Commander James Bond France

Fleming : analyse du script du « biopic » abandonné de la Warner [2/2]

Après vous avoir parlé d’un script daté du 12 septembre 2005 pour un projet de film abandonné sur Ian Fleming, nous revenons avec un second script. Toujours écrit par Damian Stevenson, ce script de 111 pages est non daté mais est visiblement plus récent que le précédent, en témoigne la mention « Warner Bros. » suivie de « Appian Way » (la société de production de Leonardo DiCaprio) sur la page d’entête. Il est également foncièrement différent du précédent, avec une nouvelle intrigue et beaucoup moins de scènes directement tirées des films de Bond.

Ce script commence par une sorte de séquence gunbarrel ayant lieu dans le viseur d’une arme, avec « points blancs » et « iris ». L’homme dedans qui marche de gauche à droite se retourne et tire avec une mitraillette dont les balles écrivent « FLEMING ».

Après cela nous sommes en territoire familier puisque nous retrouvons Ian Fleming et Ann en train de faire l’amour dans une chambre, comme dans le précédent script que nous avons étudié. Toutefois cette fois-ci cette scène est située en 1940 au lieu de 1944 (avec un Fleming de 32 ans) ; il lui dit qu’il y a « une rumeur comme quoi le Premier ministre va donner à la France une semaine pour donner sa flotte à l’Angleterre ou la RAF la bombardera ». Il y les dialogues du précédent script (Fleming doit partir, Teddy l’a demandé en mariage, etc…), puis la poursuite en voiture contre les nazis jusqu’à Tower Bridge (sauf que cette fois Fleming conduit une Buick).

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La scène se dissout (sous fond de musique calypso) sur notre premier flash-forward en 1952 en Jamaïque. La scène est similaire au précédent script sauf qu’elle s’arrête après le passage avec Graham Greene (plus de Godfrey qui vient rendre visite).

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Retour en 1940 où Fleming se dirige dans sa Buick vers la base aérienne de Battersea. Maintenant déguisé en mécano, il rejoint le capitaine Stanley Cotton, un pilote :

Fleming : Avez-vous dit à quelqu’un ce que nous faisons ? Deux Schleus ont essayé de me suivre jusqu’ici.
Cotton : Quoi ? Non. Comment je pourrais ? Je ne sais même pas ce que nous faisons. À part voler un avion.
Fleming : Réquisitionner, nous réquisitionnons un avion.
[…] 
Cotton : Il faudra me dire comment vous avez réussi à séduire la secrétaire à porte d’entrée [de la base].

Pendant ce temps la dite secrétaire averti des gardes comme quoi il y a un mécano suspect, mais avant qu’ils n’aient plus réagir, un avion DH.98 Mosquito contenant Fleming et Cotton sort soudainement d’un hangar et prend son envol, « soulevant la jupe de la secrétaire […] Fleming fronce les sourcils avec appréciation en regardant la fille ébouriffée ».

Ils se dirigent maintenant vers la France puis scrutent la Méditerranée à la recherche de quelque chose, « où se bâtard les a-t-ils cachés ? ». Quand soudain ils la trouvent, la flotte française, et en prennent des photos aériennes.

Darlan

Pendant ce temps sur le porte-hydravion français Commandant Teste, il y l’amiral François Darlan, le chef de la marine française. Devant ses aquariums, il parle à ses conseillers Lafayette et Anjou de ses poissons Combattants siamois (et des son bébé requin) ; le dialogue et la scène faisant échos à celui de Blofeld dans le film Bons baisers de Russie. En faisant métaphore à ce qu’il se passe dans son aquarium, on comprend qu’il compte laisser l’Angleterre et l’Allemagne s’entre-tuer et seulement se mettre en marche quand ce sera fait. Lafayette argue qu’ils devraient remettre la flotte française aux Britanniques :

Darlan : L’abandonner à une nation ennemie ? Pourquoi je ferais ça ?

Parce que les alliées préféreront la couler plutôt que de la voir atterrir entre les mains d’Hitler. Darlan assure que les Britanniques seraient bien incapables de la localiser quand soudain le Mosquito de Fleming/Cotton se fait entendre au-dessus d’eux.

Darlan : Ouvrez le feu ! Immédiatement !

Deux Hawker Tempest sont lancés depuis le porte-hydravion et commencent à mitrailler le Mosquito, mais grâce à une manœuvre aérienne, Fleming/Cotton parviennent à les semer.

Plus tard à Londres, des missiles V1 tombent sur la ville. Dans le bunker de l’Amirauté, Fleming est en compagnie de l’amiral Godfrey et d’autres gens, des photos de la flotte française sont sur une table avec la mention « Rien que pour vos yeux », ainsi qu’un mémo de Fleming intitulé « Opération Armada – évaluation stratégique de la situation ».

Godfrey : Vous pouvez vous estimer heureux que je ne vous fasse pas passer en court martial pour ce numéro. Vous et votre copain de pilote.

Fleming dit qu’il n’avait pas le temps de passer par les voix officielles. « Et qu’est ce que j’apprends de Scotland Yard au sujet d’une poursuite en voiture sur Tower Bridge ? », ajoute Godfrey. Fleming propose d’acheter leur flotte aux Français et Godfrey dit que ce fut déjà tenté, sans succès. Fleming dit qu’il faut faire une meilleure offre que celles d’auparavant : deux millions de livres, en or, ainsi qu’un duché pour Darlan.

Godfrey dit qu’ils vont étudier sa proposition et avant de partir demande à Fleming comment il a fait pour voler si haut afin éviter les radars sans que sa caméra ne gèle à cause de l’altitude : Fleming répond qu’il l’a placé près de la chaleur des moteurs et quitte la pièce. Après son départ les autres discutent « Je pense qu’il est insubordonné ! […] Il a envoyé un mémo avec l’idée de faire couler un bloc de ciment avec hommes dedans dans le canal afin qu’ils puissent observer le port via un télescope. L’homme est fou. ». Pourtant, Godfrey souligne, il a réussi à trouver la flotte française avant tout le monde.

Fleming passe rendre visite à Miss Blythe, la secrétaire de Godfrey, dans une scène un peu comme Bond et Moneypenny. On retrouve Fleming en compagnie de Graham Greene au « Tinkerbell’s Casino » de Londres (casino de la Fée Clochette, avec des scènes de Peter Pan sur les murs). Là ils voient que Ann et Teddy Rothermere sont aussi au casino. Fleming va discuter avec Ann pendant que Teddy est occupé à flirter avec une autre femme quand soudain la sirène annonçant des bombardements se fait entendre. Fleming prend Ann par la main et la fait monter dans sa Buick. Sauf qu’au lieu de s’éloigner de la ville il s’enfonce dedans. Fleming entre dans un tunnel alors qu’une V1 explose au-dessus.

Fleming récupère une veste de Wren (WRNS) de l’arrière de l’auto et la tend à Ann qui lui demande à laquelle de ses « poules » elle appartient ; il lui répond qu’elle doit la porter ou il ne la laisseront pas monter à bord. Il gare sa voiture le long de la Tamise et embarque avec elle dans le sous-marin HMS Perseus pendant que des V1 tombent à proximité et qu’une bataille aérienne a lieu entre la RAF et la Luftwaffe.

Fedor von Bock

À l’intérieur du sous-marin, Ian rejoint Godfrey. L’idée de Fleming a été approuvée, Godfrey lui remet une valise contenant les deux millions en or et les documents pour le duché. Fleming a quatre jours pour mener sa mission, après quoi la RAF s’occupera de la flotte. On lui précise aussi qu’un officier SS, le général Feodor von Bock, veut aussi négocier la flotte : il va y avoir de la compétition.

Sur le Commandant Teste, Darlan tue d’un coup de revolver Lafayette qui, il pense, informe les Anglais.

Nous retrouvons Fleming, Godfrey et un certain Lord Suffolk dans un bus. Ce dernier donne des gadgets à Fleming : radio cachée dans le talon de sa chaussure, des lacets très coupants et des capsules de cyanure. Ils arrivent à un aéroport où on lui présente la belle Denise Astier (24 ans), de la résistance française, qui va l’accompagner dans sa mission. Ils se dirigent vers un Airspeed AS.6 Envoy quand Cotton, puis Ann, apparaissent. Ann lui dit qu’elle ne veut pas qu’il parte car elle l’aime ; il l’embrasse et part quand même.

Pendant que l’avion décolle, Fleming et Denise comparent leurs gadgets (elle a notamment une radio cachée dans du rouge à lèvres, un calibre .45 dans son mascara). Les choses ne commencent pas terriblement entre eux, elle dit notamment qu’ils auraient peut-être besoin d’un avion plus gros pour contenir son égo.

Pendant ce temps, Feodor von Bock est dans son centre de commandement situé dans un Zeppelin. Il planifie l’invasion de la France : « Qui intéresse à Paris ? Mes ordres sont clairs : sécuriser la flotte française. Il dit à un de ses hommes, le capitaine Speer, que les Anglais sont en train d’envoyer un espion en France pour soudoyer Darlan : il veut l’espion mort.

Fleming, Denise et Cotton sont toujours en vol, par un temps de tempête. Ils se préparent à sauter en parachute à leur point de largage près des Pyrénées quand un éclair touche l’avion. Fleming est alors à demi accroché au fuselage de l’appareil, luttant pour ne pas être aspiré dans les moteurs/hélices de celui-ci. Fleming parvient à éviter de finir hélices mais fini en chute libre, avec un parachute abîmé. Denise saute alors de l’avion ; Fleming parvient à faire fonctionner son parachute au dernier moment. Denise et Fleming se regroupent : ils sont atterries à 80km du point de largage prévu et doivent maintenant le rejoindre.

Pendant ce temps, au point de largage, Cotton se fait capturer par Speer et un de ses acolytes nommée Jodl (musclé, tatoué, balafré et dents en or).

Jodl (en allemand et en riant) : Regardez ! Il a même amené sa propre pelle !

Et alors que Jold est sur le point d’exécuter Cotton qui a fini de creuser sa propre tombe, le script enchaîne sur un plan de Fleming et Denise qui entendent dans les bois un coup de feu signant sa mort. Ils sont rejoints par deux (hommes) résistants français, René (?, Rene) et Eddy, et regardent impuissant les Allemands partir avec la mallette d’or récupérée au point de largage.

On retrouve nos quatre personnages dans un camion de la résistance :

René : Désolé pour votre ami, l’Anglais.
Fleming : Nous devons récupérer l’or. Pouvez-vous m’amener au général Bock ? Oui ou non ?
René : Ce serait du suicide. Nous sommes des résistants français, pas des pilotes kamikazes japonais.

Contacté à la radio par Godfrey, Fleming décide de ne pas lui dire qu’il a perdu l’or et le camion roule sur les routes enneigées des Pyréennées jusqu’à une vallée près d’un pic où se trouve une forteresse du 18e siècle à laquelle est amarré le dirigeable de Bock. À l’extérieur ils se débarrassent de deux gardes et entrent dans l’enceinte.

Après avoir évité les faisceaux de projecteurs, Fleming et Denise montent sur un toit. Fleming commence à assembler un fusil à lunette AR-7 pendant qu’elle dessoude un garde avec un Tokarev équipé d’un silencieux. À travers la lunette Fleming repère Bock dans la salle à manger de la forteresse et tire ; il parvient à tuer quelques gardes du corps, Jold (qui avait pris une servante comme bouclier humain), mais pas Bock qui s’enfuit.

L’alarme est sonnée et nos quatre compagnons retournent au camion et fuient. Fleming et Denise tirent depuis l’arrière du camion avec leurs pistolets sur des poursuivants en motos et scooter tandis que René envoie des coups de fusil à pompe Remington. Des motards finissent dans par se crasher des arbres. Chose qui n’est pas sans rappeler le précédent script : un hélicoptère Bell 47G équipé d’un « mortier » arrive à leur hauteur.

Ils descendent du camion (que l’hélicoptère explose quelques secondes plus tard) et continuent à pied. Fleming envoie une grenade qui atterrie dans le cockpit de l’hélicoptère qui explose alors.

Soudain une flotte entière d’hélicoptère allemand apparaît dans le ciel, accompagné d’infanterie. Fleming et Denise parviennent à s’en éloigner mais ont perdu René et Eddy de vue. Ils marchent jusqu’à atteindre un chalet de montagne.

Là Denise soigne les blessures de Fleming autour d’un feu. Denise qui est intriguée par la médaille que porte Fleming autour de son cou lui demande : c’est une décoration militaire de son défunt père. Ils finissent par s’embrasser et dans le lit du chalet.

Le lendemain matin, Fleming voit par la fenêtre des Allemands en tenues de camouflage s’approcher du chalet. Denise et Fleming s’en vont sous un déluge de balles en skis (trouvés dans le refuge). Il y a une poursuite en ski durant laquelle Fleming tire sur une stalactite (qui tombe sur un nazi) et traverse un champ de mines. Soudain un Panzer Tiger I dans lequel se trouve Bock apparaît. Un obus du char tombe près de Fleming qui le fait tomber dans une sorte de précipice. Ian attérie près de Denise qui est maintenant au volant d’une moto allemande ; il monte dans le side-car. Et alors qu’ils semblent avoir semé leurs poursuivants, ils arrivent à un barrage. Denise Astier arrête la moto et Fleming en sort les mains en l’air quand soudain Denise l’assomme.

Fleming se réveille dans une pièce, attaché à une chaise, en face de Darlan et de Denise vêtue d’un uniforme SS. (Le corps mutilé de Eddy est trainé par des gardes hors de la pièce).

Darlan : Les Allemands sont vraiment impressionnant, Lieutenant. Ils ont des gens partout.
[…] 
Fleming : Impressionnant c’est vrai. Je pensais être patriote mais elle donne tout son corps et âme à la cause.

Similairement au précédent script, Darlan fait venir un certain Léo, une brute imposante qui torture Fleming avec du courant électrique pendant que Darlan pose des questions :

Darlan : Est-ce que la RAF prévoit une campagne de bombardement pour ma flotte ? Est-ce que ma flotte est en sécurité ? Oui ou non ?
Denise : (en frappant Fleming) Répondez-lui.
Fleming : C’est pourquoi je ne m’engage jamais avec les femmes. Elles posent toujours des questions.

Feodor von Bock et Speer les rejoignent :

Bock : Alors ? Qu’en pensez-vous ?
Darlan : Il était juste là pour la flotte, rien à propos d’une campagne de bombardement Allié parce qu’elle n’en existe pas. […] Il aurait [déjà] parlé [sinon].

Tout le monde quitte la pièce à l’exception de Léo qui est chargé d’achever Fleming. Toutefois notre héros a réussi à sectionner ses liens avec son gadget lacet-coupant et fourre vite une de ses cigarettes au cyanure dans la bouche de Léo, qui meurt.

Fleming maîtrise un garde, vole son uniforme et constate qu’il est à bord du Commandant Teste. Fleming et Anjou se croisent et il y a un combat à l’arme blanche (épée pour Anjou, dague pour Fleming) entre les deux au terme duquel Anjou meurt. En retournant voir Léo, Bock constate que Fleming s’est échappé et alerte les gardes.

Fleming trouve un petit bateau équipé d’un tas d’armement (lance-roquette, mitrailleuse, lance-flamme, harpons, etc…) et est sur le point de le démarrer quand une botte de Denise heurte son visage. Un combat s’engage entre eux et Fleming parvient à la maîtriser et fuir en bateau. Denise et des gardes montent dans d’autres bateaux et vont à sa poursuite.

Denise appuie sur un bouton de son bateau qui envoie des torpilles vers celui de Fleming qui déploie alors des contre-mesures. Elle envoie des obus vers lui, Fleming la canarde avec ses mitrailleuses. À un moment ils sont face à face et accélèrent, Denise se détourne au dernier moment et Fleming lui vole au-dessus (il se sert du bateau de Denise comme d’une rampe). Denise envoie une fusée éclairante pour appeler le Zeppelin en renfort.

Fleming lâche des bidons enflammés pour empêcher que le dirigeable se rapproche d’elle pour la prendre. Elle parvient tout de même à monter l’échelle de corde qui lui est envoyée et Fleming décide de lui aussi la monter. Des coups de feu sont échangés pendant que Fleming est accroché à l’échelle et un sniper le blesse depuis le dirigeable. Denise coupe l’échelle de corde avec un couteau et Fleming tombe à l’eau. Le dirigeable s’éloigne.

Fleming rejoint la côte et fait du stop. Il arrive à Toulon dans un tracteur conduit par un fermier, où il est entouré de milliers de réfugiées qui fuient l’avancée Nazie en France. Il se rend au consulat britannique où il tombe sur René. Celui-ci lui dit qu’ils peuvent passer la frontière à Barcelone mais Fleming lui qu’il ne peut pas partir : il veut aider les réfugiés, spécialement les Britanniques qui cherchent à fuir la France. Il se dirige vers un navire marchant italien qu’il a vu au port :

Fleming : Si vous ne prenez pas ces gens et ne les transportez pas en Angleterre, je peux vous promettre que si les Allemands ne vous coulent pas, la Royal Air Force le ferra.

Il donne également au capitaine du bateau un papier lui garantissant 100 livres du gouvernement britannique par passager. Les réfugiées embarquent.

On passe maintenant à une scène plus tard à l’Amirauté à Londres dans laquelle Ian Fleming est promu Commander. Dans le bureau de Godfrey, celui-l’informe qu’il a sauvé plus de 2 000 personnes. Fleming n’est toutefois pas satisfait, il veut retourner sur le terrain et traquer Darlan. Godfrey n’est pas d’accord : Fleming est « trop précieux pour être perdu sur le champ de bataille », il va plutôt participer à des conférences dorénavant, et d’autre part Darlan n’est plus la priorité : sa flotte va être bombardée. De plus :

Godfrey : On vous donne une unité commando qui suivra les troupes d’invasion et récupérera du matériel de renseignement.
Fleming : Combien d’hommes ?
Godfrey : 30. Obtenez des résultats et nous expandrons la chose pour faire plus de dégâts.

Fleming va à l’hôpital St Mary où officie Ann en tant qu’infirmière. Il veut notamment qu’elle le déclare en forme, « sinon Godfrey va continuer de m’enfermer dans un bureau ». Ils vont au cinéma (où passe aux informations un reportage sur l’évacuation des réfugiés par Fleming et un autre comme quoi 80% de la flotte française a été détruite par la RAF et les Américains).

Il y a ensuite un montage où Fleming entraine les hommes de la 30 Assault Unit à Blenheim Palace (entraînement au corps à corps, armes, explosifs, crochetage, plongée, etc..), entrecoupée de plans de Denise et Darlan construisant des défenses sur la côte nord-africaine. Des articles de journaux montrant des sucées du commando et le Blitz sur Londres.

Nous sommes maintenant en novembre 1942 avec Fleming à son bureau situé à l’hôtel Carlton quand une bombe touche le bâtiment. Fleming est blessé mais vivant. En sortant de l’hôtel en feu il voit un journal dont le gros titre est : L’Amiral Darlan déclare la Méditerranée « impénétrable ».

Pendant ce temps en Algérie, Darlan et Denise admirent le « Nautilus », une sorte de bateau/obusier/forteresse flottante :

Denise : Et cela a à voir avec la dernière invasion Alliée…
Darlan : …Du 29 de l’année ? Elle va échouer, comme toutes les autres.
Denise : Mais celle-ci est dirigée par un vieil ami à nous. Le Lieutenant, désormais Commander, Ian Fleming.
Darlan : Je le veux mort.
Denise : Parce qu’il m’a fait l’amour ?
Darlan : Parce que son intervention a mené la RAF à ma flotte. […]

Bock et Speer viennent leur rendre visite :

Darlan (à Denise en parlant de Bock) : Les visites surprises de ton ancien amant deviennent fatigantes.

Elle s’éloigne.

Darlan : Toujours fâchée contre moi pour vous l’avoir piqué ?
Bock : Difficilement. Vous m’avez sorti d’une situation compliquée. Je suis content d’être débarrassé d’elle.

Bock sermonne ensuite Darlan d’avoir essayer de tuer de manière « non autorisée » Fleming à la bombe au Carlton.

Darlan : Ne revenez jamais ici sans vous être annoncé.
Bock : C’est une terre allemande. Je ferais comme je veux.
Darlan : Une terre allemande ? Si je vous vois encore dans mon pays sans y avoir pris rendez-vous, je vous fais descendre.

À l’Amirauté, Godfrey et Fleming discutent des défenses érigées par Darlan : ses canons empêchent tout bateau allié de pénétrer en Méditerranée. Godfrey donne à Fleming et sa 30 Assault Unit la mission de se débarrasser des dits canons (pour ouvrir la voie à un débarquement).

Dans un avion, Fleming briefe ses hommes, tout comme Lord Sufflok qui leur présente un type d’explosif. L’avion se pose sur une sorte de base secrète en Algérie camouflée par une dune de sable. Fleming y retrouve René. Pendant que la résistance algérienne fait diversion à Alger, Fleming, René et son commando grimpent dans 6 hélicoptères noirs de types Whirlwind XJ729. Une première équipe saute des hélicoptères pour se parachuter vers les canons tandis que l’hélicoptère d’une seconde équipe comprenant notamment Fleming et René se dirige vers le port :

Fleming : On va entrer par ce canal de drainage jusqu’au quai où Darlan a été prétendue vue pour la dernière fois. Et vous avez entendu nos ordres. Que personne d’entre vous n’attendent une invitation de ma part pour mettre une balle dans sa tête si l’occasion se présente.

Ils sautent en tenue de plongée dans le canal, le remontent et font surface. Après avoir éliminé quelques gardes, et pendant que la flotte Alliée approche pour l’invasion, Fleming découvre le Nautilus qui se prépare à être lancé. Il retourne dans l’eau et plante des explosifs sur sa coque mais un plan de caméra montre qu’ils se détachent une fois qu’il s’en éloigne. Lorsqu’il constate que l’explosion n’a pas lieu il va les replacer.

Fleming rejoint ses camarades qui ont été repérés et qui échangent des coups de feu avec les soldats de la France de Vichy lors d’une grosse fusillade. Denise les allume avec une arme explosive avec depuis le Nautilus. Fleming perd le détonateur lors d’une explosion. Darlan repère aussi Fleming et le canarde (ainsi que ses propres hommes qui se mettent dans sa ligne de mire). René tue un garde qui allait tirer sur Fleming mais est tué dans les secondes qui suivent par Speer. Fleming prend le fusil à pompe de René et tue Speer puis il a un accrochage avec Denise, d’abord au corps à corps, puis elle a un lance-flamme ou un chalumeau. Fleming parvient à récupérer un pistolet et lui tirer dessus (avec l’aide d’un membre de la 30) : elle tombe à l’eau.

Fleming va ensuite s’attaquer à Darlan qui sort une rapière de sa canne. Il y a un combat au corps à corps, Darlan tente notamment d’étrangler Fleming avec une garrotte cachée dans une bague, Fleming l’attaque avec un stylo qui cache de l’acide. Darlan prend la fuite et se dirige vers le dirigeable de Bock.

Pendant ce temps la première équipe de la 30 rejoint Fleming à bord de ses hélicoptères. Fleming emprunte un détonateur de la première équipe et le Nautilus part en fumée dans une grosse explosion.

Dans le dirigeable qui décolle, il y a Bock et Darlan qui ne sont pas en bon terme. Bock appuie sur un bouton qui fait que Darlan est éjecté du dirigeable, tombant à la mer.

Plus tard, dans une salle de débriefing, Fleming reçoit une médaille et est félicité par Godfrey. Ce dernier ajoute qu’ils vont partir aux USA la semaine prochaine pour rencontrer Hoover et essayer de former l’OSS (Office of Strategic Services).

Fleming va retrouver Ann devant une libraire dans laquelle il voit que Brazilian Adventure (le livre de son frère) se vend comme des petits pains.

********

10 ans plus tard, en Jamaïque, nous assistons au mariage de Ian et Ann. La scène finale est similaire au script précédent sauf qu’elle se déroule entre Ian et Ann (et non pas Ian et Graham Greene) et aussi à la différence près que :

Fleming : Tu penses que ça pourrait se vendre ?
Ann : Ça dépend ? Est-ce que tu as déjà trouvé un nom [pour ton héros] ?
Fleming : J’ai eu quelques idées à ce sujet. Je pense que je l’ai.
Ann : Eh bien, tu vas me le dire ?
Fleming : Il s’appelle Bond, James Bond.

À nouveau le gunbarrel comme au début du script et FIN.

Du script au roman…

Tout comme le précédent script que nous avions analysé, ce script fut par la suite aussi adapté en roman. The Ian Fleming Files: Operation Armada de Damian Stevenson, publié en 2013, reprend fortement l’intrigue (les descriptions et les dialogues) de la partie Seconde Guerre mondiale du script analysé plus haut.

Le roman commence avec Fleming qui se remémore une conversation qu’il a eue avec une sorte d’ami qui vient de rentrer de Paris et dans laquelle il fut dit que Darlan préférerait obtenir de l’argent pour sa Flotte que la remettre aux nazis. Les choses se passent par la suite comme dans le script (et avec des dialogues très similaires) : voulant des preuves pour Godfrey que la flotte est toujours en bon état, il s’infiltre à la basse aérienne déguisé en mécano, Sydney Cotton, vol de l’avion, la secrétaire, photographie de la flotte, Darlan et ses poissons, la poursuite en avions).

Il y a ensuite une scène avec Ann qui n’est pas dans le script, puis direction l’Amirauté. Ici le roman nous introduit la propre secrétaire de notre héros, June Hayes, et Fleming lit un dossier sur Darlan. Vient la scène avec Godfrey similaire au script (sauf qu’ils ne sont qu’eux deux).

Fleming va ensuite à The Frythe où il reçoit quelques gadgets et une nouvelle arme (similairement à une scène de Dr. No) de Suffolk (et de Hugh Quentin Alleyne Reeves et Charles Fraser Smith).

Darlan tue Lafayette qu’il pense être un traître. Après deux derniers briefings avec Godfrey (et Suffolk), Fleming est envoyé en France (avec l’or et les documents) en avion : sauf qu’il ne part pas avec une Denise, mais avec un jeune homme nommé David Nichols. De même le pilote n’est pas Cotton ici mais un certain Bill McGhee.

Après la scène avec Bock et Speer dans le dirigeable, Nichols et Fleming sautent de l’avion. Toutefois l’incident du parachute fait qu’ils ne sont pas atterrit dans la même zone. Nichols se fait tuer par Speer et Jodl qui volent l’or ; Fleming tombe sur le groupe de la résistance française qu’il était censé rencontrer. Dans le roman ils sont 4 : Gilbert « Rémy » Renault, Edward « Eddie » Watteau, Rouben Melik et Denise Astier.

Fleming veut s’infiltrer dans la base de Bock pour récupérer l’or. Ici la scène est un mix entre les deux scripts que l’ont a étudié (avec des passages/dialogues du script de 2005 où Fleming et Lana s’infiltraient dans le château de la mère de Krupp). Il y a donc Fleming qui étale des explosifs sur un mur, qui retire ses vêtements sous lesquels se cachent un smoking pour se fondre dans une soirée et fouiller les lieux à la recherche de l’or. Pendant ce temps deux des résistants ont les scènes avec l’AR-7 du nouveau script.

Ayant récupéré l’or et déclenché l’alerte, Fleming et les membres de la résistance s’enfuient avec le camion dans une poursuite similaire au script le plus récent. Il y a la scène du chalet puis celle en ski, sauf qu’à la fin de cette dernière Denise ne trahit pas Fleming : elle fuit les Allemands avec l’or pendant que Fleming est capturé.

Fleming est interrogé (dans la cave d’un vignoble et non sur le Commandant Teste) par Bock, Jold et Leo (pas de Darlan et Denise contrairement au script). Fleming parvient à se libérer avec ses lacets et les membres de la résistance (sauf Denise) arrivent et l’aident à s’enfuir du vignoble.

Ils vont du côté de Toulouse où ils voient les réfugiés. Ici le roman diverge du script : Fleming prend un bateau pour rejoindre le Commandant Teste et Darlan afin de le convaincre de remettre sa flotte à l’Angleterre. Darlan lui dit qu’il va plutôt la remettre aux Allemands et Denise en uniforme SS entre dans la pièce.

Fleming a par la suite un combat avec Marcel « Bruno » Gensoul (c’est ainsi que fut renommé le personnage d’Anjou dans le roman) puis il y a la scène de fuite/poursuite avec les bateaux armés.

Arrivé à Toulon, Fleming fait évacuer des réfugiés similairement au script. De retour à Londres, Fleming à deux semaines pour former un commando (non nommé 30 Assault Unit, seulement 12 hommes) afin de s’attaquer à une nouvelle arme en Algérie, le « Nautilus » qui a été repérée lors de reconnaissances. La chose est décrite comme « un char à quatre canons [Oerlikon] au sommet d’un mini sous-marin, avec les buses à la surface et la plupart du véhicule submergé ».

Fleming dîne avec son frère Peter et Ann, puis il y a une scène (qui arrivait plus tôt dans le script) où Fleming conduit Ann à un sous-marin pendant un bombardement de Londres.

En Algérie il y a l’assaut en hélicoptères avec les deux groupes du commando, dont Remy et Fleming : les choses se déroulent exactement comme dans le script. Le livre se fini avec la scène de l’hôpital St Mary du script, puis Fleming recevant des félicitations de Godfrey qui lui évoque une mission impliquant Hoover et par le fait que Fleming reçoit une lettre posthume de Denise, disant qu’elle était basiquement désolée.

On peut aussi ajouter que le roman donne un rôle plus grand rôle à Jold (Von Bock tuant Speer pour son incompétence, c’est ce personnage qui hérite des scènes de Speer) et qu’on peut lire à un moment : « Denise Astier a.k.a. Violette Szabo a.k.a. Lotta von Laue a.k.a. Untersturmführer Adela Dietrich ».

(Et comme vous le savez déjà, d’autres scènes du script analysé plus haut qui étaient déjà dans le script de 2005 se retrouvent aussi dans Operation Parsifal, le second roman de la série The Ian Fleming File).

Stevenson devait écrire un troisiéme roman de The Ian Fleming Files intitulé Operation Uncle Sam situé en 1941 et qui aurait dû parler de la mission mentionnée par Godfey à la fin du script et d’Operation Armada. Il semble toutefois que le projet a été abandonné…

Clement Feutry

Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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