L’Homosexualité dans les James Bond

L’Homosexualité dans les James Bond

Aujourd’hui, CJB accueille la contribution de Mr. Retroman qui nous propose un article sur l’homosexualité dans les films de James Bond.

Bond, James Bond : L’archétype du sexe masculin et l’espion le plus célèbre du monde n’est pas connu pour son tact envers la gente féminine et les films de l’agent britannique ont donné lieu à de nombreux débats sur le sexisme qui en émanait.

Cependant à ma connaissance il y a un sujet sur lequel il me semble qu’il n’y ai jamais eu de textes produits à savoir l’homosexualité dans l’univers bondien qui est pourtant présente dès le troisième film de la saga , Goldfinger en 1964 par le biais du personnage féminin Pussy Galore.

« Cessez le charme, je suis immunisée »

Beaucoup moins suggérée dans la version doublée en français, l’homosexualité de la Bond Girl est on ne peut plus évidente en version originale. Inutile de revenir sur le mot Pussy sans quoi le risque de calembours douteux serait grand. Galore pourrait se traduire par  » à profusion » en Français.

Pussy-Galore-Goldfinger

Si l’actrice Honor Blackman est une des plus âgée à incarner une Bond Girl (la moyenne d’âge des Bond Girl est de 30 ans, Honor Blackman en a 39 en 1964 ) c’est également celle au surnom le plus sulfureux. La collaboratrice de Goldfinger est chef d’un groupe de pilotes d’avions 100 % féminin.

Si l’homosePussy's Flying Circusxualité de Ms. Galore n’est pas explicite dans le film (ce qui n’est pas le cas du livre), elle est toutefois sous entendue par le biais de son patronyme, le fait qu’elle ne soit entourée que de femmes et par une subtile remarque faite à double zéro sept lors de leur première rencontre à bord du jet privé d’Auric Goldfinger. Tandis que l’agent britannique se libre à son habituel jeu de séduction , Pussy Galore lui glisse un « je suis immunisée ». Subtil et efficace.

Historiquement parlant , c’est la première fois dans un film de la saga qu’une Bond Girl  » résiste » autant au charme de l’espion. Toutefois, la belle blonde finira par tomber dans les bras de l’espion au cours d’une mémorable scène dans du foin. On pourra rajouter que c’est la seule Bond Girl de toute la franchise qui n’apparait qu’en pantalon durant tout le film.

Sans doute par peur de perdre leur public les scénaristes et responsables de la série feront table rase de toutes suggestions d’homosexualité pendant près de 8 ans. Il faut en effet attendre 1971 pour que cela revienne dans la série.

Wint & Kidd

Toujours en phase avec son époque , Bond rentre dans les seventies sur les chapeaux de roue avec le retour du premier acteur a avoir incarné Bond au cinéma, Sean Connery.

bruce

Les diamants sont éternels on ne peut plus seventies met en scène un couple de tueurs à gage homosexuels : Mr. Wint & Mr. Kidd, joués par Bruce Glover le musicien de jazz Putter Smith.

Il est curieux et plutôt agréable de voir que ces deux hommes ne sombrent pas dans la caricature grossière , ils sont certes très précieux mais n’ont aucun tic de langage, autre point intéressant, ils s’avèrent très dangereux et professionnels là où il aurait été facile de dépeindre des gays comme incapables voire trop gentils. On remarquera même une pointe de jalousie dans le regard de Mr. Wint quand Mr. Kidd remarque que Tiffany Case est très séduisante… « pour une femme ».

Leurs répliques font d’ailleurs partie des meilleures de la série d’un avis purement personnel. L’homosexualité disparaitra des James Bond pendant une vingtaine d’années.

Cependant les années 70 seront également l’occasion pour l’agent d’évoluer avec son temps et de proposer notamment un Bond  » Blaxploitation » avec le film suivant Vivre et Laisser Mourir en 1973 premier Bond de Roger Moore.

On a top ?

1995 : Goldeneye sort sur les écrans, nouveau Bond pour une nouvelle ère : la guerre froide est finie, le mur de Berlin est tombé, l’Est et l’Ouest se retrouvent. Cette fracture est portée par une mise en scène plus contemporaine et réaliste, il y a de moins en moins de gadget et plus d’action.

L’un des méchants les plus emblématiques de la série se nomme Xenia Onatopp une femme à la solde de l’organisation criminelle Janus dans cet opus. La sexualité du personnage est explicite par sa façon d’éliminer ses victimes en les éliminant tout simplement durant leurs ébats.

famke-onatop

Une très courte scène laisse sous entendre qu’elle pourrait être bisexuelle en lançant un  » Toi tu attends ton tour  » à la Bond Girl Natalya Simionova.

Une première fois ?

L’homosexualité disparait quelques temps pour revenir dans le monumental Skyfall sorti en 2012 avec Daniel Craig.

Le bad guy du film Silva est très maniéré et son attirance pour l’agent ne laisse aucun doute lorsque lors d’une scène lui caressant le visage, il rétorque à Bond « Il faut une première fois à tout James ». Et Bond de répondre « Qu’est ce qu’il te fait croire que c’est ma première fois ? ». Le mythe du mâle viril à la Bond qui a perduré durant 50 ans s’effondre en une fraction de seconde.

Un risque que seul Daniel Craig et le 21ème siècle pouvaient permettre.

bardem

Notons que quelques minutes plus tard Silva réitère sa proposition érotique en lançant à Bond durant une partie de tir « Au tir ou a autre chose je te prends comme tu veux ».

Au chapitre des avancées de l’ère Craig, on se souviendra aussi de la scène de torture de Casino Royale, où un Bond totalement nu se voit félicité par un Le Chiffre glacial sur son corps musclé. On regardera aussi attentivement le chemin que prendra la relation entre Bond et Q. En effet, le couple a suscité les fantasmes de plusieurs fans sur internet, et la mise en scène de Mendes dans Spectre pourrait suggérer une certaine tension entre le Quatermaster et l’agent.

Q et Bond

Pour conclure nous pouvons dire que les films de James Bond ont toujours été très tolérants vis à vis des minorités opprimées qu’il s’agisse des homosexuels comme expliqué dans ce court essai ou des afro américains (notamment dans le film Vivre & Laisser Mourir qui verra un acteur récurrent de la blaxploitation Yaphet Kotto incarner un méchant noir pour la première fois). Si les femmes sont hyper-sexualisés, les personnages homosexuels cependant ne sont pas stigmatisés, comme ça pouvait être le cas dans les livres de Fleming.

L’homophobie très présente dont Bond fait preuve dans les romans de Fleming est d’ailleurs passé sous silence dans les films, (on se souviendra notamment la version littéraire de Goldfinger où Bond définit les homosexuels comme « un troupeau d’inadaptés sexuels malheureux, stériles et pétris de frustrations » (propos également tue dans certaines éditions françaises du roman)… Dans les films, si quelques clichés transparaissent (notamment avec le maniérisme), la question de la sexualité n’est après tout pas importante puisqu’elle peut s’appliquer tant aux ennemis qu’aux agents du MI6.

Après tout, et comme le dit Silva :

Oh Mr. Bond, all this physical stuff, so dull, so dull

Merci à Retroman pour cette contribution.

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5 Comments

  1. Pour ma part, M. Wint & Kidd font partie des personnages les moins intéressants de l’univers James Bond, sans parler du fait que « Les Diamants sont éternels » est le plus mauvais de la série.

    Onatopp disait simplement à Simionova d’attendre son tour pour la tuer, il n’y a aucune interprétation à faire.

    Quant à Silva et la réplique de Bond, non le « mythe du mâle viril à la Bond qui a perduré durant 50 ans » ne s’effondre absolument pas.
    Si on connaît bien le personnage de Bond, on sait qu’il répond du tac au tac, il ne veut pas laisser son adversaire prendre le dessus.
    Je ne veux plus lire que Bond serait bisexuel ou autres inepties de ce genre.

    Le Chiffre remarque simplement que James Bond est musclé, quel rapport avec l’homosexualité ? Franchement, quel rapport ?
    Quand au rapprochement entre Bond et Q, je ne veux même pas en parler…
    Il n’y a aucune tension entre les deux personnages, cela relève seulement du fantasme de l’auteur de cet « article ».

    1. Oulà, tu te sens un peu vexé non ?
      Déjà je ne vois pas pourquoi être viril et gay sont deux choses différentes.

      Un Bond bi, pourquoi pas, mais gay non là je suis d’accord, Bond aime les femmes.

      Ensuite pour l’article, non, je trouve certaines choses vraies. Pussy Galore est clairement lesbienne, le couple de méchant des Diamants sont éternels aurait pu être mieux traités mais franchement ça va…
      Le reste est un peu tiré par les cheveux, c’est vrai. Sauf pour Skyfall ou Bond ne dit pas avoir eu une expérience homosexuelle mais laisse planer le doute. Et comble de son assurance bien virile, il n’a pas peur de cette idée.

      Quant à Bond et Q… Bon je ne peux que être d’accord avec toi, là ! Pour le relation est plus tonton cool/neveu talentueux.

  2. Rosa Klebb aurait méritée d’être citée aussi car elle semble clairement être lesbienne

  3. Ah et sinon je suis d’accord avec le commentaire précédent l’interprétation de l’auteur relève pour beaucoup du fantasme

  4. Je rejoins les autres, je trouve que c’est vraiment, vraiment, vraiment tiré par les cheveux..
    Comment chercher ce qui n’existe pas.

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