qui enregistre les sons, les cascadeurs, les armuriers, etc… Mais au final ce sont toujours les mêmes personnes qui apparaissent au fil des chapitres.

Alors No Time to Die: The Making of the Film de Mark Salisbury est un livre qui nous laisse notre faim et ne répond pas aux questions restées en suspends. Là où cela aurait plus être l’occasion de rattraper l’absence de bonus des DVD/Blu-ray et une bible sur le film, il s’agit d’un effort trop timide, trop avare en révélation et détails sur le tournage tandis que l’on a trop l’impression de lire des choses que je sais déjà à la place. Au moins, ceux qui aimaient bien les livres-photos des derniers films ne devraient pas être déçus puisque l’aspect visuel du livre est de bonne facture (bien qu’il nous rappelle que la production nous laisse également sur notre faim niveau story-boards et concepts arts). Dommage.

 

Clement Feutry

Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

1 commentaire

  • Superbe article encore une fois.

    Petit détail (qui n’a rien à voir avec l’article sinon un micro-point soulevé) :
    Concernant le départ de Dan Romer, cette interview de Goeff Foster (lead ingénieur son au Air studio sur le projet) donne un petit (vraiment petit) peu plus d’infos.
    https://headlinermagazine.net/headliners/geoff-foster-recording-bond%E2%80%99s-no-time-to-die-score.html

    Pour résumer, un compositeur engagé sur James Bond doit rester dans un cadre précis, ce que n’aurait pas fait Romer.
    Ce qui est curieux, car Newman allait déjà assez loin dans les expérimentations formelles. Pourquoi est-ce passé pour Newman et pas pour Romer ? Mystère.

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