Les CJBistes analysent The living daylights

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Commander Bond
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Les CJBistes analysent The living daylights

Messagepar Commander Bond » 16 juil. 2011, 11:35

The living daylights est pour moi le meilleur James Bond de tous, à égalité avec On her Majesty's secret service, mais la seule chose qui me permet de le préférer à celui là, c'est la prestation de Timothy Dalton, qui est pour moi, dans ce film, l'interprétation du personnage original la plus fidèle et la plus réussie.

Le style de John Glen est je pense le style qu'il faut à un James Bond, comme celui de Terence Young ou Peter Hunt. Cette manière de filmer les lieux, les personnages, leurs traditions et leurs coutumes, je pense que Martin Campbell ne l'a pas. John Glen reste pour moi le meilleur réalisateur de Bond, devant Terence Young et Peter Hunt. A la trame sonore, John Barry livre ici sa dernière partition, l'une de ses meilleures, entre le moderne et le classique. Quant au scénario, c'est l'un des meilleurs, avec de la trahison, des manipulations, de l'émotion, bref tout est là pour faire un vrai James Bond. C'est aussi le dernier James Bond qui a lieu dans un cadre de Guerre Froide (Permis de tuer jouant sur un tout autre registre), et ici les normalités historiques sont troublées. Le méchant est pour la première fois un Américain, et Bond va devoir s'allier avec des Russes. Quand on connaît la haine qu'a James Bond envers les Soviétiques à la fin du roman Casino Royale, ça surprend.

C'est dans ce film que le personnage de James Bond est le plus fidèle à celui des romans, aussi bien physiquement que psychologiquement. Il aime, doute, souffre, regrette, comme le personnage des romans. La mort de Saunders le touche, il en a les larmes aux yeux, et parle à Kara avec le cœur. Et le style de Dalton est ici impeccable, aussi bien au niveau de la coiffure que des vêtements. Kara Milovy est une Bond girl certes naïve, mais elle est très attachante, touchante, et totalement perdue dans ce monde d'espions où tout le monde se manipule. C'est tout à fait le style de James Bond girl que j'adore. Je préfère une fille un peu naïve qui gène presque Bond plutôt qu'une super-espionne qui joue d'égal à égal, comme Triple X. C'est une relation naturelle entre eux. Quand Bond lui crie dessus en lui disant qu'il n'a pas le temps de repasser au Conservatoire pour récupérer le violoncelle, mais quand dans le plan suivant on le voit dépité et anxieux, on comprend qu'il a cédé... Superbe moment.

Whitaker, Koskov et Necros sont ici les trois méchants. Le premier est Américain, trafiquant d'armes ; un personnage d'apparence attachante, mais c'est un obsédé de la guerre qui joue avec des petits soldats de plomb. Tout le paradoxe du personnage est là. Koskov est un traître qui va manipuler Bond et Kara, un vrai personnage théâtral. Necros, quant à lui, est un homme de main typique avec son profil aryen (comme Red Grant, Stamper, ou Hans), qui tue avec un walkman et des bouteilles de lait explosives. Il rappelle fortement Red Grant, puisqu'on le voit dans de nombreuses scènes sans savoir qu'il est là, ou que c'est lui qui agit.

Saunders est un allié solide pour Bond. Même si leur relation au début est difficile, Bond se prend d'amitié pour lui, et sa mort sera, comme celle de Quarrel, tout à fait bouleversante. Pushkin est aussi l'un des meilleurs personnages de tous. Le doute qu'a Bond sur son sort est une véritable réussite, et la scène de l'hôtel est la meilleure scène de toute la saga. La course-poursuite à la frontière est également très spectaculaire et rythmée, surtout grâce à l'efficacité de la musique de John Barry.

Image


Je préfère le M version Robert Brown, donc ici ça me convient parfaitement. J'aime particulièrement le debriefing dans la maison sûre où Bond a choisi lui même les bouteilles de champagne sans respecter la demande de M. Q livre ici des gadgets simples et utiles (comme la mallette de From Russia with love), mais la fameuse voiture gadgétisée est également là avec le retour de la marque Aston Martin après de trop longues années d'absence. C'est un juste milieu trouvé ici. Finalement l'un des seuls défauts de ce film c'est peut-être miss Moneypenny, interprétée par une Caroline Bliss charmante, mais sa "mutation" vers la section Q reste un mystère... Elle reviendra devant le bureau de M dans Licence to kill.

La photographie du bloc de l'est est aussi excellente, et la scène du sniper avec un Bond dans la pénombre qui raccroche son scratch au niveau du cou est incroyable. Tout le talent de Dalton ressort ici. Chez les moudjahidines, l'ambiance est colorée, douce, et la violence du film est modérée par quelques pointes d'humour par-ci par-là, mais sans jamais tomber dans l'extrême. C'est aussi un des films les plus réalistes, avec une intrigue d'époque, c'est finalement le meilleur James Bond. Il a tous les ingrédients qu'il faut, le recette est respectée, la sauce ne peut que prendre.

Que pensez-vous de The living daylights ?
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Marine One
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Re: Les CJBistes analysent The living daylights

Messagepar Marine One » 30 août 2011, 17:32

Je fais partie de ceux qui pensent que From Russia with love, On her Majesty's secret service et The living daylights sont les références majeures au personnage de Ian Fleming.
Deux de ces films ont une particularité appréciable : pas de gadgets. Une mallette avec un équipement standard crédible, une boite à gants qui contient un fusil à lunette... Dans The living daylights en revanche, l'Aston Martin V8 est la grande sœur de la DB5. Les gadgets dont l'excellent affichage "tête haute" comme dans les avions de chasse sont à l'image du 007 de cette époque.
D'un côté deux films qui collent au plus près des romans, de l'autre un Bond qui associe parfaitement le Bond littéraire, dans sa personnification, et le Bond cinématographique dans son adaptation. Dalton venant du théâtre il est conscient de ses limites au cinéma. Son charisme fait défaut. Mais là où le physique a ses manque, la psychologie du personnage est au top. Dalton se sert du théâtre pour personnifier Bond comme jamais. Les séquences intimistes avec Maryam d'Abo fonctionnent, les scènes d'action aussi. Dalton manque d'épaisseur mais il a le raffinement. Le raffinement du séducteur, le raffinement du professionnel quand il élabore le faux assassinat de Pushkin. Les séquences avec l'Aston et les gadgets viennent dynamiser le film juste au bon moment et sans trop en faire comme ce sera le cas par exemple dans Tomorrw never dies.

Le scénario est très bon. L'utilisation de Whitaker est-elle utile ? Non. Jeroen Krabbe est-il un convaincant ? Non. Il est trop outrancier dans ses manières pour que 007 lui accorde le moindre crédit. C'est le problème majeur de ce film : les seconds rôles sont très secondaires justement. Un manque total d'épaisseur pour d'Abo (à tous les sens du terme...), un manque total de crédibilité pour Krabbe, seul le danseur professionnel Andreas Wisniewski est parfait. Un fils de Red Grant évident ! Kamran Shah est aussi un personnage intéressant mais je doute que son personnage méritait une telle exposition dans l'hitsoire, sinon pour offrir une séquence "folklorique" à un film qui en avait assez avec Whitaker...

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Commander Bond
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Re: Les CJBistes analysent The living daylights

Messagepar Commander Bond » 01 sept. 2011, 21:42

Je ne suis pas d'accord avec toi concernant les personnages secondaires du film. Kara Milovy rentre dans la catégorie des James Bond girls que je préfère : celles qui sont étrangères au monde de 007. Tatiana Romanova est ma préférée, mais Kara Milovy, Tracy di Vicenzo, Melina Havelock font pour moi partie de la même catégorie. Mais ça c'est purement personnel. Maryam d'Abo me convient dans le rôle, pour l'instant je n'ai pas d'autres actrices de préférence pour jouer Kara Milovy. Brad Whitaker est un militaire qui fait la guerre avec des soldats de plomb. On est en plein de la psychologie du personnage ici, un concept et un paradoxe très "Fleming". Le groupe de méchants fait très From Russia with love d'ailleurs.

Quant au charisme manquant de Timothy Dalton, je ne suis pas d'accord non plus. Je le trouve charismatique point trop n'en faut. James Bond n'est pas l'homme dont les femmes se retournent dans la rue pour l'admirer selon moi. C'est quand elles le rencontrent qu'elles le trouvent si exceptionnel (cf Vivienne Michel par exemple). Sur cet aspect , Timothy Dalton et George Lazenby sont ceux qui sont les plus convaincants. Je ne crois pas que le physique de l'acteur soit en faute dans The living daylights. Il est l'acteur qui correspond le plus à la description de Ian Fleming, avec Pierce Brosnan. Il a la bouche cruelle, un regard intense qui transmet une détermination ou une sensibilité incroyable. Lors de la scène de la chambre chez les moudjahidines, son regard transmet de l'affection mais aussi un côté rieur lors de la bataille de polochons. Lors de la scène de l'avion, l'image de James Bond caché sous son turban qui d'un seul coup attrape un fusil d'assaut et mitraille tout est selon moi plus crédible que le final de Tomorrow never dies par exemple.
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Re: Les CJBistes analysent The living daylights

Messagepar Olricc_ » 02 nov. 2011, 19:17

A propos de The living daylights (1987)

Tout d'abord, je tiens à souligner que j'ai trouvé ta critique vraiment intéressante Jéremy. Je viens de revoir le film hier et en te lisant, j'ai eu presque l'envie de le revoir à nouveau. Maintenant, je n'ai vraiment rien à redire dessus. Tout est là. Roger Moore tombe aux oubliettes tant le changement entre lui et Timothy Dalton est drastique. Et ça fait un bien fou. En effet, l'acteur offre là une prestation tout à fait admirable bien qu'inférieure à celle donnée dans Licence to kill. Être un homme de théâtre n'est pas un handicap comme tu l'as implicitement laissé entendre Marine One, bien au contraire. Cela évite justement de tomber dans le grotesque et d'être plus fort et pertinent au niveau des expressions du corps, du visage. Timothy Dalton n'a besoin d'aucun mot, il dévoile tout par simple regard. La psychologie du personnage est donc mise en valeur. Pierce Brosnan est aussi très fort pour ça mais Dalton reste le meilleur dans le domaine. Il excelle littéralement lorsqu'il est question de transmission d'émotions. La scène de la mort de Saunders illustre ça à merveille ainsi que celles que tu as cité toi-même Jéremy. Mais outre la prestation presque parfaite de Timothy Dalton, que serait un James Bond sans un bon méchant ? Rien. Et c'est là aussi que le film transcende.

Koskov est un original dans le genre, un peu trop détendu, clownesque parfois, mais tout cela n'est qu'apparence puisque sous celle-ci ce cache quelqu'un de malin et réfléchi. Dans mon top 5 des meilleurs ennemis de Bond pour ma part. Necros est aussi excellent dans le genre. Il a très peu de dialogue et arrive pourtant à s'imposer dans le film ; un charisme indéniable. Pour moi le meilleur homme de main de la saga. Mais là où The living daylights flanche, c'est sur l’interprétation fadasse de Joe Don Baker. Avis purement subjectif, je n'aime pas cet acteur et encore moins le personnage qu'il incarne dans le film. Myriam d'Abo est un excellent choix. Elle incarne une Kara Milovy attachante, sensible, pétillante, émerveillée, des rêves pleins les yeux : bref, une artiste. Ses fautes d’inattention et sa naïveté ne font que renforcer son charme et le réalisme du film. La scène où Bond lui fait signe d'aller derrière l'avion pour monter à l’intérieur de celui-ci avec la jeep est superbe ; la réaction des deux personnages est unique dans le sens où ce genre de scènes, il n'y en a pas deux dans toute la saga.

Du point de vue du scénario, il n'y a pas a tergiverser : c'est probablement le meilleur de la saga. Retournements de situation, duperie, magouille, trafic de masse. Le bloc de l'ouest et celui de l'est s'affrontent ; mais tout cela n'est qu'une diversion inféodée par seulement deux hommes mais tout cela avec le réalisme le plus total. Oui car la force de ce scénario c'est que c'est à la fois tordu et cohérent. Tout se tient. La musique by Barry est un formidable cadeau d'adieu. Le synthétique/symphonique pour le plaisir de nos oreilles ; dans le but de donner du rythme aux scènes et de renforcer le côté pêchu du film. Il y a aussi les scènes d'actions que je trouve excellentes de part justement ce rythme et leur chorégraphie. La scène où Necros attaque la maison de M est parfaite car tout y est : la musique, les idées, les costumes, les lieux, le rythme, etc. La photographie est elle aussi magnifique ; digne du film précédent. Les lieux sont magnifiques, le voyage est garanti. Bratislava et son opéra, Vienne, Tanger, l'Afghanistan et même Gibraltar.

Mais The living daylights est aussi marqué par ce changement de ton et d'approche du personnage. Bond est plus violent, plus froid, plus impartial et plus humain (scène de la chambre d’hôtel avec Pushkin et la femme ou amante de ce dernier). Le guignolesque qui caractérisait Bond durant l'ère de Roger Moore laisse place à des discours plus directs et à un humour plus fin, plus... nonchalant ; ce même humour que gardera Brosnan dix ans plus tard. La scène qui illustre le mieux ce changement d'humour est celle où Bond place Koskov dans une capsule dans le pipe-line, celui-lui demande s'il y a eu auparavant des essais et Bond lui répond "Vous inaugurez" puis referme aussitôt la capsule d’extraction. Là aussi c'est subjectif, ce genre d'humour me ravi.

The living daylights est un excellent moment de cinéma. A la fois sobre et efficace, il est un film malheureusement trop méconnu du grand public. L'un des meilleurs James Bond incontestablement.

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Re: Les CJBistes analysent The living daylights

Messagepar Bondmax » 20 avr. 2012, 10:06

Bonjour,

Je vous propose cette conférence de Maryam D'Abo et de John Glen lors de la British Week au Touquet (J'étais présent avec Gaspard ;) )
Désolé pour la qualité, le son est tout de même très bon :



En espérant que cela vous intéresse, je tiens à préciser qu'il s'agit juste d'un extrait de la conférence (5min)

PS: Faudrait vraiment m’expliquer comment on insert une vidéo...
Image


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