James Bond, symbole de l'évolution de la virilité ?

L'étude du personnage.
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Commander Bond
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James Bond, symbole de l'évolution de la virilité ?

Message par Commander Bond » 12 juil. 2012, 21:47

On peut, en regardant les films de James Bond et les acteurs interprétant le personnage, comprendre l'évolution de la virilité depuis 50 ans en Occident.

Sean Connery était grand, athlétique, avait le torse velu, et dominait les femmes... la virilité était à l'époque question d'apparence et de comportement, rimant presque avec machisme. Ce Bond là et héritier des héros et acteurs du cinéma des années 50 : Cary Grant, James Dean, Marlon Brando, Montgomery Clift... On her Majesty's secret service amorce un changement. Les sentiments du personnage sont davantage développés, même si l'acteur qui interprète James Bond, en l'occurrence George Lazenby, reste dans la lignée de Sean Connery. James Bond ne domine plus les femmes, les rapports ne s'inversent pas encore mais la transition est là : Bond se fait surprendre au lit par Bunt, et son épouse se fait tuer... par cette même Bunt.Les années 70 continuent le changement. La virilité n'est plus machiste. Roger Moore interprète un James Bond aux antipodes de ce qu'était Sean Connery, allant même jusqu'à se déguiser, et ridiculiser ainsi un passé révolu, celui de la "virilité visible".

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Les Bond girls de cette époque deviennent les égales de Bond (Rosie Carver bosse à la CIA, Triple X est agent secret soviétique, Melina Havelock est une dure à cuire, et Pola Ivanova est au KGB... sans parler de May-Day). Différence notable de l'ère Sean Connery où les rares femmes qui pouvaient être qualifiées d'égales de Bond avait un détail qui redonnait l'avantage à 007 (Pussy Galore est lesbienne, par exemple).

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Où est passée la virilité chez le James Bond de Roger Moore ? A-t-elle disparu, ou s'est-elle transformé... ? Bernardo (Charles Bronson) le dit dans Les sept mercenaires : Vous me croyez brave parce que j'ai un revolver ? Vos pères sont plus braves parce qu'ils ont des responsabilités, pour vous, vos frères, vos soeurs et vos mères, et ces responsabilités sont comme un bloc qui pèse une tonne. : tout est dit ! L'agent secret de la Guerre froide, caché dans l'ombre, l'assassin ne fait plus rêver. James Bond porte sur ses épaules la responsabilité de la sécurité de la Grande-Bretagne, là est la virilité. Il protège plus qu'il ne défend.

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La période Brosnan est intéressant car désormais, une femme (M) domine Bond professionnellement ; on note également que les femmes font mal à Bond à cette période : Paris Carver, Elektra King, Miranda Frost...
Il y a quelques mois, on a vu Daniel Craig déguisé en femme faire campagne pour l'égalité homme/femme. Il est bien loin, le temps où Bond donnait la fessée aux femmes (Tatiana Romanova ou la masseuse dans Goldfinger). La dernière scène violente entre Bond et une femme remonte à Casino Royale, une scène assez soft finalement (une simple empoignade).

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Les rapports Bond/Bond girls sont très intéressants car dès qu'une femme a l'avantage sur Bond, il faut qu'un détail vienne redonner l'avantage à ce dernier, comme si une femme ne pouvait pas prendre le dessus sur un 007 même mal en point : Camille Montes a, comme Bond, une attache personnelle à la mission ; Triple X a perdu son amant, tué par Bond ; Tatiana croit travailler pour les services soviétiques mais elle est manipulée. On sait que dans Skyfall, Bond sera très touché personnellement. Les relations qu'il aura avec Eve et Severine seront très intéressants : peut-être une approche relationnelle inédite.
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sentenza
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Re: James Bond, symbole de l'évolution de la virilité ?

Message par sentenza » 12 juil. 2012, 22:22

De ce point de vue, il est vrai que le seul Bond qui fait tâche d'huile reste Roger Moore (qui je crois n'a fait que tordre le bras de Maud Adams dans L'homme au pistolet d'or).

J'aime cette idée du Bond macho avec une virilité "à l'ancienne" (soit l'inverse du beau gosse metrosexuel de nos télé réalité).
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Re: James Bond, symbole de l'évolution de la virilité ?

Message par Tiger Tanaka » 13 juil. 2012, 11:23

Commander Bond a écrit :On peut, en regardant les films de James Bond et les acteurs interprétant le personnage, comprendre l'évolution de la virilité depuis 50 ans en Occident.

Sean Connery était grand, athlétique, avait le torse velu, et dominait les femmes... la virilité était à l'époque question d'apparence et de comportement, rimant presque avec machisme. Ce Bond là et héritier des héros et acteurs du cinéma des années 50 : Cary Grant, James Dean, Marlon Brando, Montgomery Clift... On her Majesty's secret service amorce un changement. Les sentiments du personnage sont davantage développés, même si l'acteur qui interprète James Bond, en l'occurrence George Lazenby, reste dans la lignée de Sean Connery. James Bond ne domine plus les femmes, les rapports ne s'inversent pas encore mais la transition est là : Bond se fait surprendre au lit par Bunt, et son épouse se fait tuer... par cette même Bunt.Les années 70 continuent le changement. La virilité n'est plus machiste. Roger Moore interprète un James Bond aux antipodes de ce qu'était Sean Connery, allant même jusqu'à se déguiser, et ridiculiser ainsi un passé révolu, celui de la "virilité visible".


Il y a juste un truc qui me gène dans tout l'article : en substance la virilité, c'est être macho et dominer les femmes ... Bond ne peut pas être viril s'il n'est pas macho et la virilité dans l'univers de Bond se résume à des rapports de domination (dialectique maître/esclave) entre Bond et les femmes.

Machisme et virilité sont ou peuvent être liés mais quid des autres traits de la virilité : force, courage, capacité à procréer, etc (il y en a sûrement d'autres). Quelque soit l'interprète ou l'époque, chaque Bond présente ces caractéristiques, surtout quand il protège les femmes d'ailleurs. Après, Bond évolue aussi avec son époque, son attitude envers les femmes accompagne les changements de la société (révolution sexuelle, féminisme, égalité des sexes, etc) ; Bond n'en est pas moins viril.

A contrario, toute la saga reste plutôt sexiste et aucun partenaire féminin de Bond n'est jamais son égal, elles finissent toujours par tomber sous le charme de Bond : le sexe faible. A l'exception peut-être de Xenia Onatop (certes, elle a aussi des tendances sado-masochistes ... Ceci explique cela), qui à cet égard est sûrement sa Nemesis.
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DB II
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Re: James Bond, symbole de l'évolution de la virilité ?

Message par DB II » 13 juil. 2012, 13:33

La virilité n'a rien à voir avec le machisme. Le machisme reste un comportement, la virilité c'est comme le charisme. On l'est ou l'est pas. Roger Moore n'est pas forcément viril du fait de son apparence très travaillée, très recherchée dans l'élégance. Il est dandy par essence. Sean Connery, surtout dans le controversé Diamonds are forever est le summum de la virilité. Il l'est dans la vie comme Moore est dandy. Calvitie ou pas, ventre un peu proéminent (Diamonds are forever)ou silhouette athlétique (Dr No)Sean est sûr de ses atouts, de son charme. Il se déshabille devant Jill St John sans se soucier du regard qu'elle aura sur lui. Sean peut porter une cravate rose, personne ne mettra en doute le fait qu'il est un alpha-mâle. Moore fait de même il fait "précieux".
Roger Moore portait des talonnettes et un corset pour avoir la silhouette plus athlétique et longiligne. Roger Moore ne s'impose pas à une femme, il la charme (Solitaire) la séduit par ses mots d'esprit et sa décontraction.
Pierce Brosnan est un compromis intéressant entre les deux car son élégance reste sobre sans recherche excessive, son comportement viril (Paris, Elektra) n'empêche pas une certaine douceur, un comportement protecteur comme Lazenby avec Tracy(Elektra au casino). En cela il est le James Bond idéal. Craig est trop "brut". Sérieusement aucune femme en dehors de son corps parfait ne peut apprécier un homme tel que "son" Bond. Il fait peur. Timothy Dalton est l'homme du début des années 90. Sa sexualité, sa virilité n'est pas assumée pleinement. Son Bond n'est pas un coureur de jupons. Il aime les femmes mais semble les éviter. Il n'est pas élégant donc le dandysme n'est pas son fond de commerce, toutefois la mode de cette époque ne permet pas de se positionner clairement.
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Re: James Bond, symbole de l'évolution de la virilité ?

Message par Commander Bond » 13 juil. 2012, 13:40

DB II a bien résumé la situation, mais il y a une question importante : le James Bond idéal, c'est celui des romans ou celui qui correspond à l'idéal de son époque ?
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DB II
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Re: James Bond, symbole de l'évolution de la virilité ?

Message par DB II » 13 juil. 2012, 15:14

Le James Bond idéal n'est certainement pas celui des romans. Son idéologie de l'époque victorienne basée sur un mode de pensée flirtant avec le racisme et le machisme l'en empêche. Celui de notre époque ? Il est pour le moment assez caricatural. Un homme incompatible avec la société civile, introverti et perturbé, enclin à la violence. Je pense que celui qui paradoxalement a le mieux su associer le côté expéditif de Bond et l'homme de "bonne société" est Pierce Brosnan. Dans Goldeneye tout spécialement. A l'aise au casino comme au corps-à-corps violent que ça soit avec une femme psychopathe comme Xenia (c'est une femme à qui il peut faire l'amour mais n'hésite pas à la rosser si elle cherche à l'éliminer. Toutefois, il ne la tue pas sans y être absolument contraint probablement du fait même qu'elle est une femme.) ou un homme comme 006. Il est aussi capable de douceur avec Natalia. Il est un tueur certifié mais raisonné. Valentin a un genou en moins mais Bond a fait la part des choses à un moment et a eu raison : en ne tuant pas gratuitement Valentin, il a pu des années plus tard compter sur lui et s'en faire même un allié sinon un ami ! La subtilité est aussi une arme que Bond savait manier autrefois et plus du tout depuis quelques années....C'est dommage Bond est intelligent pas seulement compétent dans son job.
Pierce Brosnan a ensuite trop cultivé le dandysme et négligé le réalisme des combats qui laissent des traces à cause des scénarios. Mais pour moi il est vraiment le Bond "manquant", le lien entre entre les romans tant de Fleming que de Benson (moins de Gardner) et l'écran.

Je ne pense pas que Daniel Craig incarne le symbole de l'évolution de la virilité. Au contraire, on peut deviner dans le trailer de Skyfall qu'il est plus fragile psychologiquement et physiquement sûrement, que jamais. La virilité n'est pas d'avoir plein de femmes à ses pieds et le permis de tuer. C'est avoir une ligne de conduite, de s'y tenir quoi qu'il advienne mais en sachant se remettre en question le moment venu. C'est aussi s'accepter tel que l'on est et utiliser ses atouts en composant avec ses faiblesses. On peut rapprocher virilité et maturité. L'article est un peu biaisé je trouve. J'aurais abordé Bond sous l'aspect de l'évolution de la masculinité ce qui est encore un autre aspect. Beckham est le symbole d'un courant qui va dans le sens inverse de la virilité, mais il a du charisme tout en représentant un aspect de la masculinité qui se rapproche du dandysme de Moore. CQFD ;)
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