Les Aventuriers des scènes perdues

Les Aventuriers des scènes perdues

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Tout est parti d’une remarque lors d’une importante discussion des membres de ce blog. Alors que l’heure se faisait de plus en plus tardive, l’un d’entre nous lança un « Mais, au juste, combien y a-t-il de scènes coupées dans la saga ? »

Comme James et ses girls se cachent de la version finale du film
James et ses girls se cachent de la version finale du film

Un ange passa tant la question se révélait être épineuse. La réponse paraissait pourtant simple : il suffisait de reprendre nos DVD, et de compter docilement le nombre de scènes coupées par film. Simple. Trop simple?

Effectivement. Très vite, nous découvrîmes une myriade de scènes coupées venant de tous les côtés, ce qui eut pour effet de nous faire crouler sous un tas de sources à vérifier et d’images à authentifier. Cette discussion s’est tenue en Novembre 2014. Cela fera donc un an que le dossier avance, et grandit jour après jour, jusqu’à atteindre une taille considérable. Si je ne vais pas aujourd’hui vous présenter ces scènes en question, je vais vous présenter les sources. Et, promesse de Bondien, toutes ces scènes n’auront bientôt plus aucun secret pour vous!

Voici donc la fameuse liste des sources, de la plus évidente à la plus obscure:

Source 001: Les DVD

Comme énoncé plus haut, les DVD constituent à eux seuls une source importante de scènes coupées. Chaque DVD, ou presque, contient des scènes coupées, avec les commentaires du réalisateur, élément ô combien important pour comprendre le contexte d’une scène.

On peut penser tout connaître d’un film, mais, croyez-nous, certaines scènes nous ont tout de même surpris. Comme cette scène de Permis de Tuer (1989), où notre cher Tim porte un chapeau de pêche. J’en ai un frisson dans le dos rien qu’en y repensant.

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Qu’il est beau, ce chapeau !

Là où la situation se complique légèrement, c’est quand le DVD ne propose pas de scènes coupées, comme pour l’Espion qui m’aimait (1977) ou Octopussy (1983). Impossible de penser que toutes les images filmées furent utilisées dans le résultat final. Il faut chercher ailleurs…

Source 002: Les Bandes-Annonces

On monte d’un cran. Ah, comment ne pas penser à ces vendredis soirs, passés à regarder certains trailers image par image pour finalement capter une image, une seule, qui ne serait pas incluse dans la version finale du film. Et ça marche. Parfois. Avec de la chance.

Prenons l’Espion qui m’aimait. Rien dans le DVD, et, suspens, deux secondes de scènes coupées dans une bandes-annonce qui fut diffusée à la TV. C’est peu, mais comme dirait Bond « C’est au moins ça, pas vrai ? ».

Dans ce cas, les scènes ne sont jamais très excitantes, car nous n’avons le droit qu’à deux ou trois secondes d’images inédites par film. Sauf pour Skyfall. Pour une raison certes étrange, Sam Mendes aime bien réaliser ses bande-annonces avec un maximum de scènes coupées. Vous vous souvenez de la première bande-annonce de Skyfall ? Vous vous souvenez de Bond qui court dans Regent’s Park pour se remettre en forme ? Eh bien, regardez à nouveau le film. Cette scène en est absente. Et on peut en dire autant des funérailles d’agents, de Séverine à l’aéroport, la liste est longue et à découvrir ici.

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Courir, c’est bon pour la santé, mais c’est aussi bon pour se faire couper !

Même l’image par image ne suffisait pas toujours : parfois il s’agissait juste d’une ligne, d’une simple phrase prononcée par un personnage qui nous mettait la puce à l’oreille.

Oh, je peux aisément comprendre que deux secondes ne constituent qu’une maigre satisfaction. Si on en veut plus, il faut encore creuser un peu plus.

Source 003: Les Documentaires.

Je préciserai même : les making-of. Ils sont certes très intéressants, puisqu’ils montrent l’envers du décor, mais ils montrent aussi des extraits de film, et c’est là que ça devient intéressant. Exemple tout bête : GoldenEye (1995). Vous vous souvenez très certainement de la première apparition d’Alec Trevelyan à l’écran, éliminant un scientifique de sang-froid tandis que Bond déverrouille une porte blindée? L’élimination est hors-champ dans le film, mais le making-of nous montre la scène complète, avec les scientifiques s’écrasant dans les tubes à essai.

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Pan ! Boom ! Ah !

Il existe des exemples similaires pour Demain ne Meurt Jamais (1997), mais je ne peux pas tout vous révéler, n’est-ce pas?

Nous entrons avec les making-of dans les tréfonds des sources. Mais, cette obscurité naissante ne nous fait pas peur, d’autant plus qu’il reste des sources, pour le moins surprenantes…

Source 004: Les Workprints

Mais qu’est-ce qu’un Workprint ? La réponse est simple. Un Workprint, ou en version francisée « Copie de travail » est une copie du film destinée à la production, aux doubleurs ou à d’autres personnes importantes dans la réalisation d’un film. Ces copies ne sont pas finalisées, le montage reste assez erratique, la bande-son peut dans certains cas être différente, voire inexistante, les effets spéciaux ne sont pas encore faits, et même des séquences entières d’un film peuvent manquer à l’appel.

Ce qui est le cas pour le Workprint de Tuer n’est pas Jouer (1987), que certains fans ont astucieusement renommé « The Missing Daylights« . La bande-son est essentiellement celle de Dangereusement Vôtre (1985), le générique n’existe pas, les scènes en Afghanistan sont absentes… MAIS, il y a plein de scènes coupées ! À commencer par le gunbarrel, complètement différent de la version finale. La scène de la mort de Saunders est également beaucoup plus longue, tout comme le briefing de M dans la maison de campagne du MI6. Par contre, je ne vous le cache pas, il faut s’accrocher. Les copies sont de très mauvaise qualité, autant au niveau sonore que visuel (Ah, la qualité VHS !), et il est parfois très difficile de comprendre ce qu’il se passe, surtout quand la scène nous est inconnue.

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Qualité Blu-Ray

Si le Workprint de Tuer n’est pas Jouer est le plus célèbre, il en existerait d’autres, celui d’Octopussy qui ne serait pas différent de la version finale du film, GoldenEye, avec quelques longueurs supplémentaires, et les rumeurs les plus folles confessent qu’il existerait des Workprints de Docteur No (1962) et Bons Baisers de Russie (1963). Tout un programme !

Source 005: Les témoignages

Finies les illustrations ! Certaines scènes n’existent plus en images, mais les commentaires de personnes proches de la production du film (parfois même le réalisateur en personne), nous confessent qu’une scène a été filmée, mais n’a pas été gardée pour telle ou telle raison. À partir de ce moment, nous entrons dans le fabuleux monde de l’hypothèse.

Hypothèses souvent appuyées par des photos de mauvaise qualité, posant un certain doute: s’agit-il de photos de production, de répétition ou d’une scène coupée ?

Et puis, comment être sûr qu’une telle scène a été filmée ? Eh bien, nous devons croire sur paroles certaines personnes. Quand il s’agit de personnes importantes, nous restons dans cette catégorie. Quand nous rencontrons des rumeurs ou autres bizarreries, nous entrons dans la dernière et plus sombre catégorie, celle des rumeurs.

Source 006: Rumeurs à foison

Les rumeurs… Que dire dessus ? Il y en a tellement, et il est si facile d’en créer. Nous avons essayé de limiter au possible les rumeurs dans le dossier, mais certaines sont si récurrentes qu’elles nous forcent à nous poser quelques questions.

Comme la photo de Sean Connery sur une moto de Police dans Les Diamants sont Éternels (1971). Simple photo promotionnelle ou véritable scène coupée avec pour seul vestige cette photo ? Le mystère plane.

illu5La fameuse photo

Voilà ! Vous connaissez désormais les principales sources menant au Saint Graal Bondien. Bien évidemment, il existe d’autres sources, nettement moins importantes, et plus « occasionnelles » comme les lobby cards, par exemple. Mais pour l’heure, il est temps d’ouvrir les portes de la crypte de vous laisser vagabonder dans ce monde de scènes supprimées !

Bienvenue dans Orbis Non Sufficit !

Enfin, sachez que le dossier n’est pas encore terminé. Nous enquêtons encore sur la provenance de certaines rumeurs et pépites. Et j’ose d’ailleurs espérer qu’il ne sera jamais terminé, et que nous continuerons encore et encore à trouver des scènes coupées et voir ce dont les films de Bond nous ont privé !

About the author

Rémi Germain
Grand fan de James Bond depuis toujours et disposant d'une solide banque d'images sur ledit espion, ce Roi des Manuls vous racontera des tas d'anecdotes obscures sur la franchise.

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