Commander James Bond France

Bond vu par Ciné-live et Studio

À l’occasion de la fusion entre les deux magazines, comparaison de leurs façons de parler de James Bond

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Voilà une belle fusion qui est réalisée : Deux magazines totalement différents dans leur façon d’approcher le cinéma et les films se regroupent sous un seul et même mensuel. Prétexte officiel : se compléter pour mieux cerner le cinéma. Prétexte réel : ratisser plus large, se faire plus de sous, diminuer la concurrence et réduire les frais. Tant pis si l’un perd de sa qualité aux dépends de l’autre. Avant d’avoir ce mix étrange, je vous propose ma vision de ces deux magazines, à travers évidemment leurs articles sur James Bond 😉

Tout d’abord, je précise que c’est plus sur leurs façons de traiter les films que sur leurs critiques en elles-mêmes que je me base. À titre de comparaison, je prends d’un coté le Studio (Std.) hors-série de novembre 2006, dédié intégralement à James Bond, et de l’autre le numéro de Ciné-live (C.L.) de novembre 2008, avec un gros dossier sur James Bond. D’accord, il y a deux ans de différence, et l’un est forcément plus complet que l’autre puisque c’est un hors-série. Mais la façon d’aborder les James Bond est suffisante pour moi, pour refléter mon avis sur les différences de niveau entre ces deux mensuels.

Points communs

Avant de les séparer, autant voir ce qui les réunit : Tout d’abord, les contenus qu’ils proposent sont relativement uniformes : on retrouve dans les deux des actualités sur le film du moment (Casino Royale ou Quantum of Solace), des posters de bonne qualité sont offerts, des dossiers sur les 22 / 21 films de la saga, des interviews, et des dossiers sur des thèmes annexes (les acteurs français dans C.L., sur les génériques et les bandes sons pour Std).


Concernant les deux, les interviews sont récentes, la présentation des articles nickel et les photos proposées de bonne qualité (avec cependant plus d’originalité et de qualité pour Ciné-live)


Divergences

Vous allez vite noter que j’ai une nette préférence pour Studio, par rapport à Ciné-live

En faveur de Ciné-live

Points forts de C.L.

Tout d’abord, et je le redis, de très belles photos très bien agencées par rapport au texte, ce qui rend les articles deux fois plus attractifs. Ensuite, des centrages sur certains points plutôt intéressants. L’idée de parler des acteurs français dans les films est une bonne idée. Enfin… C’est tout. Désolé, mais j’ai beau chercher, je ne vois pas d’autres avantages.

Point faibles de Studio

On sent parfois pour le hors série, qu’ils ne savaient pas trop quoi raconter. On a alors des interviews qui n’apportent pas grand chose (celle d’un fan parmi tant d’autres, et une interview d’un chef de la DST), des quiz qui sont là pour prendre de la place, et des galeries-photo des James bond girls avec des commentaires bidons. Il fallait bien remplir le dossier. D’autre part, la pub est souvent superflue. Et je m’arrête là car je ne trouve pas d’autres points faibles.


En faveur de Studio

Points forts de Studio

  • Des rétrospectives très intéressantes (inexistantes chez Ciné-live) sur la façon dont James Bond a été porté à l’écran depuis Ian Fleming, et une autre sur la pré-production de Casino Royale. À chaque fois, on sent que les sources nécessaires à l’article ont été nombreuses, et relèvent d’un réel souci d’aborder le problème depuis son origine, en étant le plus précis possible, sans nous perdre dans des détails longs ou inutiles ;

  • Des interviews intelligentes, qui posent surtout aux acteurs des questions sur leur façon d’aborder le film, de voir leur travail, leur vision technique du film. Lorsque la parole est laissée tout entière à un acteur, les propos de celui-ci sont vraiment loin d’être superficiels, et abordent vraiment l’envers du décor ;

  • Concernant les courts articles hors de ce numéro (Std de septembre et octobre 2008), les articles présents sont concis, mais vraiment complets. Ainsi, en septembre, Studio fait un reportage sur le tournage de QOS, donnant quelques indications sur l’intrigue, mais se focalisant surtout sur la manière dont s’organise la production, en y intégrant des éléments de compréhension sur les acteurs et réalisateurs. En octobre, à la veille de la sortie, ce n’est pas sur les images du film que se penche l’article, mais sur le marketing mis en place pour promouvoir QOS, depuis son annonce, jusqu’à son avant-première ;

  • Dans leurs analyses des différents films, le magazine fournit la fiche d’identité de chaque film (acteurs, localisation du film, budget, personnages principaux, box-office), accompagné d’une remise en contexte historique et des points forts et points faibles du film au niveau rythme, scénario, ou interprétation des articles. Studio fait l’effort de ne pas rédiger une critique du film comme elle le fait pour les sorties des films, mais veille à une neutralité pour nous laisser tout liberté sur notre appréciation du film.

Points faibles de Ciné-live

  • Tout d’abord le ton qui m’horripile : En permanence, Ciné-live essaie de faire « copain-copain » avec le lecteur, de lui sortir des vannes (qui tombent souvent à plat), de parler comme on ferait entre amis. Ce n’est pas ce que j’attends d’un magazine qui est censé nous expliquer le cinéma. D’autre part, leurs avis et analyses sont énoncés comme des vérités générales, même si elles s’appuient sur des preuves bidons ;  ils nous imposent un ton professionnel lorsqu’il s’agit de parler de la couleur de la chemise de tel acteur sur une photo, et se ne se sentent plus quand ils ont réussi à intellectualiser un tant soit peu des débats ou des problématiques ;

  • Ensuite, les interviews sonnent creux. En témoigne l’interview de Daniel Craig. Le chroniqueur nous fait son éloge et nous raconte les circonstances de son entretient (qu’est-ce qu’on en a à foutre !). Il pose des questions d’ordre général pas bien originales sur la saga, avant de passer trois pages à lui demander si le fait qu’il mange des petits pois l’aide à être James Bond, où s’il aime les films dans lesquels il joue. Questions futiles et sans intérêt pour découvrir l’acteur.

  • Leur analyse de Quantum of Solace est en fait étonnamment courte, vu la place que prennent les photos à côté. Que tirer de l’ « analyse » : James Bond est révolutionnaire, c’est super qu’il y en ait un nouveau, ils sortent quelques données du film et reformulent le résumé du film. Pour les scoops, on repassera.

  • Analyses pseudo-scientifiques : il n’y a pratiquement que ça. Le dossier sur les acteurs français dans James Bond n’apporte pas grand chose de neuf à part répertorier ces fameux acteurs français avec de grosses photos. Interviews de personnage pratiquement invisibles dans l’histoire, questions inintéressantes du même type que celles des grosses interviews. Beaucoup de descriptions de film et d’image pour pas grand chose de novateur ou d’instructif, ou même d’intéressant à connaître. Encore pire dans leur « Analyse des titres » qui consiste à les classer en y voyant des volontés par rapport aux films, alors que les noms des James Bond sont presque tous créés pas Ian Fleming. Affligeant !

  • J’ai dis tout à l’heure qu’il n’y avait pas de rétrospectives dans Ciné-live. C’est faux, aucune n’a été réalisée sur James Bond, mais j’ai pu en voir une dans ce numéro : 1,5 pages consacrées au comédies musicales. Le rétrospective s’articule autour de quelques dates et quelques films d’où les auteurs tirent des tendances et des évolutions. Les phrases inutiles et enthousiastes disent que c’est bien que ça ne serve à rien. On reste au premier degré pour finalement terminer sur le film de la période Mamma Mia !, en acclamant ses ancêtres prestigieux, censés justifier le désastre qu’est ce film.

  • Enfin, les historiques des films : ça consiste à leur attribuer des notes totalement subjectives, mais imposées comme notes universelles, en disant ce que les rédacteurs ont aimé ou pas (une fois encore, qu’est ce qu’on en a à foutre ?). Quand on en arrive à des points positifs comme « James Bond est en maillot de bain » ou négatifs comme « Les coiffures / les costumes sont moches ». Alors là je ferme le magazine et je le jette (après avoir récupéré les photos qui sont après tout, les seules choses intéressantes qui méritent d’être conservées).


Ciné Live a donc tout a gagner dans cette fusion. Espérons que Studio n’y perde pas de sa profondeur, qui rend vraiment honneur au cinéma, tout en le laissant accessible à chaque lecteur, sans le prendre pour un idiot !!!

Je suis évidemment ouvert à toutes réflexions

Jamesbonderies

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  • Euh…Cine-Live ( dont je fus moi-même rédacteur à ses débuts, chez l’édteur CyberPress Publishing )a consacré au moins un numéro ‘ Special James Bond ‘ par nouveau film , quasiment dès son lancement en 1997 avec un numéro ‘ Special Posters inédits / Tomorrow Never Dies ‘…Dont je suis , modestement, à l’origine .
    Mon ultime critique ‘ James Bond ‘ pour ce magazine fût un article ‘ Preview ‘ sur Casino Royale dans le N° Special Blockbusters 2006 .
    Par ailleurs , mes confrères de la rédaction consacrèrent moult études à la saga 007 à l’occasion de certaines actus ponctuelles : nouvelles collections DvD , bio d’acteurs , etc…
    Bref , pour un peu, j’oserais même affirmer que Ciné-Live fût certainement le canard de Cinéma qui consacra le plus de pages à l’agent 007 dans sa globalité.
    Un détail : si vous ne connaissiez pas l’équipe rédactionnelle de ‘ Cine-Live ‘ AVANT sa fusion contre-nature avec Studio , l’info vous paraîtra superfétatoire , mais bon, étrangement , bon nombre de signatures – dont celle du rédac’Chef historique de la revue – disparurent comme par enchantement dès le premier numéro de la nouvelle formule .
    Pas besoin d’être expert-comptable pour en comprendre les raisons . C’est Studio qui a ” mangé ” Ciné-Live…

  • Un point de vue interne éclaire bien des choses. C’est vrai qu’au moment du rapprochement, les ficelles de la fusion était un peu grosses, surtout vis à vis des “prétextes” de fusion.
    Il reste que le numéro de C-L dont je parle dans mon article m’avait beaucoup déçu, alors que le dossier de Studio me semblait plus juste (même avec une année de différence). Par rapport aux articles que je feuilletais de temps en temps dans C-L, ils me semblaient (sauf exceptions) assez superficiels, et les critiques trop peu critiques envers les films, au contraire de ceux de Studio qui, selon moi, posaient des questions plus pertinentes dans leurs dossiers et interviews.
    Cela dit, chacun a sa façon d’aborder le cinéma. J’imagine l’énorme boulot que ce doit être de couvrir l’actualité cinématographique, que ce soit Studio ou Ciné-Live, et d’essayer de se différencier de l’autre, sans s’éloigner du sujet.
    Je dois avouer que mes avis et commentaires se font trop souvent sur des exemples parfois non probants. Étant plus assidu à Studio qu’à Ciné-Live, je lisais principalement celui-ci en 2006. Je n’ai pas eu l’occasion de lire les articles antérieurs faits par Ciné-Live. J’essaierai de me les procurer pour rectifier et avoir une vision plus complète.
    Merci en tout cas pour ce commentaire éclairant !!! J’espère ne pas vous avoir blessé dans mon article. De toute façon, tout ce qui est écrit sur James Bond vaut au moins le détour 😉

  • No problem : je ne me suis pas senti blessé du tout , n’ayez crainte .
    J’avouerais même – avec une pointe de cynisme – être plutot d’accord avec votre analyse du dossier QofS dans le numéro de Cine-Live ( que je n’ai d’ailleurs pas acheté – rires ) .
    Il faut quand même rappeller que , dès sa création , Cine-Live se positionnait comme LE magazine de Cinéma pour ados et jeunes Cinéphiles ( à contrario de Studio , plus , euh, ‘ Intello ‘ dans son approche ) .
    Cine-Live s’inspirait ouvertement du ton décontracté de mags US ou britannique comme Starburst ou même Rolling Stone , et , toujours à l’origine , se distinguait bien de ses autres concurrents grâce à l’apport de son cd-rom d’actus inclu dans chaque numéro ( avec voix off de son Rédacteur en Chef d’origine , Laurent Weil .)
    C’est grâce à l’apport de ce ‘ gadget ‘ inédit ( l’éditeur d’origine étant spécialisé dans les mags de Jeux Vidéo ) que Cine-Live a pu très vite arriver au niveau , puis rattraper ses concurrents déja en place…

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