James Bond Girls, le long chemin vers l’égalité – Épisode 3

“Ma Bond Girl est différente des autres”. Le cliché de la Bond Girl séduisante et inutile a la vie dure et une mauvaise réputation. Mais malgré les protestation des actrices, les Bond girls ont toujours été différentes.  Cette chronique de CJB pose donc la question de la place que les films donnent aux partenaires féminins de Bond, et sur la façon dont le personnage de Bond Girl évolue ! Voir l’épisode 1 ; l’épisode 2.

Épisode 3 : À la recherche de l’Équilibre

Les Bond Girls que Bond croise sur sa route trouvent toujours une utilité en mission. Mais alors que les années 1970 nous proposent un Bond moins machiste et dur, voila que les femmes elles, deviennent indispensables pour réussir ladite mission. Leur engagement dans l’histoire ne devient pas un beau hasard qui met de belles femmes sur la route de Bond. Non, désormais, Bond doit composer avec des femmes actives et fortes pour accomplir son devoir.

L’espion qui aimait les femmes fortes

Après les femmes qui ont le droit à des sentiments propres, nouveau changement donc avec l’Espion qui m’aimait et les femmes construites sur le modèle du Major Amasova.

a7e182a7c7ab8f802f3e9469be3486c2Les Bond girls cumulent maintenant les rôles de femmes de tête et fatales. Femmes de tête car elles dépassent le rang de pion sur l’échiquier et ont maintenant beaucoup plus de ressources (espionnes russes et américaines, archer hors pair, pilote de sous-marin, contrebandière, femmes d’affaires…), et fatales (empoisonneuses, combattantes et vengeresses). Elles se nomment Anya Amasova, Holly Goodhead, Melina Havelock, Octopussy et Stacey Sutton.

La période précédente nous offrait des femmes autonomes au niveau de leur sentiment, celle-ci nous donnent des femmes qui maîtrisent leur destin. Bond ne pourra plus simplement les inviter à rejoindre son camps. Il va devoir composer avec elles et joindre ses forces.

C’est l’époque de la coopération avec les espionnes du KGB et de la CIA, ainsi qu’avec les demoiselles qui se sont fixées une mission de vengeance, ou de simple contrebande.

Avec Roger Moore, Bond est synonyme de gentleman séducteur, mais plus de mâle dominant. Sa supériorité n’est plus acquise. Si son charme fait souvent succomber les amazones à la fin du film, il passe le plus clair de son temps à établir un pied d’égalité avec elles et négocier comment il va poursuivre sa mission.

Si tu veux obtenir quelque chose Bond, il va falloir respecter mes règles !
Si tu veux obtenir quelque chose Bond, il va falloir t’aligner sur ma façon d’agir

Les années Roger Moore étaient ensoleillées et calmes, mais elles ont donné l’occasion aux femmes de trouver une réelle place face à Bond !

Permis de former un couple

La courte époque avec Timothy Dalton nous offre un intermède original. S’il y a toujours de belles filles en arrière plan, Bond ne passe plus son temps à séduire. Il se limite à un couple tout au long du film (dans le cas de Tuer n’est pas jouer), ou d’un couple à trois qui lui pose bien des problèmes (dans Permis de Tuer).

Kara Milovi, Lupe Lamora et Pam Bouvier ont chacun leur monde. Elles se font souvent discrètes dans univers machiste où elles sont obligées de suivre le leadership des hommes (qui les manipulent). Pourtant, cela ne veut pas dire qu’elles se soumettent pour autant à Bond. D’une part, l’agent secret ne cherche pas à coucher directement avec elles comme ses prédécesseurs. Elles sont plutôt des partenaires avec qui Bond s’allie pour réussir sa mission. Ce n’est qu’au hasard de sa mission qu’il finit par former un couple assez équilibré.

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On a en effet des films où même si le destin de Bond et de la Bond girl sont unis face à un ennemi, ils sont chacun très seuls et doivent prendre en main leurs responsabilités (souvenez vous du choix de Kara de trahir Bond à Tanger, Lupe lamora qui refuse l’aide de Bond ou de Pam Bouvier de poursuivre son deal avec le lieutenant de Sanchez). Autant l’époque Roger Moore nous offrait des Bond girls marchant main dans la main avec Bond tout en s’envoyant des piques, autant la période Dalton nous montre des personnages qui avancent dans la même direction, et finisse finalement par s’aimer.

Une belle époque donc, où même si des femmes vivent dans le dur monde masculin des années 1980, 007 leur donne toute la place nécessaire pour s’imposer et se faire entendre comme des femmes indépendantes !

Le monde des girls de suffit pas

wailinL’ère Brosnan nous offre quatre films, et un patchwork féminin assez hétérogène. On a des femmes indépendantes, mais amoureuses de Bond (Natalya, Paris), des femmes fatales explosives et insoumises (Xenia Onatop, Elektra King, Jinx et Miranda Frost), des femmes faciles en position allongée… Tout ce petit monde couche facilement avec Bond, se bat facilement avec l’espion. On discute, on court, on s’allie, on s’oppose…

Les femmes des années 90 sont assez dures à lire, et pour cause, ce sont plus des Actions Women que des Bond Girls. Finie l’insouciance et le jeu de chat et de souris entre Bond et ses femmes. Ces personnages féminins ont rarement un passé et semblent sortis de d’autres films d’actions ou de jeux vidéos : ils ne sont jamais passif.

Même si on perd en subtilité dans le caractère des personnages féminins, on peut dire qu’on gagne des personnages 100% autonomes qui ne se définissent pas par rapport à James Bond : elles trouvent leur place dans l’aventure de façon naturelle, et c’est bien par hasard si elles unissent leurs forces, ou s’opposent à Bond. En bref, elles peuvent exister sans lui. Sacré évolution non ?

A suivre : l’ère Craig et l’avenir des James Bond Girls

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Chronique : Les James Bond Girls et le long chemin de l’égalité

Épisode1 : Bond Girls, clichés, rôles et fonctions
Épisode 2 : L’âge d’or des James Bond Girls
Épisode 3 : A la recherche de l’équilibre
Épisode 4 : l’ère Craig et l’avenir des James Bond Girls

Ytterbium

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