Les 007 visages de Fleming

Les 007 visages de Fleming

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Nous allons bientôt retrouver la vie de Ian Fleming sur le petit écran. Dominic Cooper lui prête son visage et nous pourrons y suivre les différentes étapes de sa vie. Mais ce n’est pas la première fois que l’on s’empare de la figure de Fleming pour réaliser une fiction. De grands acteurs britanniques ont d’ailleurs incarné le fameux écrivain. Nous vous présentons aujourd’hui les 007 visages de Fleming, et sa vie dans tous ses états !

Goldeneye (1989): Fleming en flashback

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Charles Dance est jusqu’ici le meilleur acteur à avoir donné vie à Fleming

Le premier film sur Ian Fleming porte le nom de Goldeneye, soit la villa de Fleming à la Jamaique, avant qu’il ne devienne aussi le titre du James Bond de 1995. La vie de Fleming nous y est racontée dans un flashback. Ça commence donc par une de ses célèbres interviews dans sa villa de Goldeneye où le journaliste lui demande s’il ressemble à James Bond, le héros qu’il a créé. Fleming répond que non, et le flashback qui suit se charge de nous montrer pourquoi.

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Fleming espion lors d’un test des américains

Le film retrace donc une longue partie inventée de la vie de Fleming, où il mène la vie d’un espion britannique qui n’en a pas vraiment l’étoffe. Il échoue aux test de la CIA, mais prouve sa valeur dans son activité de contre-espionnage (consistant à organiser la capture d’un sous-marin allemand). Beaucoup d’éléments de films d’espionnages et bondiens tournent alors autour de lui : Bond girl, secrétaire de type Moneypenny, filature et soupçons. Tout ces personnages familiers ne lui apportent cependant pas la vie de rêve et trépidante qu’il imaginait. Au fur et à mesure des époques, Ian Fleming se tourne vers la Jamaïque où il se retrouve à vivre avec sa solitude, ses regrets amoureux, et son histoire d’amour avec sa femme Ann.

L’auteur britannique apparait donc comme un homme marginal, pris dans des aventures trop grosses pour lui et qui l’amènent à se replier pour créer l’aventurier James Bond, reflet de ses fantasmes. En fin de compte, le film s’achève avec la première de Dr. No en Jamaique : alors qu’un spectateur déclare que le livre est meilleur que film, Fleming profite du magnifique panorama de sa villa Goldeneye.

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Fleming écrivain amoureux et reclus

Même s’il s’éloigne de la vie de Ian Fleming en lui inventant des aventures fictives qui l’amènent vers Goldeneye, ce film est sans doute celui qui dessine le plus justement la figure de Fleming : marginal mais avec un esprit très romanesque. Cela est surtout du à Charles Dance. L’acteur a connu son premier rôle comme homme de main dans Rien que pour vos Yeux, mais est aujourd’hui largement reconnu, notamment pour avoir joué Tywin Lannister dans la série Game of Thrones. Il apporte à Fleming tout son talent d’acteur, sa ressemblance physique, et l’ironie et le sérieux de l’auteur à succès.

Charles Dance : un homme de main dans Rien que pour vos yeux avant d’être Fleming

Même si le film se perd dans une intrigue un peu faible, et que Dance y est surtout occupé à fumer la fameuse cigarette de Fleming, on arrive à un cocktail très sympathique entre un Fleming auquel on n’a aucune difficulté à croire, et des éléments bondiens qui ont influencé son imaginaire. On notera aussi la présence furtive de l’acteur Christopher Waltz en espion allemand et quelques clins d’oeil savoureux à la saga.

Vous pouvez voir les premières minutes du film ci-dessous, et cliquez ici pour voir tout le film en captures d’écran.

Spymaker, The Secret Life of Ian Fleming 1990 : Fleming en connery

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La couverture annonce le niveau

Après « Goldeneye » qui était un essai assez convainquant vient un film catastrophe qui prétend nous raconter la « vie secrète de Ian Fleming« . Réalisé par l’inconnu Ferdinand Fairfax, c’est le fils de Sean Connery, Jason Connery qui joue (mal) un Ian Fleming qui n’est en fait qu’une excuse pour faire une simili histoire à la James Bond.

Quelques bonnes idées à noter tout de même : on suit Fleming depuis son adolescence jusqu’à ce qu’il quitte sa carrière d’espion. Fleming nous y est donc montré comme vivant dans l’ombre de sa mère, et avec une obsession pour l’image de St George terrassant le dragon (tout comme James Bond terrasse le mal). A partir de là s’enchaine un méli-mélo de mauvaises intrigues construites sur quelques éléments de la vraie vie d’espion de Fleming. Chaque personnage que l’on croise est l’archétype d’un personnage d’un film de James Bond (M, Q, Monneypenny, James Bond Girl, allié, méchant allemand) et ce téléfilm est bourré de clins d’œil très peu subtiles et superflus à James Bond.

Ce qui se rapproche le plus de la vie de Fleming est sans doute de nous montrer le héros comme quelqu’un avec une forte tendance à l’ennui, à la recherche de sensations fortes et comme homme à femme. Le non-talent de Jason Connery est à peine compensé par la présence de la Christine Scott Thomas en James Bond Girl  : quand elle meurt à la fin du téléfilm, Fleming annonce qu’il va écrire son roman… et on en reste là.

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Le fils Connery dans une situation typiquement bondienne

Autant Goldeneye avait de bonnes idées pour inventer une fiction autour du personnage de Fleming, autant Spymaker détourne sans vergogne certains éléments de la vie de Fleming pour prétendre faire un biopic. C’est en fait un ersatz d’aventure de James Bond mal raconté que l’on nous donne à voir. Si la série ‘Fleming’ a dans l’idée d’accentuer la fiction dans la vie de Fleming, voici l’exemple à ne pas suivre !

Bondmaker, 2005 : l’écrivain dandy britannique

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Ben Daniels se glisse dans l’uniforme de Fleming

C’est ensuite au tour de BBC One de nous raconter la vie de Fleming, mais d’une façon originale. C’est un docudrama. Qu’est-ce qu’un docudrama ? C’est une fiction sur Fleming, mais racontée en ne mettant dans la bouche du personnage que des paroles qu’il a vraiment prononcées ou écrites.

C’est l’acteur Ben Daniels qui est chargé de nous dire ce que Fleming écrivait : il compose alors rapidement un portrait de Fleming comme un esprit militaire astucieux dans le cadre de la seconde guerre mondiale, avant de nous le montrer en fait comme un dandy britannique qui trompe son ennui et sa passion pour les femmes et le sexe dans la rédaction de ses romans.

On plonge alors vraiment dans l’inspiration de Fleming pour James Bond plutôt que dans la fiction ou le soulignage exagéré des ressemblances entre sa vie et 007. Un brin plat, et Fleming y est sans doute British à outrance, mais qui vaut le coup d’œil. Vous pouvez voir un extrait du docudrama en cliquant ici.

Ben Daniels au travaille
Ben Daniels au travaille

Any Human Heart, 2010 : hommage discret à l’homme derrière Bond

Any Human Heart est une mini série anglaise qui convoque plusieurs personnes liées à la saga 007 : c’est en effet une adaptation du livre éponyme de William Boyd qui a écrit récemment le roman de James Bond « Solo« . Dans le rôle de Fleming, c’est Tobias Menzies qui lui donne une juste composition. Vous l’avez vu dans Casino Royale comme assistant de M (ainsi que dans les séries de HBO ‘Rome’ et ‘Game of Thrones’).

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L’histoire ne raconte pas l’histoire de Fleming, mais en fait un personnage secondaire. On suit en fait la vie d’un écrivain,Logan Mountstuar, à travers le XXe siècle où il croise plusieurs figures historiques. En grand fan de Bond, Boyd utilise Fleming de façon astucieuse, à certains moments de sa carrière. Le héros joue donc au golf avec le dandy anglais à deux reprises. La première fois, il parle rapidement de ses voyages en Suisse avant la guerre (qui ont forgé la sensibilité du jeune écrivain), puis lors de leur deuxième rencontre, le héros suggère à Fleming de se mettre à écrire plutôt que de continuer sa carrière de banquier. On recroise inévitablement Fleming pendant la guerre comme agent de contre-espionnage qui recrute le héros dans la Naval Intelligence Division. On retrouve enfin le héros lisant « Vivre et laisser mourir » à la fin de sa vie et s’étonnant du vécu de Fleming qu’il retrouve dans le livre.

Il s’agit donc d’une courte apparition tout en hommage, mais Tobias Menzies est sans doute un choix très pertinent pour le rôle ! (un extrait visible en ligne ici)

Age Of Heroes, 2011 : Fleming militaire

Age Of Heroes_PosterUn film en direct to DVD. Malgré la présence intéressant de Sean Bean dans le casting (006 dans Goldeneye), c’est un film d’action et de guerre sans grand d’intérêt qui nous présente l’infiltration ratée pendant la guerre d’un commando anglais en Norvège pour récupérer des informations aux nazis. L’opération tourne à la catastrophe, et donc à l’aventure avec son lot d’explosion et de nazis.

La présence de Fleming s’explique parce qu’il s’agit de la 30 Commando Unit, dont Fleming a été l’instigateur. On a donc le plaisir de voir James Darcy, au commencement de sa célébrité, qui interprète un Fleming suave, sûr de lui, déterminé à créer une unité d’élite nouvelle en son genre et qui changera le cours de la guerre pour l’Angleterre.

Rien à voir avec James Bond donc, mais la fiction peint une image très avantageuse de Ian Fleming comme un officier d’espionnage très avisé et visionnaire. En ce qui concerne l’intérêt du reste du film par contre… ça dépend si vous aimez les militaires qui hurlent et les explosions.

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Pour le plaisir donc, la bande annonce du film dont la première partie met à l’honneur le briefing du jeune officier Fleming :

Le major parlait trop, 2013 : Clin d’oeil sous les Caraibes

6e et dernière apparition en date de Fleming à la télé : il s’agit d’une aventure de… Miss Marple. Dans cet épisode, l’héroïne d’Agata Christie mène donc l’enquête en vacances dans les Caraïbes dans ce film produit par Charlie Higson (vous savez, l’auteur en charge d’écrire les romans Young Bond). L’occasion est trop belle d’avoir la délicieuse vieille anglaise sous les tropiques pour ne pas en profiter.

L’enquête de Miss Marple l’a donc fait, comme il se doit, rencontrer Ian Fleming, en villégiature à la Jamaique, avec son porte-cigare, et Bond… James Bond. Mais pas celui auquel vous vous attendez : il s’agit de l’ornithologue des Caraïbes dont Fleming a emprunté le nom pour le héros de son roman. Fleming rencontre donc ce Bond, James Bond et on le voit, intéressé, noter ce nom dans un carnet. L’écrivain Charlie Higson se fait d’ailleurs plaisir en tenant le rôle de l’ornithologue. Fleming est joué par l’anglais Jeremy Clutchley.

 Fleming, The Man Who Would Be Bond, 2014

Dominic Cooper, le nouveau Fleming
Dominic Cooper, le nouveau Fleming

C’est donc au tour de Dominic Cooper de s’essayer à devenir cet énigmatique Fleming qui a eu tant de vies, d’expériences et de visages à la télé. Quel coté de la personnalité de l’écrivain va ressortir ? Et surtout qui rendra le mieux hommage au créateur de James Bond ? Réponse dans quelques jours avec le premier épisode.

Cliquez ici pour voir tous nos articles sur la série ‘Fleming

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Timeless, 2016

M.A.J. du 27/11/2016 : Un huitième Fleming prenant les traits de l’acteur Sean Maguire apparaît dans un épisode de la série Timeless.

Cliquez ici pour en savoir plus.

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