Pourquoi aimer les films de James Bond (1)

Pourquoi aimer James Bond… Ce n’est pas le sujet de l’article précédent ? Attention, le problème n’est pas posé de la même façon ! Assez parlé de moi ! Voici des raisons (plus ou moins) objectives qui s’adressent aux cinéphiles normaux, et pas juste aux fans qui sont nés dans Bond, et qui au fond, ne se posent plus la question. 😉

pierce

Vous qui regardez Bond une fois de temps en temps, le dimanche soir sur France 2 parce que vous n’avez rien d’autre à faire, vous observez la saga de loin, laissez-moi rompre vos préjugés, et vous montrer pourquoi les James Bond ne sont pas des films à gros budgets comme les autres !

Préjugé n°1 : James Bond, ce n’est qu’une grosse production américaine
– Faux ! James Bond est une production britannique, tournée avec des acteurs toujours anglais dans le rôle de Bond (britanniques, irlandais, gallois, écossais ou australiens…). Quelle différence me direz-vous ? Et bien que ça influence les manières de filmer !!! Vous n’aurez pas de bons gros discours patriotiques, de drapeaux américains à tous les coins de rues, de vieux ralentis avec les chœurs qui glorifient l’acte héroïque. Vous n’aurez pas non plus les cellules de crises bien ricaines, avec l’état major qui dit : “non ! nous sommes les gentils, alors nous gagnerons”. Bon, soyons franc, il peut y en avoir de temps en temps (notamment dans Demain ne meurt jamais). Mais la façon dont ils sont utilisés reste au service du héros (c’est à dire James), et plus particulièrement de son action ! Ces instruments qui peuvent rappeler les artifices hollywoodiens ne sont pas au service de la glorification patriotique ou du héros quasi divin. Et ça fait des films des productions bien différentes de celles qui sortent tout les 4 matins.

Préjugé n°2 : James Bond, ce ne sont que des films à gros budget qu visent à attirer le plus de public possible
– Vrai et faux ! Ce serai mentir que de dire que les James Bond sont des films d’art et d’essai. L’argent investi dans chaque épisode n’a rien à envier à certains film d’outre-atlantique, et ça justifie que chaque James Bond doit rentabiliser sa fabrication. MAIS, c’est au niveau de la production que se voit la différence.
Albert “Cubby” Broccoli, Harry Saltzman, Barbara Broccoli, Michael G. Wilson… Ces noms ne vous disent peut-être rien, mais ils sont présents dans chaque générique. Ces producteurs qui ont racheté les droits d’exploitation des romans de James Bond sont en quelque sorte les gardiens du temple. Depuis le début de la saga, ce sont eux qui choisissent les acteurs dans le rôle de Bond, qui valident les scénarios. Ce sont eux qui empêchent que les films tournent trop à l’américaine, arrivent dans des impasses scénaristiques. Ils relancent la saga dans de nouvelles orientations, en évitant que Bond ne se ridiculise ou tombe dans la facilité du moment. Il y a bien entendu eu des films pas terribles. Cependant, si les films suivent les orientations, et les tendances de l’actualité (peur de la guerre froide, du terrorisme, des médias, de la chute du bloc communiste) ils influent sur les producteurs (qu’ils choisissent) pour que les films gardent leur ambiance et leur caractère bondien qui leur permet de perdurer.

Préjugé n°3 : James Bond, c’est toujours pareil
– Vrai et faux ! Si le schéma des films est toujours le même, qu’on y retrouve toujours des ennemis sadiques, des bond girls qui finissent dans le lit de Bond et des fins où tout explose […], chaque James Bond est différent. C’est un parti pris des films, qui veut que tout les films obéissent à des codes spécifiques. MAIS,
chaque intrigue est différente. Chaque film est une mission spécifique, avec des ennemis, une trame, des scènes d’actions différents. Et c’est ce qui fait la richesse de ces films. Plutôt que de faire 36 000 films avec des héros et des cadres différents, mais avec toujours les mêmes scènes d’actions, les même clichés, les mêmes scénarios ; les Bonds prennent le même héros, le même cadre et le même thème (le MI6 et les dangers internationaux), qui sont déclinés dans des parcours différents, des scènes qui n’ont jamais été vues et se déroulent différemment, des personnages uniques et James Bond qui affronte chaque fois une situation nouvelle. C’est comme un parcours où il faut passer par un certains nombre de points, on est obligé de respecter ces mêmes codes, mais il y a 1001 façons d’y passer, par des chemins originaux.

Préjugé n°4 : Les histoires d’espions comme James Bond, ça s’essouffle et ça n’intéresse plus personne.
– Archi faux !
Ça fait maintenant plus de 40 ans que la saga est lancée, elle a su s’adapter à toutes les époques et à toutes les problématiques : d’abord la période d’affrontement est-ouest (exemple typique : Bons baisers de Russie), puis la détente (exemple : Rien que pour vos yeux), les conflits périphériques (Tuer n’est pas jouer), le trafic de drogue (Permis de tuer), la chute du communisme (Goldeneye), l’ère de la modernité (Demain ne meurt jamais avec les médias, Le monde ne suffit pas avec le pétrole), le terrorisme actuel (Casino Royale), j’en passe et des meilleures. La preuve que Bond n’est pas mort, c’est que d’autres films essaient de pomper les histoires d’espionnages (Jason Bourne & co) et que James continue à s’adapter à tout les nouvelles tendances et technologies. Les acteurs orientent le personnage dans des directions toujours nouvelles pour mieux s’adapter aux attentes du public.

Préjugé n°5 : James Bond n’est qu’un super-héros.
– Vrai et faux !
C’est vrai que les balles ont tendance à ne jamais toucher notre agent, qu’il cicatrise drolement vite, saute, se fait taper, retient sa respiration, sait piloter tout les engins existants (de la moto à la navette spatiale) d’une façon à laquelle n’oserait prétendre le commun des mortels. Mais après tout, n’est-ce pas aussi le cas de tout les autres héros de grosse production ? Par ailleurs, Bond n’est pas invulnérable non plus, il est souvent manipulé, démasqué, torturé, il se trompe, il tatonne, il se fait engueuler par ses superieurs, il ne peut pas empêcher que ses alliés (ou ses amours) se fassent assassiner, et il lui arrive de tomber amoureux. Le film où l’on voit qu’il n’est vraiment pas inexpugnable est Casino Royale où il se fait torturer par Le Chiffre, trahir par son allié, et perd l’amour de sa vie (le deuxième).

Bref, James Bond est tout de même un être humain !!!

Des Jamesbonderies... entre autres

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Avant de devenir webmaster du site, Yvain / Ytterbium faisait vivre son blog "Des Jamesbonderies... entre autres". Un monde de chronique et de dossiers plus ou moins pertinents aujourd'hui disponibles sur CJB !

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