Un bon départ pour Fleming : critique sans spoiler du premier épisode

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Mercredi dernier, BBC America diffusait le premier épisode de la série Fleming, Comme promis, nous vous offrons une première critique garantie sans spoiler pour vous donner un avant-goût de la série. Si vous l’avez vu ou voulez en discuter, rendez-vous sur le forum !

Il est très risqué de faire un film sur le créateur de James Bond, sans que le personnage de Fleming ne soit dépassé par l’ombre de l’agent 007. La série menée par Dominic Cooper dans le rôle principal arrive cependant à ne pas appuyer trop lourdement sur les ressemblances entre la vie de Fleming et celle de l’agent secret.

Oh, bien sûr, on a quelques moments ici et là adressant des clins d’œil à la célèbre franchise, Mais si James Bond est présent, c’est uniquement par le style, à l’exemple d’une magnifique scène d’ouverture à la Jamaïque nous rappelant les beaux temps d’Opération Tonnerre et les génériques de Maurice Binder.

La première grosse qualité de la série est en effet de ne pas nous montrer Fleming comme l’auteur génial marchant vers son succès, ni comme écrivain torturé ignoré de tous. Dès l’introduction, Fleming nous déclare qu’il n’est pas sa création et que ce qu’il écrit n’est pas de la grande littérature :  il s’agit juste de mots pour “faire bouillir la marmite”. Et effectivement, tout dans la suite de l’épisode nous montre Fleming, qui passe d’une activité à l’autre sans se douter de son talent.

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Le Fleming de la série est un homme à femme, un fumeur invétéré, un marginal critiqué par tous. Il se retranche systématiquement derrière une sophistication toute britannique teintée de snobisme, qu’il soit battu à terre ou félicité pour ses idées. Tout cela ne pourrait être que le téléfilm d’une suite de débauches et de coups de sang un brin exagérés à l’aube de la 2e guerre mondiale, mais tout dans la réalisation est là pour rappeler l’univers de James Bond.

Ambiances anglaises luxueuses et passées, fond d’espionnage rythmé, des mouvements de caméras très séduisants au milieu de jolies filles… Dans la façon de filmer l’ambiance terne de l’Angleterre de 1939, on respire des atmosphères qui ne sont pas encore bondiennes, mais qui rappellent les cocktails très particuliers de séduction et de danger des romans de Ian Fleming.

Évidemment, Dominic Cooper ne ressemble pas à Fleming et n’est pas le meilleur acteur du petit écran (il rappelle parfois plus Mister Bean que l’écrivain), et le personnage de sa future femme Anne O’ Neil, curieusement placé à plusieurs reprises dans les jeunes années de l’auteur, amène à se demander s’il ne s’agit pas juste de faire du temps à l’écran pour Lara Pulver (rendue célèbre par la série Sherlock) qui incarne le personnage.

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Mais la série trouve une façon de raconter la vie de Fleming qui rend hommage à l’auteur : même si l’on peut ne pas être convaincu par la façon dont on nous montre ce Fleming plus ou moins charismatique, on voit à l’écran toute ce qui, dans la vie de Fleming, a été une inspiration pour imaginer le monde de James Bond.

Cerise sur le gâteau, même si l’on n’est pas intéressé par l’inspiration de James Bond, la vie de Fleming dans le monde de l’espionnage suffit à faire de cette série un thriller sexy et efficace, très agréable à regarder et avec de savoureux dialogues. On soulignera d’ailleurs deux très bons rôles féminins avec Annabelle Wallis et Anna Chancelor, toutes deux très convaincantes pour donner la réplique au séducteur Ian.

Ce premier épisode est donc un très bonne mise en bouche des futures aventures de Fleming, Il donne même très envie de découvrir le second épisode, et ce qu’a à nous offrir ce nouveau Ian Fleming pendant la guerre !

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Ytterbium

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2 pensées sur “Un bon départ pour Fleming : critique sans spoiler du premier épisode

  • 3 février 2014 à 11 h 42 min
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    L’auteur de l’article semble surpris de voir Ann Charteris, qui deviendra O’Reilly, puis Rothermere avant de devenir Ann Fleming en 1952, côtoyer Fleming avant la guerre. C’est sans savoir que l’auteur fit la connaissance de sa future femme dès 1934 et qu’ils se côtoyèrent à de nombreuses reprises, notamment en 1939 mais plus tard encore car Fleming devint son amant alors qu’elle était mariée à d’autres. Rien donc de surprenant à la voir apparaître si tôt dans la mini-série.

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    • Ytterbium
      4 février 2014 à 16 h 28 min
      Permalink

      Il va falloir que je me replonge dans la biographie qu’a écrit d’Andrew Lycett alors. Je ne me souvenais pas qu’ils s’étaient rencontrés aussi tôt. Je pensais que la série anticipait sur la vie de Fleming pour justifier la boucle entre l’intro de la série à la Jamaique, et les jeunes années de Fleming.

      En tout vas Messervy, je pense qu’on peut te confier le prochain quiz sur Fleming, et la vérification de la justesse de la série 🙂

      As-tu déjà pu voir la série ?

      Répondre

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