Bond 15 | « Rebooter n’est pas jouer ! » (Partie 1)

Bond 15 | « Rebooter n’est pas jouer ! » (Partie 1)

TLD Reboot 1-2

Malgré toutes les rumeurs contraires, le script de ce Bond 15 ne fut pas écrit pour Roger Moore. Loin de là.
Traduit du fantastique ouvrage « The Making of The Living Daylights », CJB vous présente le reboot de James Bond !

Nous sommes à l’automne 1985, quelques mois après la Première de « Dangereusement Vôtre », Richard Maibaum et Michael G. Wilson commencent à rédiger l’origin story de notre espion favori. Comment James Bond est devenu 007. Et oui, 20 ans avant Casino Royale, on pensait déjà à revenir aux racines de notre agent préféré.

La première ébauche de Maibaum consiste en 3 pages racontant la séquence d’introduction du film.

PRÉGÉNÉRIQUE

Autriche, 1972 (soit l’année où Roger Moore commence le tournage de Vivre et Laisser Mourir).

Dans un château, transformé en hôtel, situé à flanc de montagne, nous retrouvons un James Bond d’une vingtaine d’années. Il est dans un lit aux draps de satin en compagnie d’une ravissante demoiselle du nom de Elsa. Après leurs moments intimes, Elsa lui demande où il se trouvait durant toutes ces années (entendez par là : J’ai cherché un homme comme toi pendant longtemps) et son petit nom.

« The name is Bond. James Bond. » lui répond-il.

Il est Lieutenant dans la Royal Navy et Assistant d’Attaché Militaire à l’Ambassade Britannique de Vienne. Elle est fiancée à Graf Siegried Von Rahm, un noble sur lequel Bond enquête.

Les cascades de Krimml, en Autriche
Les cascades de Krimml, en Autriche

Afin de se rapprocher de lui, Bond accepte d’aller faire du deltaplane. Une fois dans les airs, il devient évident que Von Rahm connaît la véritable identité de Bond puisqu’il tranche la toile du deltaplane de celui-ci avec un couteau. Ce qui a pour effet de le précipiter vers les eaux glacées et tumultueuses des chutes les plus hautes d’Europe : les cascades de Krimml.

Par chance, Bond survit à la chute et est récupéré par un pêcheur. Toujours mouillé et vêtu d’une tenue négligée, ne s’étant pas changé entre temps, James Bond se rend à l’Opéra où il repère Von Rahm et l’attaque. Le concierge intervient et le prégénérique prend fin avec l’arrestation de Bond.

Le 24 octobre, Maibaum et Wilson étendent ce premier traitement à 19 pages, puis à 35 pages le 3 novembre 1985.
Certains détails sont rajoutés dans la séquence du prégénérique (Bond et Elsa sont sous des draps de satin, elle appelle son fiancé ‘Siggy’, Bond déclare lors de son arrestation qu’il n’a jamais été un fan d’Opéra) et le reste est inchangé.

LE FILM

Après son arrestation, Bond est amené à l’Ambassade Britannique où on lui signifie que ses problèmes de comportement vont finir par le faire renvoyer de la Navy.

Afin de se sortir la tête de son imminent procès, James Bond prend la direction de sa demeure familiale située en Écosse.

Donald Crisp servi de modèle aux scénaristes pour le grand-père de Bond
Donald Crisp servi de modèle aux scénaristes pour le grand-père de Bond

Là-bas, son grand-père explique à ‘Jamie’ qu’il y a une longue tradition navale dans la famille Bond. Un de ses aïeuls ayant combattu à Trafalgar (1805) et Jutland (1916). Mais il se montre compréhensif et lui suggère que son avenir réside peut-être dans un autre domaine. D’ailleurs, il connaît quelqu’un qui pourrait l’aider dans sa recherche d’une nouvelle carrière, un homme que courtisait sa tante « Charmaine ».

C’est au « Blaydes » (Londres) que Bond rencontre son potentiel sauveur, l’Amiral Messervy, M. Celui-ci confie à Bond qu’il est un excellent candidat pour les Services Secrets. En effet, il excelle dans les langues et a brillamment réussi l’entraînement au combat qu’il a suivi. Concernant ses problèmes de disciplines, l’Amiral pense que ceux-ci sont liés à son temps libre et ne sont donc qu’un détail. S’il décide de rejoindre le MI6, l’incident de Vienne n’aura jamais existé. Néanmoins, Bond a besoin de temps pour réfléchir.

Durant cette phase de réflexion, son grand-père décède. C’est à ce moment qu’il réalise que rejoindre les Services Secrets est la meilleure chose à faire. Bond appelle M pour lui annoncer qu’il est partant et son nouveau patron l’envoie se présenter à Burton Trevor.

Richard Burton et Trevor Howard, les deux légendes britanniques qui donnèrent leur nom au mentor de Bond
Richard Burton et Trevor Howard, les deux légendes britanniques qui donnèrent leur nom au mentor de Bond

La quarantaine, le visage marqué par les épreuves qu’il a traversé au cours de sa vie, ainsi que par sa consommation excessive d’alcool, Burton Trevor attend Bond dans un bar. Lors de cette rencontre, deux hommes du nom de Po et Dai les attaquent. Trevor laisse tout le travail à Bond afin de le jauger. Une fois que son « apprenti » a réussi à les envoyer au tapis, il lui apprend qu’il s’agit d’hommes de main d’un certain Ambong et lui dit de se soigner. Bond lui rétorque qu’il aurait pu perdre ses bijoux de famille dans un coup de pied mal placé.

La mission de Bond et de Trevor est de s’envoler pour Singapour avec, dans les bagages, un « kit pour voyageur » donné par la Section Q qui amuse beaucoup le jeune James.

Le Raffles Hotel de Singapour
Le Raffles Hotel de Singapour

À Singapour, ils séjournent dans le célèbre hôtel Raffles.
Une femme du nom de Betje Bedwell et son garde du corps Kow Tow attirent l’attention de Bond. Par la suite, il apprendra que Betje n’est autre que la concubine d’un dénommé Kwang.

Singapour n’est qu’un point de passage et les voilà déjà reparti pour l’aéroport.

Là-bas, Po et Dai les attaquent à nouveau… au lance-flamme, cette fois. Trevor court pour monter à bord d’un DC3 piloté par Bond et, une fois à l’intérieur, prend la place du co-pilote. Direction la jungle et le Golfe de Siam où ils rencontreront leur prochain contact, Kwang. Un trafiquant d’armes et d’opium du Triangle d’Or d’Asie du Sud-Est. Ils doivent lui fournir l’avion et l’expertise de Bond en matière de pilotage pour l’aider dans ses opérations. Notre jeune James n’est pas vraiment ravi de bosser pour ‘ce sale type’, mais Trevor l’enjoint à ne pas s’impliquer dans la politique.

Une fois arrivé à la forteresse de Kwang, Bond se sert d’un détecteur de micros (provenant du kit donné par la Section Q) pour scanner la pièce. Trevor salue sa prudence et lui explique qu’il a un jour trouvé une bombe dans la chasse d’eau de la toilette, destinée à sauter quand il la tirerait.

– « A sanitary (sanitaires/toilettes) way to go », lui répond Bond, « Vous auriez reçu une médaille à titre posthume. »
– « Très malin », lui rétorque Trevor.

En regardant par la fenêtre, Bond fait remarquer à Trevor qu’il serait facile de s’échapper par là. Mais ce dernier n’est pas d’accord avec lui et, pour lui montrer qu’il a raison, il prend un fruit d’une corbeilles et le laisse tomber par la fenêtre.
Il se retrouve empaler au bout d’une longue pique.

« You’ve made your point », admet Bond.

Toujours à la forteresse, Trevor et Bond remarquent des bannières annonçant la venue d’un seigneur de guerre du nom de Kim Feng. Un échange va avoir lieu entre les deux seigneurs de guerre. De l’opium contre des armes (que Kwang veut tester sur des cibles vivantes). Bond se rend compte qu’un des hommes de Feng est là pour tuer Kwang et il l’élimine avant que celui-ci n’y parvienne, s’attirant ainsi la reconnaissance de Kwang qui jure de se venger de Feng.

Trevor réprimande Bond pour ce qu’il appelle « l’érection de l’année » et lui annonce que sa mission était de localiser la forteresse de Kwang dans le but de capturer ou éliminer ce dernier. Bond est incrédule et Trevor lui révèle qu’il est un agent appartenant à la Section Double 0 avec un permis de tuer.

– « Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ?! », demande Bond.
– « Je ne vous faisais pas confiance et je ne le fais toujours pas maintenant », répond Trevor.

Lorsque Bond lui demande si Kwang est recherché pour trafic de stupéfiants, Trevor lui répond que la CIA et le MI6 sont après lui pour une autre raison : il a fait un marché avec les communistes pour transformer le Triangle d’Or en base servant à lancer des raids contre la Thaïlande, la Malaisie et le reste de Birmanie.

Pendant qu’ils réparent l’avion, Betje rend visite à Bond. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur le passé de la jeune femme. Son père était un bucheron anglais et sa mère était allemande. Ils furent tués par des insurgés et Kwang l’a trouvée lors d’un raid, alors qu’elle avait 6 ans, et en a fait sa concubine. Depuis quelques temps, il a du mal à assurer sur le plan sexuel. C’est la raison pour laquelle il l’a envoyée à Singapour où elle devait se procurer de la corne de rhinocéros (supposée avoir un effet similaire au Viagra). Si ses hommes apprennent son impuissance, il risque fort de perdre la face.

Kidnapper Kwang ne sera pas chose aisée…

Rendez-vous très prochainement pour la seconde partie !

Source : © 2012 Charles Helfenstein, The Making of The Living Daylights.

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