Les diamants sont éternels : les scripts originaux

Les diamants sont éternels : les scripts originaux

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Les diamants sont éternels, film souvent décrié par les fans, a subi un certain nombre de réécritures et suivit des directions différentes. L’idée originale était de faire une suite directe à Au service secret de Sa Majesté. En effet, à l’origine le film avec Lazenby devait se terminer après que Bond et Tracy soient partis en Aston Martin lors de leur mariage. Le film suivant, Les diamants sont éternels, devait quant à lui commencer par un pré-générique qui aurait montré la mort de Tracy par Bunt et Blofeld après que Bond ait garé l’Aston sur le bas-coté de la route. L’idée fut heureusement abandonnée avant la sortie d’Au service. Charles Helfenstein, auteur du livre The Making of On Her Majesty’s Secret Service, dit que :

Les premiers projets [de Maibaum pour Les diamants sont éternels] étaient beaucoup plus centrés sur la revanche (de Bond). Cela aurait été une véritable suite. Les personnages secondaires comme Irma Bunt et Marc Ange Draco seraient revenus, et il a y avait même une scène où Bond pleurait sa femme assassinée avec le thème de Louis Armstrong en arrière-plan.

Ces idées n’étant plus vraiment d’actualité et les producteurs n’étant pas vraiment impressionnés par les scénarios « revanche » qu’ils avaient lus, il fallait trouver une autre idée de base et c’est Richard Maibaum qui l’a eu, mais celle-ci n’est pas des moindres ! On sait qu’après Au service secret de Sa Majesté, la production voulait revenir au ton de Goldfinger, d’où le retour du réalisateur Guy Hamilton pour le film. Mais une autre personne étant apparu dans Goldfinger aurait pu aussi revenir… Gert Fröbe, l’acteur qui incarne le vilain Goldfinger ! Effectivement, la nouvelle intrigue de Maibaum pour Les diamants consistait à confronter Bond au frère jumeau de Goldfinger ! Si l’un était intéressé par l’or, l’autre était vraisemblablement attiré par les diamants pour alimenter son laser monté sur un gros pétrolier. Celui-ci était censé dire à Bond : « Je pense que vous avez connu mon frère Auric. Notre mère a toujours dit qu’il était un peu attardé ».

Pour la bataille finale, Maibaum avait envisagé de faire une grosse poursuite en bateau sur le lac Mead, avec Goldfinger poursuivi par Bond et les magnats du jeu de Las Vegas que Goldfinger avait berné. Ils auraient notamment utilisé des jonques chinoises et des galères pour le poursuivre :

Ce que j’avais, c’était cette flotte de bateaux engagée à la poursuite de Goldfinger car celui-ci avait donné une mauvaise réputation à la ville. Ils voulaient faire quelque chose de patriotique en attrapant ce vilain. J’ai pensé que j’avais l’une des meilleures ligne de dialogue de la saga, lorsque Bond dans le bateau de tête, s’adresse à ses alliés en disant : « Las Vegas attend de chacun qu’il fasse son devoir ». Une phrase inspirée par celle que l’Amiral Horatio Nelson avait dite à Trafalgar. Juste pour cette ligne, j’ai eu un immense chagrin lorsqu’ils l’ont rejeté. […] Ma fin fracassante est devenue un truc interminable sur une plate-forme pétrolière.

Sur le web vous pouvez aussi trouver une variante de cette histoire avec Blofeld, cependant comme vous pouvez le voir, Maibaum précise bien qu’il s’agit de Goldfinger dans cette interview à Starlog.

Dans un premier temps, Broccoli et Saltzman ont aimé l’idée du frère jumeau, Fröbe était censé être à nouveau auditionné, mais l’idée fut finalement rejeté : l’acteur était incapable de se consacrer à un autre Bond et le script considéré comme trop éloigné des romans de Fleming.

Les vilains du livre, les frères Jack et Seraffimo Spang de la Mob Spangled, furent apparemment aussi considérés avant d’être mis au rebut. Maibaum écrivit un autre script, cette fois avec Blofeld et remplaça l’idée du pétrolier (qu’il ressortira pour L’espion qui m’aimait) par un satellite. Cubby Broccoli fit un rêve dans lequel il rendait visite à l’homme d’affaires Howard Hugues : l’homme était de dos et Cubby découvrait qu’il ne s’agissait finalement pas de Hugues mais d’un inconnu. Il mentionna cela à Maibaum qui utilisa l’idée en la transformant en un Blofeld qui prendrait la place d’un certain Willard Whyte. Guy Hamilton n’aimait l’idée d’un final avec un bateau car il pensait qu’une poursuite serait ennuyante (il finira par en filmer dans les deux films suivants).

À un moment donné, Maibaum semble en difficulté et le vice-président de United Artist suggère qu’il serait bon de faire appel à un second scénariste pour l’aider. David Picker d’UA conseilla Tom Mankiewicz à Cubby après que celui-ci lui ait dit à un diner : « Voici le deal : j’ai besoin d’une réécriture totale sur Les diamants sont éternels. J’ai besoin d’un écrivain américain et je veux qu’il soit jeune. Une grande partie du film se déroulera à Vegas. Les Britanniques ne savent pas bien écrire sur Vegas, et j’ai besoin de quelqu’un qui peut écrire dans la locution britannique, et c’est impossible à trouver ».
Lors de l’écriture, Sean Connery aimait bien le style de Mankiewicz, et notamment le côté comique du script ; ce qui était important dans la mesure où l’acteur ne voulait faire le film que s’il aimait le script…

Les diamants sont éternels :

Le script dont nous allons parler est le « revised first draft » de Tom Mankiewicz, daté du 24 février 1971 et pesant 124 pages. Il très proche de la version finale du film, mais il contient toutefois quelques références à l’œuvre de Fleming que l’on ne retrouvera pas dans le film. Tout comme The Spy Command (HMSS Weblog), nous possédons ce script et en voici un résumé :

Pour commencer le script prévoit que le film aura une séquence de pré-générique mais ne précise presque rien à son sujet ; il est simplement écrit : « SÉQUENCE PRÉ-GÉNÉRIQUE dans laquelle Bond tue Blofeld ». Voici donc quelque chose de semblable au script de Vivre où laisser mourir où Tom Mankiewicz promettait seulement : « la plus incroyable poursuite en bateau que vous n’ayez jamais vue », avant qu’il n’écrive les 16 pages de la séquence ultérieurement.

Après cela nous retrouvons M qui parle à 007 de certains diamants en attendant le briefing avec Sir Donald Munger. Les scènes qui suivent sont vraiment très similaires à celles du film avec quelques changements mineurs. Par exemple, on nous précise que les « vacances » de Bond se sont déroulées à « Mexico » (ce qui suggère que le pré-générique devait avoir lieu là-bas) et le commentaire de Bond sur le Sherry : « Un fin Solera peu commun, de ’51 je pense » n’est pas « corrigé » par M. Pour l’anecdote, c’est l’avocat de Cubby Broccoli, qui était expert en vins, qui précisa à celui-ci : « Voulez-vous dire à ce garçon [Mankiewicz] qu’il n’y a pas d’années sur une bouteille de Sherry, ça ne peut pas être ’51 ou ’61 », avant de détaillé le procédé de fabrication qui consiste notamment à mélanger du vin jeune avec du vin plus âgé.

Pour revenir au script, la scène où nous voyons un mineur qui entre chez le dentiste avec un grand sourire devait être un peu plus longue : « le dentiste lui enlève ce sourire en lui retirant une dent en utilisant un stérilisateur. Une douzaine de diamants tombe ».

Lorsque nous rencontrons Mr Wint et Mr Kidd, ils regardent un combat entre un scarabée et un scorpion. Les deux hommes sont décrits comme « ni particulièrement musclé ou athlétiques, ils ont un air grandement sinistre. Wint est plus vieux et plus gros que Kidd ». C’est évidemment le scorpion qui gagne.

Kidd : La survie du plus fort, Mr Wint. Un thème classique.
Wint : Darwin n’était pas un fou, Mr Kidd.

Wint & Kidd tuent le dentiste avec le scorpion (en lui mettant dans la bouche) ; lorsqu’ils regardent le corps il n’y a pas le monologue « Curieux, comme tous ceux qui touchent ces diamants semblent mourir » du film. À la place nous avons le droit à :

Kidd : La mère Nature sais comment faire.
Wint : Comme un parent elle est sévère, mais juste.

Après avoir remit une bombe au pilote de l’hélicoptère (en lui disant au passage : « Ce n’est pas dangereux de voler dans cette machine ? »), Wint & Kidd rendent visite à Mme. Whistler. Dans la scène suivante Donald Munger continue d’expliquer à M et Bond que quelqu’un a fait stock de diamants illégaux (en une seule scène alors que dans le film elle est coupé en deux par celle avec Mme. Whistler).

Moneypenny n’apparaît pas dans la scène où Bond prend la place de Peter Franks (enfaîte elle n’apparaît de tout le script). Vient la scène où Bond rencontre Tiffany Case et qui est sensiblement la même que dans le film. 007 entre chez elle et « une fille bien foutue aux cheveux noirs, totalement nue, sort juste du salon ». Elle dit à Bond de faire comme lui et il lui demande :

Bond : Cela vous dérange si je fume ?
Tiffany : Pas si c’est du tabac… Servez-vous un verre.

Bond se sert à boire, allume une cigarette et la scène continue à se dérouler comme dans le film. À un moment il y a une différence intéressante dans les dialogues :

Bond : Tant que le haut et le bas s’accordent (Provided the collars and cuffs match)…
Tiffany : Dans mon cas vous devrez vous satisfaire de le deviner.

Il s’avère que la vraie couleur de cheveux de Tiffany est le platine, ce qui plus proche de la description que Fleming fait dans le roman (dans lequel elle est blonde et non rousse). Les dialogues de la scène offrent un autre clin d’œil pour les lecteurs de Fleming. En effet, il y a une ligne où Tiffany dit :

Tiffany : C’est pourquoi on vous paye cinquante mille dollars. Qu’est-ce que vous pensiez que cela allait être ? Une paire de boucles d’oreilles ? Et Franks, pour l’amour de Dieu, n’ayez pas d’idées infectes telles que des balles de golf ou des jambes de bois creuses.

Réplique remplacée dans le film par « pour l’amour de Dieu, essayez de nous apporter une idée un peu originale ». Le dialogue du script faisait quant à lui référence aux propos de Tiffany dans le roman : « Vous avez une jambe de bois ? Des fausses dents ? […] Je leur demande toujours de me trouver un type avec une jambe de bois ». Dans le roman, Bond fait également passer les diamants aux États-Unis dans des balles de golf creuses.

Par la suite Bond appelle Q pour le remercier des fausses empreintes en plastique qu’il lui a fournies ; sauf que les techniciens dans le fond de l’atelier installent un lance-flamme sur une Aston Martin (et non des missiles comme dans le film). Vient ensuite le combat contre Peter Franks dans l’ascenseur, etc… Ils prennent l’avion.

Kidd : Ils sont tous les deux abord. Et je dois dire que Mlle Case semble être une très jolie femme.
Wint (choqué) : Mr Kidd ! Vraiment…

L’histoire continue, à nouveau fidèlement au film, incluant la blague de Bond à propos des diamants cachés dans le corps de Franks. La phrase est cependant quelque peu différente dans le script : « Alimentaire, mon cher Leiter » au lieu de « Alimentaire, Docteur Leiter », vraisemblablement en référence à Sherlock Holmes.

Anecdote intéressante, cette ligne a failli passer complètement à la trappe dans le film. Lorsque Cubby a lu le script, il s’est exclamé : « Qu’est-ce que c’est que cela ? », Mankiewicz lui a alors répondu que « c’est l’appareil digestif (alimentary canal), cela veut dire qu’il les a dans le cul ». La réaction de Cubby fut : « virons cela, personne ne sait cela », mais Guy Hamilton a répondu « oh non, j’aime bien » et la ligne est restée. Plus tard au cinéma Grauman’s Chinese Theatre, lorsque Sean a prononcé la ligne, seules deux personnes sur 1500 ont rigolé et Cubby s’est tourné vers Mankiewicz pour lui dire : « deux docteurs ».

Après que Bond ait manqué de finir incinéré dans le cercueil, il y a une scène où 007 arrive à l’hôtel Tropicana à Las Vegas, dans un corbillard qu’il a pris chez Slumber Inc. Bond lance alors les clés du corbillard à un portier : « Au nom de Franks. Faites en sorte que tout ce qui soit à intérieur soit envoyé à ma chambre, voulez-vous ? Bon garçon ». 007 glisse au portier un pourboire de 5 dollars.

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Dans la scène suivante, Bond dit à Leiter au téléphone qu’il a besoin des vrais diamants. Comparé au film, il y a une scène où l’ont voit Q les apporter aux États-Unis :

Bond : […] Un problème, j’ai besoin de la vraie marchandise. Et vite.
Leiter : Je suis avec les diamants en ce moment. Q les a apporté.
Bond : Je croyais qu’ils arrivaient par valise diplomatique.
Leiter : Moi de même.
[À l’arrière-plan de Leiter nous voyons un Q tout penaud entouré par des agents des douanes. Sur la table en face d’eux se trouvent des balles de golf, des clubs, des sacs, etc… Tous ouvert].
Leiter : Balles de golf.
[Bond, toujours dans sa baignoire, repère une photo de Shady Tree dans son magazine].

Au Casino Whyte House, Shady Tree fait son one man show (les blagues sont différentes du film mais toutes aussi peu drôles). Ensuite le script contient une scène qui sera tournée, mais coupée au montage (voir notre dossier sur les scènes coupées), dans laquelle une célébrité bien connue parle à Bert Saxby pour aider à établir la mystérieuse nature du riche industriel Willard Whyte. Il n’est pas précisé qui est la célébrité, mais il est suggéré que ce soit « Sammy Davis ou Dean Martin ». La scène sera finalement filmée avec Davis avec à peu près les mêmes dialogues :

Saxby : Salut beau-gosse.
Célébrité : Bert. Comment vas-tu ?
Saxby : Hey, je viens juste de recevoir un appel de Mr Whyte. J’ai cru comprendre que tu n’avais pas encore signé ton contrat. Quel est le problème ?
Célébrité : L’argent si tu arrives à le croire. Considérant que ton boss est milliardaire, pour l’amour de Dieu. Fais-moi une faveur Bert, monte à son penthouse et parle-lui en pour moi.
Saxby : Tu plaisantes ? Je fais marcher cet endroit pour lui et je n’ai pas vu M. Whyte depuis trois ans. Je… Regarde ça.
[Bond entre dans le casino, il est impeccablement habillé : veste de dîner blanche, oeillet rouge, tous les cheveux à leur place. Il a une meilleure allure que tout ce qu’il y a dans le casino. La caméra le suit alors qu’il a le regard approbateur de nombreuses personnes, notamment celui des femmes.]
Célébrité : On pourrait le manger…

Cela nous amène vers la scène où Bond rencontre Plenty O’Toole, ou Abondance Delaqueue dans la version française (abstenons-nous de commenter…). Elle est décrite comme « le rêve de Hugh Hefner [fondateur de Playboy] devenu réalité avec un visage doux, qui domine les autres femmes tel un colosse ». Évidemment, les seins de Plenty sont censés être si gros que même Bond est pris de court. Voici comment cela est décrit :

DAF script 2Alors qu’il se penche sur la table pour prendre les deux dés qui lui sont offerts par le chef de table, il regarde de côté et se retrouve directement dans la direction des deux énormes seins de Plenty. Il cligne des yeux et se redresse.
Plenty : Je m’appelle Plenty (Abondance).
Bond : Je serais stupide de le nier.
Il baisse les yeux vers la table.
Plenty : Plenty O’Toole. Besoin d’aide ?
Bond : C’est vraiment aimable. Merci.

Le script inclut également la scène coupée du meurtre de Shady Tree par Wint et Kidd avec le pistolet « BANG ». Vous l’aurez peut-être remarqué dans les bonus du DVD, Kidd place une fleur en plastique sur son propre costume sans jamais l’utiliser. Or dans le script, cette fleur a une utilité :

[Il tire, un drapeau avec l’inscription « BANG BANG — VOUS ÊTES MORT » sort du canon].
Tree : Allons le classique pistolet à bouchon et une fleur qui gicle ? Vous devez plaisanter.
[Kidd appuie sur le gicleur de la fleur : de l’acide atterrit sur le visage de Tree. Celui-ci crie et se tord de douleur. Wint tire a nouveau avec le pistolet : ça tire vraiment cette fois. Tree tombe par terre, fini].
Kidd : Deux c’est plaisant, Mr Wint.
Wint : Trois c’est de trop, Mr Kidd. (Jeux de mots avec Tree/Three: Tree was a crowd).

On enchaîne sur une autre scène coupée au montage où Bond dîne avec Penty alors qu’une fille d’un spectacle qui se déroule sous leurs yeux semble intéresser à Bond (le script ne précise pas que cette fille, Myrna, a une harpe). Les dialogues sont les exactement mêmes sauf que Bond à ligne supplémentaire dans le script :

Plenty : Je voudrais juste… vous remercier proprement, vous savez ?
Bond : Ce n’est pas vraiment nécessaire…
Plenty : Peut-être que je pourrais vous voir à votre porte au moins ?

Dans la chambre des vilains accueillent Bond et Plenty et jettent (sans le savoir) cette dernière dans une piscine. 007 découvre Tiffany Case dans sa chambre et se prépare à faire des choses avec elle. Un autre scène coupée se trouve ici :

La poigné de la porte de la suite de Bond se tourne lentement. La porte s’ouvre petit à petit pour révéler Plenty, toujours mouillée et habillée d’un bleu de travail, chaussures en caoutchouc et un chapeau sur lequel est écrit « MAINTENANCE DE LA PISCINE DU TROPICANA ». Elle regarde autour d’elle nerveusement. Elle est sur le point de partir lorsqu’elle entend des bruits venant de la chambre et va discrètement enquêter. Plenty s’arrête à la porte de l’alcôve, les bruits ne trompent pas : gémissements de plaisir et bruissements de draps. Son visage tombe, puis la colère prend place. Elle regarde furtivement dans l’alcôve : une perruque rousse et un sac à main de femme. La main de Penty arrive dans le cadre de caméra alors qu’elle récupère le sac. Plenty l’ouvre et fouille dedans ; elle en extrait un porte-feuille avec un permis de conduire sur lequel on peut lire : « TIFFANY CASE – 120 Willowbrook Lane, Las Vegas, Nevada ». Elle prend note de cette information, replace le permis, le porte-feuille puis le sac. Et elle disparaît lentement du cadre de la caméra.

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Après que Bond et Tiffany ait fini de faire l’amour, leur conversation devait commencer par :

Tiffany : Peter. Je veux te dire quelque chose.
Bond : Tu as oublié de prend ta pilule.
Tiffany : Rien d’aussi insignifiant que cela.

Les scènes suivantes se déroulent au Circus Circus où Felix et ses agents surveillent Tiffany. « Trentre homme pour suivre une fille ? » dit Bond à son collègue américain qui lui rétorque « Cette maison de fou était ton idée ». Elle récupère les diamants et échappe aux agents avant de rentrer chez elle. Une ligne de dialogue supplémentaire de 007 est présente lorsque Tiffany découvre Plenty O’Toole noyée dans la piscine :

Tiffany : Et non d’un chien, que fait ma perruque rousse dans la piscine ?
Bond : Elle essaye vainement de cacher ce qu’il y a en dessous.

Autre différence par rapport au film, Bond dit à Tiffany qui il est réellement au lieu que ce soit elle qui le découvre :

Bond : Je pourrais toujours commencer par vous expliquer que Peter Franks est mort dans votre ascenseur à Amsterdam.
Tiffany : Ensuite, vous…
Bond : Précisément. Et soudain, votre temps vous est compté.

Les dialogues du reste de la scène sont presque les mêmes que dans le film à quelques légères différences près, notamment ce passage :

Bond : […] Shady est mort dans sa loge la nuit dernière, ils m’ont manqué une fois, et Plenty joue au sous-marin là dedans… Ne vois-tu pas, Tiffany ? Tous ceux qui sont liés à ces diamants doivent être éliminés. Toi inclus.

Par la suite, Bond s’introduit dans le complexe où le Dr Metz travaille sur le satellite de Blofeld. Le spectateur et 007 devaient voir brièvement ce qu’il se passe dans ce complexe lors que le van descend par l’ascenseur :

  • Étage 1 : Des bureaux avec des secrétaires.
  • Étage 2 : Des banques d’ordinateurs.
  • Étage 3 : Des rangés interminables de cabines blanches qui semblent stériles.
  • Étage 4 : « Le plus long magasin de machines au monde », tout ce qui est imaginable est assemblé ou opéré.
  • Étage 5 : Parking souterrain.

Après ses découvertes, Bond s’enfuit en « Moon machine » et est poursuivit par trois voitures (Bond n’enfourche pas une des motos à trois roues dans le script). Après s’être débarrassé de la Moon machine il rejoint la « voiture de Tiffany » (la marque, le modèle, ou la couleur ne sont pas précisés). Une poursuite contre les forces de l’ordre à lieu à Las Vegas de nuit :

Bond (à Tiffany) : C’est votre capitaine qui vous parle. Attachez vos ceintures s’il vous plaît.

Mankiewicz parait enthousiaste pour cette séquence (qui s’avère être vraiment très similaire à celle du film) puisque l’on peut notamment lire dans ses descriptions : « des lumières éblouissantes des casinos et une cacophonie de klaxons et sirènes de polices. Un ballait surréaliste de voitures, lumières et couleurs ».

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Dans la scène suivante Bond et Tiffany se retrouvent dans un lit-aquarium, les dialogues sont différents. Par exemple il y a cet échange :

Tiffany : En dehors de cela, tu as parlé à Felix…
Bond : Mmm. Il ne me croit pas…
Tiffany : Pourquoi… Oh mon Dieu… Quand tu lui as parlé de Metz et de Whyte… Oh, James… Combien de doigts as-tu ?.. Oh, n’arrête pas… n’arrête pas…
Bond : Mais je pensais que tu voulais entendre toute ma conversation avec Felix.
Tiffany : Felix qui ?.. James ? Qu’est-ce que Felix vous a dit de faire ?
Bond : Exactement ce que je suis sur le point de te faire, ma chérie.
Tiffany : Ce bon vieux Felix…

Avant de rencontrer Whyte (qui est en fait Blofeld), Bond se tient sur le toit d’un ascenseur (dans le script il profite de ce moment pour allumer une cigarette) puis utilise le pistolet lance-pitons en se murmurant à lui-même : « Aidez-moi Q, si je tombe, je vous tue ». À un moment il lance aussi deux balles reliées à une corde et qui s’accrochent à une balustrade pour monter jusqu’au toit.

Bond entre chez Blofeld par les « toilettes les plus élégantes au monde » mais est repéré par une caméra :

Voix : S’il vous plaît, sentez-vous libre de conclure toutes les affaires personnelles que vous pouvez trouver nécessaires là-dedans. Puis soulagez-vous de votre arme, ou des vos armes si c’est le cas. Cette lucarne du toit ne s’ouvrira plus.

Bond découvre « Blofeld #1 » et « Blofeld #2 » et les dialogues ressemblent au film. Un petite différence intéressante peut être trouvé ici :

Blofeld #1 : Un machine pour déformer la voix, M. Bond. C’est fun, vous ne trouvez pas ? Nous… ah, Whyte Entreprises les construits.

Bond fini par donner un coup de pied au chat de Blofeld #2 et tue son propriétaire en lui lançant une lance d’une statue (dans le film il utilise son pistolet lance-pitons et il n’y a pas cette statue dans le décor, une réplique d’un missile la remplace). Il s’agit évidemment du mauvais Blofeld et 007 perd connaissance dans l’ascenseur. Wint & Kidd l’amènent dans le désert et se demandent quoi en faire :

Wint : Que faire, que faire… Quelque chose de frais, de différent. Faisons en sorte que ce soit vraiment amusant pour changer.
[Kidd pointe un endroit].
Wint : Quelle adorable idée, M. Kidd. Parfois je suis si fier de toi.

Ils abandonnent Bond dans un bout de tuyau sur un chantier de construction. Bond s’en sort de la même manière que dans le film, il y a même l’horrible ligne de dialogue « je promenais mon rat… ».

Lorsque Bond va trouver le vrai Willard Whyte, le milliardaire est à son ranch, le « Lazy W Barn », il y a une ligne intéressante :

Bond : Au moins le personnel du ranch ne devrait pas s’attendre à quoi que ce soit.
Leiter : C’est vrai. Et souviens-toi, ces gens pensent probablement qu’ils gardent juste leur propre patron. Alors sois un bon garçon et essaye de ne pas tuer tout le monde, okay ?
Bond : Relax, Felix. Je vais utiliser mes balles en caoutchouc.

Contrairement au film, 007 doit d’abord vaincre un garde décrit comme « jeune cowboy laconique », avant d’entrer et tomber sur Perle Noire (Thumper) et Bambi :

Un garde qui ressemble à jeune cowboy laconique est étendu sur une chaise devant la porte avant du ranch. Derrière lui se trouve une cabine téléphonique. Il tient un long lasso qu’il arrive à accrocher sur la corne d’une selle à cheval qui se trouve 14 mètres plus loin. […] Bond, impeccablement habillé, traverse la route poussiéreuse jusqu’à la porte. Le garde ne semble pas perturbé, il refait son numéro avec la corde et Bond se racle la gorge :

Bond : Bonjour. Je m’appelle Bond.
Garde : Bond ?
Bond : James Bond. Je viens voir M. Whyte.
Garde : Whyte ?
Bond : Willard Whyte.
Garde : Jamais entendu ce nom.
[Il refait son numéro avec la corde].
Bond : Je vois… ah… Bert Saxby m’envoie.
Garde : Vraiment, huh ?
Bond : C’est correct.
Garde : Jamais entendu parlé de lui non plus.
[Il refait son numéro avec la corde].
Bond : Ça semble être assez facile.
[Le garde sourie et lui tend son lasso].
Garde : Monsieur, vous avez autant de chances d’attraper la corne de cette selle avec cette corde que d’entrer dans ce ranch-ci.

Un peu plus loin Leiter fait les cent pas et regarde sa monte :

Leiter : Encore cinq minutes. Maxwell est en place ?
Agent : Je paris dix contre un que Bond n’est pas encore arrivé devant la porte principale.

Le garde est maintenant assis sur la selle, un bâillon dans la bouche, complètement ficelé avec sa propre corde.

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Cet obstacle passé, Bond entre et rencontre Bambi et Thumper. Le combat n’est pas super détaillé mais le script donne l’idée générale de celui-ci. Finalement Bond et Leiter libèrent Whyte (il n’y a pas la scène où Saxby essaye de tuer Whyte avant d’être abattu par les agents de Leiter).

Finalement, nous arrivons à la plate-forme pétrolière où Ernst Stavro Blofeld a caché le centre de contrôle d’un satellite qui est capable de tirer un faisceau laser vers la Terre… Bond y est parachuté dans un étrange objet pyramidal et rencontre Blofeld.

Dans le film et le script, il y a une ligne de Blofeld sur la plate-forme pétrolière : « Ainsi que La Rochefoucauld le fait observer : l’humilité est la pire forme de la vanité ». Cette réplique a une histoire. À la lecture de cette ligne du script, Cubby s’est exclamé en disant « Quoi ? » et Mankiewicz lui a répondu : « La Rochefoucauld, Cubby, écrivain français du 17éme siècle » et Cubby a rétorqué : « virez là ». Puis la ligne restant encore et encore dans le script, Cubby a commencé à la surnommer Nicklaus et c’est devenu une sorte de running-joke avec Cubby demandant « Est-ce que la ligne Nicklaus est toujours là ? ». Guy Hamilton aimait cette ligne de dialogue et a fait en sorte de la filmer sans qu’il y ait de plan de secours afin qu’elle ne puisse pas disparaître au montage ; Cubby est devenu furieux : « les gars, je vous aie dit que je ne voulais pas de cette foutue ligne Nicklaus dans le film ». La réplique est finalement restée, et alors que Mankiewicz préparait Vivre et laisser mourir, il est allé vers Broccoli et lui a dit : « Au fait Cubby, je suis allé voir Les Diamants à Paris et La Rochefoucauld a provoqué un gros fou rire ». Cubby lui a répondu : « Paris est le seul endroit où le film n’a pas engrangé d’argent ».

À partir de là, le script de Mankiewicz possède des différences significatives par rapport film. Pour commencer Tiffany apparaît comme plus courageuse et plus rusée que le personnage de Jill St. John. Elle se montre vraiment plus concernée lorsque Bond se fait tabasser par les gardes de Blofeld : elle est décrite comme « accablée de douleur » en voyant un 007 semi-conscient elle « se penche sur lui de manière protectrice ».

Lorsque Blofeld comprend que son plan est tombé à l’eau (ce qui suit est un extrait complet du script) :

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Un barrage de balles déchire les banques d’ordinateur. Blofeld tire avec une arme deux fois vers Metz qui plonge pour esquiver. Des étincelles sortent des ordinateurs et se transforment en flammes. Blofeld sort par une porte.

Bond saute du crochet de la foreuse à pétrole pour atterrir sur le bâtiment qui contient les bandes des ordinateurs. Il s’allonge pour éviter des balles et voit Blofeld courir vers le centre de la plate-forme pétrolière, la cassette dans une main, un pistolet qui tire dans l’autre. Il atteint un des piliers de coin, ouvre une porte et entre dedans.

Bond saute du toit du bâtiment et se fraye un chemin vers Blofeld en usant des pieds et de poings sur les hommes du SPECTRE. La bataille est complète sur la plate-forme, des hommes dans des emplacements de tir mitraillent les hélicoptères. Des plongeurs sautent dans l’eau depuis les hélicoptères sous un feu nourri.

Bond a atteint le pilier creux et descend les escaliers qu’il y a à l’intérieur. Il arrive à une écoutille qu’il n’arrive pas à ouvrir, lorsqu’il regarde à travers la vitre il voit Blofeld entrer dans un sous-marin monoplace en forme d’huître. L’eau commence à monter autour de l’engin et Bond fait demi-tour, il remonte les escaliers.

Pendant ce temps Metz descend une petite échelle sous la plate-forme et démarre un bateau à travers les plongeurs. Dans leur hélicoptère, Whyte et Leiter voient cela.

Whyte : C’est Metz ! Dites leur qu’on a besoin de lui vivant !
Leiter : À l’intention de tous les avions [sic!] ! À l’intention de…

Metz s’éloigne en bateau mais un hélicoptère derrière lui ouvre le feu. Les balles trouvent le chemin jusqu’au réservoir et le bateau explose.

Plus haut sur la plate-forme Bond passe à côté d’un énorme ballon météo. 007 regarde en bas et voit que le sous-marin de Blofeld est en train de démarrer. Bond décroche la corde qui retient le ballon météo, l’enroule autour d’une de ses mains, et saute de la plate-forme pour atterrir dans l’eau.

Bond, sous l’eau et la corde à la main, atteint l’arrière du sous-marin alors que celui-ci démarre et accroche la corde sur un crochet de l’engin. Bond remonte la corde à la force de ses mains et atteint la surface.

Pendant ce temps les Marines gagnent la bataille sur la plate-forme pétrolière. Les plongeurs escaladent la structure de tous les cotés, la musique The Stars and Stripes Forever est joué sur la cassette du centre de contrôle de Blofeld.

Tiffany sort de la salle des ordinateurs qui est désormais en flamme. Elle est toujours étourdie et trébuche sur un cadavre. Elle regarde en l’air : deux hommes du SPECTRE s’approchent d’elle. Elle prend une mitraillette du cadavre, ferme les yeux et tire : la force du recul l’entraîne en arrière, l’arme se lève et elle tue par inadvertance trois hommes du SPECTRE situés sur un étage plus haut. Ils tombent d’une distance interminable sur les deux hommes qui la menaçait.

L’hélicoptère de Whyte et Leiter se pose, le cockpit criblé de balles. Ils sortent en tirant sur les derniers défenseurs.

Blofeld conduit le petit sous-marin en regardant vers l’avant : la côte se dessine. Le niveau de l’eau diminue au niveau de son hublot pour révéler d’éblouissantes montagnes de sel dans l’arrière-plan.

Leiter et Whyte s’approchent de Tiffany qui est toujours sonnée :

Whyte : Vous allez bien ?
Leiter : Où est James ?

Tiffany hausse les épaules, elle n’en a aucune idée.

Le sous-marin en forme d’huître est sur la côte, Blofeld vêtue d’un costume blanc en descend et regarde les opérations minières. Il y a de grosses machines compliquées dans et autour des grandes vallées et collines de sel.

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Blofeld se retourne pour repousser le sous-marin à l’eau lorsqu’il repère la corde attachée à l’arrière. La caméra suit la corde jusqu’en haut et nous voyons Bond qui y est accroché, à plusieurs mètres au-dessus de l’eau. La caméra revient à Blofeld qui sourit et sort une arme :

Blofeld : Mary Poppins, je présume.

Il lève son arme et tire. Au même moment Bond dévisse le bouchon métallique du ballon, l’air s’échappe et Bond tombe dans l’eau. Blofeld attend un moment mais Bond ne fait pas surface. Il regarde son arme : il ne reste plus qu’une balle dans le chargeur.

Blofeld hésite et décide finalement de se courir vers les mines de sels. Bond fait surface et se lance à sa poursuite.

Blofeld disparaît à travers les machines, entre une grosse pelle à vapeur et une sorte de concasseur. Bond le suit mais Blofeld n’est visible nulle part. 007 regarde par terre et voit des traces de pas qu’il suit jusqu’à un tas de sel.

Blofeld : Par ici, M. Bond.

Blofeld, presque invisible parmi le sel, se tient derrière Bond, près des machines. Il lève son arme et Bond fait un bond alors qu’il tire ; 007 disparaît de son champ de vision. Il se trouve que Bond a sauté la tête la première dans un puits de sel. Bond regarde en l’air et réalise qu’il est piégé ; il essaye d’escalader les parois mais c’est inutile, et il retombe après seulement quelques mètres. Soudain le son d’une grosse machine se fait entendre et Bond regarde en l’air.

Une pelle à vapeur menaçante située au bout d’un long mat apparaît au-dessus du trou et s’enfonce dedans, les dents du godet s’ouvrant comme une grosse mâchoire. La mâchoire heurte le sol à quelques centimètres de Bond. 007 réessaie d’escalader la paroi et Blofeld qui manipule la pelle à vapeur comme un fléau du moyen âge la propulse violemment contre les murs du puits. Bond retombe dans le sel et Blofeld donne un nouveau coup sur la paroi à quelques centimètres de Bond.

Blofeld remonte le godet à l’extrémité du puits et se stop, atterré. Bond est monté sur le dessus du godet, s’est agrippé à un câble pour monter plus haut et jette maintenant un regarde noir vers le bas en direction de Blofeld.

Blofeld essaye de secouer la pelle à vapeur mais Bond tient bon et redescend vers lui de manière déterminée. Blofeld sort de la cabine et court. La caméra le suit alors qu’il se déplace à travers le sel. Soudain le godet apparaît dans le champ de la caméra alors qu’elle arrive vers lui. La mâchoire est ouverte alors qu’elle fond sur lui, se referme sur son cou, et le soulève en l’air. Bond, qui est aux commandes, lâche Blofeld sur une sorte de concasseur.

Un hélicoptère atterrie sur la plage et Whyte et Leiter en sortent avant de courir en direction de la mine de sel. Bond a atteint les contrôles du concasseur et baisse un levier. La machine s’active. Un flux de sel finement moulu est expulsé, certains grains sont soudainement étrangement colorés. Un monticule de bonne taille se créer à part.

Bond éteint la machine et Whyte et Leiter arrivent près de lui :

Whyte : Où est ce connard [bastard en VO] de Blofeld ?
Bond : Connard ? Il est le sel de la terre. [Jeu de mots intraduisible en français, « be the salt of the earth » : signifie être une bonne personne, quelqu’un de digne, d’honnête].

La caméra fait un dernier plan sur le tas de sel étrangement coloré.

Hélas, la séquence fut apparemment abandonnée dans la mesure où les propriétaires de la mine de sel auraient refusé à ce que la production y pose ses caméras. Cela aurait aussi rendu la séquence trop longue et il y aurait eu des problèmes avec les explosions du final qui auraient détonné trop tôt. En parlant d’explosifs, Richard Maibaum avait prévu que des plongeurs largués par les hélicoptères (scène coupée et affiche) placent des mines sur les piliers de la plate-forme afin de la faire exploser (ce n’est pas le cas dans ce script de Mankiewicz).

Quoi qu’il en soit, il nous reste encore une séquence majeure à étudier, celle de sur le navire de croisière (ici nommé le The Whyte Water). Par opposition au film, Bond et Tiffany sont dans leur cabine lorsque Wint et Kidd apparaissent, déguisés en serveurs. Au lieu d’essayer de les tuer ici, le téléphone sonne, Kidd répond et raconte à Bond qu’il est demandé dans la cabine du radio pour prendre un appel de Willard Whyte. Bond donne un peu d’argent à Kidd en lui disant de faire en sorte de garder le diner chaud et sort, laissant Tiffany seul avec le duo. « Mais monsieur, vous n’avez pas à nous payer pour ce que nous sommes sur le point de le faire », rétorque Kidd.

[Elle commence à gouter la nourriture].
Tiffany : C’est chaud les garçons !
Wint : Les choses ne font seulement que commencer à se réchauffer pour vous, Mlle Case.

Lorsque Bond atteint la cabine du radio, il n’y a évidemment pas d’appel de Mr Whyte, l’opérateur lui dit que quelqu’un a dû lui faire une blague : « Je pourrais vivre cinq fois avant que Willard Whyte n’appelle cette baignoire ». Retour à la cabine de Bond, Tiffany est attaché au lit et bâillonné. Un pot d’huile bouillante pend au-dessus d’elle, attaché par une corde qui est reliée à la poignée de la porte de la cabine. Une goute tombe sur l’oreiller à côté de Tiffany et créer un trou fumant. Si Bond revient, Tiffany est fichue (et il se trouve également qu’une femme de ménage fait du porte-à-porte). 007 a cependant une autre idée en tête. Il attache une bouée de sauvetage qui possède une longue corde sur le rail du navire et descend maintenant le long de la coque. Similairement au roman, il atteint le hublot de sa cabine et voit Tiffany, avec Wint et Kidd qui attendent.

Juste avant que la femme de ménage n’entre, Bond se décale sur le côté du navire avec ses pieds, et lorsqu’il a gagné assez d’élan, il s’élance à travers le hublot, les pieds en premier. Dans la mêlée qui suit, Bond tue les deux assassins (en envoyant notamment l’huile bouillante sur le visage de Wint). Kidd meurt après avec menacé Bond avec des brochettes enflammées (Bond lui jette de l’alcool comme dans le film). Bond voyant Tiffany, encore attachée au lit, les jambes écartées, ne peut s’empêcher de faire un commentaire : « Vous vous êtes révélé être d’une grande aide ». Cette fin avec Tiffany attachée fut modifiée pour le film de peur de cela ne passe auprès de la censure, qui aurait plus notamment la jugée un peu « trop sado-masochiste ».

Le script se termine comme dans le film, Bond et Tiffany sont sur le pont et elle se demande comment récupérer les diamants du satellite de Blofeld…

Retrouvez plus de scripts et autres éléments méconnus sur notre page Orbis Non Sufficit !

Sources : Le script, The Spy Command (HMSS Weblog) ; 007 Forever ; 007 Dossier (Interview de Maibaum, Starlog #68) ; Capewonder (Interview de Mankiewicz) ; Variety ; MI6-HQ.

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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