James Bond Origin, Russian Ruse : la critique du comics

Izabel

Après un début réussit, la série Origin (Bond durant la Seconde Guerre mondiale) poursuit sa route avec un sixième numéro intitulé Izabel qui se veut un stand-alone. Pour cette aventure, James Bond est envoyé à Lisbonne au Portugal où il a pour mission de ramener un scientifique allemand défecteur qui développait une nouvelle arme sous la forme d’un missile. Sur place il ferra la connaissance d’Izabel, fille d’un boulanger qui livre le pain de son père.

L’équipe créative reste la même que dans les précédents numéros, à savoir Jeff Parker à l’écriture Bob Q aux dessins et Jordan Boyd aux couleurs. C’est donc une mission de type « espionnage » en solo qui attend Bond cette fois-ci (contrairement au dernier arc narratif Rocket Sea qui était plus centrée sur une bataille navale). La Bond Girl joue ici un rôle assez important et se sert de narratrice à l’histoire (avec ses pensées dans des bulles en « je »). On regrettera toutefois que la romance entre elle et Bond bouge un peu trop vite, on aurait peut être aimé qu’elle lui résiste un peu plus (mais bon c’est Bond et on est dans un climat de guerre). Le fait que l’intrigue se déroule au Portugal, pays neutre durant cette guerre, est intéressant tout comme la fin qui est assez inhabituelle… Au final l’histoire n’est pas mauvaise, elle fait le travail, mais n’est pas pour autant exceptionnelle.

Coté dessin, même constat que pour les premiers épisodes. De belles couleurs en perspectives, on sentirait presque le pain frais sur certaines cases (et il donne faim). On remarquera beaucoup de personnages placés au premier plan et qui occupent un grand espace au point de dépasser des cases (ce qui permet de les faire se démarquer de l’arrière plan et attirer l’attention sur eux). Reprochons toutefois quelques pages avec des arrières plans noirs (au lieu de blanc) qui ne rendent pas superbes et surtout : où diable sont passé les croix gammées ? En effet dans Izabel (et même depuis le début d’Origin) il semble de plus en plus évident que l’équipe créative s’efforce de ne pas afficher ce symbole nazi (même là où il devrait pourtant se trouver), d’où notre question : à quoi rime cette censure (?) dans un comics se déroulant durant la seconde guerre mondiale (un comble. D’autant plus lorsque l’on en a déjà vus dans de précédents comics de Dynamite se déroulant de nos jours avec des néo-nazis).

Russian Ruse

Dans Russian Ruse, James Bond sert sur un navire de guerre de Sa Majestée, le HMS Boudica, qui vogue sur la mer de Barents. Son officier supérieur, ne connaissant le caractère confidentiel des activités d’espionnage de Bond, ne comprend pas comment un si jeune homme a obtenu le grade de Lieutenant. Bientôt ils vont répondre à l’appel de détresse d’un navire Russe, ignorant que l’équipage de celui-ci vient juste de tuer celui d’un autre navire afin de voler de l’or destiné à la Norvège.

Bond va découvrir le poteau rose mais son supérieur n’en croira pas un mot, et c’est sur ce simple début que l’intrigue de cette nouvelle partie d’Origin est lancée. Et c’est là le problème de cet arc : le début ne fait pas assez Seconde Guerre mondiale, au fond ça reste juste un vol d’or de la part de la Russie (une intrigue qui aurait donc plus se dérouler à une autre époque). La première des trois parties de Russian Ruse s’avère alors décevante.

La seconde introduit quant à elle une espèce de Bond Girl et nous amène au port de Mourmansk. Bien qu’il peut être sympa d’avoir les Russes (plutôt que les Allemands) comme « ennemis » (mais qui sont officiellement des alliées), l’intrigue a du mal à décoller jusqu’à la moitié de l’arc narratif où les choses deviennent alors plus intéressantes. C’est la troisième et derniére partie de Russian Ruse qui parvient à relever définitivement la barre puisque dans celle-ci on a une ambiance Seconde Guerre mondiale de type champs de bataille, avec un Bond au milieu. Ça reste une grosse séquence d’action mais elle a le mérite de ne pas être ennuyante et de donner aux lecteurs ce qu’ils attendent d’une bande dessinée située à cette époque.

Le fait que Bond essuie quelques blessures ajoute à l’ambiance. La narration se fait parfois sous terme de flashback dans lesquels Bond se remémore son entraînement, ce qui n’est pas une mauvaise idée pour exprimer ses pensées. En parlant d’expressions on regrettera l’absence de traduction de très nombreuses bulles écrites en Russe (peut-être est-ce pour une question d’ambiance, comme Bond on ne comprend pas ce qu’ils disent ?, mais je suis pas fan).

Si Jeff Parker est resté à l’écriture, coté illustrations Bob Q cède ici sa place à Ibrahim Moustafa (dessins) et Roman Stevens et Michael Garland (couleurs). Visuellement le comics est réussi, le jeune Bond une meilleur tête qu’auparavant, les expression sur les visages sont bonnes tout comme les couleurs et les dessins (et certaines couvertures). Quelques impacts de balles sont en revanche à revoir. L’eau est particulièrement bien rendu sur certaines cases et l’ambiance claustrophobique des navires aussi. Mais le clou du spectacle reste une scène où notre ami Bond est drogué : les visuels psychédélique et les bulles de texte déformés marchent ensemble pour fournir une très jolie séquence.

Dates de sortie :

  • La mini-aventure Izabel est déjà sortis en VO le 13 février 2019.
  • Les trois premiers volumes de Russian Ruse sont déjà sortis en VO (publiés du 13 mars au 8 mai 2019).
  • La série James Bond Origin se poursuivra au moins pendant encore 3 autres numéros.
  • Aucune traduction française n’a été annoncée.

Nos précédentes critiques de comics :

Pour aller plus loin :
Les différents comics et strips James Bond.

Clément Feutry

Clément Feutry

Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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