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Pourquoi je suis contre la censure des nouvelles rééditions des romans de Fleming

Les éditions des romans de Ian Fleming publiées cette année seront auto-censurées. C’est ce que nous avions remarqué lors de la publication des nouvelles éditions e-book au Royaume-Uni en constatant que le titre le chapitre 5 de Vivre et laisser mourir, normalement intitulé Nigger Heaven, était curieusement devenu Seventh Avenue comme dans les anciennes éditions américaines ou l’édition Vintage Classics de 2017. Il aura fallu une bonne semaine pour que le gros de la communauté bondienne et la presse le découvrent aussi après que le Telegraph ait écrit un article sur le sujet.

Cela intervient à une ou deux semaines après a polémique autour des romans de Roald Dahl publiés eux-aussi dans des éditions révisées. Et je pense que, malgré le fait que vais m’attirer les foudres de certains avec cet article, qu’il est toutefois important que je l’écrive. Après tout, la cancel culture existe parce qu’un groupe d’individus (minoritaire ?) parvient à faire changer les choses en faisant beaucoup de bruit en exprimant ses positions ; il me semble donc important d’exprimer également mes contre-positions.

Pas d’amalgame : vouloir protéger le texte d’origine n’est pas être raciste

Après avoir exprimé mon indignation sur les réseaux sociaux face à ces réécritures des romans de Fleming (car contrairement à ce que j’ai pu entendre, oui c’en est : modifier un texte existant est la définition du mot « réécriture »), j’ai eu la désagréable « surprise » (bien que c’était attendu) de gens venus m’interpeler comme quoi je défendais le « N-word » et l’idéologie derrière lui. (Soit Nigger, arrêtons l’hypocrisie et appelons les choses par leurs noms, je hais ces pratiques cancer d’écrire f*ck ou biper les insultes à la télé américaine alors que tout le monde comprend très bien ce qui a été dit).

Alors oui, techniquement s’opposer à ces nouvelles éditions est défendre l’inclusion (ou plutôt le maintien) des passages racistes et du mot précédemment évoqué dans l’œuvre de Fleming. C’est toutefois une manière très réductrice de résumer la téléologie des détracteurs de ces nouvelles éditions. Non ils se s’indignent pas parce que des passages racistes sont supprimés/altérés, ils s’indignent parce que des passages ont été réécrits tout court.

Le problème est plus large : il s’agit d’un débat sur la censure, l’acceptation du passé et de la préservation des œuvres. Doutez-vous que nous ne combattrions avec la même fougue toute réécriture du texte de Fleming, qu’elle concerne du texte qui peut-être jugé comme offensant (comme ici) ou du texte banal ? Ainsi si par exemple Ian Fleming Publications (IFP) avaient décidé d’elles-même de remplacer le mot « Beretta » par « pistolet », dans un passage ou l’intégrité du texte, nous aurions eu les mêmes discussions que nous avons eues ces derniers jours, car pour nous l’essentiel est d’avoir le texte à la virgule près.

La communauté qui est contre ces nouvelles éditions, n’est pas dans sa grande majorité (ou du moins j’imagine) raciste. Elle est bien évidemment contre le racisme, le trouve inacceptable aujourd’hui comme hier : c’est son inclusion dans les romans de Fleming qui est sujet à débat, pas le racisme en lui-même.

Les gens ne lisent pas Bond uniquement pour le divertissement, mais aussi en quête de savoir

Alors pourquoi est-ce si important de l’inclure/maintenir ?

Pourquoi entreprend-t-on de lire un roman de James Bond de nos jours ? Certes car on souhaite passer un bon moment en s’évadant dans un livre. Mais ne le fait-on pas aussi par curiosité ? Principalement l’appétit de savoir à quoi James Bond ressemblait avant les films, à sa naissance, et les différences entre les œuvres et le personnage du format cinéma et littéraire.

Les romans de Bond et son personnage contiennent des attitudes racistes, homophobes, sexistes et antisémites : c’est un fait. Ces attitudes ont existé dans le monde (et existent toujours) : c’est également un autre fait. Dans les deux cas ce ne sont pas des choses agréables à constater, mais ce n’en est pas moins la vérité ; elle est comme ça et ne peut être pas autrement.

Essayer de supprimer les passages offensifs de ces romans est donner une vision erronée aux lecteurs de ces romans, du personnage, de l’auteur, de sa vision et de la société de l’époque où ils ont été écrits. C’est entre guillemets « arnaquer » le lecteur ne lui donnant délibérément pas ce qu’il vient chercher en ouvrant un roman de Bond : satisfaire sa curiosité / apprendre la vérité sur ces livres (quitte à avoir payé le prix du livre pour l’obtenir).

Ayant passé cette dernière décennie à écrire sur Bond, j’ai moi-même traduit un bon nombre de textes. J’ai été à de nombreuses occasions tenté de changer une ligne ou un mot soit car je le jugeais trop offensant, soit car j’en avais en tête une que j’estimais meilleure. Pourtant j’ai toujours opté contre : pourquoi ? Car j’estime, en tant que traducteur, que mon devoir est de livrer au lecteur le texte le plus proche possible de l’original. C’est ce que j’attends moi-même d’un texte traduit donc par extension je pense que c’est ce que mes lecteurs attendent de moi. J’estime qu’un éditeur de livre a aussi ce devoir moral.

À noter que nos versions françaises des romans de James Bond (qui encore aujourd’hui utilisent des traductions faites il y a 50-60 ans) ont des problèmes similaires d’altérations de texte plus ou moins étranges (exemple : Bond ne conduit pas une Aston Martin dans le roman Goldfinger comme dans le texte original mais une Jaguar). Mais si ça peut être amusant à étudier, est-ce qu’on en est vraiment content de savoir que le public français lit parfois des choses éloignées de la réalité (et la confond avec) ? Contrairement à ce que j’ai pu lire ces derniers jours, un livre/texte n’a pas forcement l’UNIQUE fonction d’être appréciable du début à la fin : il peuvent très bien aussi nous déranger/interpeller (notamment par le biais de vues dérangeantes) et nous faire réfléchir.

Préserver l’histoire et en tirer des leçons

D’autre part, les gens ont tendance à apprendre de leurs erreurs. Comment éviter de faire en sorte que les aspects peu glorieux de l’Histoire se répètent si on décide de faire comme s’ils n’avaient jamais existés au lieu de les étudier et en tirer des leçons importantes ? Au lieu de mettre notre tête dans le sable telle une autruche en supprimant le contenu gênant : gardons-le, étudions-le et critiquons-le.

Ces livres sont comme des pièces historiques, ils nous offrent une fenêtre sur la société des années 50 et 60 et les origines d’une franchise cinéma qui s’en est inspirée. Le contenu offensant (au même titre titre que celui qui ne l’est pas) fait par de l’Histoire avec grand un H : l’Histoire du siècle dernier et l’Histoire de James Bond. Il nous aide à en apprendre plus sur ces sujets. Et que fait-on avec des documents historiques ? Et bien tout simplement on les préserve et ce qu’on évite surtout de faire, c’est de les altérer. Comme avec une œuvre d’art. Il ne faut pas chercher à réécrire l’Histoire (et ce pour n’importe quel motif), mais en avoir une image claire. C’est important pour pouvoir se situer où en est aujourd’hui sur tel ou tel sujet et constater l’évolution ou la régression des choses.

Perte d’un élément narratif

Si un film de guerre montre dans un de ses décors une maison écroulée ce n’est pas uniquement parce que c’est visuellement plus intéressant qu’une maison debout ; c’est aussi pour retranscrire l’ambiance de l’époque et aider le spectateur à s’immerger dedans : cela aide à savoir qu’il y a des gens qui ont perdu leurs vies/maisons dans un bombardement, bien que cela puisse être troublant. Il y a même je dirais une attente de la part du spectateur : son subconscient lui faisant escompter de voir de tels décors dans la mesure où il sait qu’ils sont courants en zone de guerre (et ne pas les retrouver lui donnerait sans doute une impression que quelque chose n’est pas à sa place).

Fleming n’écrivait quant à lui pas sur le passé, ses romans se déroulaient à son époque contemporaine. Depuis 70 ans se sont écoulés, de sorte que pour nous, lecteurs d’aujourd’hui, ils se déroulent dans le passé. Et je pense que tous les passages offensants qui se trouvent à l’intérieur aident le lecteur d’aujourd’hui à se plonger dans l’ambiance de ce passé. Les supprimer est perdre un élément important qui permet au lecteur dans son esprit de bien resituer la période de l’action et s’immerger dans l’atmosphère de ce qu’était le monde de l’époque dépeint au travers d’un tableau/décors réaliste ou plutôt authentique.

Quand un livre (ou un film) écrit à l’époque (ou écrit de nos jours mais dont l’action se déroulerait à l’époque) reflète en partie celle-ci, les bons comme les mauvais aspects, cela je pense lui apporte un peu d’épaisseur.

Prendre en compte les sensibilités modernes

On m’a demandé ces derniers jours, « avons-nous vraiment besoin de garder de garder le N-word dans ces livres ». Je ne suis pas un grand fan de la scène de la vague de Meurs un autre jour, est-ce que j’aimerais pour autant découvrir dans un DVD que j’ai acheté qu’elle n’y est pas ? La question qu’on devrait se poser, vu que sa présence est l’état normal/habituelle des choses, n’est-elle pas plutôt « a-t-on vraiment besoin de le retirer ? ».

Beaucoup ont dit qu’au lieu de supprimer les passages problématiques, un simple édito en début de livre serait suffisant. Un qui rappellerait/expliquerait aux lecteurs que ces livres ont été écrits il y a maintenant 60 / 70 ans, à un époque où la société était différente d’aujourd’hui et où ce genre d’attitude était jugées comme davantage « acceptable ». (Et aussi pourquoi pas aussi évoquer également certains des aspects sur lesquels Fleming était en avance sur ses contemporains).

Je serais tenté de dire que ce genre d’édito est inutile car ce genre de raisonnement devrait couler automatiquement de source chez tous les lecteurs, que certaines des mœurs d’hier n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui et que certains d’aujourd’hui seront différents de ceux demain. Le passé n’est supposé être représentatif du monde d’aujourd’hui (c’est le concept même du passé). Bien que j’aimerais croire que tout le monde est suffisamment intelligent pour le penser, me balader sur internet me prouve parfois le contraire, de sorte que je pense qu’une telle préface ne peut faire de mal.

Certains ces derniers jours ont insisté sur comment les lecteurs les plus jeunes percevraient ces romans s’ils n’étaient pas modifiés. Je passerais outre le fait que ces livres n’ont pas été à l’origine, écrits pour des jeunes. Je ne pense pas que les jeunes soient plus incapables qu’un adulte à contextualiser ces romans et pense également qu’ils percevraient une sorte de dégoût à ce que quelqu’un (comme un éditeur de livre) leur dicte ce qu’ils peuvent lire ou ne pas lire. Je ne pense pas qu’ils souhaitent être maternés. Croit-on vraiment que les nouvelles générations préfèrent découvrir un texte qu’ils savent expurger que de découvrir un texte original ? Certes ils grandissent dans un monde où chaque jour quelqu’un se déclare offensé par une œuvre passée: il faut être en accord et surtout pas en désaccord (les pouces rouges non comptabilisés sur YouTube par exemple), ce qui nous gêne ou s’oppose à ce que l’ont pense doit disparaître (cf la montée des demandes de modération sur le net), les gens sont parfois prêt à approuver (voir eux-mêmes demander) de lois les plus liberticides. Je serais curieux de connaître leur avis sur le sujet.

Essayer de les cajoler/surprotéger n’est pas toujours la bonne solution. En dehors des propos offensants, les jeunes peuvent tomber sur d’autres barrières dans ces romans. Les lires demandent quelques connaissances sur l’époque, la Guerre froide, sur des lieux ou objets qui n’existent plus ou sous une forme différente. Sous prétexte qu’il faut que le livre soit accessible (agréable à lire) doit-on aussi remplacer par exemple « télégraphe », cette technologie disparut, par « téléphone » de peur que quelqu’un n’arrive pas à contextualiser ?

Ne me venez également pas me dire que ces livres dans leur forme exacte pourraient pousser/encourager les jeunes à adopter des comportements discriminatoires. C’est la même stupidité que l’ont entend depuis des décennies comme quoi les films violents (puis les jeux vidéo) entraînent la violence et, pour paraphraser l’Odieux Connard, « je commencerai à croire que ça vous intéresse quand vous vous attaquerez aux livres dont les gens font des religions ».

James Bond est quelqu’un qui tue des gens, qui en blesse d’autre, il en manipule, il est responsable d’ingérence avec les affaires de puissances étrangères, conduit sans respecter du code de la route quand il poursuit Le Chiffre, joue à des jeux d’argent, fume et bois à outrance. Bref il fait un tas de trucs qui peuvent être considérés comme moralement discutables. Mais qu’il ait les mêmes pensés discriminatoires que nombre de ses contemporains, ça non : ce serait aller trop loin : il faut que ça disparaisse ? Où va-t-on comme ça et surtout : où s’arrête-t-on ?

De toute façon il y a peu de chance que les lecteurs qui n’ont jamais réussi à encaisser les éditions originales s’offensent s’offensent moins devant ces nouvelles éditions. Un certain nombre de propos racistes ont été expurgés, mais pas tous (notamment envers les asiatiques). De même des propos homophobes et sexistes ont été conservés. Alors à quoi toutes ces réécritures servent si c’est pour faire les choses à moitié, à part au final ne satisfaire vraiment personne, que ce soit celui qui veut que les romans de Bond soient adapté à ses sensibilités ou celui qui veut les lire comme à leur sortie ?

En soi, je ne suis pas contre le fait de proposer une édition expurgée, à deux conditions. 1) Elle ne doit pas avoir vocation à devenir la norme (que le texte original ne soit plus jamais édité). 2) Cela doit être clairement indiqué à l’acheteur. Je n’ai pas exemple rien contre les director’s cut d’un film, au contraire, notamment car ils réunissent ces deux conditions.

L’édition e-book vendue il y a peu n’informe pas sur sa couverture qu’il s’agit d’une telle édition. Certes la couverture est provisoire (et d’ailleurs à quoi bon ? Pourquoi être dans l’urgence de publier un roman dont la plupart du texte est déjà connu depuis des décennies avant même d’avoir fini sa couverture ?). Il aurait été (et serait toujours) important d’indiquer clairement au lecteur dans quoi il s’embarque mais cela n’a pas été fait avant l’ouverture des précommandes, mais seulement APRÈS la sortie de l’e-book.

Personnellement quand, il y a quelques années, j’ai voulu acheter des versions papier en langue originale des versions de Fleming, j’ai pris un soin scrupuleux à trouver puis acheter celles qui avaient le texte original et non le texte américain révisé de l’époque. Que ce soit clairement indiqué sur la couverture m’aurait facilité la vie et m’aurait assuré de ne faire aucune erreur.

Ces livres sont annoncés comme des éditions célébrants les 70 ans du Bond littéraire. Rendre hommage avec une édition censurée, n’y a-t-il que moi pour trouver cela absurde ? Plus que quiconque IFP devrait protéger l’Histoire des origines du personnage. Ian Fleming Publications s’est d’ailleurs exprimé après la sortie.

Une justification bancale

Il s’agit en fait de la même justification qu’en 2017 pour les Vintage Classics, une que les fans avaient déjà critiquée et démontée à l’époque (notamment Revelator sur le forum MI6). Toutefois il existe une grosse différence depuis 2017 : il n’y plus d’éditeur impliqué, Ian Fleming Publications publient désormais eux-mêmes leurs livres. Il n’y a donc plus d’éventuelle excuse d’une seconde entité pouvant faire pression sur IFP.

Ian Fleming Publications pouvaient très bien rééditer, s’ils l’avaient voulu, les éditions originales : ils en avaient le droit légalement, n’avaient pas de compte à rendre à un éditeur, et en avaient la possibilité physique (l’encre des mots censurés se serait imprimé sur le papier, de la même manière qu’il y a quelque années). Bref tout ce qu’il leur manquait c’était la volonté de la faire. Hélas, plutôt que reconnaître leur approche (en sont-ils au moins conscient ?), ils préfèrent expliquer que leur décision d’altérer ces textes vient basiquement de la décision de Ian Fleming lui-même (décédé depuis longtemps, ce qui au passage est bien pratique vu qu’il ne peut pas démentir).

En 1955, au moment de la publication de Vivre et laisser mourir aux États-Unis, l’éditeur Macmillan avait suggéré à Fleming un certain nombre de changements afin d’éviter d’offenser une partie des lecteurs américains, plus sensible au racisme que ne l’étaient alors le public anglais. Fleming a approuvé ces changements et le livre fut publié avec. C’est un fait.

Maintenant Ian Fleming Publications nous dit 70 ans plus tard, que parce que Fleming a approuvé ces changements pour le marché américain à l’époque, cela veut dire que non seulement il préférait le texte de l’édition Macmillan à celui qu’il avait écrit originellement, mais qu’en plus il approuverait s’il était encore de ce monde, les changements destinés à ces nouvelles éditions (britanniques et non américaines, rappelons-le) !

Rappelons que Ian Fleming n’a jamais caché écrire pour l’argent, on peut penser qu’il a approuvé ces changements davantage dans l’espoir de voir ses ventes décollées plutôt que par sensibilité. D’ailleurs dans une lettre à son agent littéraire Naomi Burton, Fleming écrit en 1955 :

Au fait et ça craint pour vous, j’ai pris un verre avec Raymond Chandler hier soir et il a dit que le meilleur passage de Vivre et laisser mourir était la conversation entre les deux negros à Harlem, qu’il a décrite comme parfaitement exacte. Peut-être vous souvenez-vous que vous m’avez presque moqué en me le faisant couper au motif que « les negros ne parlent pas comme ça ».

À la place le communiqué de IFP commence par dire à propos de l’édition de Macmillian : « il semble que Ian préférait » ou « apparemment préférée par Ian » : deux mots qui connotent un doute. Et alors qu’il n’y visiblement aucune certitude, le communiqué se conclut absurdement comme quoi « nous sommes certains » (oui, certains) que Ian aurait voulu ces nouvelles éditions.

Peut-être l’aurait-il voulu. S’il pouvait venir nous voir après avoir eu le temps observé le monde tel qu’il est aujourd’hui, il aurait peut-être approuvé ? Ou peut-être n’aurait-il pas approuvé ? Et vu qu’on n’en sait rien et qu’on ne le saura jamais, pourquoi fonder son argumentaire dessus ? Toute la défense est basée sur des assomptions non-vérifiées et invérifiables : que Fleming préférait le te texte américain et qu’il aurait été d’accord avec les changements introduits dans la nouvelle édition.

Si Fleming aimait tant ces changements, pourquoi n’a-t-il jamais fait de la version américaine la nouvelle norme lors des rééditions britanniques publiées de son vivant alors qu’il avait l’occasion de la faire ? Vu qu’il a également approuvé que Casino Royale soit renommé aux USA Too Hot to Handle, doit-on (si nous suivons cette même logique bancale) être convaincu qu’il le préférait au titre original et désormais republier le roman sous ce titre ?

Mais si une partie de la défense de IFP est que le texte changé a été approuvé par Fleming lui-même (ou du moins à un moment, dans des circonstances différentes) ; IFP dit également avoir opéré dans d’autres romans que Vivre et laisser mourir des changements similaires n’ayant quant à eu jamais eu à un moment ou l’autre l’aval de Fleming. Même l’argument que les réécritures viennent de l’auteur lui-même n’est pas entièrement exact.

Ian Fleming Publication semble vouloir dénaturer son héritage et améliorer son image afin de répondre aux critiques d’une minorité qui demande à réécrire Bond et y inclure plus de diversité. On les a vus récemment dans les BD de Dynamite introduire le premier M noir, forcer un peu sur le coté diversité avec Double or Nothing, autorisé l’atténuation du racisme du texte original dans l’adaptation BD de LALD, ou s’être autocensuré une couverture de BD car la fille était en trop petite tenue :

Triste à dire, mais le fait qu’ils n’ont maintenant plus besoin de personne pour rééditer les romans n’est pas une bonne chose ; IFP n’ont pas l’intention de se battre pour défendre Bond, pire les adeptes de la cancel culture n’ont même plus à militer : ils obtiennent avant même d’avoir eu le temps de gueuler.

Peut-être y voient-ils un moyen financier de gagner davantage d’argent avec ces nouvelles éditions ? Je ne suis pas sûr que le texte édité fera plus de vente que s’il il avait était original. Je ne suis pas sûr de l’inverse non plus. Quoiqu’ils aient choisi, il y aurait toujours eu quelqu’un pour boycotter : que ce soit ceux qui veulent que les romans soient préservés intacts, ou ceux qui veulent les réécrire. Je serais curieux de savoir lequel de ces deux groupes a le plus nombreux nombre de clients potentiels (en toute honnêteté, je l’ignore). Il faut espérer que IFP continuera à publier les éditions originales, que les révisées ne deviennent pas le texte de base de futures rééditions.

Pour conclure ce trop long article sur une note positive : la valeur monétaire de vos éditions standards (avec le texte intégral non censuré) vient de prendre de la valeur. Que IFP décide de continuer indéfiniment ou non sur cette voie dans le futur, il sera toujours possible de trouver sur internet ou dans des éditions papier que vous possédez déjà le texte orignal. On aura beau essayé de le renier, le cacher sous le tapis, comme les diamants, il restera toutefois à jamais éternellement préservé et disponible ici ou là pour tous ceux qui souhaiteraient le lire.

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Clement Feutry

Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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