Commander James Bond France

Page live de brouillon

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Nous voici à la fin cette chronique sur la naissance d’Opération Tonnerre. Depuis la première tentative d’en faire le tout premier film de 007 en 1959-60, à un roman en 1961, jusqu’au gigantesque hit de Noël 1965, le chemin fut long pour Thunderball ! Venez l’explorer avec nous et nos amis de Mr. Kiss Kiss Bang Bang, Agent007.nu

Épisode 1 : James Bond of the Secret Service
Épisode 2 : Les idées de Fleming pour le cinéma
Épisode 3 : Longitude 78 West
Épisode 4 : Quand Thunderball devient un roman
Épisode 5 : EON s’empare de Thunderball
Épisode 6 : Un scénario de blockbuster

1965

Thunderball script 6

Le 19 janvier 1965 un script pour le tournage est écrit par Maibaum et polit par John Hopkins ; il sera modifié au cours des mois suivants. Notre exemplaire de ce script intitulé « THUNDERBALL » que nous avons à CJB pèse 183 pages (!), il s’agit d’une copie « revised » du script du 19 janvier (les révisions vont jusqu’au 19 mars). La page de couverture précise qu’il est « basé sur l’histoire originale de Kevin McClory, Jack Whittingham et Ian Fleming » (mention qui n’était pas présente sur les précédents script, Cuneo n’est pas toujours pas mentionné et ne le sera pas dans les crédits du film).

GUNBARREL – BOND – SANG – MARQUE DÉPOSÉE
JAMES BOND THEME; alors que le pistolet détone, le sang ruisselle et avec cela nous…

Il n’y a rien d’autre à dire, le début typique de la saga n’est ouvert à aucun changement, le monde connaît déjà cette séquence. Maibaum et Hopkins savent aussi que le film sera autant une célébration du phénomène Bond qu’une histoire à propos de sa mission. Bond est introduit ainsi dans le script :

Deux personnes cote à cote regardent vers le bas, en dehors de la foule, encore intéressées. L’une d’elles est une femme française élégante dans sa trentaine, et à côté d’elle, cette idole des services de renseignement, l’opiacé des opprimées et de la classe ouvrière, James Bond.

La copie que nous avons à CJB commence directement par Bond qui dit « En ce moment, je préfère que soit lui plutôt que moi » (il nous manque visiblement la première page). La femme française à qui Bond s’adresse se nomme La Porte, comme dans le film elle lui répond que le colonel est mort durant son sommeil… Au détail près que ce colonel s’appelle Jacques Boitier (et non Jacques Bouvar ou Philip Durand). À cela, 007 répond en haussant les épaules :

Je ne suis pas le seul à avoir un permis de tuer.

Les dialogues continuent à différer du film :

La Porte : Vous semblez déçu que cela ne vienne pas de votre… votre intervention.
Bond : Jacques Boitier a tué deux de nos Double-0 en six mois… qu’espériez-vous que je dise ?
La Porte : Peut-être rien. Excepté que Madame Boitier est plutôt une belle femme.
Bond : Comme vous le dites, « plutôt » une belle femme.

La « veuve » s’en va de la chapelle et monte dans « une grosse voiture – probablement de chez Ford Motors » (le constructeur qui a fait figurer sa Mustang dans Goldfinger) accompagné de Brinon. À la question de La Porte (Y a-t-il quelque chose que le Deuxième Bureau peut faire pour vous ?), Bond répond « Plus tard, sans aucun doute, mais pour le moment… », et ajoute « Comme je l’ai dit, plus tard » lorsque la limousine de la veuve s’éloigne.

Bond rejoint sa voiture, qui n’est pas une Aston Martin DB5 ou une Bentley, mais une (Ford) Thunderbird et prend la même direction que la limousine.

Dans le château madame s’avère être monsieur et suite à un combat Bond le tue en l’étranglant avec ses faux seins. Poursuivit, Bond s’envole en jet-pack et rejoint La Porte qui l’attend près de sa Thunderbird. Lorsqu’il retire son jet-pack, le script nous dit que « cela ne devrait pas lui prendre plus longtemps qu’un golfeur avec chariot pliable ou qu’un agent secret à Istanbul avec un fusil de sniper démontable ».

Alors que des hommes armés venant du château approchent et tirent, Bond et La Porte s’enfuient en Thunderbird (qui ne possède pas de canons à eau)… Et puis : GÉNÉRIQUE !

Le générique se termine et nous voyons Largo à Paris qui se gare devant un panneau « interdit de stationné » dans une voiture que le script décrit comme « pas une Ford, mais quelque chose du genre Ferrari – Maserati » (ce sera finalement une Ford Thunderbird que conduira Largo dans le film). Largo est décrit comme un homme « puissant d’un âge moyen, il a de l’élégance mais aussi de l’autorité. Un homme avec des amis haut placés, mais aussi un homme qui n’a pas besoin d’eux » (le script ne demande pas encore à ce que Largo ait un cache-œil).

Il entre dans le bâtiment parisien du Spectre, passe près des Karlski, presse un bouton sur un mur (au lieu d’une télécommande) et rejoint la salle de réunion. Contrairement au film, Largo n’est pas le numéro deux :

Blofeld : Entrez numéro trois. Pas besoin de vous excuser, je sais pourquoi vous êtes en retard. J’étais en train de dire à quel point nous regrettons tous à Spectre la mort dans l’affaire d’Istanbul, de numéro six… Rosa Klebb, qui va tristement nous manquer. Nous allons maintenant procéder à l’examen usuel des rapports financier. Numéro dix ?

(Dans le film, le numéro six est Jacques Bouvar).

On procède donc au rapport financier (qui est comme le film, sauf que l’ordre des lignes est inversé) puis numéro 9 est électrocuté. Blofeld explique que celui-ci avait joué et perdu l’argent au jeu.

À la suite de l’explication du nouveau plan du Spectre par Largo, nous retrouvons « Lipson » (et non Lippe) dans sa sweat-box (il n’est également jamais référé en temps que « comte » dans le script). Patricia est en train de masser 007 :

Bond : C’est mieux.
Patricia : Vison. Cela réduit la tension.
Bond : Cela pourrait être plus facilement accompli si vous portiez plus de vêtements, mademoiselle ? …Mademoiselle ?
Patricia : (qui l’ignore) J’ai peur que votre séance ne touche à sa fin.
Bond : Quel est votre nom ? Et quand êtes-vous libre ?
Patricia : Patricia Fearing, et un homme avec un dos dans votre état a besoin de tout le repos qu’il peut avoir.
Elle presse fort et il émet un gémissement de douleur.
Bond : Vous avez fait exprès.
Patricia : Pas du tout, j’ai bien peur que vous n’ayez besoin du traitement complet.

Lipson sort de la sweat box et les rejoints :

Lipson : Je vous vois après ma douche, Pat.
Patricia : Je serais prête. Voici M. Bond – M. Lipson.
Bond : Vous ne me l’enlevez pas déjà, non ?
007 voit le tatouage rouge, décrit comme « un zigzag traversé par deux traits verticaux ».
Bond : Le seul plaisir dans ce triste endroit…
Lipson : Vous avez découvert cela aussi. Une demi-heure, Pat.

Après son coup de fil à Moneypenny et avoir été repéré par Angelo, 007 rejoint Patricia. Lorsqu’il essaye de la tripoter, le script nous dit que « Elle se désengage elle-même, elle a eu beaucoup de pratique pour cela » ou encore « C’est un baiser plus long qu’elle n’avait imaginé possible dans ces conditions, et cela lui prend du temps et toute son adresse pour se désengager ».

Patricia met Bond sur la table de traction (c’est Bond qui sort les mots « chevalet de torture » et non elle) et Lipson essaye de tuer Bond. Lorsque Patricia revient il y a des lignes de dialogue supplémentaires et altérées :

Patricia : …et je peux vous dire que c’est un miracle que je sois revenue au bon moment. J’avais laissé ma montre derrière.
Bond : Je vous en achèterais une autre demain… en diamant solide.
[…] 
Bond : Vous pensez que j’ai besoin de me relaxer après cela ? Attendez que je dise à votre docteur Wain ce que je pense de cet endroit, et de son équipement défectueux…
Patricia : Vous ne lui direz rien… s’il vous plait. J’aime mon travail…
Bond : Je suppose que mon silence peut avoir un prix.

S’ensuit la scène entre Bond et Patricia dans le bain de vapeur (elle dit d’ailleurs : « non, vous avez tord… ce n’est pas ce que je voulais dire quand je parlais du traitement complet »). Lorsqu’il s’en va du bain de vapeur, il voit Lipson dans une sweat box et se venge de lui.

Le script enchaîne avec Lipson dans la cabine téléphonique qui passe un coup de fil à Fiona Kelly (il n’y a pas la mini scène de Bond et Patricia avec le gant de vison ; scène coupée de certaines éditions anglaises).

Nous la retrouvons ensuite au lit avec le colonel Franco Palazzi. Un peu plus tard Angelo arrive et Fiona tue elle-même Palazzi avec un pistolet silencieux. Angelo prend la place de Franco, demande une augmentation et se rend à la base aérienne de Boscombe où il embarque dans le Vulcan.

Nous retrouvons Bond, Patricia et le gant de vison et nous avons alors le droit à la mini-scène qui se trouve plus tôt dans le film :

Patricia : Mh… Mh…
Bond : Relâche la tension, vous savez.
Patricia : Pas la mienne…
(Bruit des bombardiers qui décollent)
Patricia : Assez pour vous rendre folle… à moins que ce ne soit ces gants de vison.
Bond : Je vais fermer les fenêtres.

Bond va fermer la fenêtre, mais contrairement au film : il ne voit pas d’ambulance et il retourne auprès de Patricia. À la place le script enchaîne sur l’intérieur du Vulcan où Angelo gaz le reste de l’équipage et rejoint le Disco Volante (les descriptions de Vargas et Janni et sont toujours inversées).

Largo tue Angelo (en coupant son arrivée d’air) et le Spectre vole les deux bombes atomiques. Nous retrouvons Bond à Shrublands qui se dirige vers sa voiture pendant que Patricia lui dit « Et tu m’écriras… me téléphoneras tout du moins » à la fin de la page 38.

Juste après il y a une autre série de pages 38 (38A, 38B… 38E) qui ont vraisemblablement été écrites plus tard. Dans celles-ci Bond regarde Lippe (et non plus Lipson) à travers la fenêtre de sa chambre : il est 1h00 du matin. Une ambulance transportant le corps de Palazzi se gare et Bond va s’habiller.

Patricia : James ? Où es-tu ? James !
Bond : Tu étais censé dormir.
Patricia : Comme toi. (Il l’embrasse) Où vas-tu ?
Bond : Nulle part. Je pensais juste faire un peu d’exercice.
Patricia : Tu dois plaisanter.

Bond sort dans les couloirs pour enquêter (Lippe aperçoit son ombre) et découvre le corps de Palazzi. Durant cette séquence, Bond bloquait un couloir avec un chariot et, alors qu’un des ambulanciers s’apprêtait à lui tirer discrètement dessus lorsqu’il découvrait le corps, un bruit se faisait entendre dans le couloir. 007 sortait de la pièce (sortant ainsi de la ligne de mire de l’ambulancier) pour se rendre vers la source du bruit et découvrait que Patricia était sortie et qu’elle avait trébuché sur le chariot. Il la regarde :

Patricia : Ne reste pas planté là ! (Il l’aide à se relever) C’est ta conception d’une blague ?

Nous arrivons maintenant à la page 49 où nous retrouvons à nouveau Bond à Shrublands qui se dirige vers sa voiture pendant que Patricia lui dit « Et tu m’écriras… me téléphoneras tout du moins ». Le reste des dialogues suit le film. Bond s’en va dans voiture (le modèle n’est pas précisé) et il y a la scène sur l’autoroute en lui, Lipson et Fiona avec sa moto lance-flamme.

Dans des pages révisées du 3 mars 1965, Bond arrive au bureau de Moneypenny. Au lieu de dire « Sa femme a perdu son chien sans doute », Bond sort dans le script : « Les Daleks ont pris le pouvoir ! » (une référence à Docteur Who ?). 007 se rend donc à la salle de conférence, M prend la parole et les dialogues qui suivent sont similaires à ceux du film. À l’intérieur du dossier Bond trouve une photo de « Derval » (et non plus Palazzi, il s’agit toujours des révisions du 3 mars) mais non accompagné de sa sœur Dominique. Il y a toujours la volonté d’avoir un plan montrant que les autres agent 00 sont joués par de grandes stars dans le script.

Dans la scène suivante nous retrouvons Bond qui marche dans un bloc d’immeubles : il se rend à l’appartement de Derval ! Il toque à la porte, personne ne répond et il force la porte de l’appartement avant d’y entrer. Il commence à fouiller l’endroit, mais il ne sait pas que Fionna est cachée dans la chambre : elle sort un tube de rouge à lèvres qui se révèle être un couteau télescopique. Alors qu’il est sur le point d’entrer la chambre où Fiona l’attend pour le poignarder, les yeux de Bond s’arrêtent sur une photo. Bond met la photo dans sa poche et sort de l’appartement.

Thunderball 13

Dans le bureau de M, le chef des services secrets regarde la photo que son agent lui a rapportée : Derval et Dominique sur une plage. M affecte Bond au Canada, mais Bond demande plutôt Nassau car c’est là que la fille se trouve. Lorsque M demande à son agent où il a trouvé la photo, le script nous dit qu’il y a « un silence inconfortable ». Après un passage dans le bureau de Moneypenny, Bond se rend aux Bahamas.

Dans des pages révisées du 4 mars 1965, nous le retrouvons (directement) sous l’eau qui aide à Dominique à se dégager d’un varech (en bikini, elle sera surnommée « Domino » un peu plus loin mais les indications scéniques du 19 janvier gardent presque toujours son nom complet). Ensemble ils remontent à la surface où les attends deux bateaux et une « grande fille colorée des Bahamas », Paula Roberts (et non Caplan). Comme dans le film, Bond feint une panne de son bateau et monte avec Dominique. Le script prévoyait des dialogues sur le bateau :

Bond : Vraiment gentil à vous.
Dominique : J’espère que votre petite amie en pense de même. Vous avez délibérément souillé ce moteur.
Bond : Je devrais prendre la fuite. Belle, et intelligente !
Dominique : Oui, je sais. Plein de gens me le disent…
Bond : Des gens auxquels vous essayez d’échapper ?
Dominique : Vous posez beaucoup de questions.
Bond : Il y a plein de choses que je veux savoir.
Dominique : D’où venez-vous ?
Bond : Londres.

Plan de Londres qui montre Big Ben sonner trois fois à 6h00, et de Blofeld (du moins le dos de sa chaise) à Paris qui dit : « Ils ont accepté nos conditions. Informez numéro deux à Nassau ». (Largo n’est donc plus le numéro trois dans ces révisions).

Bond et Dominique sont au bord de la piscine :

Bond : Comme je vous l’ai dit, un rendez-vous important.
Dominique : Votre petite amie va vous rechercher.
Bond : Elle ne va pas me trouver, non ? Dommage que ce ne soit pas du consommé de conque.
Dominique : Vous devez lire les mauvais livres, M. Bond.

La suite du dialogue est similaire au film, sauf au moment où elle part :

Bond : DOMINO !
Dominique : Comment savez-vous cela ? Que mes amis intimes m’appellent Domino ?
Bond : Comment pourraient-ils vous appeler autrement ? Nicky ?
Dominique : Au revoir, M. Bond.

Bond se rend à sa chambre d’hôtel après avoir quitté Domino. Il inspecte sa chambre et celle de Paula, écoute le magnétophone du livre, Leiter se pointe, Bond le frappe puis s’occupe de l’homme de main (Quist) caché dans la salle de bain :

Bond rend l’arme (sans le chargeur) à Quist.
Bond : Au cas où tu aurais oublié, le nom est Bond, James Bond.
Il ferme la porte au nez de Quist.
Leiter : À quoi on joue ?
Bond : Comment va ton menton ?
Leiter : Qui c’était ?
Bond : Cela pourrait être un chien de garde d’un petit ami jaloux.
Leiter : Je ne pense pas !
Bond : Ou peut-être l’Opposition ! […].

Dans la scène suivante Bond et Leiter sont dans Prince George Wharf et rejoignent Pinder et Paula puis Q (la rencontre que nous avons est une version révisée du 15 mars et du 4 mars selon les pages) :

Q : Double-zéro sept !
Bond : Oh, non ! Quand êtes-vous arrivé ?
Q : Si vous n’aviez pas été pressé comme un diable de sortir [du QG], double-zéro sept, je ne serais pas là du tout !

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Bond fait les présentation et sa remarque sur une Aston Martin avec des flotteurs. On procède maintenant présentation des gadgets, avec quelques lignes différentes et gadgets supplémentaires par rapport au film. Q lui sort la montre :

Q : Ceci est un compteur Geiger que vous pourrez trouver utile, et discret.
Bond : Ça pourrait être utile.
Q : La petite aiguille vous donne la radioactivité. C’est waterproof.
Bond : Choc-proof ?
Q : Bien entendu !
Q prend l’appareil photo :
Q : Voici quelque chose que je voudrais vous voir utiliser avec le plus grand soin.
Bond : Tout ce que vous me donnez…
Q : Est traité avec un égal mépris. Oui, je sais. Mais cet appareil photo… est quelque chose que nous venons juste de développer.
Bond : Qu’est ce qu’il fait ? Explose, fini en flamme, ou joue God save the Queen ?
Q : Il prend huit photos dans une succussion rapide lorsque vous appuyez sur ce bouton.
Bond : Ah !
Q : Cet appareil photo est aussi un compteur Geiger.
Bond : Vous auriez pu me tromper.
Q : Essayez d’être un peu moins frivole que d’habitude, double-zéro sept. [Dialogue où Q explique le fonctionnement de l’appareil].
Q lui montre maintenant une sorte de révolver :
Q : Arme sous-marine à répétition. Cela tire des fléchettes traçantes explosives au magnésium.
Q sort le petit respirateur :
Q : Dans l’éventualité où l’aqualung (la chose que Bond porte sur le dos dans la bataille finale) ne serait pas disponible, vous pouvez utiliser ceci ; pour une période limitée bien sûr, peut-être deux minutes. Ça tient dans une poche. Maintenant !
Q lui montre l’aqualung :
Q : Sur l’aqualung en soi. Devant des roquettes/fusées (6 tubes).
Bond : J’aurais besoin de garder la tête baissée.
Q : C’est conseillé, oui. Les contrôles seront sur (la taille ou le poignet). Ce bouton diffuse un écran d’encre à l’arrière au cas où vous devriez battre en retraite.

Finalement Q présente la pilule radioactive à 007 et la scène se termine avec « vous l’avalez ». Dans la scène qui suit (révisée du 10 mars), Quist se présente à Palmyra pour faire son rapport à Largo avant d’être jeté dans la piscine aux requins (Quist dit tout de même à Largo que Bond est avec une femme (Paula)). Juste après cela Largo se déplace vers un autre endroit de Palmyra et tombe sur Dominique :

Largo : Ma chère, à quel point tu es belle.
Dominique : Merci.
Largo : J’ai été si occupé ces derniers jours, c’est à peine si je te vois. Ce doit être si ennuyant pour toi.
Dominique : Je continue à m’amuser.
Largo : Je le crois.
Dominique : Peut-on parler plus tard ? J’ai si chaud, je veux me baigner.
Largo : Pas pour le moment, ma chère.
Largo pose un bras sur ses épaules.
Dominique : Je veux nager.
Largo : J’ai un travail pour toi.

Dominique regarde Largo en silence, pus ils s’éloignent de la terrasse. Dans la scène suivante, Bond se rend au casino et rejoint la table de Largo. Le dialogue et les scènes sont similaires au film (sauf que 007 donne du « Bond, James Bond » au lieu d’un simple « Bond »). Bond gagne :

Largo : …Juste quand j’allai partir offrir un verre à ma nièce.
Bond : Je peux vous offrir un verre.
Dominique : Si vous n’avez rien de mieux à faire.
Largo : Peut-être que ma nièce peut découvrir votre secret [aux cartes].

Thunderball 14

Après la danse avec Domino, Bond retrouve Leiter et Pinder : il va plonger pour inspecter le Disco Volante. La séquence se déroule comme le film puis Bond atteint le rivage où il monte dans la voiture de Fiona : « J’ai de la chance. Au lieu d’une misérable randonnée, je fais une virée avec la plus belle fille que j’ai vue sur cette ile », lui dit-il. Ils passent devant Palmyra puis s’arrêtent à l’hôtel, durant le trajet bond se permet une remarque : « Une chose à propos des femmes qui conduisent. Elles savent toujours où elles vont ». Puis vient la scène où M et ses collègues écoutent les instructions de Blofeld pour le payement (il y a quelques lignes supplémentaires où il est dit que De Beers n’est pas sûr de pouvoir réunir les diamants à temps).

À partir de là, le script se déroule à nouveau comme le film (pour rappel dans le film l’ordre des scènes est le suivant : Domino et Bond autour de la piscine, casino, Bond rencontre Leiter, mort de Quist par les requins, rencontre de Pinder et Q, message de Blofeld à Londres, et plongé près du Disco Volante, rencontre de Bond et Fiona).

007, Leiter (et Pinder) regardent les photos du Disco Volante prisent par Bond, puis survolent l’océan avec un hélicoptère pour trouver l’épave du Vulcan. Pendant ce temps, Largo et Fiona font du tir aux pigeons. Cette scène est beaucoup plus longue que dans le film au point de vue dialogues :

Largo : Bien sûr qu’ils nous regardent, ma chère. Que peuvent-ils faire d’autre ? Ils peuvent seulement espérer que nous fassions une erreur avant que leur temps ne soit écoulé.
Fiona : Si vous aviez réussi à tuer Bond la nuit dernière…
Largo : C’est regrettable, je vous l’accorde. Une erreur.
Fiona : Vraiment ?
Largo : Bien sûr.
Fiona : Vous en êtes sur…
Largo : Ma chère, cela peut certainement attendre un moment ?
Fiona : Vous voulez la mort de Bond.
Largo : Oui.
Fiona : Parce qu’il a essayé de faire l’amour à votre femme ?
Largo : Parce qu’il est Bond, et qu’il devrait être tué.
Fiona : Quand le temps sera venu, il sera tué. Je devrai le tuer.
Largo : Parfois, ma chère… (il prend le visage de Fiona dans sa main) Je pense que tu oublie. Je t’ai trouvé. J’ai fait de toi ce que tu es.
Bruit de Domino qui plonge dans la piscine.
Fiona : Cette femme ne devrait pas être ici, Largo. C’est trop dangereux.
Largo : Pour les craintifs, tout parait dangereux.
Fiona : Il n’y a pas de place pour les erreurs, mon cher. Pas de place pour le plaisir personnel.
Largo : Quand il y aura des erreurs, ma chère, alors je t’écouterai.
Fiona : Si Bond était mort la nuit dernière, comme le résultat de votre « erreur », son gouvernement aurait su de manière certaine que les bombes sont ici.
Largo : Heureusement, il n’est toutefois pas mort.
Dans l’hélicoptère :
Leiter : Tu prends un terrible risque, James, aller à Palmyra ?
Bond : Il m’attend, non ?
Leiter : C’est ce que je dis !
L’hélicoptère se pose à l’aéroport et Bond en descend.

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Fiona : Qu’est ce que tu vas faire avec cet homme, Quist ?
Largo : Il a déjà été puni.
Fiona : Il agissait sous tes ordres ?
Largo : Naturellement.
Fiona : Peut-être que le mauvais homme a été puni ?
Domino sort de la piscine et voit Fiona, elle la regarde froidement.
Largo : Fiona, ma chère.
Fiona s’en va. Elle revient vers lui un peu plus tard.
Largo : Dit moi, ma chère. Le temps est-il venu ?
Fiona : De quoi parles-tu ?
Largo : Bond, il est là. (Il lance son fusil à Fiona qui l’attrape) Il a accepté mon invitation.

Bond est donc sur le parking de Palmyra où il repère la voiture Fiona et est conduit à l’intérieur. Il tombe sur Domino qui nage dans la piscine ; Janni et Vargas les regardent un peu plus loin.

Bond : Cette piscine a l’air d’être particulièrement attrayante.
Elle sort de l’eau.
Bond : J’espérais que vous m’invitiez à me joindre à vous.
Domino : Plus tard. J’en ai eu assez pour le moment.
Largo : Bienvenue à Palmyra, M. Bond.
Bond : C’est un plaisir.
Ils se serrent la main.
Largo : J’aime les hommes avec une forte poigne.
Bond : La votre est indéniablement forte.
Largo : (avec un rire) Pas comme un spectre ? (Présentant ses hommes) M. Janni, M. Vargas.

La scène suit le film, à la phrase « Ils (les requins) savent que c’est l’heure où on les nourrit » Bond ajoute : « Qui est au menu aujourd’hui ? ». Largo ne lui répond pas et ils parlent du Disco Volante, ici il y a la fameuse scène coupée où Bond visite le yacht :

Domino : Venez M. Bond, le consommé de conque à l’air délicieux.
Largo : Domino ma chère, je me demandais, si tu n’as rien à faire d’important cet après-midi… M. Bond aimerait visiter le Disco Volante, de l’intérieur. Peut-être que tu voudrais lui faire la visite ?
Domino : Bien sûr.
Largo : Nous pourrons tous nous retrouver plus tard au Junkanoo. Vous serez mon invité ce soir, M. Bond ?
Bond : C’est très gentil à vous.
Largo : Tout le plaisir est pour moi. Allons ma chère, je vous rejoins dans quelques minutes. Mes amis ont faim aussi.

Bond et Domino s’éloignent tandis que Largo va ouvrir un gros panier contenant de la viande sanglante. Il nourrit les requins avec (ceux-ci se battent entre eux pour la viande). Un bateau s’arrête près du Disco Volante et Bond et Domino montent à bord du yacht. Le capitaine les accueille :

Capitaine : M. Largo m’a averti que l’on vous attendait.
Bond : Passez devant s’il vous plait. Vous pourrez me dire quand baisser la tête.
Capitaine : Comme vous voulez, suivez-moi.

Ils suivent le capitaine, Bond regarde sa montre-Geiger : pas de radioactivité. Ils arrivent à la salle des machines où se trouve deux gros moteurs Diesel identiques. Domino s’ennuie clairement tandis que Bond semble écouter le capitaine attentivement. Un autre coup d’œil à la montre ne montre pas de radioactivité. Ils sont maintenant à la salle des radios, Domino semble contrariée :

Bond : Qu’est ce que vous avez ? Le traditionnel Marconi à ondes courtes et longues, je suppose ? Est-ce que je peux voir ? L’équipement radio m’a toujours fasciné.
Capitaine : Je suis désolé, monsieur. Peut-être une autre fois. Pour le moment je dois laisser l’opérateur écouter les rapports météo.
Bond : Ah. Bien, alors une autre fois.

Bond jette à nouveau un coup d’œil à sa montre qui n’indique aucune radioactivité. Ils se rendent sur l’afterdeck où il y a un véhicule amphibie deux places :

Capitaine : Le problème des ballasts est important avec ces navires. Quand la proue monte le carburant se déplace vers l’avant.
Bond regarde encore sa montre.
Domino : (sévèrement) J’ai peur que nous retenons Bond loin d’un rendez-vous important.
Bond : Non. Continuez s’il vous plait.
007 fait un sourire à Domino.
Capitaine : Bien, er, nous avons deux gros réservoirs latéraux pour corriger cela.
Domino se détourne des hommes et va s’appuyer contre le rail et regarder l’océan.
Bond : Eh bien, merci capitaine, c’était très instructif.
Capitaine : Pas du tout, monsieur. C’était un plaisir.
Bond rejoint Domino :
Domino : Je ne crois pas que vous ayez entendu le moindre mot de ce qu’il a dit.
Bond : Au contraire.
Domino : Vous n’avez pas arrêté de regarder votre montre.
Bond : Je suis quelqu’un qui surveille le temps.
Domino : Je pense que vous avez un rendez-vous !
Bond : Non, vous pouvez l’appeler un engagement antérieur ?

À l’hôtel de Bond, Fiona Kelly rencontre Paula Roberts : cette dernière se fait capturer par Vargas et Janni. Comparé au film il y a un court passage supplémentaire où Fiona montre les photos prises par Bond à Paula en disant : « Parle-moi de cela », puis voyant que Paula reste silencieuse : « Tu vas parler. Peut-être plus tard, mais tu vas parler ». Dans le festival du Junkanoo, Bond et Domino attendent Largo :

Bond : Il semblerait que l’on nous ait posé un lapin.
Domino : Si vous regardez votre montre encore une fois, M. Bond… je vous jure que je vais crier si fort que le festival entier va s’arrêter.
Bond : Largo n’a-t-il pas dit qu’il nous rejoindrait ici, non ?

Le dialogue suit son cours et Leiter fait des signes à Bond, (Domino commente : Votre « engagement antérieur ? »), et 007 apprend que Paula a disparu. Un peu plus tard nous voyons Largo jouer aux échecs contre Janni tandis que Dominique joue du piano (…ce qui ne fait aucun sens puisqu’elle devrait être avec Leiter) lorsque le courant est coupé à Palmyra. Bond est en train de s’infiltrer dans la propriété de Largo, il maitrise un homme de main (étrangement le script désigne les hommes de main comme des « SPECTRES »), découvre le corps de Paula (le script nous dit que Kutze est en train de pleurer), puis l’alarme sonne. Bond sort et est (continuellement) poursuivit pas des « SPECTRES » jusqu’à ce qu’il tombe dans la piscine. Comme dans le film, les requins sont lâchés et Bond parvient à s’en sortir en rejoignant l’autre piscine. « Désolé mes amours, vous allez devoir commander autre chose, je m’en vais ! », dit-il aux requins après être sorti du bassin salé.

Après une mini-scène où 007 rejoint Pinder à l’extérieur de Palmyra, Bond retourne à son hôtel où il tombe sur Fiona qui est dans la douche (et non le bain). Cette scène n’est pas ce qu’elle sera dans le film puisque Bond ne passera pas de sandales à Fiona mais un peignoir. Ils finissent au lit (il n’y a pas le dialogue sur la « sauvagerie ») et après, elle porte une chemise de nuit verte semi-transparente tandis que Bond est près du livre-magnétophone :

Fiona : (voix) Il n’y a pas de livre qui ne peut rien vous apprendre.
007 décide ne ne pas toucher au livre. En voyant Fiona dans sa chemise de nuit :
Bond : Bien convenable.
Fiona : Je ne la porte qu’a des occasions spéciales.
Bond : Magnifique, la façon dont cela est arrivée, non ?
Fiona : J’ai su que cela arriverait depuis le moment où je vous aie vue. Alors pourquoi jouer à des jeux ?
Bond : J’aime beaucoup les jeux.
Ils s’embrassent.
Fiona : Vous avez mis un tel désordre dans mes cheveux.
Elle s’assoit à sa coiffeuse.
Bond : Dit moi, Fiona…
Fiona : Ce que tu veux.
Bond : Est-ce que la fille est l’une des vôtres ?
Fiona : L’une des nôtres ?
Bond : Si ce doit être un secret, chérie, tu ne devrais pas porter la même bague que Largo. Non ?
La main de Fiona se dirige vers son rouge à lèvres-couteau.
Fiona : C’est une bague que j’aime porter.
Bond : La vanité est un dangereux ennemi, tu ne penses pas ?
Fiona : La vanité, M. Bond ?
Il pose une main vers Fiona et la tourne vers lui.
Fiona : Une chose sur laquelle vous en connaissez un rayon.
Fiona presse un bouton de son rouge à lèvres et la lame sort, la pointe touche la gorge de Bond.
Fiona : (appelle) Vargas. (Bond commence à bouger) Ne bouge pas.
Fiona pousse un second couteau contre l’estomac de Bond.
Fiona : Je suis sûr que vous avez un sens propre des valeurs, James.
Bond : Oh, oui.

Vargas et Janni arrivent.

Fiona : Habilliez M. Bond.
Bond : Tu n’as pas répondu à ma question, Fiona.
Fiona : Est-ce que nous employons une amateur comme cette fille stupide ?!
Bond : Vous n’espérez pas que je vais porter cela ?
[…] 
Fiona : Pauvre James ! Tout ceci doit être un choc. Je veux dire, les filles à qui vous avez fait l’amour dans le passé… Elles étaient si contentes de faire n’importe quoi pour vous. Mais cette fois… c’est différent. Cette fois chérie, le grand numéro de charme, est ratée.

Dans des révisons datées du 19 mars, Bond est amené dans le couloir par les méchants, ils tombent sur un serveur qui pousse un charriot avec de la nourriture pour deux personnes.

Bond : Eh bien, c’est le repas que j’ai commandé. (Il s’arrête au charriot) Vous n’avez pas perdu de temps, non ?
Vargas : Allez !
Bond : Je vérifie juste si vous avez tout apporté.
007 examine la nourriture tandis que Fiona marche en arrière impatiemment, le serveur commence à protester.
Bond : Splendide. Oui. Qu’est ce que c’est ?
Serveur : Désolé monsieur, c’est une commande pour…
Bond : Est-ce que j’ai commandé un steak tartare ? Je ne me souviens pas…
Fiona : Venez, M. Bond.
Bond : Peut-être que vous l’avez commandé…
Fiona pointe son sac à main vers Bond, elle a une main dedans :
Fiona : Nous n’avons pas le temps de jouer à des jeux stupides.

Soudain Bond envoie le réchaud à alcool sur le visage de Janni, lance le charriot vers Vargas et saute sur Fiona. Ils tombent tous les deux et Bond se relève avant de courir pour prendre la fuite (dans le film, Bond s’enfuit alors qu’il est dans la voiture). Fiona tire, Bond trébuche et se relève puis se précipite vers les escaliers. Il s’arrête pour regarder son pied qui a apparemment été touché par une balle et s’enfonce dans la parade du Junkanoo.

(Sans monter sur un char de la parade), Bond fini par entrer au « Jump Jump Club ». Il danse avec une fille, puis avec Fiona qu’il met dans la ligne de tir de Vargas. Bond dépose le corps de Fiona sur une chaise et dit au couple qui se trouve à côté : « Elle est morte de fatigue ».

Juste après, le script inclut une scène supplémentaire où Bond retourne à l’hôtel voir Largo et Dominique :

Largo : Je pensais que vous n’alliez peut-être pas venir.
Bond : J’ai eu un empêchement, plus long que je ne l’espérais. (Il embrasse la main de Domino) Mais j’ai réussi à m’en défaire au final.

En Angleterre, un fourgon blindé et son escorte se rendent à la base aérienne de Waddington, les dialogues qui suivent avec M et ses collègues sont sensiblement les mêmes que dans le film. Puis nous retrouvons Bond et Leiter dans l’hélicoptère :

Leiter : Même si on trouve l’avion…
Bond : On va le trouver.
Leiter : C’est trop tard maintenant.
Bond : Ne jamais dire mort.
Leiter : Pourquoi pas ? […] 
Bond : Felix, descend. Je veux jeter un œil de plus près…
Leiter : Jeter un œil sur ?
Bond : Je ne sais pas, old love. Des requins et des algues.
Leiter : En grande quantité !
Bond : Descend, tu veux ? Regardons, il y a quelque chose de très bizarre.
Leiter : Quoi ?
Bond : Le reste du fond est toujours constitué de corail, juste…

Ils atterrissent, trouvent le Vulcan, Bond l’explore et trouve Angelo. Il prend la montre de « Derval » ainsi que sa plaque d’identification et Bond rejoint la surface où Leiter tire sur un autre requin. Dans la scène suivante, Bond rejoint Domino sous l’eau. Vargas observe les jets de bulles ne faire qu’un et ils gagnent la plage ; Bond retire son aqualung :

Bond : J’espère que nous n’avons pas effrayé les poissons.
Domino : Je pense que je suis peut-être amoureuse de toi, James. (Elle marche sur des œufs d’oursins) Oeufs d’oursin.
Bond : Ils sont venimeux.
Domino : Oh, oui.

Bond retire les piquants avec ses dents et il y a quelques dialogues supplémentaires :

Thunder Bond Domino

[…] 
Bond : C’est une longue histoire, une mauvaise, et elle implique ton ami Largo.
Domino : Quand nous étions enfants je me souviens…
Bond : J’ai besoin de ton aide.
Domino : Il m’effraye, François, il a prétendu qu’il était mort.
Bond : Domino ! Écoute-moi. J’ai fait le serment de ne le dire à personne.
Domino : Bien sûr, c’est pourquoi tu m’as fait l’amour…
Bond : Je devais avoir confiance en toi…
Domino : Tu veux que je t’aide.
Bond : Je pensais d’abord que tu faisais partit de la conspiration.
Domino : Non, tu me fais chanter avec la mort de mon frère.
Bond : Ton frère a été tué par Largo, ou par ses ordres.
Domino : Je te déteste !
Bond : Je suis venu te le dire, et puis, te voir, sachant que c’était maintenant, ou peut-être jamais, oui je t’ai fait l’amour.
Domino : Je te déteste.
Bond : Je ne voulais pas te le dire Domino. Je ne voulais pas te blesser. Mais il y a quelque chose plus importantes, quelque chose… Des centaines, peut-être des milliers, de gens vont mourir, et bientôt, si tu ne m’aides pas.
[…]

Vargas s’approche avec un stiletto et Bond le harponne. Il y a de nouveaux dialogues supplémentaires qui font écho aux précédents :

[…] 
Domino : James, tu dois comprendre, je fais cela pour François.
Bond : Oui.
Domino : Mais quand j’ai dit que je te détestais, je ne voulais pas dire.
Bond : Non, tu as raison. Tu ne savais pas…
Domino : Je ne te déteste pas. (Il l’embrasse) James, ne me renvoie pas à lui. S’il te plait. J’ai peur.
(Il ne répond pas)
Domino : Je suis désolée. Oui, je devrais y aller. Mais promet moi. Tu tueras Largo pour moi ? Peu importe ce qu’il se passe.
Bond : Vite. Il ne reste que peu de temps.

Elle lui parle de l’endroit de la falaise et Bond s’y rend. Il prend la place d’un des hommes de main du Spectre et rejoint ainsi le Disco Volante. Largo dit « conversion » et le yacht se détache en deux. Bond, Largo et ses hommes rejoignent ensuite la caverne sous-marine où se trouve les bombes et 007 se retrouve finalement piégé dans la grotte. Largo découvre la traîtrise de Domino et Leiter arrive en hélicoptère pour récupérer Bond (qui ne lance pas de fusée de détresse mais utilise toujours une lampe torche).

L’hélicoptère se pose à un aéroport où les attends Q et son Cushioncraft. Puis il y a la bataille sous-marine qui n’a toujours pas changée par rapport aux scripts précédents et dont voici les deux fameuses pages de cette séquence qui est peut-être la plus emblématique du film :

Thunderball 1965 p153

Thunderball 1965 p154

Le reste du script est similaire à ce écrit avant : Bond et Largo se battent dans la cabine du Disco Volante, Domino tue Largo, Kutze se suicide, Leiter repêche Bond et Domino et enfin il y a la petite scène avec les hommes de Spectre dans le sous-marin Aluminaut.

L’avis de Maibaum sur un premier du film

Après avoir vu un premier montage du film, Maibaum rédige un mémo qu’il commence en disant que ce qu’il a vu augure un autre blockbuster mais qu’il reste encore beaucoup de boulot.

Il juge les performances de basiquement l’ensemble des acteurs principaux, excepté celle de Connery, comme faibles et propose de les faire doubler. Cela concerne Molly Peters, Claudine Auger, Adolfo Celi, Luciana Paluzzi, l’acteur qui joue Blofeld et les membres de SPECTRE.

Dans la scène du bureau de M, Maibaum veut couper une ligne de dialogue qu’il estime ridicule dans laquelle M dit que les agents 00 sont bien entrainés. « Ayons juste M disant que si Bond a vu l’homme, il l’a vu ».

Maibaum veut supprimer le passage où Bond entre dans la chambre de Paula avant la sienne car il trouvait ça confus et long. Il veut aussi clarifier que Domino n’est pas impliqué dans les activités illégales de Largo, en partie car « Domino est le seul personnage sympathique parmi les femmes [à l’exception de Paula, bien sûr]. Donnez une chance aux femmes du public de s’identifier à elle ».

Au casino, Bond avait peut-être un peu plus que la chance de son côté. En effet Leiter était présent, avait des scènes où il était déguisé en croupier et faisait un tour avec les cartes. « C’est une bonne idée, mais cela ne fonctionne » écrit Maibaum en proposant de supprimer ce passage. De même, il veut supprimer une réplique de Largo durant la scène du casino qui dit « Oh oui, un de mes associées m’a parlé de vous ».

De même ce document laisse penser qu’il y avait une scène où Fiona amenait Bond en voiture à Palymra. « Puis l’en conduit hors ? », écrit Maibaum en disant que ça rend la chose confus et que la scène où elle l’en conduit hors est suffisante.

Maibaum veut couper la scène où Bond est sur le Disco Volante en train de consulter constamment sa montre car « Claudine y est à son apogée du pire en tant qu’actrice », que ce n’est pas bien fait, que Largo n’est pas assez stupide pour le laisser monter à bord et que les spectateurs ne devraient pas savoir que les bombes ne sont pas là. « Vous avez besoin de réduire la durée du film. C’est un bon endroit pour le faire ».

Il propose de couper « The things I do for England », ainsi que des ligne entre Fiona et Largo contenant quelque chose du genre « Tu oublies qui t’as fait ».

« La scène où Largo attrape son bandeau au bord de la piscine, signifiant peut-être qu’un requin lui a fait perdre un œil ou quelque chose, est également incompréhensible, hors sujet, ridicule et de la perte de temps ».

Maibaum pense aussi que durant de la bataille sous-marine finale, que lorsque Bond entre en scène, la caméra ne devrait plus le quitter car cela réduirait l’importance de son rôle dans la bataille. Arrivé sur le Disco Volante, Maibaum pense qu’on devrait éviter de montrer Largo donner des coups poings car Adolfo Celi se bat comme « un garçon de chorale » selon lui, et de manière plus générale pour réduire la longueur de cette scène.

Maibaum demande aussi d’insérer quelques plans afin de clarifier certaines scènes (exemple un plan de Lippi dans sa voiture durant la poursuite car « on ne sait pas qui est dedans).

Anecdote World of Espionage

Dans la mission Opération Tonnerre du jeu mobile James Bond: World of Espionage, on trouve une certaine « Fiona Kelley ». Elle se trouve être une fusion des personnages de Fiona Volpe, Lippe et de Patricia Fearing. Dans l’histoire, elle est connue pour avoir assassiné au moins 17 personnes dont des agents de la CIA, du MI6 et du Mossad. James Bond la rencontre à Shrublands (qui est désormais un spa à Madagascar) où elle se présente à lui comme une infirmière alors qu’elle surveille apparemment le capitaine Vitali dans le cadre du vol des bombes atomiques. Elle meurt abattue par Bond au cours d’une brève lutte.

Conclusion

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Lorsque Opération Tonnerre est sortie en décembre 1965, ce fut une vraie déferlante : le film a accumulé 141,2 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 9 millions de dollars, cela est resté le plus haut box-office de la saga jusqu’à Vivre et laisser mourir. Il faudra attendre Skyfall pour que le record d’entrée en salle française de la franchise détenue par Opération Tonerre (5 734 842) soit dépassé ! Le film marque l’apogée du Bond de Sean Connery (et ne me dites pas Goldfinger, dans celui-ci bond subit les évènements au lieu de les faire avancer comme dans Thunderball) et grâce à ses séquences d’action sous-marine, que l’on ne retrouve presque nulle part ailleurs que dans Bond, le film ne semble pas tant vieillir (malgré un montage parfois daté) et l’énorme taille de la production reste impressionnante ; « the biggest Bond of all! » disait l’affiche. Aujourd’hui il est difficile de s’imaginer le phénomène de Bond-mania qui a entouré le film…

La route vers Opération Tonnerre a toutefois été longue. Partant de l’ambitieux projet de faire le tout premier film de 007, son scénario est le fruit d’une collaboration dont les six principaux contributeurs sont Ian Fleming, Jack Whittingham, Richard Maibaum, Kevin McClory, John Hopkins et Ernest Cuneo. James Bond était d’abord une sorte de figure assez comique, mal définie, même dans l’esprit d’Ernest Cuneo. Dès le début, Fleming ne semblait pas donner au scénario de Thunderball beaucoup de respect, offrant des situations qui, très franchement, étaient bien en dessous du niveau de son écriture dans les romans. Whittingham a, semble-t-il, changé cela. Fleming mettra cependant tout le monde d’accord (du moins scénaristiquement) avec son roman dans lequel le personnage de Domino est moins cupide et la Mafia remplacée par le SPECTRE. Maibaum et Hopkins ont ajouté au personnage de Bond le caractère de celui des précédents films et donné au public ce qu’il attendait. 007 pouvait alors apparaitre dans un gunbarell propre à EON, avoir des gadgets tels qu’un jetpack ou encore s’extraire avec un Fulton.

Opération Tonnerre c’est aussi l’origine d’une longue bataille juridique qui opposa Kevin McClory à Fleming, puis EON à McClory, et qui permit notamment la mise en route des projets Warhead et la sortit d’un certain film intitulé Jamais plus jamais (Never Say Never Again), mais cela, c’est une autre histoire qui est à lire ici :

Les projets Warhead, Jamais plus jamais : Kevin McClory et sa longue ambition de faire des remakes d’Opération Tonnerre :
Cliquez ici

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Fin du dossier. Retrouvez plus de scripts et autres éléments méconnus sur nos pages Les scripts oubliés et Orbis Non Sufficit !
(Et si jamais vous en avez que l’on a pas encore traité, contactez-nous !)

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Sources et articles de référence sur le sujet : Mr. Kiss Kiss Bang Bang (Inside Thunderball par John Cork), The James Bond Bedside Companion de Raymond Benson, The James Bond Archives de Paul Duncan, The Battle for Bond de Robert Sellers, James Bond : Le dossier secret de 007 de Kevin Collette, The Spy Command (hmss weblog), Agent007.nu, The Spy Who Thrills Us, mi6-hq (1), abj007, James Bond Radio (1), Thunderball-Artworks, Sylvan Mason, James Bond Radio (2), mi6-hq (2), 007 Magazine, Sabotage Times, Thunderball Obsessional, KevinMcClory.com, Ciné Magazine hors série N° 1, Bonhams, Dailymail.

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