Solstice : la critique du comics

Solstice : la critique du comics

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Garanti sans spoilers

CJB accueille aujourd’hui Guy Eloi, l’un de nos plus gros lecteurs et un grand fan des comics 007 ; il co-écrit la critique du jour.

Cette année James Bond embarquera bien dans une aventure nommée Solstice, mais contrairement à ce que l’on aurait plus penser en début d’année, il s’agira d’un comics et non d’un jeu vidéo. Sortie la semaine dernière, Solstice est la deuxième histoire courte consacrée à Bond parue chez Dynamite. Le comics est écrit et illustré par Ibrahim Moustafa, les couleurs sont quant à elles signées Jordan Boyd.

Ibrahim Moustafa, le nom vous est peut-être déjà familier, en effet l’année dernière il s’était notamment illustré auprès de la communauté bondienne avec des affiches fan-art des différents films de James Bond. Peut-être est-ce pour cela que Dynamite lui offert la possibilité de faire Solstice ?

Retrouvez plus d’affiches d’Ibrahim Moustafa à cette adresse.

Dans ce comics, l’auteur mêle habilement des éléments inspirés des romans et d’autres qui trouvent leur inspiration dans les films. Ainsi l’histoire débute par une sorte de « pré-générique » : Bond est en mission en Turquie. Elle n’aura (presque) aucun rapport avec l’histoire proprement dite. Nous avons également droit, tout comme dans les films, au face à face Bond/Q (celui-ci a un physique proche du vrai Boothroyd) dans lequel les deux hommes se chamaillent gentiment. Miss Moneypenny, quant à elle s’inspire toujours de Naomie Harris.

Moustafa nous fait voyager de Turquie en France, en passant par Londres où Bond est convoqué par M pour recevoir son ordre de mission. L’histoire est simple mais efficace et réaliste : James Bond est envoyé à Paris sur une mission non officielle par M : un ancien membre du FSB (Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie), Anatoly Zima, a séduit une femme qui est un proche d’une personne travaillant au MI6. 007 doit tuer Zima afin qu’il ne puisse pas compromettre cette personne…

Cette scène dans le bureau de M, la relation entre les deux hommes et le respect mutuel qui s’en dégage sont très réussit. On remarquera que tout comme dans la nouvelle de Fleming « Rien que pour vos yeux », M appelle James Bond par son prénom quand la mission qu’il lui confie n’est en fait qu’un service personnel.

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Comme l’histoire ne fait que 30 pages on est donc plus dans le genre « nouvelle » que dans celui « roman ». Le récit ne doit donc pas connaître de temps mort. Il y a assez d’action : on dénombre ainsi 15 pages sans dialogues (ou avec des onomatopées). Il n’y a pas de place non plus pour faire intervenir une Bond girl.

Une fois n’est pas coutume, et comme la mission de l’agent secret le conduit dans la capitale française, ce n’est pas Felix Leiter qui intervient dans l’histoire, mais René Mathis. Malheureusement, nous ne voyons pas l’agent français puisqu’il n’intervient qu’au téléphone afin fournir de l’équipement à James Bond (dont une Talbot-Lago T26 Grand Sport Coupé, un modèle limité à seulement environ 26 exemplaires, la classe !). Et comme 007 est parfait bilingue (n’oublions pas que sa mère était Suisse), Ibrahim Moustafa pousse le réalisme jusqu’à faire parler Bond avec les Parisiens en français.

En effet il y a des carrément des pages entières dans notre langue, ce qui est sympa pour nous français/belges qui n’avons de ce fait pas besoin de traduire mentalement ce qu’il se dit. On trouvera toutefois dommage qu’il y ait quelques petites fautes de grammaire dans ces passages en français. On se dira aussi que ce n’est pas cool pour les non-francophones (le public qui va principalement lire le comics) qu’il n’y ait pas de « sous-titres » en bas de pages, les pauvres ne doivent rien y comprendre…

Du fait que l’on ne sait pas vraiment qui est la personne que Zima veut compromettre, un certain suspens s’installe également. On regretta cependant qu’il ne soit pas dit clairement qui est la femme à la fin du comics, même s’il parait assez évident de qui il s’agit…

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Coté illustrations, Solstice s’en sort avec les honneurs ! Les dessins et les couleurs sont vraiment très réussis, l’utilisation de tons chauds comme le jaune sur certaines pages en intérieur donne beaucoup de vie à l’ensemble. L’agent 007 a le physique que lui a donné Ian Fleming : cheveux noirs, mèche rebelle qui lui descend au-dessus de l’œil droit, yeux bleus et cicatrice sur la joue. Son costume est également très joli, tout comme les expressions faciales des personnages, le bureau de M (qui n’était pas top dans les précédents comics), et les contours sont propres.

On notera aussi une volonté de variation dans le placement et la forme des cases ; on déstructure ainsi un peu sans heureusement aller dans l’excès, ce qui empêche la monotonie de s’installer. Notons également qu’en ce moment on entre dans la période de Noël, le comics se déroule dans cette période sans que ce soit pour autant le thème de celui-ci.

Solstice est une très bonne aventure BD, l’histoire n’est pas compliquée et la mission particulière de 007 nous permet d’en apprendre notamment plus sur M. Idéale à lire pour les personnes peu à l’aise avec l’anglais.

Date de sortie : Solstice est disponible depuis le mercredi 22 novembre en langue originale américano-anglaise, format papier et électronique. Aucune traduction française n’a été annoncée pour le moment.

La couverture est classe aussi.
La couverture est classe aussi.

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Nos précédentes critiques de comics :

Pour aller plus loin :
Les différents comics et strips James Bond.

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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