The Killing Zone : un extrait en version française

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Cette semaine de décembre sera consacrée sur CJB au roman de James Bond : The Killing Zone.

TKZ (10)Écrit par l’américain Jim Hatfield, ce roman a été publié en 1985 sans l’accord de Glidrose (Ian Fleming Publications). Ni une parodie, ni un pastiche mais bel et bien un vrai James Bond respectant l’univers créé par Fleming et ses successeurs. Une sorte de «Permis de tuer» avant l’heure.

L’histoire de ce livre de James Bond en marge des livres officiels et passionnante, et nous allons vous le présenter en détail cette semaine. Pourquoi cette semaine ? Parce que la traduction française du roman prête ! Après un an de travail dessus, Clément Feutry, fan irréductible de James Bond, se prépare à publier cette version française revue et corrigée, et disponible à tous le 14 décembre.

Pour vous mettre en appétit, voici donc un aperçu de ce travail, avec le premier chapitre du livre dans sa traduction française : on y découvre un meurtre brutal qui va mettre en branle une aventure digne des livres de Fleming.

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CHAPITRE I : Soudain, un cadavre

Bill Tanner, le chef d’état-major des services secrets de Sa Majesté, évoluait impatiemment d’avant en arrière sur le trottoir pavé situé devant le consulat britannique de Puerto Vallarta, au Mexique. Il inspectait de haut en bas la rue isolée de la vue et des bruits de gens pressés de rentrer chez eux dîner avec leurs familles; l’immobilité du décor était en quelque sorte de mauvais augure.

C’était comme s’il se trouvait dans le vide, l’air ambiant semblant retenir son souffle. Tanner étudiait le ciel qui s’assombrissait alors qu’une brise de l’océan commençait à s’élever. Un rapide coup d’oeil à sa montre lui avait révélé que son chauffeur avait maintenant vingt-sept minutes de retard.

Faiblement, il commença à entendre un son. Il était éloigné au début, presque inaudible, augmentant progressivement en intensité jusqu’à ce qu’il réalise qu’il s’agissait d’un bruit de pas.

– Señor Tanner ?

Un accent fort et épais qui venait de derrière lui le fit sursauter. Tanner se retourna. Un grand type, vêtu à la mexicaine avec l’uniforme bleu délavé des officiers de la police d’état baissa les yeux sur lui à travers ses lunettes de soleil miroitantes.

Tanner recula devant l’agent à l’aspect intimidant, mais le Mexicain retint son bras d’une poigne d’acier, stoppant net son déplacement.

– Que diable comptez-vous faire ? Je suis un diplomate, affirma Tanner à l’homme qui enfonçait douloureusement ses ongles dans ses biceps. Le Mexicain adressa un signe de la tête en direction d’une limousine Mercedes-Benz 1000SEL blanche qui s’approchait.

– Quelqu’un a hâte de vous rencontrer, Señor Tanner.

– Dites-lui de prendre rendez-vous comme tout le monde, répondit-il brutalement, s’écartant de l’étreinte douloureuse du grand homme. Tanner n’avait pas vu le genou venir mais il l’avait senti, et une fraction de seconde plus tard, son corps heurtait le bord de la limousine. Le genou remonta à nouveau, s’enfonçant cette fois-ci au milieu de son intestin. Il fut mis à genou, les mains au sol, le cou saisi comme dans un étau. Dans le même temps, une frappe de revers s’abattit sur le côté de sa tête, si fort qu’il crut que le coup lui traversait le crâne. Il sentit ses genoux qui flageolaient ayant perdu toute perception de mouvement et de sensation. Alors qu’il tombait, une botte cirée à la perfection le frappa à la bouche.

L’adrénaline est produite par les glandes surrénales, deux petits corps situés sur la surface supérieure des reins. En raison des circonstances qui provoquent sa libération dans l’organisme et de ses effets sur le corps, elle est parfois connue comme la drogue de la peur, de la lutte et des sensations fortes. A présent, alors qu’il voyait le sang couler des coins de sa bouche, les glandes surrénales de Tanner avaient commencé leur premier travail, le pompage de la circulation sanguine et donc l’accélération de la respiration pour remplir le sang en oxygène. Ce qui augmente l’activité cardiaque et améliore la vascularisation des muscles, provoque la fermeture des petits vaisseaux sanguins près de la peau pour minimiser la perte de sang en cas de blessure et déclenche la levée minutieuse des cheveux. Tandis que Tanner était toujours paralysé, il lui venait de quelque part, peut-être de l’adrénaline elle-même, une exultation étrange. Il comprit immédiatement qu’il ne s’était pas trop ramolli après toutes ces années passées derrière un bureau et que, si besoin était, il pouvait toujours redevenir la machine de guerre efficace qu’il avait été. Il pivota rapidement sur lui-même saisissant fermement les jambes de son assaillant. Le Mexicain tomba au sol tandis que Tanner d’un mouvement brusque en avant se mit sur pied et se dirigea tout aussi rapidement vers les portes en fer qui donnaient sur le consulat.

Soudainement, les bras de Tanner furent saisis dans son dos et brutalement tirés en arrière; il n’avait pas pensé que le Mexicain pourrait récupérer et le reprendre en chasse aussi vite. Avant que l’étreinte ne se referme totalement sur lui, Tanner avait reculé son pied pour écraser son talon sur son adversaire, libérant ainsi l’un de ses bras. Un coup de coude du mexicain manqua de peu son aine et fit cependant basculer le haut de son corps en avant. Avant qu’il ait pu récupérer, dix doigts s’enfoncèrent comme des boulons d’acier dans les ganglions à la base de son cou et le firent aussitôt sombrer dans l’inconscience.

Quand il se réveilla, il se trouvait à l’arrière de la limousine qui roulait, le gigantesque officier de police assis à sa gauche, et sur sa droite, un Chinois massif dans un yukata noir. Sur la banquette en face d’eux un Allemand aux longs cheveux était assis, un bandeau noir couvrant son oeil droit, et que Tanner reconnu immédiatement comme étant Klaus Doberman, un milliardaire particulièrement recherché, un seigneur du trafic de stupéfiants.
L’Allemand frappa du poing sur la vitre qui les séparait du siège avant et le conducteur tourna la voiture en bas d’un chemin de terre étroit et isolé.

Tanner sentit soudainement son estomac se nouer tandis que sa nuque devenait froide et moite.

– Où m’emmenez-vous, Doberman ? demanda-t-il, ses yeux se forçant pour se concentrer sur l’allemand à travers un voile flou.

La limousine s’arrêta brusquement. Doberman pouvait à peine contenir sa joie.
Là où vous avez rendez-vous avec votre dieu, Monsieur Tanner, répondit-il, en relevant d’un geste de la main sa crinière de cheveux blancs qui couvrait son oeil valide. La bouche du Chinois s’ouvrit largement tandis qu’il sortait un Smith & Wesson calibre .38 de l’intérieur de ses vêtements sombres et le pointait vers la tempe de Tanner. Celui-ci souriait ironiquement :
Je dirai à mon dieu de laisser les portes du paradis ouvertes pour que vous puissiez bientôt vous joindre à nous.

Doberman fronça les sourcils et hocha la tête en direction du Chinois dont le sourire transformait les petits yeux en amande en deux fentes lumineuses. Celui-ci appuya sur la détente, éclaboussant le pare-brise arrière avec la cervelle du lieutenant-colonel William « Bill » Tanner, deuxième plus haut gradé des membres des services secrets britanniques, et accessoirement, le meilleur ami du capitaine de frégate James Bond.

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Traduction par Clément Feutry. Restez connecté jusqu’au 14 décembre !

Clément Feutry

Clément Feutry

Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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