Commander James Bond France

Le Détective, le Docteur et l'Espion

Pourquoi les icônes anglaises que sont James Bond, Sherlock Holmes et Docteur Who restent les séries les plus intéressantes ! Une chronique des Jamesbonderies… entre autres

docteurs

James Bond

Bien que ce soit en 2012 que James Bond a fêté ses 50 ans au cinéma avec Skyfall, l’année 2013 aura été riche en célébrations bondiennes : le 50e anniversaire de Bons Baisers de Russie, le 40e de Vivre et laisser Mourir, ainsi que le 30e d’Octopussy, auront rythmé l’année, sans oublier la 60e année d’existence personnage de James Bond créé par Ian Fleming dans Casino Royale en 1953. Même dans une année sans nouveau film, Bond est plus présent que jamais : il fait l’objet de nouvelles expositions, rassemble une communauté qui ne faiblit pas, que ce soit en ligne ou physiquement, quand des événements sont organisés.

Docteur Who

Mais James Bond n’est pas le seul héros britannique à occuper années après années le devant de la scène et de nos écrans, et ces fêtes de fin d’année nous l’ont une fois de plus prouvé. Le 23 novembre, un jour après le 7e anniversaire de la sortie française de Casino Royale, c’est la série Dr. Who qui fêtait ses 50 années d’existence sur les postes anglais avec un épisode spécial, Le Jour du Docteur”, rassemblant pas moins de 3 incarnations de l’extra-terrestre si British, et l’excellent acteur anglais John Hurt. Le jour même de Noël, le record d’audience allait une nouvelle fois à la série dérangée de la BBC avec un épisode particulier introduisant un nouveau visage (Peter Capaldi) pour remplacer l’actuelle star (Matt Smith).

Sherlock

Enfin, après que Dr. Who nous ait prouvé que cette série est au petit écran ce que Bond est au cinéma, c’est une troisième icône du Royaume Uni qui s’est fait remarquer il y a quelque jours avec le retour de la série Sherlock, présentant les aventures revisitées de façon contemporaine du fameux détective consultant. Plus âgé que l’Espion et le Docteur, Sherlock Holmes existe depuis bien avant la création du cinéma, et revient fréquemment sur nos écrans avec un succès jamais démenti.

Ce dernier épisode de Sherlock entretient d’ailleurs de nombreuses ressemblances avec le récent Skyfall : on y voit Sherlock qui, passé pour mort, fait son retour en Angleterre : les moments forts de sa réapparition nous le montrent faisant une entrée remarquée, d’abord les cheveux longs, battus à mort (Pierce Brosnan ? Es-tu là ?), puis se glissant avec classe dans son fameux imperméable, avant de se remettre à l’entraînement en aiguisant ses capacités à la déduction. Et ça ne s’arrête pas là ! Sherlock marche dans les pas de James en traquant un terroriste dans le métro londonien, dans la même station de Westminster, dans les mêmes déversoirs d’orages et lignes désaffectées. Les caméras de surveillance jouent d’ailleurs un rôle clé pour dévoiler de  façon moderne le mystère du “fiacre vide” des romans de Conan Doyle, tout comme ces mêmes technologies permettaient de traquer Silva.

Et nos deux stars anglaises ne partagent pas que des aventures similaires contre le terrorisme ! Elles visitent également les mêmes lieux. Sherlock aura donc le privilège de contempler, dans un magnifique plan, le panorama londonien, sur le même toit que l’agent 007 à la fin de Skyfall. On retrouvera aussi une station ressemblant à s’y méprendre à la station fantôme de Meurs un Autre Jour sous Westminster où Bond rejoint Q pour découvrir une voiture invisible. On remarquera enfin la présence de David Arnold qui, après avoir mis en musique 5 aventures de James Bond, rythme maintenant les enquêtes de Holmes et Watson.

Quel plaisir on a à voir ces figures populaires avec toujours autant de succès de nos jours ! Mais les ressemblances des aventures de ces héros ne s’arrêtent pas qu’à de simples scénarios ! James Bond, Docteur Who et Sherlock Holmes sont plus que des personnages, il s’agit de phénomènes cinématographiques (et télévisuels) uniques en leur genre.

brosnanTout d’abord, ils survivent ! En créant des histoires à épisodes, ils ont réussi à survivre à leur auteur, et connaître de nouvelles aventures sans les personnes qui leur ont donné naissance. Ensuite, ils survivent aux acteurs qui les incarnent. Peu importent la qualité des acteurs qui leur ont prêté leur visage, les héros que sont Sherlock Holmes, le Docteur Who et James Bond ont tous connus de nombreux comédiens se pliant aux exigences du personnages pour continuer à le faire vivre, et le public reste au rendez-vous ! Enfin, ce sont des séries ou des sagas qui survivent au temps : peu importe l’univers dans lequel ils sont nés (l’après guerre et la guerre froide pour Bond, l’Angleterre du XIXe siècle pour Sherlock Holmes ou la science fiction des années 50 pour le Docteur Who). Chacun d’eux à réussit à survivre de son époque, change son style ou son cadre historique, tout en proposant des enquêtes, des aventures ou des voyages interstellaires similaires.

Et la vraie réussite, c’est qu’au delà de survivre, ils sont toujours populaires au point d’être connus dans le monde entier (ou en tout cas le Common Wealth pour Docteur Who). Comment ont-ils réussit cela ?

Il y a un mot expliquant tout : l’adaptation !

benedictTout d’abord, je pense que les succès de ces icônes mondiales tient à ce qu’elles ne renoncent pas à ce qui fait leur particularité : Sherlock Holmes est toujours doué d’un esprit de déduction éclair, James Bond parcourt toujours le monde avec classe, énergie et décontraction, et le Docteur Who ne quitte jamais son principe de base de faire des voyages spatio-temporels en bonne compagnie.

Deuxièmement, ils prennent des risques : Bond et le Docteur prennent le risque de surprendre le spectateur avec de nouveaux visages et de nouveaux caractères donnés à leur héros, malgré les habitudes des spectateurs. Sherlock Holmes, sous ses différentes incarnations, fait le paris de traverser les époques, et parfois mêmes les continents sans perdre ce qui fait son origi
nalité (je pense évidemment à la série de la BBC “Sherlock”, mais aussi à la série américaine “Elementary” ou Holmes débarque aux États-Unis et où Watson est une femme).

DW50-09Les risques qu’ils prennent ne tiennent pas juste aux changements de personnages, mais aussi de style : ainsi, Sherlock Holmes apparaît dans une version plus rythmée et stylisée avec le Blockbuster de Guy Ritchy et Robert Downey Junior. James Bond suit la guerre contre les terroristes et les poursuites effrénées apportées par la série des Jason Bourne. Le docteur Who quant à lui, ne se cantonne pas aux aventures feuilletonesques répétitives,  mais enrichit constamment son univers avec des personnages faisant évoluer le héros extra-terrestre. Regardez l’épisode du Jour du Docteur : la série propose pas moins d’introduire un nouvel “ancien” docteur dans la personne de John Hurt et de changer le background de base du personnage actif depuis une dizaine d’année : la chute de Gallifrey. C’est aussi ce qu’a fait James Bond quand on l’a présenté dans Casino Royale comme fraîchement nommé au titre d’agent 007 : ré-explorer et faire évoluer la mythologie particulière du héros.

12Mais la recette des adaptations réussies pour survivre au changement revient au Docteur Who. Alors que les films d’aujourd’hui sont saturés des innovations technologiques censées les mettre à la page (avec les technologie 3D, les débauches de fonds verts, etc), la série britannique ne remet pas en cause les effets spéciaux basiques et kitch qui font son charme : tout en profitant des nouvelles possibilités des effets spéciaux, ceux-ci restent largement incroyables et décalés. Cela ne lasse pas le spectateur, au contraire, cela permet de prendre davantage de plaisir dans la narration et les histoires décalées : on trouve la même chose dans Sherlock et James Bond : la saga 007 continue à privilégier des scènes d’actions vraisemblables, musicales et réalisées par de vrais cascadeurs. Sherlock intègre les nouvelles technologies, ne cherche pas à les faire oublier ou passer inaperçu : les effets spéciaux se superposent donc sur les images, écrivant les mots et vues du personnage à même l’écran.

holmesAu final, en jouant avec leur style, ces séries de films et d’épisodes permettent au spectateur d’apprécier, au delà des histoires, la réalisation et la couleur du film et de ses scènes d’actions. Le temps passe, et quand on redécouvre les anciens épisodes, ils ne font pas “vieilli”, mais au contraire portent fièrement la marque de leur époque. Évidemment, tout n’est pas du meilleur goût (regardez les expérimentations de la période Brosnan, la ralentis fatiguant de “Sherlock Holmes, jeu d’ombres” ou certains scénarios faiblards de Dr. Who). Mais en cherchant à s’adapter et en faisant des expérimentations, ces héros restent à la page et continuent à susciter notre curiosité.

silhouette-largePersonnellement, je prends un plaisir inépuisable à voyager d’une aventure de James Bond à l’autre, en alternant les époques et les différentes modes des époques. Je suis sans cesse surpris par les scénarios du Docteur Who qui, sans abandonner leur légèreté, développent d’excellentes idées de sciences-fiction sans jamais perdre de son humour. Ma passion pour les déductions de Sherlock est quant à elle toujours ravivée quand je vois les paris que font les adaptations pour rendre les enquêtes toujours plus modernes (que l’histoire se passe dans le passé ou aujourd’hui).

spy-who-loved-me-2Enfin, ce que j’apprécie dans ces séries, c’est que peu importent les idées empruntées à Hollywood et aux blockbusters américains : le caractère britannique prend toujours le dessus sur la personne qui incarne l’acteur. Alors que les américains mises sur de nouvelles stars pour faire raviver notre intérêt sur tel ou tel super-héros incroyable, les acteurs anglais se glissent dans la peau des icônes, et n’essaient pas de prendre le dessus ou de faire table rase sur ce qui a fait leur succès : elles réinterprètent les icônes britanniques et jouent avec elles pour les garder en vie et pertinentes. On redécouvre ainsi constamment des figures du cinéma qu’on croyait connaître, à travers différentes déclinaisons. Et lorsqu’on se penche vers les aventures précédentes, et passées, on se dit qu’elles ont bien vécu avec leur temps, et sont toujours promises à un bel avenir !

Je conclurai pas une réplique de John Hurt dans une autre adaptation britannique réussie : celle de V pour Vendetta :

England prevails ! L’Angleterre prévaut !

John Hurt - V pour Vendetta

Article publié initialement sur des Jamesbonderies… entre autres

Et en prime, un fanart trouvé sur internet proposant un croisement entre James Bond et Dr. Who. Merci à Jeremy pour l’avoir signalé.

Chronique publiée au départ sur des Jamesbonderies… entre autres

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