Commander James Bond France

La route vers Opération Tonnerre #6 : Un scénario de blockbuster

CJB espère que vous aimez Opération Tonnerre car les prochaines semaines seront consacrées à l’évolution du script de ce film. Depuis la première tentative d’en faire le tout premier film de 007 en 1959-60, à un roman en 1961, jusqu’au gigantesque hit de Noël 1965, le chemin fut long pour Thunderball ! Venez l’explorer avec nous et nos amis de Mr. Kiss Kiss Bang Bang, Agent007.nu

Épisode 1 : James Bond of the Secret Service
Épisode 2 : Les idées de Fleming pour le cinéma
Épisode 3 : Longitude 78 West
Épisode 4 : Quand Thunderball devient un roman
Épisode 5 : EON s’empare de Thunderball

Un comic strip qui déçoit

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Depuis 1958, le journal Daily Express tenait les fans des 007 en haleine avec des adaptations fidèles des romans de Ian Fleming en comic strips. Les « Strips » sont des bandes dessinées qui sont le plus souvent diffusées au rythme de 3 ou 4 images par jour dans les journaux. Le Daily Express commence son adaptation du roman Opération Tonnerre le 11 décembre 1961, les illustrations sont comme à l’habitude signées John McLusky et c’est Henry Gammidge qui est en charge d’adapter le texte (seul le nom de Fleming apparaît ; il n’y a aucune mention de ses anciens collègues de Xanadu). La publication d’Opération Tonnerre se poursuit jusqu’en février 1962 où Giuseppe Petacchi est en train de détourner l’avion contenant les bombes ; jusque là le strip a été très fidèle au roman.

Mais en 1962, Ian Fleming et Lord Beaverbrook (le propriétaire du Daily Express) se sont disputé à propos des droits sur la nouvelle Bons baisers de Berlin (The Living Daylights). Lord Beaverbrook a alors abruptement annulé ses accords avec l’auteur et ainsi le Daily Express n’est pas allé jusqu’au bout de la publication d’Opération Tonnerre.

La fin originale du Daily Express.
La fin originale du Daily Express.

D’autres journaux ont terminé, à la va-vite, le strip abandonné en cours de route par l’Express. L’histoire a toutefois été charcuté au tel point que Domino n’apparaît pas du tout dans le strip et Largo y est à peine mentionné.

La suite dans les autres journaux... où nous retrouvons directement Bond avec Leiter à chercher l'épave du bombardier.
La suite dans les autres journaux… où nous retrouvons directement Bond avec Leiter à chercher l’épave du bombardier.

L’histoire selon…

…selon Ivar Bryce

Bryce, en préparation de la nouvelle action en justice de McClory (1963), écrit une déclaration de 13 pages détaillant sa version de l’ordre des événements. Les choses commencent en 1958 lorsqu’il rencontre, à Nassau, Kevin McClory (invité par un ami) pour la première fois. « Ma femme et moi l’avons trouvé intéressant et charmant », de sorte qu’ils se sont revus à plusieurs reprises. En avril, Bryce reçoit un coup de téléphone de McClory qui lui dit qu’il vient de lire une histoire qui pourrait un magnifique film, The Boy and the Bridge, puis lui propose de faire ensemble.

Bryce, bien qu’un peu réticent au début, accepte de financer le film et en parle à son avocat, Ernest Cuneo, qui lui prépare les papiers du partenariat, nommé Xanadu Productions. Bryce écrit dans sa déclaration avoir été informé par Cuneo que selon la loi le partenariat ne couvrirait pas d’autres films, à moins qu’une sorte d’avenant vienne s’y ajouter.

The Boy and the Bridge a été tourné et est sortie. En février 1959, il y a eu des discussions pour fonder un studio dans les Bahamas. Bryce en a parlé à Fleming : c’est « un viel ami à moi et il était intéressé par mon projet de film depuis son début. Il nous a rendu visite lorsque nous tournions The Boy and the Bridge et a, comme moi, été impressionné par la manière efficace dont McClory apparaissait gérer la production ». Fleming était très intéressé par l’idée de créer un studio aux Bahamas et que le premier film qui y soit produit soit un James Bond. Cuneo a suggéré une idée d’intrigue et Fleming a accepté d’écrire l’intrigue. Ici Bryce note que précédemment, Cuneo avait suggéré « une autre intrigue » basée sur le personnage de Bond mais que Fleming n’était pas enthousiaste à l’idée de celle-ci.

Il y a ensuite eu deux réunions avec Kevin McClory. Bryce écrit qu’après l’une d’elle McClory lui en privé qu’il ne pensait pas que faire un film Bond était pour lui ou qu’un quelconque film sur le personnage rencontrerait du succès. Toutefois McClory, après s’être plongé dans les romans de Fleming et lu le scénario de Fleming pour le film a changé d’avis, de sorte qu’il était très intéressé. Bryce écrit que Fleming a écrit son premier scénario « sans qu’il ait du tout discuté du contenu avec McClory » mais ajoute « Fleming m’a remis le scénario et a suggéré que je devrais avoir McClory et un scénariste de première classe pour le transformer convenablement en film ». « Lui et moi parlions à cette époque de McClory comme réalisateur plutôt que producteur ».

Bryce est retourné à New York où McClory a commencé à le « bombarder » de télégrammes disant qu’il était nécessaire qu’un scénariste professionnel écrive un script afin qu’il organise des dispositions pour la production. Jack Whittingham a été engagé pour écrire une intrigue qu’il a envoyée à Fleming, qui a alors écrit une intrigue en prenant en compte ce que Whittingham avait écrit.

McClory insistait pour aller faire une reconnaissance à Nassau pour voir quelles installations étaient sur place afin que le script les prennent en compte.

En septembre 1959, bien qu’ils voulaient toujours que McClory restent associé à leur groupe, Bryce et ses amis qui avaient décidé de le rejoindre sur ce projet de nouveau studio, ont décidé qu’il fallait plutôt confier l’organisation à quelqu’un qui a une meilleure expérience des finances. (Il est à noter que dans une autre de ses déclarations, Bryce dit qu’il n’avait pas prévu de financer le film en lui-même car il investissait déjà son argent dans le studio ; il faudra trouver un distributeur pour financer le film). La reconnaissance a eu lieu début novembre, McClory y a dépensé des sommes importantes, pour au final obtenir peu selon ce que Bryce (qui n’était pas présent) a entendu.

À la fin de la reconnaissance, il semblait clair à Bryce qu’il n’allait pas récupérer l’argent qu’il avait investi dans The Boy and the Bridge (suite au non-succès du film) et la plupart des investisseurs pour le projet de studio aux Bahamas se sont retirés de l’affaire. (Note : l’un d’eux, Francis Peeke, expliquera dans un autre document que la raison principale de son retrait était le manque de confiance envers McClory ; qu’il pensait que McClory voulait davantage faire un film pour flatter son égo plutôt qu’un sucées commercial et que à Nassau il a eu l’impression que McClory traitait la chose plus comme des semi-vacances payés aux frais de Bryce plutôt qu’une affaire sérieuse).

Le 18 décembre, Bryce écrit à McClory une lettre disant que le seul moyen pour lui pour récupérer l’argent qu’il a perdu est de faire un film à succès avec Bond mais que si les événements l’obligent à abandonner le projet pour minimiser ses pertes, qu’il en a le droit moralement et légalement.

À la suggestion de McClory, Bryce va rencontrer le président de la Paramount pour voir si celle-ci serait intéressée par financer le film de Bond. Ils sont très intéressés, du moins si le coût est d’un million de dollars, mais pas pour les 3 millions que McClory avait en tête.

Le 15 février arrive, Whittingham avait livré un script et Bryce espérait que quelque chose puisse être fait avec. Bryce et McClory se voient en mars ; Bryce lui explique qu’il pense qu’assez de temps et d’argent ont été investis dans le projet et qu’il veut vendre le script. Bryce écrit que Fleming avait eu des discutions dans ce sens avec la M.C.A. Toutefois McClory persuade Bryce de lui donne six mois supplémentaire pour essayer de faire quelque chose de son côté. McClory a alors jusqu’au 30 octobre 1960 et s’il ne réussit pas, Bryce vendra le script (il ajoute à McClory qu’il lui donnera certainement quelque chose s’il arrive à en tirer bon prix).

« Au meeting à Nassau, il m’a dit pour la première que le script appartenait bien sûr à notre partenariat. J’ai objecté en disant qu’il n’avait rien à voir avec Xanadu Production, qui par les termes de notre arrangement, était destiné seulement à The Boy and the Bridge ». « J’ai payé [un scénariste que j’ai engagé, Whittingham] et j’ai assumé que c’était [le script livré par celui-ci] à moi. J’ai découvert depuis que McClory a pris un assignement à son nom sur les droits du script de Whittingham, malgré le fait que j’ai payé Whittingham ».

Début 1960, Bryce demande à McClory de lui assigner ses droits. McClory refuse et répond notamment qu’il veut voir le roman que Fleming a écrit pour voir à quel point il est basé sur le script (Bryce dit lui avoir répondu qu’il n’en voit pas l’intérêt : le seul contact que Fleming a eu avec Whittingham était lors de réunions sur le script avec McClory, « certaines suggestions [émise lors de la conférence] ont plus être utilisés, mais dans tous les cas personne ne serait capable de dire quelles suggestions provenaient de qui »).

Bryce termine sa déclaration en disant qu’il a toujours été généreux avec McClory, qu’il n’a jamais objecté à ses extravagances (dans un autre document il est question de « grosses factures pour de la liqueur, des fleurs, et Dieu sait quoi qui était commandé par Kevin quand ils étaient là [à Naussau] la dernière fois ») et lui a avancé de l’argent (qu’il n’a jamais récupéré) et que ça le déplore qu’il se retourne contre lui « et les personnes qui ont essayé de l’aider ».

…selon Ernest Cuneo

Cuneo écrit lui aussi une déclaration (de 8 pages) datée du 13 mai 1963 qui donne sa version des événements :

« Au printemps 1958 […] Bryce est venu me voir. Il m’a dit avoir accepté de financer un film qui serait produit par Kevin McClory. […] Je lui ai fortement conseillié de ne pas investir dans la production de film. Il n’a pas accepté mon conseil et j’ai préparé l’accord de partenariat […]. Le nom Xanadu pour le partenariat fut proposé par Bryce. Le partenariat était limité à un seul film. […]

Quand le film fut terminé au printemps 1959 […] Bryce et McClory renégociaient certains termes et j’imagine qu’un contrat fut préparé, mais je n’ai jamais été impliqué. […] [Bryce et McClory avaient pour] idée de produire un film à Nassau. […] Une entreprise devait être formée pour diriger le [nouveau] studio et produire le film. […] Bryce devait investir dedans ses profits de The Boy and the Bridge. […]

Je suis resté un week-end chez Bryce à Essex pour discuter des plans. Nous avons rencontré Fleming à Londres. Nous avons décidé de faire comme premier film un film de James Bond. […] McClory était là un jour à Essex et je me souviens avoir esquissé une intrigue qui était du genre Le tour du monde en 80 jours. Bond voyageait autour du monde et son assistant envoyait par radio des informations sur des bases de fusées. Il y a avait la possibilité d’avoir un nombre incalculable de caméos de stars. Fleming, cependant, n’a pas aimé.

J’ai alors écrit une seconde intrigue qui est devenue « Opération Tonnerre ». Fleming aimait celle-ci et a accepté d’écrire une intrigue pour le film basé sur celle-ci. Peu après McClory m’a dit qu’il espérait pouvoir persuader Fleming d’écrire un roman en plus d’un script de film. Si un roman pouvait être publié au moment de la sortie du film, la publicité générée serait inestimable.

Je suis retourné aux États-Unis et ait commencé les préparations pour ce nouveau projet. J’ai inventé le nom de « Xanadu-Bahamas Limited » pour la nouvelle entreprise proposée. […] Bryce avait besoin de capitaux extérieurs, c’est pourquoi [les investisseurs] la Bruyéres, Wacker et Peeke sont venus. Il a toujours était clair que le film de Bond était une nouvelle entreprise et était non lié au partenariat [initial]. Le capital proposé été […] 800 000 dollars.

Nous avons décidé qu’une réunion devait être tenue à Nassau pour faire les arrangements finaux et aller de l’avant. Il y avait une entreprise à organiser, un studio à trouver (McClory pensait que nous pouvions acheter et adapter un ancien hangar à avion qui était en vente), et des lieux de tournage à trouver. Bryce ne pouvait pas y aller mais le reste […] était là, dont moi. […]

À Nassau, De la Bruyéres, Wacker et Peeke m’ont tous dit qu’ils n’étaient pas confiants et qu’ils aimeraient se retirer, mais qu’ils respecteront leur engament moral envers Bryce et iront avec lui si celui-ci veut toujours continuer. […]

Je suis rentré à New York et aie fortement conseillé à Bryce de ne pas continuer. Il était d’accord et nous avons discuté de comment minimiser les pertes. J’ai esquissé à Bryce la lettre du 18 décembre 1959 pour McClory qui mettait fin à son employment et son association au projet Bond. […] McClory était abattu […]

J’ai ensuite formellement assigné mes droits sur l’idée d’intrigue à Bryce. […] Je voulais que Bryce soit en mesure de montrer [ce] papier à McClory comme un exemple de comment McClory devait se comporter. Bryce était celui qui avait perdu le plus et de mon point de vue tout le monde devait se rallier à lui pour l’aider. […]

J’ai appelé Whittingham […] et lui ait dit que vu que Bryce avait payé pour le script, il était la propriété de Bryce.

Je n’ai pas vu à McClory depuis [début 1960]. Je lui ai parlé brièvement une fois au téléphone ».

La fin des problèmes légaux, et bonjour Hopkins

Jack Whittingham, Peter O’Toole, et Bobo Sigrist et Kevin McClory quittant la High Court de Londres.
Jack Whittingham, l’acteur Peter O’Toole, Bobo Sigrist (la femme de McClory) et Kevin McClory quittant la High Court de Londres.

Lorsque Kevin McClory règle son affaire en justice fin 1963 avec Fleming pour plagiat et fausse attribution, et avec Ivar Bryce pour faux partenariat dans Xanadu avec rupture de contrat, il obtient tous les droits d’adaptation à l’écran pour le roman Opération Tonnerre et pour les scénarios de Whittingham, Fleming, et même de Cuneo (enfaîte Cuneo avait précédemment vendu ses droits à Bryce pour un dollar symbolique) ainsi qu’une compensation financière. Fleming garde les droits sur le roman mais celui-ci doit désormais être reconnu comme étant « basé sur un script de Kevin McClory, Jack Whittingham et Fleming » dans ses futures éditions (et dans cet ordre précis et sans Cuneo, alors que McClory n’a pas à proprement parler, pas écrit de scénarios ni de script, il ne donnait que des idées. Mais Whittingham dira notamment que à deux exception près, Fleming n’était jamais là pour faire avancer le script avec lui, contrairement à McClory). (Whittingham lancera ensuite une action en justice contre Fleming afin de toucher une compensation, mais Fleming décédera d’une crise cardiaque pendant l’affaire). Nous parlerons des détails du procès plus tard dans un dossier consacré à Warhead.

Dr. No et Bons baisers de Russie sont sortis, le roman Opération Tonnerre fait parler de lui dans la presse grâce au procès, le film Goldfinger est en préproduction et la Bond-mania n’est pas loin. Broccoli et Saltzman viennent finalement à McClory (qui a désormais tourné le dos à Whittingham) et lui offrent une chance de faire partie de la saga officielle de James Bond : celui-ci est d’accord tant que le film sort rapidement et qu’il ait un statut de producteur. Cela devrait permettre à McClory de réaliser des profits sur le film (20% sur les bénéfices) et que celui-ci voit enfin le jour (le fripon avait déjà essayé de le faire sans EON et Connery en 1964, mais y avait renoncé), tandis que cela devrait permettre à EON d’écarter la concurrence d’un James Bond rival pour longtemps (selon une clause du contrat qui interdisait à McClory de faire un film basé sur Opération Tonnerre et ses scénarios prémices pendant dix ans).

Thunderball script 6L’ancien script de Maibaum est alors dépoussiéré et le 19 janvier 1965 un script pour le tournage est écrit par Maibaum et polit par John Hopkins ; il sera modifié au cours des mois suivants. Notre exemplaire de ce script intitulé « THUNDERBALL » que nous avons à CJB pèse 183 pages (!), il s’agit d’une copie « revised » du script du 19 janvier (les révisions vont jusqu’au 19 mars). La page de couverture précise qu’il est « basé sur l’histoire originale de Kevin McClory, Jack Whittingham et Ian Fleming » (mention qui n’était pas présente sur le script de 1961, Cuneo n’est pas toujours pas mentionné et ne le sera pas dans les crédits du film). Comme on peut s’y attendre, ce script est très similaire au film et assez fidèle au roman (étrangement peu de passages du script de 1961 de Maibaum, qui était quant à lui vraiment très fidèle à l’œuvre de Fleming, se retrouverons au final dans ce script de 1965).

Une intro ‘à la Bond’

Ce qui devient rapidement évident dans ce script, c’est que James Bond est devenu plus qu’un simple personnage, c’est désormais un phénomène. Le script commence ainsi :

GUNBARREL – BOND – SANG – MARQUE DÉPOSÉE
JAMES BOND THEME; alors que le pistolet détone, le sang ruisselle et avec cela nous…

Il n’y a rien d’autre à dire, le début typique de la saga n’est ouvert à aucun changement, le monde connait déjà cette séquence. Maibaum et Hopkins savent aussi que le film sera autant une célébration du phénomène Bond qu’une histoire à propos de sa mission. Bond est introduit ainsi dans le script :

Deux personnes cote à cote regardent vers le bas, en dehors de la foule, encore intéressées. L’une d’elles est une femme française élégante dans sa trentaine, et à côté d’elle, cette idole des services de renseignement, l’opiacé des opprimées et de la classe ouvrière, James Bond.

La copie que nous avons à CJB commence directement par Bond qui dit « En ce moment, je préfère que soit lui plutôt que moi » (il nous manque visiblement la première page). La femme française à qui Bond s’adresse se nomme « La Porte » (sic!), comme dans le film elle lui répond que le colonel est mort durant son sommeil… Au détail près que ce colonel s’appelle Jacques Boitier (et non Jacques Bouvar). À cela, 007 répond en haussant les épaules :

Je ne suis pas le seul à avoir un permis de tuer.

Les dialogues continuent à différer du film :

La Porte : Vous semblez déçu que cela ne vienne pas de votre… votre intervention.
Bond : Jacques Boitier a tué deux de nos Double-0 en six mois… qu’espériez-vous que je dise ?
La Porte : Peut-être rien. Excepté que Madame Boitier est plutôt une belle femme.
Bond : Comme vous le dites, « plutôt » une belle femme.

La « veuve » s’en va de la chapelle, le script nous dit entre autres qu’elle est « jeune, belle », vêtue d’une robe noire et d’un voile, et que plusieurs dignitaires (le maire, le juge et le commandant de la garnison local) lui présentent leurs condoléances. « Elle » monte dans « une grosse voiture – probablement de chez Ford Motors » (le constructeur qui a fait figurer sa Mustang dans Goldfinger) accompagné d’un gros bras de son mari du nom de Brinon. À la question de La Porte (Y a-t-il quelque chose que le Deuxième Bureau peut faire pour vous ?), Bond répond « Plus tard, sans aucun doute, mais pour le moment… », et ajoute « Comme je l’ai dit, plus tard » lorsque la limousine de la veuve s’éloigne.

Bond rejoint sa voiture, qui n’est pas une Aston Martin DB5 mais une (Ford) Thunderbird et prend la même direction que la limousine. La veuve traverse une partie du château avant d’arriver au salon, « un décor Louis XV avec une cheminée allumée », où elle tombe sur Bond qui est assis.

Thunderball 12

Comme dans le film la veuve se relève être Jacques Boitier et un combat au corps à corps (relativement différent du film : Bond essaye notamment de prendre son PPK) se déroule. 007 finit par étrangler Boitier (avec ses faux seins) et se dirige vers son jet-pack alors qu’il est poursuivi par Brinon et un majordome. Bond s’envole et rejoint La Porte qui l’attend près de sa Thunderbird. Lorsqu’il retire son jet-pack, le script nous dit que « cela ne devrait pas lui prendre plus longtemps qu’un golfeur avec chariot pliable ou qu’un agent secret à Istanbul avec un fusil de sniper démontable ».

Alors que des hommes armés venant du château approchent et tirent, Bond et La Porte s’enfuient en Thunderbird (qui ne possède pas de canons à eau)… Et puis : GÉNÉRIQUE !

Dans l’antre de ‘Spectre’ et de Shrublands

Le générique se termine et nous voyons Largo à Paris qui se gare devant un panneau « interdit de stationné » dans une voiture que le script décrit comme « pas une Ford, mais quelque chose du genre Ferrari – Maserati » (ce sera finalement une Ford Thunderbird que conduira Largo dans le film). Largo est décrit comme un homme « puissant d’un âge moyen, il a de l’élégance mais aussi de l’autorité. Un homme avec des amis haut placés, mais aussi un homme qui n’a pas besoin d’eux » (le script ne demande pas encore à ce que Largo ait un cache-œil).

Il entre dans le bâtiment de la « Fraternité internationale pour l’assistance des gens sans État », passe près du couple qui est pris en charge par la Fraternité (le script les nomme même M. et Mme Karlski), presse un bouton sur un mur (au lieu d’une télécommande) et rejoint la salle de réunion du « Spectre » (écrit sans majuscules dans cette première partie du script). L’endroit est décrit comme Ken Adam le construira : « Deux rangées de sept membres qui se font face, table basse transparente entre les chaises avec agenda, verres, carafes, stylos, etc… […] sur le mur derrière les dernières chaises se trouve une carte du monde ». Les membres du Spectre sont des « hommes » de diverses nationalités et nous ne voyons pas le visage de Blofeld. Contrairement au film, Largo n’est pas le numéro deux :

Blofeld : Entrez numéro trois. Pas besoin de vous excuser, je sais pourquoi vous êtes en retard. J’étais en train de dire à quel point nous regrettons tous à Spectre la mort dans l’affaire d’Istanbul, de numéro six… Rosa Klebb, qui va tristement nous manquer. Nous allons maintenant procéder à l’examen usuel des rapports financier. Numéro dix ?

(Dans le film, le numéro six est Jacques Bouvar).

On procède donc au rapport financier (qui est comme le film, sauf que l’ordre des lignes est inversé), il y dedans une référence sympathique au roman lorsque numéro douze dit : « Rançon pour Della Blomberg, la fille de l’industrielle argentin, un million de pesos » (l’exécution dans le script porte tout de même sur la distribution des narcotiques de la Chine Rouge). Après l’exécution du n°9 (la chaise ne disparait pas dans le sol), Blofeld explique que celui-ci avait joué et perdu l’argent au jeu.

À la suite de l’explication du nouveau plan du Spectre par Largo, nous retrouvons Lipson (et non Lippe) à la clinique Shrublands ; cet homme est décrit comme un « Eurasien, peut-être un indonésien-néerlandais » (il n’est également pas référé en temps que « comte » dans le script). Il se trouve dans une sweat box (la machine dans lequel Bond l’enferme dans film). Un membre du personnel lui dit : « Je vais la régler sur 120 pour les quelques minutes restantes, Monsieur ». Le membre du personnel sort de la pièce et la caméra le suit jusque dans une salle de massage où Bond reçoit les soins de Patricia Fearing, décrite comme « belle et d’un air athlétique » avec une petite blouse. Après quelques grognements de Bond alors qu’elle travaille sa colonne vertébrale, Patricia prend des gants de vison et se remet au travail :

Bond : C’est mieux.
Patricia : Vison. Cela réduit la tension.
Bond : Cela pourrait être plus facilement accompli si vous portiez plus de vêtements, mademoiselle ? …Mademoiselle ?
Patricia : (qui l’ignore) J’ai peur que votre séance ne touche à sa fin.
Bond : Quel est votre nom ? Et quand êtes-vous libre ?
Patricia : Patricia Fearing, et un homme avec un dos dans votre état a besoin de tout le repos qu’il peut avoir.
Elle presse fort et il émet un gémissement de douleur.
Bond : Vous avez fait exprès.
Patricia : Pas du tout, j’ai bien peur que vous n’ayez besoin du traitement complet.

Le membre du personnel retourne voir Lipson et le sort de la sweat box. Lipson enfile un peignoir et une montre Piaget et passe dans la pièce où se trouve Bond et Patricia :

Lipson : Je vous vois après ma douche, Pat.
Patricia : Je serais prête. Voici M. Bond – M. Lipson.
Bond : Vous ne me l’enlevez pas déjà, non ?
007 voit le tatouage rouge, décrit comme « un zigzag traversé par deux traits verticaux ».
Bond : Le seul plaisir dans ce triste endroit…
Lipson : Vous avez découvert cela aussi. Une demi-heure, Pat.

La suite du dialogue est comme dans le film, puis Bond appelle Moneypenny pour se renseigner sur le tatouage, regarde Lipson et Patricia s’éloigner dans une « Facel-Voga », et s’introduit dans la chambre de Lipson (mais ne pique pas de raisin). 007 rejoint ensuite Patricia et lorsqu’il essaye de la tripoter, le script nous dit que « Elle se désengage elle-même, elle a eu beaucoup de pratique pour cela » ou encore « C’est un baiser plus long qu’elle n’avait imaginé possible dans ces conditions, et cela lui prend du temps et toute son adresse pour se désengager ».

Patricia met Bond sur la table de traction (c’est Bond qui sort les mots « chevalet de torture » et non elle) et Lipson essaye de tuer Bond. Lorsque Patricia revient il y a des lignes de dialogue supplémentaires et altérées :

Patricia : …et je peux vous dire que c’est un miracle que je sois revenue au bon moment. J’avais laissé ma montre derrière.
Bond : Je vous en achèterais une autre demain… en diamant solide.
[…] 
Bond : Vous pensez que j’ai besoin de me relaxer après cela ? Attendez que je dise à votre docteur Wain ce que je pense de cet endroit, et de son équipement défectueux…
Patricia : Vous ne lui direz rien… s’il vous plait. J’aime mon travail…
Bond : Je suppose que mon silence peut avoir un prix.

S’ensuit la scène entre Bond et Patricia dans le bain de vapeur (elle dit d’ailleurs : « non, vous avez tord… ce n’est pas ce que je voulais dire quand je parlais du traitement complet »). Lorsqu’il s’en va du bain de vapeur, il voit Lipson dans une sweat box :

Lipson : Sortez moi de là Alfred, je transpire comme un porc.
Bond : (imitant un accent cockney) Ensais que vous vouliez chaud, Guvnor.
Lipson : Ne discutez pas avec moi. Laissez-moi sortir.
Bond : Blimey 100 c’est ifficilement plus qu’une brise chaude, je vous mets à 120, alors ? Pendant environ une demi-heure, ça devrait vous faire du bien. (Reprenant sa voix normale) Et si vous prenez feu, vous pourrez toujours suer…
Lipson : M. Bond !

007 s’en va en chantonnant « We’re having a heat wave, a tropical heat wave… » pendant que Lipson crie à l’aide. Le script enchaine avec Lipson dans la cabine téléphonique qui passe un coup de fil à Fiona (il n’y a pas la mini scène de Bond et Patricia avec le gant de vison ; scène coupée de certaines éditions anglaises).

Nous retrouvons d’ailleurs Fiona Kelly (et non Fiona Volpe, un personnage totalement inexistant dans le roman) qui est au lit avec le colonel Franco Palazzi (et non François Derval ou Giuseppe Petacchi – détail assez drôle : l’acteur Paul Stassino, qui a joué François et Angelo, est toujours crédité comme Palazzi dans le générique du film). Franco Palazzi est décrit comme moustachu avec un uniforme de l’Air Force Italienne, tandis que Fiona est décrite comme « rousse, irlandaise, la plus belle accomplie et jeune depuis la Fée Morgane ».

Un peu plus tard Angelo arrive et Fiona tue elle-même Franco Palazzi avec un pistolet silencieux. Angelo prend la place de Franco, demande une augmentation et se rend à la base aérienne de Boscombe où il embarque dans le Vulcan.

Nous retrouvons Bond, Patricia et le gant de vison et nous avons alors le droit à la mini-scène qui se trouve plus tôt dans le film :

Patricia : Mh… Mh…
Bond : Relâche la tension, vous savez.
Patricia : Pas la mienne…
(Bruit des bombardiers qui décollent)
Patricia : Assez pour vous rendre folle… à moins que ce ne soit ces gants de vison.
Bond : Je vais fermer les fenêtres.

Bond va fermer la fenêtre, mais contrairement au film : il ne voit pas d’ambulance et il retourne auprès de Patricia. À la place le script enchaine sur l’intérieur du Vulcan où Angelo gaz le reste de l’équipage et rejoint le Disco Volante seulement décrit comme un « yacht de 90 tonnes de 104 pieds de long ». Emilio Largo se trouve à son bord et est vêtu d’un ciré noir par dessus une combinaison de plongée. Kutze est aussi là, décrit comme « une sorte de nain avec des lunettes pince-nez et des cheveux blancs mal coiffés » (il a un assistant du nom de Maslov). L’avion atterrit dans l’eau dans laquelle il coule, le numéro 3 du Spectre et ses hommes plongent ; ici il y a une description intéressante de Largo : « il est identifié par sa barbe et son bandeau à travers son masque ». Janni et Vargas apparaissent ici ensemble pour la première fois, mais leurs descriptions sont permutées par rapport au film : « Janni est grand, mince, construit comme un champion de natation ; Vargas est trapu, presque Simian ».

Largo tue Angelo (en coupant son arrivée d’air) et le Spectre vole les deux bombes atomiques. Nous retrouvons Bond à Shrublands qui se dirige vers sa voiture pendant que Patricia lui dit « Et tu m’écriras… me téléphoneras tout du moins » à la fin de la page 38.

Juste après il y a une autre série de pages 38 (38A, 38B… 38E) qui ont vraisemblablement été écrites plus tard. Dans celles-ci Bond regarde Lippe (et non plus Lipson) à travers la fenêtre de sa chambre : il est 1h00 du matin. Une ambulance transportant le corps de Palazzi se gare et Bond va s’habiller.

Patricia : James ? Où es-tu ? James !
Bond : Tu étais censé dormir.
Patricia : Comme toi. (Il l’embrasse) Où vas-tu ?
Bond : Nulle part. Je pensais juste faire un peu d’exercice.
Patricia : Tu dois plaisanter.

Bond sort dans les couloirs pour enquêter (Lippe aperçoit son ombre) et découvre le corps de Palazzi. Durant cette séquence, Bond bloquait un couloir avec un chariot et, alors qu’un des ambulanciers s’apprêtait à lui tirer discrètement dessus lorsqu’il découvrait le corps, un bruit se faisait entendre dans le couloir. 007 sortait de la pièce (sortant ainsi de la ligne de mire de l’ambulancier) pour se rendre vers la source du bruit et découvrait que Patricia était sortie et qu’elle avait trébuché sur le chariot. Il la regarde :

Patricia : Ne reste pas planté là ! (Il l’aide à se relever) C’est ta conception d’une blague ?

Daleks, caméo stars, et couteaux télescopiques

Nous arrivons maintenant à la page 49 où nous retrouvons à nouveau Bond à Shrublands qui se dirige vers sa voiture pendant que Patricia lui dit « Et tu m’écriras… me téléphoneras tout du moins ». Le reste des dialogues suit le film. Bond s’en va dans voiture (le modèle n’est pas précisé) et Lipson le suit dans sa Facel Vega. Sur une autoroute Lipson passe à l’attaque en tirant sur Bond avec un pistolet (la voiture de 007 ne possède pas de gadgets). Derrière eux, une moto avec un lance-flamme monté entre le guidon (en non un lance-roquettes) approche ; Fionna Kelly l’active et un long jet de flamme sort et frappe la Facel Vega près du réservoir d’essence. Explosion immédiate. Fiona se débarrasse ensuite de la moto.

Dans des pages révisées du 3 mars 1965, Bond se rend dans le bureau de Moneypenny (la réplique « the roads really burn you up these days » prennait alors tout son sens au vue du lance-flamme) et découvre que M est dans une salle de conférence avec tous les agents 00 qui sont en Europe. Au lieu de dire « Sa femme a perdu son chien sans doute », Bond sort dans le script : « Les Daleks ont pris le pouvoir ! » (une référence à Docteur Who ?). 007 se rend donc à la salle de conférence (du Home Office) qui est décrite comme « neufs fauteuils en demi-cercle devant une table. Huit hommes en vêtements civils sont assis dedans, leurs visages non visibles. Il y a aussi le Home Secretary, M, et le Maréchal de l’air. Derrière la table se trouve une grande carte et sur les murs des photos de l’équipage du Vulcan. Devant M se trouve avec un magnétophone ».

M prend la parole et les dialogues qui suivent sont similaires à ceux du film, à l’intérieur du dossier Bond trouve une photo de « Derval » (il s’agit toujours des révisions du 3 mars) mais non accompagné de sa sœur Dominique. À la fin de la réunion il y a une description scénique très intéressante qui dit que les acteurs qui incarnent les autres agents double-zéro qui se lèvent pour sortir sont « tous des grandes stars qui ont joué des agents de renseignements. Si ce n’est pas le cas, leurs visages ne devraient pas être montrés » !

Dans la scène suivante nous retrouvons Bond qui marche dans un bloc d’immeubles : il se rend à l’appartement de Derval ! Il toque à la porte, personne ne répond et il force la porte de l’appartement avant d’y entrer. Il commence à fouiller l’endroit, mais il ne sait pas que Fionna est cachée dans la chambre : elle sort un tube de rouge à lèvres qui se révèle être un couteau télescopique. Alors qu’il est sur le point d’entrer la chambre où Fiona l’attend pour le poignarder, les yeux de Bond s’arrêtent sur une photo. Bond met la photo dans sa poche et sort de l’appartement.

Bons baisers des Bahamas

Thunderball 13

Dans le bureau de M, le chef des services secrets regarde la photo que son agent lui a rapportée : Derval et Dominique sur une plage. M affecte Bond au Canada, mais Bond demande plutôt Nassau car c’est là que la fille se trouve. Lorsque M demande à son agent où il a trouvé la photo, le script nous dit qu’il y a « un silence inconfortable ». Après un passage dans le bureau de Moneypenny, Bond se rend aux Bahamas.

Dans des pages révisées du 4 mars 1965, nous le retrouvons sous l’eau qui aide à Dominique à se dégager d’un varech (en bikini, elle sera surnommée « Domino » un peu plus loin mais les indications scéniques du 19 janvier gardent presque toujours son nom complet). Ensemble ils remontent à la surface où les attends deux bateaux et une « grande fille colorée des Bahamas », Paula Roberts (et non Caplan). Comme dans le film, Bond feint une panne de son bateau et monte avec Dominique. Le script prévoyait des dialogues sur le bateau :

Bond : Vraiment gentil à vous.
Dominique : J’espère que votre petite amie en pense de même. Vous avez délibérément souillé ce moteur.
Bond : Je devrais prendre la fuite. Belle, et intelligente !
Dominique : Oui, je sais. Plein de gens me le disent…
Bond : Des gens auxquels vous essayez d’échapper ?
Dominique : Vous posez beaucoup de questions.
Bond : Il y a plein de choses que je veux savoir.
Dominique : D’où venez-vous ?
Bond : Londres.

Plan de Londres qui montre Big Ben sonner trois fois à 6h00, et de Blofeld (du moins le dos de sa chaise) à Paris qui dit : « Ils ont accepté nos conditions. Informez numéro deux à Nassau ». (Largo n’est donc plus le numéro trois dans ces révisions).

Bond et Dominique sont au bord de la piscine :

Bond : Comme je vous l’ai dit, un rendez-vous important.
Dominique : Votre petite amie va vous rechercher.
Bond : Elle ne va pas me trouver, non ? Dommage que ce ne soit pas du consommé de conque.
Dominique : Vous devez lire les mauvais livres, M. Bond.

La suite du dialogue est similaire au film, sauf au moment où elle part :

Bond : DOMINO !
Dominique : Comment savez-vous cela ? Que mes amis intimes m’appellent Domino ?
Bond : Comment pourraient-ils vous appeler autrement ? Nicky ?
Dominique : Au revoir, M. Bond.

Si vous avez écouté les commentaires audio du DVD, vous savez déjà que les scènes du casino et de Bond qui rencontre Leiter ont été inversées durant le montage du film. Il n’est donc pas étonnant de constater que dans le script, Bond se rend à sa chambre d’hôtel après avoir quitté Domino. Il inspecte sa chambre et celle de Paula, écoute le magnétophone du livre, Leiter se pointe, Bond le frappe puis s’occupe de l’homme de main (nommée Quist) caché dans la salle de bain :

Bond rend l’arme (sans le chargeur) à Quist.
Bond : Au cas où tu aurais oublié, le nom est Bond, James Bond.
Il ferme la porte au nez de Quist.
Leiter : À quoi on joue ?
Bond : Comment va ton menton ?
Leiter : Qui c’était ?
Bond : Cela pourrait être un chien de garde d’un petit ami jaloux.
Leiter : Je ne pense pas !
Bond : Ou peut-être l’Opposition ! […].

Dans la scène suivante Bond et Leiter sont dans Prince George Wharf et rejoignent Pinder et Paula puis Q. Le script décrit Q comme habillé « d’un short qui révèle des jambes poilues, une large chemise à fleurs, des sandales et un chapeau de paille » (la rencontre que nous avons est une version révisée du 15 mars et du 4 mars selon les pages) :

Q : Double-zéro sept !
Bond : Oh, non ! Quand êtes-vous arrivé ?
Q : Si vous n’aviez pas été pressé comme un diable de sortir [du QG], double-zéro sept, je ne serais pas là du tout !
Bond : Major Boothroyd – Felix Leiter, CIA.
Q : Comment allez-vous ?
Bond : Qu’est-ce que vous avez pour moi ? Une Aston Martin avec des flotteurs ?
Q : Je trouve cette façon de vous équiper sur le terrain en quatrième vitesse, plutôt irrégulière, double-zéro sept.

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On procède maintenant présentation des gadgets, avec quelques lignes différentes et gadgets supplémentaires par rapport au film. Q lui sort la montre :

Q : Ceci est un compteur Geiger que vous pourrez trouver utile, et discret.
Bond : Ça pourrait être utile.
Q : La petite aiguille vous donne la radioactivité. C’est waterproof.
Bond : Choc-proof ?
Q : Bien entendu !
Q prend l’appareil photo :
Q : Voici quelque chose que je voudrais vous voir utiliser avec le plus grand soin.
Bond : Tout ce que vous me donnez…
Q : Est traité avec un égal mépris. Oui, je sais. Mais cet appareil photo… est quelque chose que nous venons juste de développer.
Bond : Qu’est ce qu’il fait ? Explose, fini en flamme, ou joue God save the Queen ?
Q : Il prend huit photos dans une succussion rapide lorsque vous appuyez sur ce bouton.
Bond : Ah !
Q : Cet appareil photo est aussi un compteur Geiger.
Bond : Vous auriez pu me tromper.
Q : Essayez d’être un peu moins frivole que d’habitude, double-zéro sept. [Dialogue où Q explique le fonctionnement de l’appareil].
Q lui montre maintenant une sorte de révolver :
Q : Arme sous-marine à répétition. Cela tire des fléchettes traçantes explosives au magnésium.
Q sort le petit respirateur :
Q : Dans l’éventualité où l’aqualung (la chose que Bond porte sur le dos dans la bataille finale) ne serait pas disponible, vous pouvez utiliser ceci ; pour une période limitée bien sûr, peut-être deux minutes. Ça tient dans une poche. Maintenant !
Q lui montre l’aqualung :
Q : Sur l’aqualung en soi. Devant des roquettes/fusées (6 tubes).
Bond : J’aurais besoin de garder la tête baissée.
Q : C’est conseillé, oui. Les contrôles seront sur (la taille ou le poignet). Ce bouton diffuse un écran d’encre à l’arrière au cas où vous devriez battre en retraite.

Finalement Q présente la pilule radioactive à 007 et la scène se termine avec « vous l’avalez ». Dans la scène qui suit (révisée du 10 mars), Quist se présente à Palmyra pour faire son rapport à Largo avant d’être jeté dans la piscine aux requins (Quist dit tout de même à Largo que Bond est avec une femme (Paula)). Juste après cela Largo se déplace vers un autre endroit de Palmyra et tombe sur Dominique :

Largo : Ma chère, à quel point tu es belle.
Dominique : Merci.
Largo : J’ai été si occupé ces derniers jours, c’est à peine si je te vois. Ce doit être si ennuyant pour toi.
Dominique : Je continue à m’amuser.
Largo : Je le crois.
Dominique : Peut-on parler plus tard ? J’ai si chaud, je veux me baigner.
Largo : Pas pour le moment, ma chère.
Largo pose un bras sur ses épaules.
Dominique : Je veux nager.
Largo : J’ai un travail pour toi.

Dominique regarde Largo en silence, pus ils s’éloignent de la terrasse. Dans la scène suivante, Bond (en veste blanche), se rend au casino et rejoint la table de Largo (qui est lui aussi en veste blanche et qui ne joue pas contre Vargas). Le dialogue et les scènes sont similaires au film (sauf que 007 donne du « Bond, James Bond » au lieu d’un simple « Bond »), le script précise que Largo a une grosse bague « tête de mort avec des tentacules de pieuvre ». Bond gagne :

Largo : …Juste quand j’allai partir offrir un verre à ma nièce.
Bond : Je peux vous offrir un verre.
Dominique : Si vous n’avez rien de mieux à faire.
Largo : Peut-être que ma nièce peut découvrir votre secret [aux cartes].

Thunderball 14

Après la danse avec Domino, Bond retrouve Leiter et Pinder : il va plonger pour inspecter le Disco Volante. La séquence se déroule comme le film puis Bond atteint le rivage où il monte dans la voiture de Fiona : « J’ai de la chance. Au lieu d’une misérable randonnée, je fais une virée avec la plus belle fille que j’ai vue sur cette ile », lui dit-il. Ils passent devant Palmyra puis s’arrêtent à l’hôtel, durant le trajet bond se permet une remarque : « Une chose à propos des femmes qui conduisent. Elles savent toujours où elles vont ». Puis vient la scène où M et ses collègues écoutent les instructions de Blofeld pour le payement (il y a quelques lignes supplémentaires où il est dit que De Beers n’est pas sûr de pouvoir réunir les diamants à temps).

À partir de là, le script se déroule à nouveau comme le film (pour rappel dans le film l’ordre des scènes est le suivant : Domino et Bond autour de la piscine, casino, Bond rencontre Leiter, mort de Quist par les requins, rencontre de Pinder et Q, message de Blofeld à Londres, et plongé près du Disco Volante, rencontre de Bond et Fiona).

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Restez connectés pour la suite et fin de la chronique !

Épisode 7 : La fin de la route

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Sources et articles de référence sur le sujet : Mr. Kiss Kiss Bang Bang (Inside Thunderball par John Cork), The James Bond Bedside Companion de Raymond Benson, The James Bond Archives de Paul Duncan, The Battle for Bond de Robert Sellers, James Bond : Le dossier secret de 007 de Kevin Collette, The Spy Command (hmss weblog), Agent007.nu, The Spy Who Thrills Us, mi6-hq (1), abj007, James Bond Radio (1), Thunderball-Artworks, Sylvan Mason, James Bond Radio (2), mi6-hq (2), 007 Magazine, Sabotage Times, Thunderball Obsessional, KevinMcClory.com, Ciné Magazine hors série N° 1, Bonhams, Dailymail.

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Clement Feutry

Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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