Felix Leiter : la critique du comics

Felix Leiter : la critique du comics

Felix Leiter comics 1

Garanti sans spoilers.

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S’il y a bien un allié sur lequel James Bond peut compter, c’est Felix Leiter. Bien que l’Américain apparaisse aux côtés de 007 dans de nombreux romans, films et comics, Dynamite a pourtant crée la surprise en annonçant en octobre dernier que Leiter aurait le droit à son propre comics ! Alors, Dynamite a-t-il réussi à amener quelque chose d’intéressant (et de différent) avec ce personnage ?

Dans ce comics, l’ami Leiter qui est désormais détective privé, est rappelé par la CIA pour aider les Japonnais à retrouver une agente russe avec laquelle il avait précédemment travaillé et eu une aventure. Toutefois certains évènements au Japon vont faire en sorte qu’il mette son enquête de côté pour un temps afin de s’occuper d’une affaire plus urgente… L’équipe créative de ce comics se compose de James Robinson à l’écriture, Aaron Campbell aux dessins et Salvatore Aiala aux couleurs.

Ian Fleming décrivait Leiter dans Casino Royale comme un homme avec « une tignasse de cheveux couleur paille » et c’est effectivement le cas ici, avec un Felix qui ressemble plus à celui de Service, avec contours assez durs, plutôt qu’à celui d’Eidolon. Toutefois ce qui fait la particularité physique de Felix, ce sont les prothèses qu’il porte suite à la mutilation qu’il a subie par un requin dans le roman Vivre et laisser mourir (scène qui a inspirée les scénaristes de Permis de tuer). Mais le Texan n’est pas blessé que physiquement, intérieurement Felix est un homme qui n’est plus ce qu’il était, il est en proie à la dépression et semble avoir le cœur quelque peu brisé.

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En effet, et c’est là sa grande différence avec James Bond, Felix bien qu’il se montre optimiste vis-à-vis de sa mission, a tendance à se rabaisser lui-même lorsqu’il parle avec d’autres personnages ou dans des monologues intérieurs. Car oui, comparé aux précédents comics bondiens de Dynamite, il y a dans Felix Leiter des bulles dans lesquels le personnage partage avec nous ce qu’il pense, ce qui rappelle un peu ces vieux films noirs de détectives (et ça tombe bien puisque Felix en est un).

Ce « rabaissement » est aussi accentué par le fait que Felix subit les événements pendant la plupart du comics au lieu de les faire avancer… Qui dit pays du soleil levant, dit le retour de Tiger/Tigre Tanaka, chef des services secrets japonais dans On ne vit que deux fois (et The Man with the Red Tattoo). Et à côté de Felix, Tanaka parait fort, capable d’être un véritable one man army avec un sabre tandis que Felix parait lui plus faible et pas au top de sa forme. Il d’ailleurs questions à plusieurs reprises de dialogues/monologues dans lesquels Felix se compare aux autres en se dépréciant : « Je ne suis tout simplement pas Bond/Tanaka », ce qui est d’ailleurs assez ennuyant à la longue.

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Les pensées de Felix servent aussi à introduire des flashbacks qui permettent de comprendre l’histoire. En effet lorsque le comics s’ouvre, le lecteur est dans le flou avant qu’il ne découvre la mission de Felix par ses souvenirs et monologues (il n’y a pas de briefing comme ça se ferrait dans un James Bond avec le bureau de M). Après les premières pages le lecteur n’est plus perdu puisque l’histoire qui est racontée ne se veut pas complexe, bien qu’elle permette un peu de suspens puisque l’on se demande qui sont vraiment les méchants et quel est leur(s) but(s) ?

Graphiquement parlant Felix Leiter est réussi, notamment dans ses effets de lumières et de pluie. Les locations sont également bien illustrées entre le soleil de Floride et un Japon avec ses coutumes. Toutefois, il est a noté qu’il y a de temps en temps quelques rares panels qui ne sont vraiment pas très beaux.

Le physique de Tanaka est sympathique et dans le fond n’est pas si éloigné de Tetsurō Tamba (l’acteur du film de ’67) dans les grandes lignes, bien que ce dernier ne serve pas de modèle pour ce comics. Sa relation avec Felix marche plutôt bien. Il est aussi appréciable de voir des marques de voitures qui ne figuraient pas dans les précédents comics comme Audi (et Dieu merci il n’y a ni d’Aston Martin ni de Bentley).

 Dans Felix Leiter, il y a énormément de panels qui font tout une page, voir une double page !

Dans Felix Leiter, il y a énormément (ou trop) de panels qui font toute une page, voir une double page ! C’est la grande particularité graphique du comics. On notera aussi une volonté de varier le nombre de panels par page et leurs placements.

Les scènes d’actions sont bien foutues, malgré des effets de sang et de coup de feu totalement ratés, il y a notamment quelques panels classes où l’ont voit Tanaka (et les cadavres qu’il laisse) à plusieurs endroits sur la même case au fur et à mesure qu’il bouge. Les scènes de sexe, qui ne sont pas « timides » d’un point de vue graphique, font également plaisir. Contrairement à ce qui semble être le cas dans Black Box, les couleurs ne jurent pas.

En résumé, bien que Felix Leiter ne soit pas exceptionnel de par son scénario ou pour livrer beaucoup de révélations sur la vie et le passé de Leiter, ce n’est pas un mauvais comics. Je n’irais peut-etre pas jusque à dire que c’était un excellent comics, mais j’ai tout de même apprécié la lecture. Il est certes un peu lourd que le Texan aux cheveux paille se dénigre en permanence dans le récit, mais cela permet Felix Leiter comics (7)de le différencier d’un certain James Bond, qui est quant à lui un héros au top de sa forme. Non Leiter n’est pas juste un copié-coller américain de 007, ce piège a été évité.

On mettra toutefois un bémol à la fin du comics qui n’est en aucun cas la fin de l’histoire puisque celle-ci appelle fortement à une suite ! Enfaîte l’auteur a en tête de faire une trilogie… sauf que Dynamite n’a apparemment pas (encore ?) donné son feu vert pour cela (qui plus est je ne suis pas fan de la révélation finale, j’ai l’impression qu’elle contredit un précédent comics). Du coup s’il n’y a jamais de suite, on va se retrouver avec un comics avec une histoire non terminée, ce qui n’est jamais cool !

 

Dates de sortie :

  • Felix Leiter est déjà sortie en VO sous la forme de six volumes (publiés du 12 janvier au 22 juin 2017).
  • Ces six volumes seront regroupés en un seul (VO) pour le 21 novembre 2017.
  • Felix Leiter sera potentiellement traduit en français (en un seul volume) aux éditions Delcourt pour une date de sortie encore inconnue (pas avant 2018).

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Pour aller plus loin :
Les différents comics et strips James Bond.

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