La disparition du grand blond ?

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Eric Kriegler ; Rien que pour vos yeux

Il est aryen, il est beau, il est musclé, il est silencieux, il est indestructible… et pourtant, il pourrait être en voie de disparition.

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Stamper ; Demain ne meurt jamais

Le grand blond est un ennemi récurrent dans les films de James Bond. Peu souvent homme de décision, il reste dans l’ombre de son maître. Le chef est assis dans son fauteuil : c’est le cerveau. Le grand blond est debout, en tenue moulante, prêt à servir son employeur : ce sont les muscles. Comme James Bond, c’est un machine à tuer perfectionnée. On peut même l’assimiler à l’alter-ego de Bond dans l’ombre.

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Red Grand ; Bons Baisers de Russie

Sauf que là où Bond a la classe, le grand blond s’habille mal. Quand Bond drague, le grand blond fait des pompes. Quand Bond est sombre et renfermé, le grand blond est niais et transparent. Il obéit bêtement aux ordres. Il se réduit à une masse de muscles trop exubérante pour faire vraiment envie. Bond est raffiné, le grand blond est sadique : Stamper filme ses victimes et les torture à mort. Red Grant, chez Fleming est “nourri” par des détenus soviétiques pour satisfaire ses besoins. Alors que Bond tue lorsqu’il y a besoin, le grand blond entoure ses meurtres d’un cérémonial inutile : Red Grant met toujours ses gants, Necros garde son baladeur sur les oreilles…

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Hans ; On ne vit que deux fois

Sa fonction : être visible jusqu’à ce que Bond s’occupe finalement de lui. Le combat est alors injuste : il est trop fort pour Bond, il sourit quand il se fait taper, il transforme Bond en puntching ball. Heureusement, Bond est futé, et il utilise son intelligence pour le battre. Il arrive même à l’humilier puisque c’est par une action toute bête qu’il se débarrasse de lui : il pousse Éric Krieger dans le vide, grâce au bloc de pierre qu’il portait, il piège Grant grâce à sa cupidité, Necros et Stamper seront victimes de fermetures éclair.

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À noter que le grand blond peut aussi exister sans les muscles. Mais cela signifie qu’il est fourbe, lâche comme Bull ou traître comme Davidov (le monde ne suffit pas). Ou pire, sans les muscles, il est tout simplement fou, et cela nous donne Zorin le psychopathe. Mais on dérive du modèle typique de grand blond.

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Necros ; Tuer n'est pas jouer

Bref, le grand blond est indispensable ! L’opposition capillaire permet de faire une opposition facile entre James Bond, le british impénétrable, profond, fidèle à sa Gracieuse Majesté, et LUI, le type aryen et symbole de despotisme qu’on hait volontiers, sans profondeur ni réflexion, qui trouve sa satisfaction dans le meurtre.

Le James Bond blond
Le James Bond blond

Mais il pourrait être en danger de disparaître. Pourquoi ? D’une part, parce que le grand blond est souvent associé à la Russie, aux soviétiques ou aux allemands. L’URSS ayant été bannie de l’ère moderne de Craig, les possibilités de le voir revenir s’amenuisent. De plus, il risquerait de faire de l’ombre au petit blond : Daniel Craig.

Une question de couleur de cheveux ? Peut-être pas seulement… Opposer le Bond de Craig à un blond risquerait de trop lui ressembler. Sans oublier que le nouveau 007 a la fâcheuse tendance d’être un peu brut de décoffrage. Il partage la caractéristique du grand blond à taper à mort d’abord, et ensuite de se détendre et de faire de l’humour. Le Bond de Casino Royale est encore blond dans le sens où il n’a pas acquis tout les aspects qui le différencieraient de son alter ego dans l’ombre.

Slate ; Quantum of Solace
Slate ; Quantum of Solace

La production a-t-elle pris en compte ce phénomène ? Possible si l’on en juge par Quantum of Solace où le blond réapparaît dans le personnage de Slate. Son combat avec Bond est très court, expéditif, pas très clair, et même superflu à l’intrigue. Ça n’empêche pas que ce nouveau blond, moins musclé que ses prédécesseurs est bâti sur le même modèle que Craig : même taille, même forme, peu bavard et qui n’hésite pas à vouloir tuer le premier gars qui entre dans sa chambre sans se poser de questions… On a du mal à distinguer qui est qui dans ce combat, et à la fin, Bond se retrouve un peu bête devant le cadavre de ce blond, dont  il récupère les habits, et qui n’est pas si éloigné de lui.

Bond arrivera-t-il à se distinguer du grand blond, afin de lui être vraiment opposable. Pourra-t-on assister au retour du grand blond, sans que celui-ci soit assimilable à Bond, ou vice-versa? Ou plus simplement : le grand blond a-t-il encore sa place dans la saga ?

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Des Jamesbonderies... entre autres

Des Jamesbonderies... entre autres

Avant de devenir webmaster du site, Yvain / Ytterbium faisait vivre son blog "Des Jamesbonderies... entre autres". Un monde de chronique et de dossiers plus ou moins pertinents aujourd'hui disponibles sur CJB !