Le mythe Goldeneye

Le mythe Goldeneye

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Qu’est-ce qui a pu amener une boite de jeux vidéo à sortir un jeu sur un film deux ans après sa sortie, alors qu’un nouveau Bond sortait sur les écrans ? Qu’est-ce qui peut amener une autre boite à rééditer ce même jeu plus ou moins à l’identique, sur un autre support ? Qu’est-ce qui peut expliquer que les fans s’y intéressent et se passionnent toujours pour la réécriture d’un Goldeneye ?

En ce qui concerne le premier Goldeneye sur N64, les raisons sont plutôt techniques et tiennent aux difficultés de la maison de production de sortir le jeu à temps, alors que celui-ci était en préparation avant même que Goldeneye ne soit annoncé. La réponse à la renaissance du Goldeneye dans les bacs actuels est plus simple et plus évidente (et sans doute la plus véridique) : l’argent ; l’espoir de faire un bénéfice énorme sur une recette qui a déjà dépassé tous les espoirs en terme de rentabilité, l’occasion d’appliquer un savoir faire technique (la Wii) à une franchise déjà en route en actualisant un ancien jeu sur le nouveau. L’utilisation de la popularité du Bond précédent à des fins commerciale est un peu l’histoire de la franchise de 007. Au final, il y a toujours quelqu’un derrière pour s’en mettre plein les poches.

Mais en tant que fan, il est toujours intéressant de se poser la question : qu’est-ce qui fait l’attrait de Goldeneye. Il y a évidemment les bons souvenirs de tous ceux qui ont joué au jeu mythique, et sont prêts à tout pour revivre l’expérience (cf les forums JB-fr.com et Mi6.co.uk pour avoir des exemples de vécus de ces joueurs). Mais s’il avait s’agit d’un autre film à mettre en jeu vidéo, est-ce que ça aurait aussi bien marché ? Les jeux vidéos ont déjà tenté quelques fois de numériser des films contemporains (Quantum of solace) ou des films cultes (Bons baisers de Russie) sans réellement de succès. Mais Goldeneye semble avoir un potentiel éternellement renouvelable. Le film occupe sans doute une place honorable dans la saga du Bond cinématographique, mais on en fera peu souvent LE Bond film. En revanche, en tant que fan, l’idée du Goldeneye continue à me faire rêver. Pourquoi ?

L’histoire parfaite : Bond et le monde

On pourrait peut-être mettre ça sur le compte d’un phénomène générationnel. Goldeneye est le James Bond parfait de la rencontre entre la tradition bondienne et la modernité. Goldeneye, c’est l’image d’un Bond intemporel, qui passe d’une époque à l’autre, en s’adaptant sans problème. L’environnement parfait où Bond doit composer avec les figures traditionnelles des méchants du passé, et leurs successeurs de l’époque contemporaine (voir mon article sur la période Brosnan pour plus de détails).

Goldeneye Wii propose d’aller encore plus loin en ré-imaginant Goldeneye à notre époque contemporaine : Dubaï à la place de Monte-Carlo, des décors modernes et actualisés, les nouvelles technologies pour infiltrer les bases d’ennemis soviétiques irremplaçables… Ça tient la route ! Il est même possible d’imaginer le Bond contemporain incarné par Daniel Craig, avec la personnalité qui va avec pour affronter le satellite explosif qui se réveille du fin fond de l’espace. Goldeneye n’est sans doute pas le seul film dont l’intrigue peut-être réactualisée inlassablement d’années en années, du moment que cela s’insère dans un contexte globalisé, mais cela s’y prête très bien.

Bond is back

Deuxièmement, Goldeneye comprend un nombre de scènes mythiques telles que la poursuite en tank, le saut du barrage et l’infiltration du complexe d’Arkangelsk, la complicité puis la trahison antre Bond et Alec. Si l’on combine ces moments mémorables avec la popularité de l’acteur contemporain qu’est Craig, le fan que je suis peut alors enfin imaginer et fantasmer sur « et si c’était Daniel à la place de Pierce« , avec pour une fois, des hypothèses qui ne reposent pas sur du vent puisque l’histoire de Goldeneye va reprendre vie sur un nouvel écran.

Un nouveau Bond apporte donc un nouveau style (moins détendu, plus percutant, avec des répliques plus violentes voir cynique) à un scénario connu de tous. On savoure donc d’autant plus la façon dont ce nouveau 007 réinvente l’interprétation de Brosnan. Il suffit pour cela de donner des visages et des coupes de cheveux plus contemporaines aux différents ennemis et alliés, réinventer le générique à la sauce des années 2000, refaire vibrer la chanson titre mythique de Tina Turner par une starlette ayant ses contrats chez Sony et Activision, l’imagination fait le reste.

Jouer à Bond

Enfin, on passe son temps à dire que « tout le monde voudrait être James Bond ». Ce n’est sans doute pas vrai. Mais tout le monde rêve sans doute de jouer à James Bond. De pouvoir jouer à s’infiltrer incognito, utiliser des technologies et des techniques de combats propres et efficaces, sortir de bonnes répliques à des coéquipiers, s’imaginer dans des environnements exotiques tout comme dans les films. Le jeu vidéo propose peut-être ainsi la meilleure solution pour réaliser ce fantasme de gosse (qui m’a accompagné personnellement toute mon enfance) de la façon la plus immersive. Goldeneye N64 l’avait déjà bien fait, la dimension physique de la Wii pourrait accentuer cette impression. Qu’importe que les graphismes ne soient pas supers. L’idée qu’on se fait de jouer à Bond, dans un environnement déjà familier ne peut que plaire.

Reste à savoir si l’expérience directe du jeu peut continuer à faire vivre Goldeneye. Il en va par ailleurs de même pour Bloodstone. L’essentiel après tout, c’est de se faire plaisir avec son Bond, jouer avec son avatar 007 qui nous est familié et avec son imagination sur les terrains de jeux exotiques développés pour que le client assouvisse des pulsions combattives, et que les studios de jeux vidéos continuent à gagner des sous. Le manque d’actualité bondienne pourrait même pousser un non gamer comme moi à se rabattre sur le Bond numérique. Comme quoi marketing et Bondmania se complètent très (et même trop) bien.

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Des Jamesbonderies... entre autres
Avant de devenir webmaster du site, Yvain / Ytterbium faisait vivre son blog "Des Jamesbonderies... entre autres". Un monde de chronique et de dossiers plus ou moins pertinents aujourd'hui disponibles sur CJB !

0 Comments

  1. Chacun son avis …Si j’avais applaudi à la décision d’Electronic Arts d’engager Sean Connery pour refaire sa voix dans leur adaptation de  » Bons Baisers de Russie  » , je trouve…Misérable pour Activision d’essayer de gruger les fans en collant d’office Daniel Craig dans un film appartenant à Pierce Brosnan ( qui a dû s’en prendre un sacré coup au moral ! ) .
    C’est la porte ouverte au n’importe quoi : et allez , pourquoi ne pas refaire OHMSS avec Hugh Jackman ou Goldfinger avec Zac Efron tant qu’on y est .
    Ce qui me désole au plus haut point , c’est que Eon ait vendue son âme à ce point-là …Je doute que Cubby eut toléré ne serait-ce même que l’idée de ‘re maker ‘ un ancien film en y collant ‘ le Bond du moment ‘ .
    Pitoyable tentative commerciale que d’essayer d’attraper les fans de la dernière génération en s’appuyant sur le scénario d’un film pré-existant…

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