Clive Owen as James Bond ? (2/2)

Suite de mon article sur les relations proches de Clive Owen et James Bondowen

Frusté, c’est l’adjectif qui, je trouve, correspond le mieux à ce qu’à dû ressentir l’acteur en se voyant prendre la place par un blond, plus éloigné physiquement de la description qu’en faisait Fleming, alors que lui avait tout ce qu’il fallait pour endosser le smoking.

Clive Owen n’a pas lâché le morceau. Se sentant né pour être James Bond, et ne pouvant pas l’être, il a multiplié les films se rapprochant du répertoire d’action bondien. Shoot’em up en est un exemple, où il montre ses capacités physiques dans les fusillades. Sa participation au premier Jason Bourne n’est pas anodine, et je pense que nous sommes arrivés aujourd’hui au summum de la frustration.

Espion à la Craig

Quantum of Solace a mis fin aux polémiques sur Daniel Craig, en donnant à la saga un nouveau souffle, plus de modernité, et un film très en phase avec son temps. Clive riposte en annonçant « Enquête ». Je vous laisse regarder la bande annonce que j’ai découverte il y a quelques jours.


On sent dans cette bande-annonce, une irrépressible envie de vouloir faire mieux que Bond. Voici un homme qui a une mission : détruire une banque très très méchante, alimentant tout les méchants de la terre en fonds, armes, logistique pour mener le chaos. Et c’est un anglais (Interpol parce que MI6, ça a déjà été fait) qui décide tout seul de mettre à bas ce système corrompu. La trame rappelle terriblement celle de Casino Royale et Quantum of Solace. Comment ne pas rapprocher cette banque aux services proposés par Le Chiffre ? Comment ne pas assimiler cette organisation qui vise le chaos et le monopole des actions illégales à celle de Quantum, elle aussi vivant au grand jour, elle aussi pouvant frapper sans scrupules là où elle veut.


À ce schéma, la bande annonce semble nous montrer des scènes d’actions très en rapport avec l’environnement actuel, une « Clive Owen girl » adéquate, et des scènes bondiennes montrant un James Bond (pardon), un Clive Owen froid, déterminé et classe face à de méchants banquiers qui n’en mènent pas large. À cela s’ajoute le prestige que lui, Clive Owen, peut venir à bout tout seul en une seule « Enquête » (à la place de « mission ») de ce système là où Bond met plusieurs épisodes à s’en débarrasser. Pour être sûr de ramener du monde, on rajoute une dose de Jason Bourne avec des héros qui se sentent traqués, des poursuites dans les beaux lieux touristiques d’Europe, et beaucoup d’américanisation avec la fille et la façon de filmer. Seulement voilà, il ne suffit pas de réutiliser le répertoire d’action, de scénario et d’environnement bondien, quand il manque avant le matricule qui va avec.


Note amusante corroborant ce que j’avance : écoutez attentivement la voix française de Clive. Elle ne vous dit rien ? Vous aurez sûrement reconnu la voix de Éric Herson-Macarel. C’est lui la voix française de Daniel Craig en tant que James Bond, qui prête ses intonations (et sa façon de parler des deux derniers films de la saga) à Clive, qui cherche désespérément à se mettre dans la peau de l’agent secret.


Espion à la Brosnan

Et on ne s’arrète pas là. Quelque semaines après l’Enquête paraîtra Duplicity. L’histoire d’un ex-agent du MI6 qui s’allie avec une ex-agent de CIA pour mettre leurs talents d’espions au service de riches entreprises.


Mais ce coup-ci, au lieu de construire une intrigue paranoïaque et survoltée à la Jason Bourne, avec un héros style Bond/Craig, le film donne l’impression d’être traité dans le ton de la comédie. Jugez plutôt :

Ce coup-ci, Clive Owen se fait espion à la Brosnan, classe, allure, humour et charme… tout ça sur fond d’espionnage, bien ancré dans l’époque actuelle (guerre industrielle). Le rapprochement avec l’Amérique est toujours bien présent, et je pense qu’on peut s’attendre à pas mal de dérision à propos des deux services de contre-espionnage.


L’acteur britannique aime faire l’agent secret, et compense visiblement le fait que M ne l’ait pas promu double-zéro. Reste à savoir s’il fera de l’ombre à la saga bondienne et concurrencera la trilogie Jason Bourne. Peut-être alors, deviendrait-il intéressant d’intégrer l’acteur dans un James Bond, peut-être pas en tant que 007, mais en tant qu’ennemi, il a un bon potentiel.


Des Jamesbonderies... entre autres

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Une pensée sur “Clive Owen as James Bond ? (2/2)

  • 15 juin 2009 à 10 h 07 min
    Permalink

    Tous ses rôles ne sont pas anodins par rapport à l’image de 007 mais l’acteur n’a jamais été mis à l’essai par la production. Ne l’oublions pas.

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