[Script] On ne vit que deux fois

[Script] On ne vit que deux fois

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Comme le précise The James Bond Archives, Sydney Boehm soumet un projet de 9 pages en novembre 1965 pour On ne vit que deux fois. L’intrigue est proche du roman, on y retrouve les deux méchants Blofeld et Irma Bunt dissimulés dans un dangereux château, mais Boehm ajoute des fusillades et une espionne japonaise appelée Chiyono. En janvier il rend un premier script de 139 pages. Le 21 janvier, Harold Jack Bloom, soumet à son tour un projet duquel Blofeld a disparu. Il propose un projet plus détaillé le 28 qui s’ouvre par la mort de Bond à Macao relayé par tous les médias, puis enchaine sur ses funérailles, sa résurrection à bord d’un sous-marin et sa mission avec Tigre Tanaka. L’histoire est inspiré du roman de Fleming et du scénario de Boem, elle comprend une intrigue d’espionnage industriel, une fusillade dans les bains publics, la mort de Chiyono, (une mine de sel ?), ainsi que la métamorphose de Bond en un travailleur japonnais afin qu’il puisse accompagné Kissy Suzuki sans se faire remarquer. L’histoire s’achève par la confrontation finale avec la société du Dragon Noir qui compte prendre le contrôle de Tokyo à l’aide d’un gaz qui sèmerait la terreur dans la population. Plan qui est déjoué par Bond, Tanaka et ses ninjas.

À partir de la mi-février 1966, les producteurs, le réalisateur et divers membres de l’équipe technique partent faire des repérages au Japon. Ils suivent l’itinéraire que Fleming avait emprunté lors de son voyage au Japon mais n’arrivent tout simplement pas à trouver de château en bord de la mer pour le repère de Blofeld ; en revanche ils voient des volcans.

Le 23 février, Harold Bloom soumet une ébauche scénario dans lequel les méchant mettent en périls les programmes spatiaux russe et américain. Les producteurs le rejettent et font appel à un nouveau scénariste : Roald Dahl. Ce dernier était un auteur connu mais il n’avait pas beaucoup d’expérience dans l’écriture de films. Dans un interview à Starlog, Dahl confie que les producteurs lui ont dit dès le départ : « vous savez, il faudra tout inventer. Vous pouvez utiliser les scènes japonaises et les noms des personnages, mais on a besoin d’une intrigue entièrement nouvelle ». De toute façon Dahl trouve qu’On ne vit que deux fois est « le pire livre de Ian Fleming, dépourvu d’une intrigue qui pourrait faire un film ».

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Ainsi pour la première fois de la saga, le script d’un film diffère réellement de son roman éponyme. Dans le livre, Bond qui en grosse dépression suite à la mort de Tracy, foire plusieurs missions. M décide de lui donner une dernière chance en l’envoyant au Japon pour essayer convaincre Tigre Tanaka de livrer à l’Angleterre une machine à déchiffrer les codes russes. Tanaka accepte de la donner à la condition que Bond tue le Dr. Shatterhand qui vit dans un château possédant un jardin rempli de plantes vénéneuses où des Japonais suicidaires y pénètrent pour y trouver la mort. Bond découvre que Shatterhand est en réalité Blofeld. À la fin du roman Bond tue Blofeld mais devient amnésique… Bien trop peu de choses du roman ont survécu dans le film, il faut dire que le film Au service secret de Sa Majesté n’existait pas encore à cette époque et que le château était introuvable.

On donna à Dahl une formule pour écrire On ne vit que deux fois : « Bond rencontre trois femmes durant le film, si je m’en rappelle bien, la première est tuée, la seconde [une méchante] aussi, et la troisième a le droit aux embrassades durant la séquence finale ». Albert Broccoli avait dit à Dahl de commencer son scénario avec la mort et les funérailles de Bond, « Je suppose que c’était une idée de Mr. Bloom » dit Dahl en précisant qu’il n’a jamais travaillé avec lui, et qu’il n’a appris sa participation à l’écriture des anciens scénarios seulement après le montage du film. Roald Dahl se souvient aussi avoir suivi l’équipe de tournage un peu partout dont au Japon car « ils voulaient toujours de nouveaux morceaux de dialogues ».

Tout comme The Spy Command (hmss weblog), nous possédons un script de Roald Dahl daté du 17 juin 1966 (142 pages) avec quelques pages mises à jour à la mi-juillet. Sans surprise, il ressemble en grande partie au film, mais il y a encore un certain nombre de différences intéressantes.

On ne vit que deux fois :

1. PLAN LARGE. L’UNIVERS.
La caméra passe des planètes et des étoiles et fini par un plan rapproché du monde. Soudainement un vaisseau spatial remplit le premier plan. Un drapeau des États-Unis est peint en gros sur son corps tout comme les mots « ÉTATS-UNIS ».

Dans la séquence du prégénérique, le changement le plus significatif est le nom du vaisseau spatial américain : ici appelé Gemini (comme c’était vraiment le cas dans la vie réelle, et non pas Jupiter 16). Les dialogues sont beaucoup moins bavards que dans le film. Puis une délégation russe arrive en avion à la DEW Line pour une réunion et la séquence de prégénérique se termine par Bond qui se fait apparemment tuer dans le lit.

Après le générique, les « funérailles » de Bond ont lieu. Arrivé dans le bureau de Moneypenny dans le sous-marin, les dialogues sont légèrement différents et lâchent une information intéressante sur le grade potentiel de Moneypenny :

Bond : Penny, vous avez l’air ravissante. Cela vous va bien [l’uniforme de WREN].
Moneypenny : Vous n’êtes pas mal non plus, Commander.
Bond : Merci, Lieutenant.

Dans le bureau de M, Bond dit à son supérieur que le seul « mauvais effet » qu’il a ressenti durant sa fausse mort était « un léger manque de nicotine » et M lui offre une cigarette. 007 utilisera cette cigarette pour brûler le papier qui contient l’adresse de son contact à Tokyo. Détail intéressant, Bond a seulement dix jours pour agir avant le prochain vol spatial américain (au lieu des vingt du film) et il n’est pas dit que les Russes comptent lancer d’engin spatial avant eux. Après qu’il en ait fini avec M, Bond donne un baiser à Moneypenny au moment de dire « Don’t worry [darling], I get it ». Elle ne lui donne pas de livre Instant Japanese, tout comme 007 ne lui parle pas de son expérience des langues orientales à Cambridge.

Bond rencontre Suki (rebaptisé Aki dans le film après que l’actrice Akiko Wakabayashi ait eu le rôle) lors d’un combat de sumo ; la scène similaire avec ce que les spectateurs verront en 1967 avec quelques fioritures en plus. Par exemple les indications scéniques du script disent : « Bond regarde le poisson cru dans une boite en face de lui [sushi], ça n’attire pas le gourmet qu’est Bond » ou encore « (Bond fait ici un commentaire à Suki qui montre qu’il s’y connaît en combat de sumo) ».

Il rencontre ensuite son contact, Henderson, qui lui fait des martinis. « Secoué non agité ? C’est ça, non ? » (shaken not stirred). Alors que dans le film Henderson se trompe en faisant des martinis agités et non secoués (stirred, not shaken).

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Quelque temps plus tard, après la mort d’Henderson, Bond arrive chez Osato Chemical Corp. et parvient à tuer le chauffeur. Il planque le corps dans un endroit où se trouve de l’alcool, mais contrairement au film, il ne se sert pas un verre. Durant le combat contre le chauffeur, aucune porte de coffre-fort s’est ouverte (contrairement au film). À la place il y a une scène où Bond sort de sa poche un stylo plume qui se relève être un détecteur de métaux, avec lequel il parvient à localiser l’emplacement d’un coffre-fort.

Bond fuit le bâtiment d’Osato et Suki vient à sa rescousse au volant de sa « voiture de sport ». Durant leur conversation en voiture il y a une ligne de dialogue intéressante qui n’a pas été retenue pour le film :

Bond : On le saura bientôt. Avant que la nuit ne soit finie, vous allez commencer à parler et plus vite vous le ferrez, plus vite ce se sera moins douloureux…

Elle gare la voiture en s’enfuit dans un bâtiment dont la porte se ferme, Bond à sa poursuite parvient à passer sous la porte avant qu’elle ne se ferme complètement. Il finit par tomber dans un toboggan et atterrit dans un fauteuil confortable du bureau de Tanaka. Tigre (Tiger en VO), dans ce script dit que si cela n’avait été Bond, les ordinateurs « auraient très rapidement réorienté le toboggan et vous vous seriez trouvé dans un siège beaucoup plus chaud que celui-là ».

Dans le train de Tanaka ils analysent une photo sur laquelle se trouve notamment des pêcheuses Ama « nues depuis la ceinture » et il y a l’échange suivant :

Bond : Qui sont-elles ?
Tanaka : A-M-A, Bondo-san, Ama. C’est un peuple plutôt primitif et sous-développé.
Bond : Elles m’ont l’air exceptionnellement bien développées.
Tanaka : Ces filles sont des plongeuses. Elles plongent pour des coquilles d’ormeaux et des perles. Il y a plusieurs de leurs colonies éparpillées près de la côte.

Comme nous venons de le voir, Dahl a aussi inclus un Ian Fleming-ism : Tigre Tanaka et l’agent japonaise Suki utilisent parfois « Bondo-san » lorsqu’ils s’adressent à 007. Dans le roman (chapitre 6), Tanaka explique que Bond-san ressemble trop à bon-san, « un prêtre, un vieil homme ». En outre, Tigre dit que les fortes consonnes ne sont pas faciles à prononcer pour le japonais, donc « lorsque ceci se produit dans un mot étranger, nous ajoutons un O ». Cette explication n’est pas incluse dans le script de Dahl, et « Bondo-san » ne se retrouvera pas dans le film où les personnages préfèrent dire « Bond-san ».

Tigre amène Bond à sa maison et 007 demande au chef des services secrets japonais si sa femme est à la maison. « Moi, une femme ? », répond Tigre. « Jamais ! Pour ce genre de question, je pense que je suis très l’équivalent japonais de Bondo-san ».

Bond et Tigre se font d’abord déshabiller par quatre Japonaises pour le bain :

Tanaka : Mon ami, vous allez faire les frais d’une nouvelle expérience : le premier bain civilisé de votre vie.
[Les filles commencent à les déshabiller, Bond les en empêche].
Bond : Juste une minute ! Qu’est-ce qui est exactement au menu ici, Tigre ? Je vais les manger ou c’est elles qui vont me manger ?
Tanaka : Mettez votre ridicule inhibition de côté, mon cher Bondo-san, et remettez-vous entièrement entre leurs mains. La règle ici est de ne jamais faire vous-même quelque chose que vous n’avez pas à faire.
Bond : (avec de la résignation) D’accord… Allez-y, mes chères, je n’ai rien à cacher.
Tanaka : Je n’ai jamais plus comprendre comment votre peuple peut s’asseoir dans une horrible petite baignoire, vautré dans votre propre boue et saleté. C’est dégoutant de se laver soi-même dans un bain. Ça salit l’eau.
Bond : Et à quoi est destiné un bain ?
Tanaka : Un bain c’est pour la méditation et le plaisir, pas pour s’y laver.

Déshabillés, Bond et Tanaka vont dans des sweat boxes (le truc où Bond enferme Lippe dans Opération Tonnerre). C’est ici que les deux hommes comparent leurs notes. Tigre est « offensé » quand Bond lui dit que M. Osato n’est pas assez grand pour être derrière le détournement du vaisseau spatial américain. Lorsque Tigre lui demande qui est assez grand, Bond répond : « Personne… À moins que ce ne soit mes vieux amis du Service Pour l’Espionnage, le Contre-espionnage, le Terrorisme, la Rétorsion et l’Extorsion ». Le film ne prendra pas la peine de rappeler ce que SPECTRE signifie.

Maintenant il est temps d’être lavé, mais Bond est étrangement assez timide :

Bond : Comme un agneau qui va à l’abattoir…
Tanaka : Je n’aurais jamais cru voir le grand Bondo-san perdre son sang-froid.
Bond : Le problème c’est que je n’ai jamais été lavé par une femme depuis mes cinq ans.
Tanaka : Bien sûr que oui. Vos Anglaises refoulées ferraient une crise si vous leur demandiez ce simple service.

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« Il est clair que les deux filles qui aident Tanaka sont incapables d’éloigner leurs yeux de Bond », selon les indications scéniques. Peu après, « les quatre filles glissent tranquillement vers Bond, laissant Tanaka seul. Elles sont en compétition pour laver Bond ». Tigre cri aux femmes de revenir, 007 dit qu’elles doivent penser qu’il a plus besoin d’être lavé que lui, et « les quatre filles ignorent Tanaka ». « Elles rincent le savon sur Bond et l’aident dans le bain. Tanaka rugit vers elles en japonais, les menaçant de terribles châtiments ».

Quant à la chose qui fascine les femmes chez Bond, 007 dit : « Je pense pouvoir bien le deviner ». Mais Tigre répond : « Vous avez tord. Il n’y a rien, mais votre apparence simiesque. […] Tous les hommes japonais ont la chance d’avoir la peau exceptionnellement lisse et propre. Nous considérons que des poils sur la poitrine sont détestables/odieux ». Bond enchaîne avec :

Bond : (En regardant les quatre filles alignées au bord de la baignoire) Qu’est-ce qu’elles attendent maintenant ?

Bond choisit une fille pour son massage que le script nomme « Mariko ». Alors que Bond lui parlait durant le massage, elle devait dire en japonais : « J’ai bien peur de ne pas comprendre ce que cet honorable homme dit ».

Bond couche avec Suki et va lendemain à la rencontre de Osato (n° 2 du SPECTRE) qui utilise un appareil à rayons X dans son bureau pour examiner 007, « le revolver de Bond est très proéminent ». Pourtant plus tard, Blofeld dit que l’arme est un Walther PPK (qui n’est assurément pas un revolver). Il est aussi dit à cette occasion que Helga Brandt est une Européenne « blonde » (alors qu’elle est rousse dans le film).

Osato donne l’ordre de tuer Bond. Suki le sauve et ils s’enfuient, poursuivis par des voyous dans une berline. Suki demande la « réception habituelle » de Tigre mais dans ce script celle-ci prend une forme différente. Ici pas d’hélicoptère avec un aimant géant, à la place Suki dit au chef des services secrets japonais qu’elle « va en direction de la rue X aussi vite que possible ». Tigre est dans son bureau. Il « active le commutateur de la speak-box, et commence à crier en japonais avec une grande rapidité et urgence ». Nous voyons « deux hommes japonais » qui reçoivent ses ordres.

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Peu après, la voiture de Suki se « déporte dans une ruelle déserte » avec la Sedan toujours à sa poursuite. Suki « commence à klaxonner. […] Soudain, un immeuble de n’importe lequel coté de la rue se déloge des autres maisons et glisse vers l’avant. Les bâtiments se rencontrent dans le centre de la rue, formant un mur de briques ». La voiture des voyous « se crashe dans le mur et explose dans un drap de flammes » ! La séquence finale avec l’aimant ne sera réécrite que lors du tournage à Tokyo.

Au port de Kobe, ce n’est pas un charriot élévateur qui fonce sur Bond et Suki mais ce sont des caisses en bois qui tombent d’une grue, les manquant de peu. Des hommes (armés de pistolets à silencieux) se présentent à eux et ils s’enfuient dans un entrepôt. Le script nous précise que cette séquence d’action « devra être travaillée en détail plus tard », mais donne quelques trucs qui ne finiront pas le film : « [dans l’entrepôt Bond] sème une traînée d’obstacles dans son sillage, détruit une bonbonne d’acide, fait rouler des bidons vers ses poursuivants, reverse une grosse caisse ». Il n’y a pas le passage sur le toit, ni la descente en sautant sur les cartons, mais Bond se fait tout de même assommé et Ostato demande à ses hommes de l’envoyer au « numéro 12 » (et non 11).

Bond se réveille en compagnie de Helga (qui fume un cigare), il est attaché à une chaise dans un hôtel appartenant à Osato (et non sa cabine du Ningpo). Durant cette scène il y a beaucoup plus de baisers que dans le film : le mot « kiss » n’apparaît pas moins de 22 fois en 3 pages entre les lignes de dialogues des deux personnages ! En revanche pas de « Oh, the things I do for England ».

Bond et Helga sont ensuite dans un avion (qui est un Tiger Moth) et une grande partie de ce qui se passe dans les scènes suivantes est très similaire au film.

Lorsque Q monte la Petite Nellie dans le garage de Tanaka, il y a une indication scénique intéressante : « Note : De nombreuses parties de l’autogire de Wallace [au lieu de Wallis] devraient être fausses à ce stade pour les rendre plus détachables qu’elles ne le sont en réalité. Par exemple, les pales du rotor qui font habituellement 1,5 mètre seront articulées au milieu pour se plier en deux. Pour le corps/carrosserie, on peut peut-être prétendre qu’il est gonflable ».

Avant de partir, Bond demande à Tigre s’il veut essayer la Petite Nellie :

Tanaka : (levant les mains d’horreur) : Je connais de meilleurs moyens de commettre un hara-kiri !

La Petite Nellie n’a pas tout l’arsenal qu’elle aura dans le film mais a cependant d’autres gadgets. La liste complète des gadgets du gyrocopter dans le script est la suivante (classé dans leur ordre d’utilisation) :

  • Écran de fumée : « ce n’est pas juste de la fumée qui sort d’un tuyau. C’est plus comme une grosse bouffée qui explose autour de sa machine, s’étendant rapidement, cachant l’autogire dans ce qui devient un large nuage ».
  • Une sorte de « filet de pêche » qui fini dans les rotors d’un des hélicoptères du SPECTRE.
  • (Il ne s’agit pas d’un gadget mais Bond parviendra à se débarrasser de deux hélicoptères en les faisant se crasher l’un dans l’autre à force de manœuvres habiles).
  • Spiral ejector-cutter : au-dessus du rotor de la Petite Nellie il y a moyen de déployer un second rotor avec des lames coupantes et de le détacher en l’envoyant vers le haut. Bond se débarrasse ainsi du dernier hélicoptère qui se trouve au-dessus de lui.

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Après avoir détourné le vaisseau spatial russe, Blofeld parle à deux orientaux et tue Helga. Il est à noter que dans le script leurs discussions ont lieu dans un endroit qui est une « salle et conférence » avec « 11 membres du SPECTRE autour d’une table » (et non pas l’appartement de Blofeld). La mort de Helga est légèrement différente dans ce script : elle marche sur un ponton qui passe au-dessus d’une piscine de lave (au lieu de piranhas). Blofeld tire sur un levier, le pont tombe « comme une trappe » et elle finit dans la lave.

Au château Hymeji :

Bond : Ils n’avaient pas quatre hélicoptères armés qui gardent cette zone pour rien. On doit allez là-bas vite, Tigre…
Tanaka : Je sais, mais c’est une région difficile près de ces volcans. C’est pourquoi je vous aie amené ici d’abord. C’est mon école d’entraînement de ninjas, top secrète. Vous avez entendu parler des ninjas ?
Bond : Montrez-moi.
[Dans le jardin, 20 d’entre eux s’entrainent].
Tanaka : Pour ce travail, j’ai choisi 60 ninjas. Chacun d’eux a passé les grands tests de courage et d’endurance. Ils ont plus de valeur qu’un millier de soldats ordinaires.

Les ninjas utilisent diverses armes : œufs explosifs, disques avec des pics (« très simple à cacher et très méchant si vous savez vous en servir »), sarbacanes (« si vous croisez cet homme, vous ne savez pas qu’il a une arme. La sarbacane est un bâton de marche en bambou ordinaire »). Tanaka présente à Bond les armes à balles fusées (« [cette arme] est mieux que la vôtre Bondo-san ») et propose à Bond de l’essayer. 007 est douteux (« c’est nouveau pour moi ») et tire avec sur un œuf lancé en l’air, il parvient à le toucher.

Après les cigarettes spéciales, Tanaka explique à Bond pourquoi il doit se marier pour avoir une couverture :

Tanaka : […] Mais vous, mon cher Bondo-san, vous êtes un problème.
Bond : Pourquoi ?
Tanaka : Ils vont vous repérer. Ils ont déjà essayé de vous tuer six fois. Vous allez tout ficher en l’air !
Bond : Que je sois damné si je reste assis là sur mes fesses…
Tanaka : Je sais cela. Mais vous ne pouvez pas venir [avec nous] tel que vous êtes. Vous devez faire trois choses qui feront que vous allez vous fondre dans la masse là-bas.

Bond est déguisé en Japonais et le script donne la réponse à : « pourquoi ne colorez-vous pas que les parties que l’on voit » ? :

Bond : Colorez que les parties que l’on voit.
Suki : Ce n’est pas sûr.
Bond : Seul toi, chérie, le saura.

Quand Suki meurt empoisonnée, Bond est plus touché que dans le film : il est sur le point de la porter dehors pour l’amener à un docteur lorsque Tanaka entre :

Tanaka : Elle est morte.
Bond : Ce n’est pas possible.
Tanaka : Si, Bondo-san, j’ai bien peur que ce soit le cas.

Bond, visiblement affligé, regarde la jeune fille qu’il transporte. Puis il la tient près de lui, pose sa joue contre la sienne. Il repart avec elle, et s’assied, la tenant toujours dans ses bras.

Les plans suivants montre Bond s’entraîner comme un ninja, les indications scéniques nous précise qu’il souhaite « venger Suki ». Parmi ces plans on devait notamment voir Bond en costume de ninja escalader un mur, marcher sur l’eau avec des « flappers », « marcher sur un plafond avec les mains », etc…

Lorsque plus tard Bond entre avec Kissy dans la grotte avec du gaz, 007 était censé tombé dans l’eau semi-concient et Kissy venir à sa rescousse en le tirant vers le rivage. Les indications scéniques précisent qu’après s’être mis en sécurité, « Bond est couché sur le dos. Il a plus ou moins récupéré. Une grande partie de son maquillage japonais a été perdu dans l’eau ». Bond lui demande comment elle s’en est sortie et elle lui répond qu’elle a été habituée à retenir son souffle en temps que plongeuse Ama. 007 lui demande de lui montrer puis il l’embrasse et ils voient l’hélicoptère se poser dans le creux du volcan. Bond demande qu’il y a dans ce volcan et elle répond : « Une sorte de lac. On y allait souvent lorsqu’on était enfants ». Ils s’y rendent.

Durant son infiltration dans le volcan, Bond devait se suspendre à un câble électrique avant de rejoindre le monorail. Soudain « toutes les lampes du volcan » qui étaient reliés à ce câble s’éteignaient, Bond se dépêchait de descendre alors que Blofeld demandait à ce que l’on allume le générateur de secours.

Bond libère les astronautes américains et russes, une note inintéressante dit : « La femme astronaute russe devrait être supprimée du script. Les vaisseaux spatiaux russes ne possèdent que deux places, pas trois ». Les choses diffèrent du film : Bond dit aux astronautes qu’il est un agent secret anglais et qu’il a besoin de l’un d’eux. Un Russe se propose (un américain a un bras cassé et n’est donc d’aucune utilité pour Bond) et Bond le prend avec lui. 007 dit au Russe qu’il faut délayer le lancement du vaisseau spatial du SPECTRE en attendant que les renforts arrivent et explique son idée : couper le câble d’allumage. Le Russe lui dit qu’ils n’ont pas la bonne couleur d’uniforme pour s’approcher assez près du câble.

Ils vont voir un astronaute du SPECTRE à qui Bond dit : « vous êtes en état d’arrestation ! Ordre de n° 1 », et après une bagarre, lui prennent sa combinaison. Déguisé en astronaute, Bond va sur le pas de lancement, coupe discrètement le câble d’allumage, avant de se faire stopper pour les mêmes raisons que dans le film. Un technicien dit que le câble d’allumage a été sectionné et Blofeld, sans paniquer montrant ainsi « ses capacités de leader », demande à ce que l’on répare cela.

Et puis Bond est amené à Blofeld et il y a la grande révélation du visage du chef de SPECTRE ; le script de Dahl tente d’en tirer le meilleur parti :

La caméra atteint le visage de Blofeld. Et quel visage ! Nous voyons qu’il réfléchit tout le mal du monde. Les yeux, fortement grossis derrière des lunettes en acier cerclées à verres épais, sont comme les yeux d’une pieuvre intelligente : tout noir, sans blancs autour d’eux. La peau de ses joues est grêlée. Les oreilles dépassent légèrement, la mâchoire est prognathe. La caméra reste près de son visage.

Les dialogues différent pas mal du film lors de cette première rencontre :

Blofeld : Donc nous nous rencontrons à nouveau, M. Bond. Comme c’est plaisant de vous voir… Déshabillez-le et retirez-lui toutes ses armes. S’il résiste mettez-lui un coup dans la rotule. Mais ne le tuez pas. Je le veux pour moi… Vous devez me pardonner d’être si occupé en ce moment, M. Bond, mais je suis sur le point d’inaugurer une petite guerre. J’estime que quelques 300 cent millions de personnes seront balayés dans les prochaines heures. Ce sera un bon divertissement. Et vous, mon ami, serez aux premières loges et verrez tout cela arriver…
[N° 3 et 4 parlent du lancement et Blofeld voit la tenue de ninja sous la combinaison de Bond].
Blofeld : Fantaisite. Mon cher garçon, quel amateur vous êtes !
Bond : Je vous aurais, misérable bâtard, avant la fin de la nuit.
Blofeld : Correction, M. Bond. Je devrais vous avoir. D’ici une heure je dînerais somptueusement à côté de ma piscine dans mes quartiers privés. Mes piranhas dîneront avec moi.
[N° 3 et un homme parlent du lancement].
Blofeld : Washington reporte qu’un sentiment d’optimisme parcourt le pays. Personne ne croit que la Russie va attaquer ce vaisseau spatial maintenant et risquer la guerre… Cette fois, M. Bond, nous avons peint une faucille et un marteau sur la capsule pour éviter tout doute. Les astronautes américains auront le temps de le rapporter avant qu’on ne les avale…
[N° 3 et un homme parlent du lancement].
Bond : Même le grand James Bond n’a pas le pouvoir de faire quelque chose maintenant.
[Lancement].
Blofeld : C’est si simple, n’est-ce pas, M. Bond ? Dans quelques minutes ma mission sera accomplie. Et cette fois, je ne devrais pas prendre le risque d’être détecté en ramenant mes astronautes sur Terre. Une fois qu’ils auront avalés la capsule américaine, je devrais presser un bouton parfaitement ordinaire et poof, au ciel ils iront, tous ensemble.

Tanaka et ses ninjas débarquent, Bond demande deux cigarettes (« puisque c’est ma dernière, je devrais avoir une double »), et ouvre le cratère à ses alliées. Bond s’échappe du centre de contrôle, rejoint Tanaka et il y a une bataille. À un moment « Osato lève une arme, vise vers Bond. Kissy court à la porte derrière lui, lui donne un coup de crosse dans la tête juste à temps. Osato tombe ». Il est à noter que le personnage de Hans n’existe pas dans ce script, à la place Bond relève Osato et lui dit :

Bond : Où est ce foutu bouton qui explose le vaisseau spatial ?
Osato : Allez vous faire voir !
[Bond est en train de l’étrangler].
Bond : Où est-il ? Tu ferais mieux de te dépêcher !
[Bond continu de l’étrangler].
Bond : C’est votre dernière chance, batard !
Osato : Stop… Stop… Je vais vous le montrer.

Il lui dit et 007 explose le vaisseau spatial du SPECTRE. Blofeld active l’autodestruction du volcan et le script se termine de la même manière que le film avec toutefois un peu plus de dialogues entre Bond et Kissy :

Bond : Partons ensemble.
Kissy : Où ?
Bond : Un endroit calme et paisible.
Kissy : Vous voulez dire que vous restez ?
Bond : J’ai décidé de prendre un long congé.
Kissy : Vous pouvez faire cela ? Ils vont vous laisser faire ?
Bond : Ils ne me trouveront jamais.

Le sous-marin contenant M et Moneypenny fait surface sous-eux…

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(Et si jamais vous en avez que l’on a pas encore traité, contactez-nous !)

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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