James Bond Jr. : un document datant de la préproduction de la série

James Bond Jr. : un document datant de la préproduction de la série

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Ah, James Bond Jr. la série animée de 1991, peut-être l’une des plus grosses opportunités manquées de faire quelque chose d’original (et de réussit) avec la licence Bond… Peu de fans de 007 auront eu le courage de regarder l’ensemble des 65 épisodes que l’ont pourrait qualifier d’une qualité « discutable ». Pour sa défense il faut toutefois rappeler que la série était destinée aux enfants et que les personnes qui s’y essayent de nos jours ne sont généralement plus des enfants depuis longtemps. Si vous ne connaissez pas James Bond Jr., on vous recommande d’aller voir notre présentation de la série avant d’aller plus loin.

26 ans après sa diffusion, toujours peu de choses sont connues sur l’histoire derrière la série. C’est pourquoi nous sommes heureux de posséder un document de 52 pages datant de la préproduction de la série. À l’intérieur on y trouve des idées sur la direction dans laquelle aller, des idées de personnages, de scénarios, de gadgets, et quelques dessins. On y trouve déjà la plupart de ce que l’on verra à l’écran, mais ce document fournit de nombreuses informations intéressantes sur des aspects qui ne seront ultimement pas développer dans la série, comme l’age à James Bond Jr., des infos sur ses parents, sur la Warfield Academy, etc… Voici donc quelques extraits de ce document qui est achetable en intégralité à cette adresse.

Présentation de la série

Avant de commencer il est intéressant de noter que les noms de la plupart des personnages ont été effacés et réécrit à la main par dessus. À deux endroits, un « Jr. » ajouté à la main suit un simple « James Bond » tapé à la machine, ce qui laisse suggérer qu’il était initialement prévu que le héros de la série s’appelle simplement « James Bond »…

« Notre série suit les exploits du neveu adolescent de James Bond, James Bond Jr. La ressemblance du jeune Bond (Young Bond en VO) à son oncle ne se résume pas seulement à un beau physique et des habilités athlétiques. Bien n’est qu’un junior dans une grande école, James (17 ans) est précoce. Il possède déjà le panache, le mépris calculé des règles […] et l’irrévérence effrontée qui ont rendu vieux Bond irrésistible (aux femmes) et incorrigible (pour ses supérieurs) ».

« Parce que sa mère et son père (une linguiste et un archéologue) sont portés disparus (de toute évidence des victimes de l’organisation S.C.U.M.) et les risques posés par la nature du travail de son oncle, James est enrôlé dans la Warfield Academy : une école de haute sécurité de la cote sud-est de l’Angleterre, sur une falaise près de Ramsgate. Ce n’est pas une école ordinaire […] elle est destinée aux enfants de leaders de pays, diplomates, personnes travaillant dans l’espionnage. Elle est entourée de fils de déclenchement, systèmes d’alarme, gardes armés et chiens de garde. James la surnomme Hight Risk Hight. […] Le bâtiment est un vieux manoir anglais avec une architecture française, l’intérieur rappelle un collège/lycée américain ».

« Peu importe s’il rentre à la maison pour les vacances avec le fils d’un Sheik et découvre un complot visant à détruire le canal de Suez ou qu’il apprend d’une camarade que son père a inventée l’arme ultime, une arme antimatière à particule […], James se retrouve toujours impliqué dans des histoires aussi importantes et excitantes que celles de son oncle. Et être dans ces aventures, c’est aussi pour lui l’espoir de retrouver ses parents, dont il est convaincu qu’ils sont retenus captifs par les forces de S.C.U.M. ».

Amis et ennemis

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Comme ce sera le cas dans la série, James Bond Jr. a un groupe d’amis qui l’accompagnera durant ses aventures. Les descriptions des personnages principaux évoquent fortement ce que l’on retrouvera dans la série, voici quelques extraits de passages intéressants :

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« Le jeune James n’est pas aussi chevronné que son oncle. Il n’a pas fait l’armée ni le service secret britannique. Ce n’est pas un expert de l’espionnage. Ses intérêts sont plus adaptés à son âge (ex : musique rock et rap, voitures, célébrité, sports américains). En revanche il partage l’incroyable diversité de talents et de connaissances de son oncle. C’est un bon élève dans toutes les matières, il parle plusieurs langues […] avec un antécédent pour la gymnastique et les arts martiaux. […] Il a une passion pour la justice, il est incapable de rester sans rien faire devant une personne qui se fait victimiser. […] Ne ne nous méprenons pas : James est Anglais dans son élocution, son attitude et sa culture. […] Bien qu’il est sophistiqué en surface, James Bond Jr. est toujours un enfant de 17 ans, et comme tous les garçons de son âge, il est obsédé par une chose : principalement les filles de 17 ans ! […] Fréquemment elles auront des noms habiles comme Dawn Under ou Clair Skies, etc… ».

On nous dit aussi que Bond Jr. sera dans la même chambre d’internat que le petit-fils de Q, Horace Boothroyd (si le coin de Bond est rangé, ce n’est pas celui de Boothroyd dans lequel c’est le bordel avec des tubes à essaie qui traînent, etc…). Horace est un « scientifique/ingénieur de génie qui use de ses talents de MacGyver pour cocoter des gadgets incroyables à partir d’objets ordinaires […] Il n’aime pas son nom, de ce fait le jeune James l’appelle souvent simplement H. » (et non I.Q.).

Tracy Milbanks est Américaine et « elle considère Horace comme le frère qu’elle n’a jamais eu ». Elle connaît notamment l’existence d’un tunnel qui mène hors des murs de l’Academy (on nous dit que celui-ci sera exposé à des inondations lors des heures de marée pour que Bond n’en abuse pas durant la série).

Le père de Tracy est le proviseur de la Warfield Academy, selon le document la relation entre Bradford Milbanks et Bond Jr. est « parallèle à la relation entre 007 et M ». Il est décrit comme « dégarni » et « veuf ». « À cause de la nature sensible sensible de Warfield […] ce qui veut dire que M (le boss de 007) est l’autorité à qui M. Milbanks répond ultimement. On peut seulement imaginer l’exaspération de M quand un élève de Warfield entre en conflit avec une opération du service secret britannique et qu’il découvre qu’il s’agit de James Bond Jr. lorsqu’il se rend à Warfield pour enquêter ».

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Gordo Leiter n’a seulement que 14 ans, il représente tout ce qu’il y a en Amérique « de la musique rap à la Nintendo ». Il est « la connexion principale avec la culture et la mode américaine qui peut contraster avec celle britannique, donnant un peu de comique. Élevé en Californie, avec des cheveux blonds […] c’est peut être le seul garçon en Angleterre à porter des chemises hawaïennes […] ».

On nous dit que « Phoebe Farragut […] est la fille d’un riche industrielle/ambassadeur. […] Il est trop occupé pour s’occuper de sa fille, à la place il lui offre des cadeaux coûteux et tout l’argent dont elle a besoin. […] C’est la carte de crédit de son père qui finance les aventures du groupe […] Peut-être est-ce pourquoi les autres la surnomment Freebie Phoebe. […] Ces aventures sont le seul excitement dans sa vie et elle les rapporte dans son journal intime de manière mélodramatique (elle aspire à devenir écrivaine un jour). […] Elle est terriblement attirée par Bond Jr., mais celui-ci n’a d’yeux que pour Tracy. L’éternel triangle. […] La maladresse de Phoebe fait que Bond passe plus de temps à la tirer d’un mauvais pas que combattre les méchants ».

« Comme les parents de Bond ne sont pas présents dans la plupart de nos histoires, M. Mitchell tient le rôle de la figure paternelle et de l’adulte responsable »… ou devrait-on mettre « responsable » entre guillemets.

Pour Trevor Noseworthy IV, on nous dit que c’est le fils de l’Earl of Worcester. Il est jaloux du charme de Bond et ces deux-là sont fréquemment en compétition pour la même fille, le même sport ou la même récompense académique.

« Tous les vilains de la série sont liés d’une façon ou d’une autre avec le S.C.U.M., bien qu’ils opèrent parfois en free-lance. Quand cela leur plaît, ils font équipe ensemble mais généralement il y a des tensions internes et des trahisons. […] Le chef du S.C.U.M. est S.C.U.M.LORD qui garde son identité secrète, opérant depuis un complexe secret paramilitaire sous terrain dont il ne sort que rarement. […] Les agences standard de renseignement (dont les Britanniques) ignorent même son existence. […] À cause d’une précédente rencontre avec lui, Bond Jr. sait qu’il est derrière de nombreux complots pour dominer le monde ».

Beaucoup de méchants de la série sont décrits dans le reste du document comme Ms Forturne (qui est ressemblante à « Zsa Zsa »), Spoiler (avec une « Harley qui peut rivaliser avec une Aston Martin de 007 bourrée de gadgets), Barbella (qui « surpasse Schwarzenegger ») ou encore Skullcap (décrit comme « sa tête est rasée comme un skinhead d’un coté et de l’autre coté se trouve [du métal] chromé. […] Il est seulement loyal au Dr. DeRange qui lui a précédemment sauvé la vie en lui fournissant son crane de métal ») pour ne citer qu’eux.

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En dehors de ces méchants originaux, la série prévoit de faire revenir des vilains classiques tirés des films comme Requin, Nick Nack, Goldfinger (« le nom et le motif de l’or est trop lié aux enfants pour que l’on passe à côté »), Dr. No (« celui qui a tout commencé »). On peut aussi lire que May Day a été suggérée ainsi que Odd Job Jr. (« une version plus jeune de son père »).

« Oui, parfois nos vilains sont comiques, mais si le danger et les menaces qu’ils représentent ne sont pas montrés de manière convaincante, et parfois même effrayante, ils ne seront pas pris au sérieux et la série risque de se détériorer en une blague ».

Structure et élément

  • « Chaque épisode commence avec la séquence signature des films. On voit une version animée de la silhouette classique dans l’iris accompagné d’un nouveau James Bond Theme (peut-être un dérivé moderne du fameux 007 Theme) ».
  • « Avant le générique du début, nous avons une séquence de pré-générique […], la plupart du temps une poursuite spectaculaire (ex : le jeune James sautant sur l’aile d’un avion en train de décoller ou un saut en moto entre les tours du World Trade Center). À d’autres moments le prégénérique sera plus intrigant (ex : un personnage dont le visage reste dans l’ombre traverse un labyrinthe de checkpoint de sécurité sous une pyramide égyptienne pour rencontrer un vilain qui lui remet une valise pleine d’argent ; le mystérieux personnage se tourne vers la caméra et nous découvrons qu’il s’agit de Bond Jr. ».
  • « Des vilains excentriques hauts en couleur. […] ».
  • « La Bond Girl […] ».
  • « Les gadgets de Bond et véhicules […].
  • « Des endroits glamours autour du monde vus de la perspective d’un adolescent ».
  • « L’humour de Bond […]. Notre série ne se pendra jamais trop au sérieux […] L’humour doit être intelligent […] comme I should have know, you’re wearing red hitops (tennis shoes) en référence à I should have know, you ordered fish with red wine de Bons baisers de Russie ».
  • « Des histoires larger than life ».
  • « Un style graphique très réaliste est demandé. Puisque la franchise est associée à de riches visuels, il incombe aux animateurs de copier cela du mieux possible. Les scripts seront écrits de manière à inclure au moins une grosse séquence d’action par épisode (en plus de la séquence de pré-générique). Mais l’action n’est pas la seule chose de nos histoires, nous voulons aussi du suspens ».

Idées de scénarios

  • James devient peut-être suspicieux à propos des activités mystérieuses d’un autre élève ou des parents de celui-ci, enquête et découvre un complot d’une portée mondiale.
  • S.C.U.M (ou quelqu’un d’autre) lance un complot directement contre James ou un autre élève de Warfield en général.
  • Dans un sous-marin abandonné, Bond tombe sur Requin et sa bouche de métal : « Voici ce qui arrive lorsqu’on ne sa lave pas les dents… » dit Bond.
  • Il commande un chocolat chaud « Shaken not stirred ».
  • Après un combat en chute libre au-dessus de la statue de la Liberté, James parvient à prendre le seul parachute de son adversaire qui finit par se dandiner sur la torche de la statue. James commente : « I always heard you were hung-on on older women ».
  • Retenu captif par le S.C.U.M. on lui demande s’il sait ce que veut dire l’acronyme de l’organisation, ce à quoi James répond : « Spoiled Children with Ugly Mother ? ».
  • James Bond 007 contact Bond Jr. par téléphone ou fax pour lui parler d’un complot du S.C.U.M. à venir ou lui donner des nouvelles de ses parents disparus (« Note : On ne voit jamais 007, mais on peut entendre sa voix »).

Idées de gadgets

  • Des patins à roulettes à réaction.
  • Un stylo qui se déplie en un bâton en acier (pour du saut à la perche).
  • Un boomerang avec une caméra vidéo intégrée.
  • Une planche de surf hovercraft.
  • Un hydrofoil.

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Parfois les gadgets d’Horace ne fonctionneront pas de la manière prévue :

  • Un sac à dos qui se transforme en une sorte de ballon à air chaud (qui laisserait s’enchevêtrer Bond au-dessus d’un volcan).
  • Un dispositif de contrôle à distance d’un véhicule (les commandes gauches et droites malheureusement inversées).
  • Un vidéophone sans fil (qui diffuserait une vidéo de Bond s’enfuyant ou revenant à l’Academy sur le magnétoscope du proviseur).

« Nous resterons éloignés des gadgets qui effectueraient une tâche simple que des objets ordinaires peuvent accomplir (par exemple nous ne voulons pas de boutons de manchettes qui se transforment en tournevis alors que Bond peut utiliser un couteau de poche ou une pièce pour cela). […] Gardons en tête que Horace et Bond ne disposent pas des ressources du service secret, la plupart de leurs gadgets doivent dériver d’objet communs, récupérés […] (ex : quand Horace présente à Bond un jetpack, on devrait indiquer qu’il a été crée avec des bouteilles de plongées entre guillemets empruntés à la salle d’équipement de Warfield, un vieil aspirateur cassé et du gaz hélium du carnaval le plus proche). La phase de récupération peut prendre des proportions épiques avec par exemple Horace trouvant un vieux tank Sharman abandonné ».

Les gadgets ne devraient aussi pas être spécifiques à une situation (ex : Horace ne devrait pas donner un bateau gonflable à Bond pour un voyage à Las Vegas au cours duquel Bond va, par coïncidence, sauter du barrage Hoover pour finir dans le fleuve). À la place il devrait utiliser son intelligence et improviser comme faire des bouées avec son pantalon pour la situation précédente du barrage. S’il y a un gadget conçu pour une tache spécifique (comme un compteur Geiger) il devrait être créé bien avant d’en avoir besoin, Bond et Horace ayant anticipé ce besoin.

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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