Les bons cotés de Dangereusement Vôtre – partie 1

Certains films s’améliorent avec le temps. Ce n’est pas le cas de Dangereusement Vôtre dont on fête le 30e anniversaire cette année. Alors que des films plus anciens comme Au Service Secrets de sa Majesté sont redécouverts et portés aux nues par les fans, Dangereusement Vôtre stagne toujours dans le bas des classements des fans. Il est temps que cela change ! Si Dangereusement Vôtre ne côtoiera jamais le haut du panier, le moment est venu de souligner tout ce qu’il y a de bon dans cette dernière aventure de Roger Moore dans le rôle de l’agent pas si secret ! Bienvenus dans les bons côtés de Dangereusement Vôtre !

La meilleure des bandes sons

durantLorsque l’on parle de Dangereusement Vôtre, n’avez-vous pas d’abord en mémoire, avant même l’image de la tour Eiffel ou du Golden Gate Bridge cette musique. Le thème de Duran Duran, au sommet de leur popularité d’alors résonne toujours dans nos têtes. A view to a Kill est peut-être un titre pas très bondien, et qui ne veut rien dire en français, mais les paroles de la chanson “Meeting you was a view to a kill” , “Dance in the fire!” et le rythme pop en font sans nul doute un des meilleurs tubes de James Bond. Et c’est sans oublier le reste de la bande son de John Barry : il en est à sa 10e et avant dernière bande son, et l’inspiration ne s’essouffle pas. Après les musiques d’ambiance de Octopussy, le Grand John revient avec une composition détonante, pleine de cuivre vibrant, de thèmes entêtantes pour accompagner l’action, et de reprise lyrique de la chanson du générique de façon plus romantique. Il y a des fois où le film fait mal aux yeux, mais sûrement pas aux oreilles (à l’exception du passage de Snowboard sabordé avec la reprise des Beach Boys).

Le MI6 sur le terrain

C’est suffisamment rare pour qu’on le souligne : le staff entier de Universal Export sort de ses bureaux feutrés de cuirs, troque les costards pour le costume des courses, et va au grand complet assister à la victoire de Zorin sur l’hyppodrome d’Ascot. Rien n’appelait un tel rassemblement, l’occasion d’introduire Zorin comme quelqu’un d’important est ratée au profit de l’apparition surréaliste de May Day. Mais n’est-il pas agréable de voir pour une dernière fois l’équipe au grand complet avec Lois Maxwell faisant ses adieux au rôle de Moneypenny, et voir Patrick Macnee alias John Steed, alias Sir Godfrey Tibbett apparaître plein de décontraction au milieu de la foule ? macnee2

Duel aux sommets

Jusqu’alors, Bond évitait les capitales. On l’a vu une fois se balancer en téléphérique devant le Pain de sucre, et glisser en « Bondole » sur la place St. Marc (une expérience qu’on essaiera d’oublier) mais Bond est plutôt du genre à chercher des endroits typiques et isolés, hors des sentiers battus. Dangereusement Vôtre, dont le titre anglais est « une vue sur un meurtre » devrait plutôt s’appeler « une vue sur la ville », et même plutôt sur deux villes. En effet, en un seul film, Bond se paye le luxe d’escalader non pas un mais deux des monuments les plus célèbres de la planète. Et comme c’est notre 007 international, il ne se dérange pas pour aller là où nul ne peut aller, depuis le dessus des ascenseurs de la tour Eiffel jusqu’au sommet du Golden Gate. 6673876_f520 Hitchcock s’amusait souvent à avoir des scènes d’actions sur des monuments célèbres reconstitués en Studio. Mais en 1989, nous n’en sommes pas encore faire exploser systématiquement les monuments célèbres pour marquer l’importance de l’intrigue (combien de fois notre Tour Eiffel, le Golden Gate ou la Statue de la Liberté ont-ils été gratuitement détruite gratuitement par la suite pour les besoins d’un film ?). Dangereusement Vôtre est sans doute un des premiers films à exploiter les monuments pour des cascades réelles, en se payant le luxe d’un saut du haut de la Tour Eiffel, et d’une explosion de Zeppelin au-dessus du Golden Gate. Les effets spéciaux sont si bien réalisés qu’on n’y voit que du feu. Bref, cela peut sembler habituel, à l’heure ou nos supers héros passent leur temps à escalader ces monuments, mais à l’époque, Dangereusement Vôtre brisait les frontières du possible !

Suivez ce parachute

Et comme nous parlons de Paris et de San Francisco, voyons ce que le film nous propose au niveau du plancher des vaches. Nous avions vu une fois Bond semer la panique dans les rues de Las Vegas. Mais John Glen n’en est pas à son premier coup d’essai et pour Dangereusement Vôtre, transformer les rues de ces deux grosses villes en studio à ciel ouvert, voilà qui demande de la force de persuasion. La poursuite parisienne n’est pas longue, mais c’est impressionnant de voir Bond dépasser les parisiens en termes de conduite et tout ça au volent d’une Renault 11, qui roule sur le toit des bus, perd le sien, descend les marches, se coupe en deux et continue à rouler. Arrêter le trafic de la capitale pour faire cette poursuite pas très sérieuse digne de Coyote et Bip Bip, voilà qui montre de quoi Bond est capable. View-to-a-Kill-Banner Dangereusement Vôtre est aussi un film long qui enchaine les scènes d’actions. Peut-être n’est-on pas très attentif quand il se lance dans une énième évasion au volent d’un… camion de pompier ? Malgré une Bond Girl un peu énervante, des policiers abrutis et leur voiture fatigante, il faut pourtant admettre que cette course poursuite est formidable ! Elle manque d’enjeux, soit. Mais avec ces deux courses poursuites, il semble qu’il n’y ait pas de limites aux courses poursuites dont Bond est capable. Cela sera confirmé dans l’ère Brosnan qui continuera dans cette ligne des courses poursuites urbaines. Bien jouer AVTAK !

Classique et modernité

Dangereusement Vôtre possède un cocktail assez original : les décors des Bond classiques de l’ère Connery étaient vraiment surréalistes, les décors de l’ère Roger Moore étaient plutôt anciens (palais, monastères, île) quand ils n’étaient pas digne de science-fiction (le tanker de Stromberg, la station spatiale de Drax). Avec Dangereusement Vôtre, on arrive à un intéressant mélange : le repère du méchant est classique, mais il s’élève pour se transformer en Zeppelin. On traverse des grottes remplies d’explosifs. Plus original encore, le château de Chantilly transforme soudain ses écuries en laboratoires high-tech et ses ponts levis deviennent électroniques. C’est sans doute le mélange de plus original et le plus osé de décors qui contiennent d’incroyables repère derrière des apparences normales. Ces décors ont d’ailleurs fortement inspiré la série des Austin Powers. mine Un autre intéressant mélange entre modernité et ancienneté est le plan même de Zorin : pour s’approprier les technologies les plus avancées (le marché des puces de la Sillicon Valley), le méchant en vient à faire se rompre l’éternelle faille de San Andreas. La technologie par la nature : voilà un mélange intéressant.

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