[Script] L’homme au pistolet d’or, la première tentative de Maibaum pour écrire un Moore

[Script] L’homme au pistolet d’or, la première tentative de Maibaum pour écrire un Moore

Richard Maibaum, le scénariste vétéran des James Bond, n’était pas impliqué dans le lancement de l’ère de Roger Moore. Bien qu’il souhaitait écrire Vivre et laisser mourir et qu’on le lui avait proposé, il avait d’autres engagements. En conséquence, c’est Tom Mankiewicz qui a écrit le premier Moore. Maibaum, qui n’avait pas vraiment apprécié le film, ni la prestation de Moore, sera plus tard appelé à revenir pour L’homme au pistolet d’or. Mais avant cela, c’est d’abord Mankiewicz qui écrit le script de ce film.

Le scénario de Mankiewicz, remis le 20 aout 1973, incluait une relation entre Bond et l’agent du MI6 Mary Goodnight, des personnages nommés Ursula (la maitresse de Scaramanga), Demitasse (le nain majordome), Good-Fat (un homme d’affaires chinois), et son frère Bad-Fat (patron d’un studio de cinéma Hong-kongais spécialisé dans les films d’arts martiaux) étaient présents. Mankiewicz, Guy Hamilton, Albert Broccoli sont ensuite partis faire des repérages en Iran avant de décider de restreindre les prises en extérieur du film en Extrême Orient, dont le Vietnam et la Thaïlande.

Le 15 octobre 1973, Mankiewicz termine un script complet dans lequel Scaramanga (qu’il verrait bien joué par Jack Palance) a un troisième téton et une maitresse qui est désormais nommée Delia. Lorsque nous rencontrons Bond, il joue au baccara dans un casino maltais. Il y a une poursuite en bateau sur les canaux de Thaïlande tandis que dans la propriété d’un certain Löh Fat, des éléphants jouent au football. En s’échappant de la pagode de Fat, Bond donne un coup de pied dans le ballon vers le bâtiment et déclenche une ruée d’éléphants ! (Pour la petite anecdote, Harry Saltzman commandera 2600 « chaussures » pour éléphants pour une scène du film avec un cavalcade d’éléphants qui ne vit jamais le jour !).

Scaramanga : Le petit déjeuner a de nouveau du retard. Appelle Demitasse.
Delia finit rapidement, se lève, franchit les portes d’acier et tire brusquement sur une corde suspendue. La caméra suit la corde du robuste flanc de falaise à la fenêtre de la maison. Un visage masculin d’une forme bizarre (Demitasse) apparait, il regarde vers le bas dans la caméra et hoche la tête.

Plan sur la porte de la falaise. Un gémissement est entendu depuis l’intérieur de la falaise, l’indubitable son d’un ascenseur qui descend. Le bruit s’arrête, les portes en acier s’ouvrent en coulissant. Demitasse (un nain) apparait, portant un large plateau sur lequel se trouve divers plats. Il est vêtu d’un costume miniature et immaculé de majordome. Sa poitrine et ses bras sont proportionnellement massifs et son expression est vide.

Plan sur Scaramanga. Ce dernier se retourne lentement vers un Demitasse qui approche et expose ainsi sa poitrine. À deux pouces au-dessus et à droite de son téton gauche se trouve un extraordinaire spectacle inoubliable : un troisième téton. Il se glisse dans son peignoir alors que Demitasse décharge le plateau sur une table à côté du pistolet d’or et de sa boite.

Plan rapproché sur le plateau. Le petit déjeuner de Scaramanga se constitue de deux douzaines d’huitres servies dans leurs demi-coquilles. L’autre douzaine trempe dans un pot d’eau salée à côté d’une assiette de citrons pelés.
Scaramanga : (à Demitasse) Fraiches ?

Demitasse tend sa main vers le pot d’eau salée, prend une grosse huitre fermée et la comprime.

Plan sur les puissantes mains de Demitasse qui étreignent l’huitre avec expertise, cette dernière s’ouvre avec un craquement. Demitasse tend l’huitre ouverte à Scaramanga. Il l’absorbe d’un trait et hoche la tête. Il croque dans le citron pelé, en déchire un morceau, le mâche, l’avale et recrache un pépin avant de s’assoir. Il regarde au loin, Delia est allongée sur le dos dans une autre chaise longue près du sable. Elle dirige sa main vers un sac fourre-tout, sort une cigarette et craque une allumette.

Plan rapproché sur Delia et alors que l’allumette en feu approche du bout de sa cigarette, deux grondements de coups de feu résonnent. L’allumette est éteinte alors que la cigarette est presque simultanément expulsée de sa bouche.

Dans un angle plus large nous voyons Scaramanga qui tient le pistolet d’or fumant dans une main, une huitre dans l’autre.
Scaramanga : Ne sais-tu pas que fumer peut être dangereux pour ta santé ?

La main de Delia tremble. Elle essuie doucement le tabac qui s’est répandu sur ses lèvres. Demitasse n’a pas réagi et maintenant qu’il a fini de servir, il s’éloigne en marchant de nouveau vers l’entrée du flanc de la falaise. Scaramanga retourne à son petit déjeuner.
Scaramanga : Tu sembles déterminée à m’irriter depuis ces derniers jours, Delia. Par exemple, tu sais que je te préfère avec…

Le pistolet d’or de saisit, il tire à nouveau.

Plan rapproché sur la tête de Delia. La balle frappe la broche en bijou et défait la serviette à deux pouces de sa tête. La serviette vole et ses longs cheveux tombent sur ses épaules.
Scaramanga : Les cheveux détachés.

Deila s’assoit avec les nerfs tendus, vérifiant sa tête.
Scaramanga : Tu as un corps magnifique et tu insistes encore pour le couvrir.

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Peu de temps après l’écriture de sa première mouture, Tom Mankiewicz, décide de quitter le projet en cours comme il l’explique lui-même :

Je n’étais pas heureux avec [L’homme au pistolet d’or], et certaines personnes l’aimaient vraiment, je ne l’aimais pas tellement. Je quitté ce film à mi-parcours. Pour être franc, Guy [Hamilton] et moi nous disputions tout le temps ; nous sommes redevenus de grands amis plus tard. C’est à lui que je dois mon retour sur Vivre et laisser mourir. Nous sommes allés faire des reconnaissances pour le film en Thaïlande, Hong Kong, Iran et partout. J’ai fini le premier script et je suis allé voir Cubby : « Cubby, je pense vraiment que mon utilité touche à sa fin pour ce film. […] Je ne te donne pas le meilleur de moi-même. J’ai l’impression d’avoir déjà écrit ce film, peut-être parce que c’est le troisième que j’écris d’affiler ». Et il m’a répondu: « D’accord, si c’est ce que tu penses ».

Albert Broccoli qui avait besoin d’un nouveau scénariste pour ce film se tourne donc vers l’homme aux scripts d’or, Maibaum. Ce-dernier termine un scénario le 12 novembre dans lequel James Bond est relevé de l’opération Sunstroke, à savoir la traque de Gibson, l’inventeur de l’agitateur Sol-X. Scaramanga est alors intégré dans une intrigue secondaire sur la crise énergétique qui fait l’actualité et Andreas (le nouveau nom de la maîtresse de l’homme au pistolet d’or) survit à Scaramanga.

Tout comme The Spy Command (HMSS Weblog) et 007 Forever, nous possédons le « First draft screenplay by Richard Maibaum » daté du 7 janvier 1974 (137 pages) ; en voici un résumé :

L’homme au pistolet d’or :

BOND – GUNBARREL – LOGO ENSANGLANTÉ

Une bande de sable entre deux falaises raides contenant des arbustes. La caméra passe une formation rocheuse en forme de champignon proche du littoral et zoom sur un puissant Scaramanga, de l’eau goûtant de son dos alors qu’il patauge. Il porte un slip de bain doré.

Le dos toujours tourné, il marche vers Andreas qui tient une grande serviette non dépliée avec un « S » gravé dessus. Elle a à peu près 26 ans, c’est une beauté éblouissante, en maillot de bain.

Tel commence ce script. Le pré-générique est similaire au film : un certain Rodney traque Scaramanga dans son « palais du fun » (Funhouse – la différence notable est que Scaramanga tire dans le cœur de l’effigie de Bond et non dans ses doigts). Il y a également un passage intéressant sur comment Maibaum imaginait la posture de Bond dans le gunbarrel :

Rodney chancelle et les lumières stroboscopiques s’éteignent. Musique du James Bond Theme. Une effigie de James Bond s’allume, évidemment activée par le corps de Rodney qui tombe sur un fil d’activation. Bond pose un genou à terre, dégaine, comme dans le logo.

Si le film de Noël 1974 nous laisse penser que le Major Boothroyd et Q sont la même et unique personne, il en va autrement pour ce script. Après le générique il y a une scène dans le bureau de M. Le Chef d’État-Major (Bill Tanner) est présent tout comme M et l’« expert en balistique » Boothroyd. Ça c’est à la page 7. Mais à la page 19, Bond rencontre Boothroyd ET Q ! Si l’on s’en réfère aux indications scéniques, il est clair que Q est le personnage qui sera normalement joué par Desmond Llewelyn. Dans le film, l’expert en balistique Boothroyd sera renommé en Colthorpe et Q restera lui-même.

Lorsque M demande à Bond ce qu’il sait de Scaramanga, la réponse de Bond est assez différente du film :

Bond : Scaramanga ? Scaramanga. Oh oui. Nationalité et habitation inconnue. Entraîné par le Smersh. Sa réputation débute après la guerre lorsqu’il est un assassin du KGB surchargé et sous-payé. Il est devenu indépendant à la fin des années ’50. On lui attribue une centaine de meurtres qu’il n’a probablement jamais commit. Toutefois il y en a au moins 46 de confirmés. Ne rate jamais et n’a jamais été photographié. Signe distinctif : un troisième téton. Son prix actuel pour un contrat s’élève à un million de dollars. […] Dernier assassinat connu : il y a deux ans. Je pense que c’est tout monsieur. Pourquoi ?

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Le MI6 a donc reçu ce qui semble être une menace sous la forme d’une balle en or qui porte l’inscription « 007 ». M soulage Bond de son affectation actuelle qui visait à retrouver un expert en énergie solaire porté disparu jusqu’à ce que la question soit résolue. Bond est maintenant sur la piste de Francisco Scaramanga.

Comme dans le film, Bond se rend à Beyrouth, où l’agent double zéro Bill Fairbanks est censé avoir été tué par Scaramanga. La piste le mène jusqu’à une femme appelée Saida (chose que Moneypenny ne dit pas à Bond dans le script). Sauf, dans le script, Saida est une prostituée qui travaille dans un bordel, et non une danseuse de cabaret :

Les ampoules des plafonds font des piscines de lumière entre les zones sombres. Un gros client huileux, indicatif de la clientèle de l’établissement, émerge de la porte de l’une des chambres, en passant devant Bond et la Madame, alors qu’elle le conduit vers la chambre Saida en arrière-plan.

Madame : …Toutes mes filles, monsieur… sont des beautés célèbres… mais vous avez de la chance que Saida vous ait été recommandé…
Bond : La spécialité de la maison, j’ai entendu dire.

Une silhouette, dos à la caméra, apparaît au premier plan et regarde Bond et la Madame. Bond et la Madame s’arrêtent devant la porte de Saida.

Madame : Une colombe, un petit oiseau de paradis, et si talentueuse.
La Madame ouvre la porte.
Madame : Saida, voici un bel Anglais pour toi.

Bond entre et la Madame ferme la porte derrière lui.

Allongée sur un lit king-size, elle porte un mince pantalon turc, une courte liseuse de velours, et est excessivement dodu et trop maquillé, mais n’est certainement pas un vieux sac. Ses yeux brillent. Bond est incapable de retenir une grimace.

La chambre de Saida est l’attraction de la maison, la décoration reflète en partie le Moyen-Orient, en partie l’Empire. Un lustre en cristal et des tapis persans, tentures murales en soie, etc… Un paravent treillagé sculpté dans trois panneaux est placé à environ quinze pieds et à un angle de quarante-cinq degrés à partir du pied du lit. Il se trouve en face d’une ouverture de porte arquée qui donne sur un balcon qui longe l’arrière de la maison et masque une cour ci-dessous.

Saida : (flirt) Oui, vous êtes très beau. (Elle descend du lit) Et Saida ?

Elle ondule vers lui, de manière provocante, mettant en vedette une hanche bien roulée mais de grande taille.

Saida : Est-ce que vous l’aimez ?
Bond : Une colombe, un petit oiseau de paradis.
Saida : Venez. Saida peut vous y emmener.
Bond : (qui a un blocage) Oui, bien sûr, sans aucun doute, mais ne pouvons pas juste discuter ?
Saida : (le fixant) Avec Saida ? C’est une insulte !
Bond : (avec ruse) Je veux dire d’abord.
Saida : (radouci, revenant sur le lit) Vous êtes si anglais, vous anglais.

Comme dans le film, ils discutent de Bill Fairbanks. Finalement, elle serre ses bras autour de Bond. La caméra se dirige lentement vers le paravent treillagé à travers duquel nous voyons une silhouette qui tient quelque chose. Le pistolet de Scaramanga ?

Bond tire simultanément son arme de son holster et roule hors du lit. Il se met à demi-accroupi, tenant toujours son arme à feu, et lance un dropkick volant à travers le paravent treillagé. Il se crashe dessus, épinglant Hammud, un costaud basané libanais. Bond le tire de sous le paravent, le met à genoux et le pointe avec son pistolet. Hammud a toujours une main sur un appareil photo.

Hammud : (haletant) Ne tirez pas ! Je vous donne le film ! Gratuitement !

Il se déplace pour remettre l’appareil photo à Bond mais essaye plutôt d’éloigner l’arme de Bond avec sa main. 007 met un coup de genou sous le menton d’Hammud. Hammud retombe et lâche l’appareil. Bond la ramasse. Hammud essaie de se relever mais Bond le frappe sur la tête avec l’appareil. Puis il enroule la sangle autour du cou d’Hammud et serre jusqu’à ce que ses yeux gonflent. Bond le libère, met un Hammud haletant à ses pieds d’un coup sec, dévisse la lentille et lui enfonce dans la bouche. Saida regarde les yeux écarquillés. Bond tourne autour d’Hammud et le presse à travers la porte arquée et le propulse au-dessus de la balustrade du balcon. Hammud tombe après un court vol dans une grande poubelle et tente d’en sortir de façon titubante. Bond se retourne et revient dans la chambre. Il revient avec l’appareil photo d’Hammud, vise, et le jette par-dessus le balcon. L’appareil frappe Hammud à la tête et à l’épaule et le fait retombé dans les ordures, inconscient. Bond revient du balcon :

Bond : Je n’ai jamais aimé les films amateurs.
Il ramasse le pistolet, le remet dans un étui sur une chaise et se tourne vers Saida.
Bond : Où en étions-nous ? Oh oui.
Elle se précipite vers le lit. Il marche devant elle, s’agenouille pour inspecter le mur de l’autre côté. Il voit le trou de la balle. Bond se lève.
Bond : La balle n’a jamais été retrouvée. (Se tournant vers elle) Qu’est-ce qui…

Il arrête brusquement. Saida est dans le lit, le drap remonté jusqu’à la taille. Bond vient lentement vers elle. Nous voyons maintenant que Saida a un ruban noir autour de sa gorge. Bond s’assoit sur le bord du lit et examine la balle en or réduite en purée et qui est suspendue au ruban dans son décolleté.
Saida : Mon porte-bonheur. Je ne l’enlève jamais.

Elle tend ses bras. La caméra se déplace sur la réaction de Bond : un gros soupir « Things I do for England ». Bond enlève à contrecœur sa veste.

Plus tard cette nuit-là, le quartier rouge, une rue étroite, est désert. Saida dort béatement, une femme complètement satisfaite. Elle remue, se retourne dans le lit pour trouver Bond. Il a disparu. Saida se redresse brusquement. La balle a également disparu.

Hardcore Moore donc, l’un des reproches que faisait Maibaum à l’acteur dans Vivre et laisser mourir était justement qu’il ne paraissait pas assez physique, surtout face à Connery. Peut-être est-ce cela qui a poussé Maibaum à écrire une scène aussi violente ? Harry Saltzman écrira dans une note qu’il n’a pas du tout apprécié la scène du bordel.

Quoi qu’il en soit 007 ramène la balle au MI6 et pendant un certain temps, exception faite de la distinction entre Q et Boothroyd, les choses se déroulent comme dans le film avec des dialogues très similaires ; y compris Bond qui « bouscule » Andrea et un certain nombre d’autres scènes. (Le script précise que le Chinois que Bond rencontre à l’hôtel lorsqu’il amène du champagne à Andreas s’appelle Wang ; il précise également que la fille seins nus du Bottoms Up Club s’appelle Becky). Scaramanga tue Gibson, l’expert en énergie solaire porté disparu, puis nous rencontrons Hip, l’agent local du MI6.

La piste mène à l’industriel Hai Fat. Il y a une scène du script après le Queen Elizabeth qui ne figure pas dans le film où Q rencontre Bond, Hip et Mary Goodnight (Bonne-Nuit) avant qu’ils ne s’envolent à Bangkok. Q donne à Bond un appareil photo qui peut effectuer fait un certain nombre de tâches :

Aéroport international Kai Tak de Hong Kong. Bond, transportant son bagage à main, paie son taxi et se précipite dans l’aéroport. Hip est debout aux bureaux d’enregistrement, Bond se joint à lui.

Bond : Où est Q ?
Hip : Pas encore ici.
Voix : Cartes d’embarquement.
Goodnight, l’air très soigné, se joint à eux et tend les cartes.
Bond : Trois ?
Goodnight : Vous m’avez posé un lapin hier soir, James, alors payez-moi un dîner à Bangkok.
Bond : M approuverait-il ?
Goodnight : C’est lui qui l’a suggéré. (En s’amusant) Après la débâcle de la nuit dernière, je suppose qu’il pensait qu’une opération vive et efficace ne serait pas superflue.
Bond : Il a bien raison. Quelqu’un devra garder un œil sur moi pendant que je dors.

Une voix d’un haut-parleur annonce le départ de l’avion pour Bangkok. Hip et Goodnight passent les bureaux d’enregistrement. Bond voit Q se précipiter vers lui, portant un petit paquet. Soufflant ardemment, Q arrive à lui :

Bond : Vous avez ce que j’ai demandé ?
Q : (halète) J’ai passé toute la nuit à le faire. (Lui tendant une minuscule boîte en plastique opaque) Je dis, Double-zéro-sept, que vous devenez un atroce pervers/coquin. [la boite contient un troisième faux téton pour qu’il puisse se faire passer pour Scaramanga].
Bond : (prenant la boite) Merci, Q.

Il se retourne pour suivre Hip et Goodnight.

Q : Juste un instant, Double-zéro-sept. (Avec un boitier d’appareil photo) Je crois que vous trouverez ceci exceptionnellement commode.
Bond : Pas mon passe-temps favori.
Q : (Sortant l’appareil photo) Ça l’est maintenant.
Bond : Si vous voulez m’excuser, Q, mon vol.

007 passe le bureau d’enregistrement et se dirige rapidement vers la porte d’embarquement mais Q trotte à côté de lui.

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Q : Vraiment, Double-zéro-sept, vous êtes inhabituellement obtus aujourd’hui. J’ai conçu ceci pour une action d’urgence rapide par une simple sélection et le réglage des vitesses d’obturation appropriées.

Les passagers passent par la porte d’embarquement. Hip la traverse tandis que Goodnight se retourne et fait des gestes qui disent à Bond de se dépêcher. Bond et Q approchent de la porte d’embarquement.

Q : Éjection de gaz, solidification instantanée, liquide non adhésif. Heureusement il y a un manuel complet dans la boite que je vous conseille fortement d’étudier attentivement, mais quoi que vous fassiez (indiquant l’appareil) n’appuyer jamais, au grand jamais sur ceci sans avoir d’abord tourné cela.
Bond : Pourquoi donc ?
Q : Système d’autodestruction. Whtt !
Il mime une explosion et ils s’arrêtent à la porte, à côté de Goodnight.

Bond : Très ingénieux. Mais je suis sûr qu’il y a une chose qu’il ne sait pas faire.
Q : Quoi ?
Bond : Prendre des photos
Q : (remet l’appareil photo dans la boite) Il n’y a pas besoin d’être facétieux. En fait vous avez raison, mais je travaille dessus. (Fourrant la boite dans la main Bond) Bon atterrissage.

Il s’en va à la hâte. Coincé avec la caméra, Bond la met en bandoulière sur son épaule et accompagne Goodnight à travers la porte d’embarquement.

Nous arrivons finalement à Bangkok pour rencontrer Hai Fat, « un impressionnant chinois dans la quarantaine » (le rôle sera joué par Richard Loo, 71 ans). 007 parvient à se faire inviter par Fat et Hip l’y fait conduire accompagné de ses nièces : Cha et Nara (il n’y a pas le dialogue avec Goodnight).

Les choses ne se passent pas comme prévu, Bond se fait capturer et est amené à une école d’arts martiaux. Il y a ici quelques différences intéressantes par rapport au film. Pour commencer, Bond a un échange avec le directeur de l’académie :

Directeur : Bonjour, M. Bond. Au nom de mon école, j’accepte votre défi.
Bond : Mon quoi ?
Directeur : C’est une source de grande fierté pour nous que nous somme prêt d’obliger tous les arrivants. Avez-vous des demandes ?
Bond : (regardant autour) Il y a un docteur dans la maison ?
Directeur : Excellent, M. Bond. Toujours chercher à semer la peur chez son adversaire. Je serai très intéressé de voir votre style individuel d’autodéfense.
Bond : (figé) Moi aussi.

Le directeur fait des gestes à deux ceintures noires qui se mettent sur les flancs de Bond. Ils l’escortent au centre autour duquel il y a élèves. Quatre autres ceintures noires se tiennent là, les deux autres les rejoignent. Les spectateurs murmurent tandis que les élèves s’assoient, les jambes croisées.

Bond cherche une sortie mais tout ce qu’il voit c’est d’autres ceintures noires, les bras croisés. Le directeur lève bras, signalant ainsi que le match commence.

Le premier des ceintures noires s’avance et fait une démonstration en donnant des coups dans le vide avec une incroyable dextérité et vitesse. Les spectateurs ont l’air d’approuver, Merdan [renommé Ling Po dans le film] est debout parmi les spectateurs.

Le premier ceinture noire fait un geste demandant aux élèves de se lever. Il tient cinq dalles de bois, chacune d’environ sept pouces carrés et un pouce d’épaisseur. Dans un ralenti, un étudiant lui jette les dalles de bois qu’il tranche avec le côté de sa main avant de les séparer à la mi-air l’une après l’autre. La vitesse revient à la normale alors que les élèves et les spectateurs applaudissent.

Le premier ceinture noire s’incline devant Bond. 007 l’imite avec ironie et commence à boxer dans le vide, lançant ses poings dans un style de boxe conventionnelle. Il bouge vers le cercle d’élèves, passe à travers, se dirigeant vers une sortie qui a l’air non gardée. Un ceinture noire y apparaît. Bond boxe en arrière prés d’un paillasse et d’une table basse. Il s’arrête et prend une serviette en laine et met discrètement un brûleur d’encens dans sa tunique.

Alors que Bond revient boxer dans le vent au centre, nous voyons que Nara et Cha se tiennent parmi les spectateurs.

Bond arrête de boxer et salue d’une courbette le premier ceinture noire pour indiquer qu’il est prêt. Le ceinture noire se renfrogne et commence à tourner autour Bond. Bond atteint sa tunique, saisit le brûleur d’encens et le jette vers l’adversaire. Au ralenti, le ceinture noire le fend en deux instinctivement. Il agrippe/serre sa main, grimaçant, et prend sa retraite. Les spectateurs lance un murmure de désapprouvement tandis le directeur reste impassible.

Un second ceinture noire est plus grand, plus dur, plus laid que le premier. Il s’avance et tourne autour de Bond avec les habituels ricanements, grognements, sifflements. Bond colle ses pouces dans ses oreilles, tortille ses doigts, croise ses yeux. Le second ceinture noire s’arrête, déconcertée. Bond frappe dure de son pied sur la voûte plantaire du ceinture noire. Il grimace, s’en va en boitant dédaigneusement, s’accroupit et frotte son pied. Chula, le plus gros/grand des ceintures noires s’approche de Bond. Les spectateurs murmurent : il est évidemment un grand champion.

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Pas d’échauffement pour lui. Il veut démonter Bond qui sent alors qu’il se bat pour sa survit. Chula se met en position, tout comme Bond. Chula crie, donne un coup de pied à Bond dans la poitrine ; 007 est propulsé en arrière. Il se relève et Chula le charge avec un cri à glacer le sang. Ils se rencontrent avec Bond utilisant des coups de judo, de karaté et des coups de poing. Aussi bon qu’il soit, il n’est pas de taille contre Chula qui l’envoie plusieurs fois à terre.

À chaque fois Bond se relève et est remis à terre, chaque fois il est un peu plus sonné que la dernière fois. Chula le renverse à nouveau, puis attrape le cou de Bond dans un étau à deux mains, une prise éventuellement mortelle. Cha et Nara, les nièces de Hip, viennent l’aider. En fait, ces filles sont des kick-fighters professionnels Thaï. La foule halète alors que les deux filles vont travailler Chula avec leurs poings, les coudes, les genoux, les pieds, même avec leurs têtes. Chula tombe. Les étudiants et les ceintures noires se précipitent pour l’aider. Les filles et Bond se frayent un chemin à travers eux vers une sortie. Hip les rejoint et ils combattent sur le chemin vers la cour, poursuivi par les étudiants et les ceintures noires.

Bond et Nara sont séparés de Hip et Cha qui sortent par la porte, et courent à la voiture de Hip alors que des étudiants les poursuivent. Bond et Nara se frayent un chemin à travers la porte. Toutefois, les étudiants bloquent la voie qui mène à la voiture. Bond et Nara se retournent, courent dans la direction opposée, alors que Chula et trois autres ceintures noires émergent de la porte, les voient, et les suivent.

Hip et Cha montent dans la voiture, Hip la déporte pour éviter de heurter les spectateurs qui sortent par la porte. Il ne peut pas voir Bond ou Nara au-delà de la foule. Bond et Nara courent le long du mur en face de la cour, loin de la voiture. Il regarde en arrière. Chula et les ceintures noirs le repèrent. Bond et Nara tournent au coin de mur, et courent vers l’arrière de maisons construites sur pilotis. Tous les types de bateaux sont amarrés et attachés le long du rivage. Les bateaux de marchand qui naviguent sur l’eau sont remplis de melons, ustensiles de cuisine, des fleurs, etc… Bond et Nara atteignent la rive. Ils regardent en arrière. Chula et trois de ses hommes viennent à eux sur le côté d’une maison sur pilotis.

Bond et Nara sautent de bateau en bateau pour se rendre sur la rive opposée. Nara rate l’endroit où poser son pied et tombe dans l’eau. Bond revient pour elle. Bien qu’elle soit une grande kick-boxer, elle est de toute évidence une piètre nageuse. Et alors qu’elle se débat dans l’eau, Chula et les ceintures noires voient Bond revenir et plonger après elle.

Chula et ses hommes réquisitionnent un bateau de marchand. Bond aide Nara à sortir de l’eau et la place sur un bateau de marchand avec l’aide d’un marchand. Elle crachote et est essoufflée. Il voit le bateau de Chula qui approche, remonte sur le pont, et remet Nara sur pied.

Bond reprend sa traversée de l’eau en sautant de bateau en bateau tout en portant/trainant Nara. En arrière-plan, le bateau de Chula se rapproche de lui. Trois longs bateaux à moteur thaïlandais sont attachés au dock. Bond tire Nara à l’un d’eux, démarre le moteur, met le long bâton du gouvernail relié a l’hélice dans l’eau et fait naviguer l’embarcation en faisant par la même occasion chavirer le bateau du marchand du melon.

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Bond et Nara manœuvrent entre tous les types de bateaux alors qu’ils remontent en aval. Chula et l’un de ses hommes réquisitionnent un bateau, les deux autres montent sur un autre. Leurs nouveaux bateaux sortent du dock puis poursuivent Bond. Ils le rattrapent alors que 007 fait face à un trafic fluvial de plus en plus intense. Bond est derrière une grande vedette de passagers. Le bateau de Chula bateau surgit du côté opposé, de sorte qu’il est maintenant devant Bond. 007 a maintenant un bateau hostile en aval de lui.

Chula fait demi-tour pour revenir en amont. Bond le voit en face de lui, regarde derrière et voit un second bateau gagner du terrain. Il dirige son embarcation à travers la circulation fluviale vers la rive et le marché flottant. Le bateau de Chula se rapproche de lui. Chula fait marche arrière, tourne autour, puis se replace de nouveau vers Bond, l’hélice à l’extrémité de son bâton de gouvernail tourbillonnante.

Bond et Chula manœuvrent alors qu’ils tentent de se couper l’un l’autre avec les hélices. Cela les amènent près de la rive. Une hélice cisaille le support de maintien d’un baldaquin d’un bateau rempli de touristes. Celui-ci s’effondre sur eux. Un marchand essaie désespérément d’éviter le bateau touristique et se crashe sur les pilotis qui soutiennent une maison de la rive. La maison s’effondre.

D’autres bateaux tentent d’éviter les longs bateaux à moteur thaïlandais. Ils entrent en collision, basculent, et déversent leurs produits et marchandises dans l’eau ainsi que les marchants. Le second bateau des hommes de Chula manque Bond de peu avec son hélice. 007 manœuvre pour effectuer une riposte. Un cri hors de l’écran se fait entendre lorsque Bond met son hélice en plein dans le conducteur de ce second bateau suivit d’un bruit de splash. Du sang sur l’eau.

Bond : (à Nara) Il s’est lui-même bousillé.
Bond manœuvre son bateau pour mettre du trafic entre lui et Chula. 007 et Nara sortent du bateau à moteur et grimpent sur une barge-magasin. Ils traversent la barge bondée d’acheteurs et touristes, identifiables par leurs tenues de vacances. Chula et les ceintures noires descendent aussi de leurs bateaux pour poursuivre Bond et Nara sur la barge. Des bateaux de marchands sont désormais densément positionnés de telle sorte que les vendeurs et les touristes peuvent se déplacer autour du marché flottant en utilisant des passerelles, des échelles de corde, ou tout simplement en marchant d’un bateau à un autre. Bond et Nara approchent d’un groupe de touristes qui se trouve sur un bateau vendant toutes sortes de grands chapeaux de paille.

La femme de J.W. Pepper se trouve là et essaye des chapeaux tandis que Pepper attend avec impatience. Bond et Nara passent devant eux. Pepper semble perplexe, puis secoue la tête. Chula et les ceintures noires sur le marché flottant ont apparemment perdu de vue leurs cibles et de regardent autour, frustré. Des ceintures noires d’un autre bateau se joignent à eux. Bond et Nara voient Chula et les ceintures noirs qui ont le dos tourné à eux. Ils se retournent, reviennent sur leurs pas pour s’éloigner d’eux, en passant devant Pepper et Mme Pepper au bateau magasin de chapeaux. Plan rapproché de Peper. Après un certain temps, il se souvient.

Pepper : C’est ce type des agents secrets !
Bond et Nara disparaissent derrière la cabine d’un grand bateau de marchand. Chula et les ceintures noires abandonnent la poursuite, dégoûtés.
Pepper : Je te dis que c’était lui, Emma ! Barrons-nous d’ici !

Il se tourne, se cogne à un marchand qui porte une pile de chapeaux, titube en arrière, perd pied et tombe sur le côté. Il revient à la surface en crachotant. Excitation parmi les touristes, etc., sur le bateau de chapeau.
Mrs Pepper : (stridente) J.W., sort ton cul de cette eau crasseuse !

Les touristes et les marchands aident l’homme à remonter à bord.

Un peu plus loin Bond dîne avec Goodnight, le script demandait alors à ce que Bond porte une veste blanche.

Puis nous apprenons que c’est Andrea qui a envoyé la balle en or, désireuse de faire venir Bond pour tuer Scaramanga. Lorsque Bond est censé la rencontrer, il y a un changement intéressant comparé au film. La réunion a lieu pendant un tournoi de boxe thaï féminine. Scaramanga et Nick Nack prennent l’avantage sur Bond (qui allume alors une cigarette) :

Scaramanga : Vous savez pourquoi ces filles ne simulent pas ? Elles se battent pour leurs maris. Elles viennent du village de montagne dans le nord, Chiang Mai. Vous avez besoin d’une dot là-bas. Gagnez quelques combats et vous pouvez choisir votre mari.
Bond : Perdez-en un peu et vous vous retrouvez vieille femme de ménage laide.

En revanche il n’y a pas le dialogue où Scaramanga parle de l’éléphant quand il était jeune. Le changement majeur suivant se présente durant la séquence de poursuite, où Goodnight est enfermée dans le coffre de la voiture (verte) de Scaramanga. 007 a besoin d’une voiture et va dans une concession Ford Motor (ce sera American Motors dans le film).

J.W. Pepper n’est pas présent du tout dans la scène de la poursuite en voiture. Un acheteur potentiel, un petit Thaï à lunettes donne un coup de pied dans l’un des pneus. Il monte sur le siège passager de la voiture. Bond monte aussi dans la voiture qui est un « nouveau modèle » de Ford. L’acheteur potentiel dit : « Faites-moi une démonstration, s’il vous plaît ». Bond conduit la voiture à travers la fenêtre du concessionnaire. Hip se freeze alors que la Ford, avec Bond au volant assis à côté de l’acheteur éventuel, vient vers lui. Bond se déporte juste à temps pour éviter de le frapper. L’acheteur potentiel affiche un vrai flegme oriental, son visage est inexpressif. Bond dit en s’excusant, « Vous vouliez une démonstration ». L’acheteur potentiel lève un sourcil lorsque Bond se précipite sur le pont cassé. Après la cascade du 360°, l’acheteur potentiel semble simplement cligner des yeux. Bond dit : « belle voiture familiale » après le saut. Et alors que Scaramanga s’envole dans sa voiture, l’acheteur potentiel pointe vers le haut et dit : « Aucun soin pour ce modèle. (Il fait un geste vers la Ford) Je prends celui-ci ».

Finalement, Bond se rend sur l’île de Scaramanga (il n’y a pas le passage où Scaramanga ouvre la bouteille de champagne avec un pistolet). Ils discutent du système d’énergie solaire rendue possible par l’agitateur Solex (à noter que Merdan est présent ici, il sera remplacé par Kra dans le film). Les indications scéniques pour une des lignes de Bond disent « expertise habituelle en cas de besoin ». Étrangement l’installation de Scaramanga n’est pas constituée d’un agitateur Solex mais de plusieurs. Une autre différence est présente lorsque Scaramanga détruit l’avion de Bond, 007 répond : « Merci. Une démonstration très convaincante ». Le script livre également une ligne intéressante lorsque Bond et Scaramanga prennent le déjeuner. L’agent 007 dit : « Vous tueriez un infirme aveugle pour deux sous. Quand je dois tuer c’est une sorte de justice ».

Scaramanga : Le monde n’est pas assez grand pour nous deux.
Bond : Je n’ai pas l’intention de le quitter.
Scaramanga : Mettons tout cela en jeu, l’installation, la fille et votre vie ou la mienne…
Bond : Vous avez un avantage. Vous pouvez me tuer avec vos clichés.
Scaramanga : J’utiliserais ce que j’utilise toujours. C’est un Walther dans votre holster, non ?
Bond : Six balles.
Scaramanga : Je n’en aurais qu’une.
Bond : Une ?
Scaramanga : Vous en avez besoin de plus ? Donc nous commencerons à égalité.
Bond : Où ?
Scaramanga : Pourquoi pas sur la plage ?
Bond : Vous voulez dire dos à dos, faire vingt pas, se retourner et tirer ?
Scaramanga : Comme vous le souhaitez.
Bond : Ça semble un peu vielle-école pour moi.
Scaramanga : Les gentlemen étaient habitué à s’affronter de cette manière. Les yeux dans les yeux et celui avec la main la plus stable qui gagne. Vous êtes un gentleman, je ne le suis pas. Mais j’accepte tout de même.
Bond : J’accepte. Juste après avoir fini ce délicieux fromage soufflé, mes compliments à Nick Nack.

Le clou du film, le duel aux pistolets entre Bond et Scaramanga est assez différent du film. Ce qui suit est la séquence complète (sans coupure, sauf pour les scènes entre Goodnight et Merdan) :

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Bond et Scaramanga plongent et roulent tous les deux derrière les rochers alors que Nick Nack hurle « Vingt ! ». Il se retourne et s’éloigne de ce qu’il sait être maintenant un stand de tir sans merci.

Derrière un rocher, Bond cri : « Froussard ! ». Scaramanga, qui est aussi derrière un rocher, lui répond « Et qu’en est-il de vous ? ».
Bond : Juste une surprise tactique.
Scaramanga : Il y a de quoi rire. Je connais chaque rocher et chaque buisson de cette ile. Vous êtes mort, Mr Bond.

Scaramanga sort de derrière son rocher pour se précipiter vers un autre. Bond voit juste un flash de Scaramanga.

Merdan pousse Goodnight à travers une grotte lorsque le son d’une arme à feu se fait entendre. Merdan prend son bras et l’amène à travers la porte de la centrale solaire.

Bond rampe derrière une touffe de végétation pour se mettre à couvert derrière un autre rocher.

Scaramanga : (derrière le rocher) Vous dormez/glissez, Bond. Vous aviez angle de tir sur moi et vous l’avez laissé filer. Cela ne vous en laisse que cinq.
Bond : (voix) Quatre de plus que vous.

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Leur jeu mortel continu. Chacun des deux hommes tente de prendre le dessus sur l’autre en essayant de passer derrière lui ou de le faire s’exposer. Scaramanga tire profit de sa connaissance des lieux, Bond des choses qu’il trouve dans le sable. Un crabe, par exemple, qu’il coince dans le Y d’un morceau de bois qui flottait et qu’il propulse vers un rocher derrière lequel se cache Scaramanga. Lorsque Scaramanga, surpris, devient momentanément visible, Bond tire un nouveau coup de feu vers lui. Scaramanga piège presque Bond en lui jetant une partie d’un filet de pêche abandonné au-dessus de l’affaissement derrière lequel il se cache. Bond se venge en lançant une mouette morte. Tout du long, Scaramanga attire Bond plus près de la grotte.

À travers une vitre, Goodnight regarde Merdan lire un magazine ; il l’ignore.

007 tire à nouveau.

Scaramanga : (provocateur) Trois de gaspillées et trois restante, voilà qui double votre cote. Vous êtes un pari risqué maintenant, Bond.
Bond : (derrière un rocher, criant en retour) Ça pompe juste mon adrénaline plus rapidement. Vous jouez avec le feu. C’est ce qu’ils vous ont appris quand vous étiez un sale petit voyou du KGB ?
Scaramanga : Vous êtes vous même une racaille d’Angliche, et jusqu’à présent, on dirait qu’ils ne vous ont pas beaucoup appris.

Scaramanga sprinte sur quelques yards vers un rocher qui lui sert de couverture près de l’entrée de la grotte. Bond tire mais Scaramanga atteint la couverture.
Scaramanga : Deux restantes, Double-zéro-sept.

Il enlève sa veste de yacking et la fourre avec des algues. Puis il atteint une planche pourrie et met sa casquette de plaisance sur elle. En tenant la planche derrière la veste, il a fait un leurre passable de lui-même. Il le tient en place sur le dessus de la roche.

Bond tire et Scaramanga tire avec son pistolet d’or en retour. Bond se laisser tomber derrière la roche, il n’a cependant pas été touché par la balle de Scaramanga. 007 se rend compte que Scaramanga doit maintenant être à court de munitions. L’est-il vraiment ?

Scaramanga grimace derrière la roche alors qu’il charge une autre balle d’or dans le pistolet d’or. Il se lève et sprinte vers l’entrée de la grotte. 007 sort de derrière son rocher et le poursuit. Scaramanga passe la porte qui mène à son foyer et Bond se jette dans la grotte à sa poursuite. Il atteint la porte. Elle s’ouvre, Nick Nack le regarde.

Bond : Je n’ai jamais tué un nain mais il y a une première fois à tout, où il est ?
Nick Nack lui fait geste d’entrer et le fait passer à travers un corridor. Bond le suit dans une salle polyvalente avant que Nick Nack le fasse entrer dans le gymnase dans lequel il y a une porte qui mène vers le palais du fun.

Nick Nack : Bonne chance.
Bond : J’ai compris. Vous mangez à tous les râteliers.

Nick Nack sourit avant de retourner à la salle polyvalente. Regardant à travers une demi-obscurité. La lumière monte sur un miroir et la musique commence. Bond passe le miroir, procédant prudemment.

[Pendant ce temps Goodnight se débarrasse de Merdan en l’envoyant dans un bassin de refroidissement].

007 cherche Scaramanga qui l’attend, le pistolet d’or levé. Nous entendons le James Bond Theme. Les lumières se concentrent sur l’effigie de James Bond en arrière-plan. Elle tombe à un genou comme dans le logo [gunbarell], le pistolet levé vers Scaramanga. Il rit, commence à passer devant l’effigie qui tire. La balle frappe Scaramanga. Il titube, soulève le pistolet d’or pour tirer en retour. Alors qu’il le fait, frénétiquement, ses genoux fléchissent, et il tombe sur le plancher, le pistolet d’or encore serré dans sa main.

Plan rapproché sur l’effigie. Mais ce n’en est pas une, non c’est Bond lui-même qui avait enfilé le manteau et le chapeau, etc. de l’effigie. Il se lève et avance lentement. Bond s’arrête à côté du corps Scaramanga, prend le pistolet d’or de sa main, se détourne, et cherche le moyen de sortir.

À l’extérieur du palais du fun, Goodnight voit Bond et court vers lui.
Bond : (alors qu’elle se cramponne à lui) Du calme, Goodnight. Voici un souvenir pour vous.

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Il lui donne le pistolet d’or. Elle regarde l’objet fixement.
Goodnight : Où est-il ?
Bond : Dans le palais du fun. Il est mort de rire.

Dans le reste du script, Mary Goodnight ne touche pas accidentellement la console de commande avec son délicieux fessier durant la scène du Solex, et Bond et Goodnight doivent descendre dans l’ouverture du dôme du Solex, s’accrochant désespérément à des rochers et des buissons pendant qu’ils glissent jusqu’à la base de la falaise.

Sur le bateau, Nick Nack essaye d’attaquer 007 avec un derringer en or (et non un couteau) mais fini enfermé dans un panier.

Et pour ceux qui se demandent comment M a eu le numéro du bateau de Scaramanga, Goodnight avait essayé de lui téléphoner.

Retrouvez plus de scripts et autres éléments méconnus sur nos pages Les scripts oubliés et Orbis Non Sufficit !
(Et si jamais vous en avez que l’on a pas encore traité, contactez-nous !)

Sources : Le script, The Spy Command (HMSS Weblog), 007 Forever, et Les Archives James Bond de Paul Duncan.

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Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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