Black Box : la critique du comics

Black Box : la critique du comics

Black box cover

Contient quelques légers spoilers.

Depuis que Dynamite a lancé sa série James Bond, différents artistes ont essayé de donner vie à l’agent 007 en comics. Avec Black Box, c’est Benjamin Percy (scénario), Rapha Lobosco (dessins) et Chris O’Halloran (couleurs) qui signent leur premier Bond. Alors que nous réserve cette « boite noire » ?

Une structure cinématographique

Dès les premières pages on ne perd pas de temps, le lecteur est directement plongé dans une séquence d’action qui n’est pas sans rappeler les scènes de prégénérique des films. La poursuite en ski est fluide et bien mise en scène, Bond se comporte comme on s’y attend et le ton est donné : il y aura des gadgets, une femme fatale, etc… de sorte que Black Box s’annonce bien.

Black Box (2)

De retour à Londres après ce sympathique « prégénérique », M briefe Bond : 007 a pour nouvelle mission d’enquêter sur un vol de données informatiques qui a touché les organisations gouvernementales et militaires du Royaume-Uni et d’autres pays. La piste mène à une personne qui a des liens avec des Yakuzas au Japon, Saga Genji. Alors que Bond doit récupérer les données volées, il enquête en parallèle sur une mystérieuse assassine rousse dont il vient de croiser le chemin…

Mais alors que le synopsis nous parle d’informatique, il est agréable de constater que Bond est de la vielle-école, à notre époque il préfère encore écrire des lettres que des emails ou discuter dans un pub plutôt qu’au téléphone. Comme le dit Boothroyd : « Je suis peut-être un vieil homme, mais vous vous êtes un dinosaure 007 ». Pourtant cela n’empêchera pas Boothroyd de fournir James Bond en gadgets high-tech pour cette aventure. Effectivement, l’une des particularités de Black Box c’est qu’il y a un vrai retour des gadgets, une chose qui avait entre guillemets disparue des films et qui n’était pas vraiment présente dans les précédents comics. Rapha Lobosco n’hésite pas à faire des cases qui montrent bien l’utilisation de ceux-ci, ce qui est plutôt sympa. De même, on peut voir Bond avec un gilet pare-balle, chose qui n’arrive pas souvent et qui pourtant semble être logique.

En parlant de retour des gadgets, l’Aston Martin DB10 n’est désormais plus exclusive à Spectre puisque que 007 va la retrouver dans ce comics ! L’équipe créative s’est en effet essayée à créer une course-poursuite en voiture, chose pas évidente à faire dans un comics, et malheureusement celle-ci ne s’avère pas particulièrement excitante. (Toutefois on notera que le design de mitrailleuse arrière rend cent fois mieux dans Black Box que dans Spectre).

Malheureusement les dessins de la poursuite en Aston n'aident pas...
Il faut dire que les dessins pas terribles de la poursuite en Aston n’aident pas…

Scénaristiquement, on est dans un comics qui fait plus film de James Bond que roman. Et un film de type « classique », tous les éléments sont présents : des gadgets (dont la voiture), un casino, un homme de main imposant, beaucoup d’humour, le PPK (pour la première fois dans les comics de Dynamite)… il y a même des requins ! Le comics m’évoque la période Pierce Brosnan, ce qui est aidé par le fait que Q (qui est étrangement hyper présent) ressemble à John Cleese.

Quelques éléments plus littéraires peuvent cependant être trouvés comme le fait que Bond fume encore ou qu’il n’aime pas particulièrement tuer. Ceci est accentué par la présence de bulles de forme rectangulaire dans lesquelles Bond s’adresse directement au lecteur (une chose que les précédents comics de Bond n’avaient pas). Néanmoins certaines de ces bulles qui résument les épisodes précédents n’étaient pas nécessaires (cela alourdit la chose alors qu’il y a déjà beaucoup de bulles de dialogues dans ce comics).

Si la Bond Girl s’avère intéressante, ce n’est pas le cas du méchant qui semble assez faible et qui porte un gadget qui est un grand n’importe quoi : une sorte de lunette connectée à son cerveau. Je n’aime pas quand un James Bond tend vers des délires de technologies inexistantes et c’est ici malheureusement le cas avec ces lunettes qui font ressembler le méchant à Cyclope des X-Men…

Peut-etre que le méchant pour des lunettes pour se protéger des couleurs qui agressent les yeux dans certaines pages de Black Box...
Peut-être que le méchant a des lunettes pour se protéger des couleurs qui agressent les yeux dans certaines pages de Black Box…

Felix Leiter fait aussi une petite apparition et il est intéressant de voir que Bond et lui sont en compétition dans cette aventure au lieu d’être de purs alliés. Enfin, bien que l’aventure se déroule principalement au Japon, il y a un coté globe trotting (et « enquête ») vraiment réussi par rapport aux précédents comics.

Un arc-en-ciel de couleurs

Non, elle ne porte pas de masque
Non, elle ne porte pas de masque.

Tokyo de nuit est une ville colorée et c’est quelque chose que Chris O’Halloran a essayé de retransmettre avec ses couleurs sauf que… sauf que c’est pour moi l’un des défauts du comics. Mais qu’est-ce qui cloche avec les couleurs dans Black Box ?! En fait O’Halloran utilise énormément de couleurs vives qui donnent un look un peu cartoon à l’ensemble. Pour les cases où il n’y a pas de fond de dessiné (et qui sont d’ailleurs un peu trop nombreuses à mon goût), O’Halloran utilise carrément un jaune ou un rouge pétant au lieu de faire un truc discret. Les effets de lumières et les ombres sont quant à eux pas terribles : soit on se retrouve un étrange filtre bleuté qui fait ressembler les personnages à des Schtroumpfs, soit avec du noir 100% opaque !

Toutefois mon avis n’est pas partagé par tout le monde : de ce que j’ai plus lire dans diverses critiques du comics, certains adorent les couleurs de Black Box, d’autres les trouvent inconvenantes. J’avoue moi-même les avoir trouvé belles sur certaines cases.

Les dessins sont quant à eux dans l’ensemble réussi, avec une bonne mise en scène. Néanmoins dans certains cas il y a un flagrant manque de détails ou les personnages ont des visages qui semblent être déformés. Cela oscille, par exemple les illustrations (couleurs comprises) de la partie au casino sont magnifiques tandis que celles de la poursuite en DB10 ne sont pas terribles.

Au casino, les dessins sont superbe.
Au casino, les dessins sont superbe.

Je suis également partagé sur le visage de Bond, la plupart du temps je le trouve assez moche. En revanche j’aime beaucoup le fait que sa cicatrice soit bien apparente.

En conclusion Black Box est un comics agréable à lire et un peu moins agréable à regarder. Les illustrations sont certes en dents de scie et pas toujours au top, mais elles restent satisfaisantes dans l’ensemble. L’histoire n’est pas compliquée à comprendre, il y a du suspens et cela se déroule dans un contexte moderne. Black Box ne réinvente peut être pas le personnage ni ses aventures, mais il devrait plaire aux nostalgiques qui regrettent les films de Bond type « classique ». Peut-être un des meilleurs Bond de Dynamite jusque là…

Dates de sortie :

  • Black Box est déjà sortie en VO sous la forme de six volumes (publiés du 1 mars au 2 août 2017).
  • Ces six volumes seront regroupés en un seul (VO) pour le 24 octobre 2017.
  • Black Box sera potentiellement traduit en français (en un seul volume) aux éditions Delcourt pour une date de sortie encore inconnue (pas avant 2018).

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Black Box (3)

Black Box (6)

Black Box (8)

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Pour aller plus loin :
Les différents comics et strips James Bond.

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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