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Cela va faire bientôt 15 ans que Jason Bourne et James Bond se battent pour la conquête du grand écran.

On les a longtemps comparés, on a cherché les influences de l’un sur l’autre, on se demande qui de Bond et Bourne remporterait un combat en face à face, on continue à les opposer comme deux espions que tout sépare : l’un, dévoué à son pays, poursuivant avec classe et détachement, les méchants hauts en couleur menaçant le Royaume de sa Majesté ; l’autre, en rébellion, courant sans se reposer, saignant et cognant dur contre les assassins envoyés à ses trousses, tandis qu’il remonte la piste de vieux croulants pourrissant le système américain de l’intérieur.

Jusqu’en 2007 (La Vengeance dans la peau) et en 2008 (Quantum of Solace), on avait parlé ici et des différences entres les deux agents. En 2015 et 2016, avec SPECTRE, et JASON BOURNE, les deux espions sont de retour sur le grand écran. Sauf que cette fois-ci, Jason Bourne et James Bond ont finalement plus de choses en commun que de choses qui les opposent !

Voyons cela en détail !

Depuis 2002, le débat est lancé sur qui de Bourne ou Bond l'emportera
Depuis 2002, le débat est lancé sur qui de Bourne ou Bond l’emportera

Grandeur, décadence et répétitions

Jason Bourne et James Bond ont fait les belles heures du cinéma d’action et d’espionnage des années 2000. En une trilogie, Bourne a détruit le mythe de l’espion impeccable, avec son anti-héros meurtrier à la recherche de sa mémoire, qui n’hésite pas à se salir les mains. James Bond de son coté, a suivi la tendance avec un Daniel Craig qui explore le personnage de 007 en plongeant dans ce qui l’a amené à être qui il est. Le réalisateur Paul Greengrass a chamboulé nos habitudes avec une réalisation violente et un montage frénétique à son apogée dans La Vengeance dans la Peau. James Bond s’est essayé, le temps d’un film (Quantum of Solace), à ce style de réalisation tout en essayant de préserver la classe naturelle de l’agent britannique.

Au début des années 2010, c’est 007 qui reprend la main avec Skyfall, et un nouveau réalisateur : Sam Mendes, qui apporte sa touche très personnelle au monde de James Bond. Bond continue de tirer les leçons de l’ami américain, en restant vulnérable aux pertes qui lui tombent sur le dos, et en s’affirmant dans l’action en milieu urbain (avec une course poursuite dans le métro de Bond). De son coté, la saga Bourne perd, ironiquement, de son identité en essayant de chercher un nouveau successeur à Matt Damon, avec Jason Bourne : l’Héritage.

En 2015 et 2016, les trajectoires différentes de ces deux franchises les amènent au final, à se retrouver, au même endroit. Les deux ont compris que ce qui fait le succès critique et populaire de ces films, ce sont leur héros vulnérable et taciturne creusant tous deux leur identité, et leur monde si particulier avec la patte de leur réalisateur. Sam Mendes et Paul Greengrass sont donc de retour à la tête des deux blockbusters, avec leur acteur fétiche, et la promesse d’aller plus loin tout en nous offrant de nouveau ce que nous aimons.

Et une nouvelle fois, les posters présentent des ressemblances troublantes.

Paradoxalement JASON BOURNE et SPECTRE, en essayant de revenir à ce qui a fait les grandes heures de leurs sagas (Bond face à une organisation maléfique, et Bourne face aux piliers de la CIA qui l’ont privé de son identité) n’arrivent pas à vraiment réussir l’alchimie qui fonctionnait si bien dans les épisodes précédents.

La réalisation de Paul Greengrass est toujours aussi nerveuse, la touche de Mendes est indéniablement là. Mais ce sont au final, toujours les mêmes foules urbaines dans lesquelles s’immerge Jason Bourne, toujours les mêmes clins d’œils aux codes de la saga éparpillés au long du nouveau James Bond, toujours les mêmes ordures de chef de la CIA reconstituant telle l’Étoile Noire, un nouveau programme d’assassins formatés, toujours le même cheminement de Bond en train de devenir 007, et bien sûr les musiques désormais habituelles et peu distinguables des BO précédentes.

Le succès a tout de même été au rendez vous pour les deux films, les critiques saluant les codes familiers de 007 dans SPECTRE, avant de retourner leur veste à la sortie de JASON BOURNE, pour fêter le retour d’un agent plus agité.

Mais derrière cette bonne réception, les différences sont trop minimes pour qu’aucun des films n’arrive à proposer du neuf : Jason Bourne est censé se souvenir de tout, mais il est encore en train de chercher ses souvenirs, cette fois-ci concernant son papa. James Bond et censé être définitivement installé dans son smoking après la perte d’une figure maternelle, mais on le fait revenir une nouvelle fois à un passé familial sorti d’on ne sait où. Au final, les deux films ne tiennent pas leur promesse de proposer, l’un le retour d’un Jason Bourne qu’on aime et qui surprend, et l’autre le retour d’une organisation criminelle qu’on aime et qu’on reconnaît.

Cela pourrait être décevant, si au final on n’avait pas la surprise de voir que les deux agents partagent finalement le même ADN et le même univers !

A.D.N. JB

Aussi étonnant que ça puisse paraître, jamais Jason Bourne et James Bond n’ont semblé aussi proches, que ce soit au niveau de l’histoire, du personnage, ou de la réalisation.

Histoire : JB contre la surveillance

Le monde de l’espionnage d’aujourd’hui n’est-il aujourd’hui qu’une question de surveillance ? C’est que laissent à penser les deux films. Au lieu de démonter des réseaux d’assassins, l’américain Bourne essaie d’empêcher la CIA de mettre la main sur une plate-forme internet mondiale détenant les informations des individus. Plutôt que de préserver le monde d’une explosion classique, le britannique Bond se rebelle contre un MI6 corrompu qui veut imposer le système Nine Eyes donnant toutes les informations confidentielles aux bad guys.

L’information, c’est le pouvoir, et les personnages de Aaron Taylor (Riz Ahmed) et Max Denbigh (Andrew Scott) représentent tous deux la technologie corrompue, tandis que Oberhauser (Christoph Waltz) et Dewey (Tommy Lee Jones) sont les dirigeants mal intentionnés faisant du contrôle le symbole du mal.

Tommy Lee Jones et Christoph Waltz, dans des rôles de méchant typiques du monde de Jason Bourne et James Bond, obsédés par la surveillance

Plus troublant encore, Bond arrive sur les terres de Jason Bourne en devant échapper lui aussi à une surveillance électronique omniprésente et dangereuse représentée par le Smart Blood le suivant, tandis que Bourne doit faire face à l’habituelle salle d’observation de la CIA le traquant à la loupe depuis Langley. La seule différence à ce niveau, est la différence de style entre 007 et l’assassin amnésique : l’un préfère faire exploser et débrancher ces technologies, quand l’autre se fond dans la foule et se joue de la surveillance pour mieux contrer ses ennemis.

La surveillance dans la peau… prise de façon un peu trop littérale

Les héros : seuls, et sur leur propre voie

Que sont devenus nos héros ? Là aussi, les agents concurrents font chacun un pas l’un vers l’autre.

L’ami Jason imite Bond en s’enterrant quelque part en Grèce, même s’il goûte à une vie moins douce que l’exil de Bond. Ce fripon de James lui, se la joue perso comme un certain David Webb, en recherchant la piste sur laquelle l’a lancé M, ne faisant confiance à aucun de ses supérieurs pour parler de sa mission.

Coté famille peu recommandable, Jason Bourne tente de retrouver ce qui est arrivé à son père, en cherchant les traces de ses anciens employeurs, tandis que James Bond essaie de traquer un frère oublié en suivant la piste de son employé et de sa fille. Peu importe si ces liens familiaux ne font aucun sens dans le monde d’espionnage des deux 00 (pourquoi la CIA recruterait-elle le fils d’un de ses dirigeants ? Pourquoi un demi-frère deviendrait soudain le cerveau de la plus grande organisation criminelle du monde ?).

Peu importe. Les deux JB devront compter sur des anciens alliés et ennemis pour remonter la piste de ceux qui ont tué leurs papas, tout en croisant au hasard, les fantômes peu discrets de leurs précédentes aventures.

Ne jamais oublier de pencher la tête d’un air triste quand on repense aux épisodes précédents

En terrain familier

Une nouvelle incursion de Bond en territoire bournien est marquée par l’immersion dans la foule mexicaine de agent secret cherchant l’anonymat. Les deux agents confirment une nouvelle fois la tension qui existe entre leur mère patrie et l’Europe : Bond s’enfonce dans la vieille Europe (Rome, l’Autriche), à la recherche de ses ennemis emblématiques, tandis que Bourne se cache en Grèce et remonte (de façon assez ennuyeuse) les destinations de ses précédents films (Londres et Berlin). Et bien sûr, les deux patriotes se retrouvent pour un final au cœur d’une ville emblématique de leur pays (Las Vegas pour Webb, et Londres pour James), où ils vont faire sortir la corruption des beaux bâtiments des mégalopoles.

Pour être espion, il faut avant tout aimer les bains de foule

Bien sûr, ces finaux urbains restent chacun fidèles à la marque de fabrique des deux franchises : un combat mano a mano dans les égouts de Vegas pour Bourne (qui n’est pas sans rappeler l’affrontement entre Bond et Silva dans Skyfall), tandis que Bond fait un face à face anti-climatique avec Blofeld sur le pont de Westminster devant toute la capitale).

Mais ces différences de styles sont-elles si importantes ? Pas vraiment, car même si chaque réalisateur se fait plaisir avec sa réalisation (SteadyCam contre plans cadrés avec soins), les couleurs données aux villes sont très proches : ultra-saturées dans les tons oranges, ou bien pâles dans les tons gris.

Des scénarios identiques ?

Vous en avez assez des similitudes ? Accrochez vous car on n’en est pas encore arrivé au bout. Les scénaristes font preuve aux aussi, d’un mimétisme assez déconcertant dans le déroulement de l’historie qu’ils nous racontent.

Les méchants de Vincent Cassel et Dave Bautista n’ont même pas eu le droit d’avoir un nom. On comprend pourquoi ils sont vénères

Nos héros solitaires dans des lieux vides, Bond et Bourne faisant appel à des geeks pour décrypter des clés USB (contenant des organigrammes qu’aucune organisation crédible n’aurait conservé), un face à face avec une figure du passé au Maroc et à Londres, avant de revenir combattre l’État, des assassins silencieux à qui on n’a pas pris la peine de donner de nom aux trousses de l’espion (ou pourchassés selon les besoins du scénario), des alliés (M, Q et Heather Lee) tentant discrètement d’aider le héros dans le dos des méchants dirigeants comploteurs… et qui viendront au final flinguer ces figures corrompues dans leur propre bureau.

La mise en scène est tellement similaire, qu’on se retrouve avec des plans quasiment identiques. Jugez plutôt.

Sans oublier des courses poursuites de nuit dans les grosses villes impliquant des gros vannes, et de la tôle froissée, ou les confrontations au milieu des ruines et sous-terrains abandonnés.

Même dans les différences, Les deux espions tueurs s’opposent de façon symétrique : Bourne agit de l’extérieur, mais est tenté de rester et revenir défendre son pays, tandis que Bond est en mission pour son pays, mais finit par sortir du système. Et dans les deux cas, ce sont des jeunes femmes qui essaient de les convaincre de revenir sur leur décision.

Merci mesdemoiselles, pour semer la confusion et la confiance dans l’esprit de nos espions

Et qu’en est-il du final ? Et bien point de répit pour les deux hommes qui finiront par s’éloigner, dans leur pays respectif, dans un Londres et un Washington déserts.

Jason Bourne, James Bond… Just Brothers ?

Que retirer de tout cela me direz vous ?

On a beau les opposer, Jason Bourne et James Bond sont très importants dans le monde du cinéma. A eux deux, voila 15 ans qu’ils nous donnent les films d’action-espionnage les plus aimés du grand public, salués par la critique, et apportant tous les deux des codes et des innovations aux films d’action. Je préfère toujours l’univers de James Bond avec ses décors chatoyants et ses personnages qui ne tirent pas la gueule tout au long du film, même si j’adore la mise en scène de l’action dans les Bourne, surtout dans les foules et les environnements urbains qui nous en mettent plein la vue.

Au final, il y a bien peu de choses qui les séparent : chaque univers a ses fans qui attendant avec ferveur le retour de leur JB et de son monde. Mais on est bien forcé de constater que bien peu de choses les distinguent maintenant. La raison est due à Matt Damon et Daniel Craig, accompagnés de leurs réalisateurs fétiches : à force de vouloir faire plaisir à leur public fidèle, ils oublient une chose : ce qui a transformé nos deux espions en rouleaux compresseurs du box office, ce sont des prises de risques et des choix osés pour aller dans de nouvelles directions.

Moi qui ait longtemps vu Jason Bourne comme une menace à éliminer, je me prends à souhaiter que les deux héros vont réussir à proposer de nouveaux thèmes et des extreme ways nous faisant vibrer. Après tout, le monde est assez grand pour deux JB !

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Post scriptum : Moby-lisons nous

Le DJ Moby a prêté son son électro aux deux franchises ! Extreme Ways est devenue la chanson titre de tous les Jason Bourne, et il a composé un excellent remix du James Bond Theme en 1997. Encore un cousinage pas anodin.

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Ytterbium
Webmaster de Commander007.net Ne reculant devant aucun monologue, aucune traduction et aucun codage de site internet, l'Ytterbium ne vit que pour le plaisir de parler de Jamesbonderies... entre autres !

2 Comments

  1. Article intéressant.

    Néanmoins, je pense que les rôles de certains personnages ne sont pas aussi parallèles entre les deux films. Le personnage joué par Riz Ahmed est pris au piège par la CIA, ce qui n’est clairement pas le cas de Denbigh. D’ailleurs, les liens entre lui et le SPECTRE restent dans le flou dans SPECTRE. Est ce un membre? Est ce qu’il a été convaincu/manipulé par le SPECTRE afin de le aider, ou réalise t-il sont propre plan, et le SPECTRE est un de ses alliés? La seule base du personnage sont les révélations des pratiques des services de renseignements, et c’est tout. Il est juste là pour faire méchant, et pour dédouaner en quelque sorte le reste du Mi6 du programme de surveillance.
    Et là dessus, SPECTRE est à l’opposé exact du dernier Jason Bourne, vu que dans ce dernier, les programmes d’espionnage informatique sont présentés comme des pratiques de la CIA en elle-même alors que dans SPECTRE le MI6 (M, Q Monneyenny et les autres) est épargné du scandale vu que tout est la responsabilité de Denbigh. Bond n’est pas « rebelle », puisqu’il est le défenseur d’un système « vertueux » (ainsi que totalement incompétent il semble, vu la facilité avec la laquelle C met en place son plan), tandis que Bourne est toujours en marge de la CIA.

  2. Gregory Bertrand

    Pierce avait bien résumé la situation après son éviction du rôle en disant que « Jason Bourne était venu changer la donne ».

    James Bond commençait dangereusement à se renfermer sur son passé en allant dans la surenchère, comme à l’époque de Moore (Moonraker étant l’apogée du non sens) et il fallait que la franchise revienne à ce qui faisait le sel des films par le passé : Fleming.

    Beaucoup pensent que Casino Royale et Quantum of Solace ne sont arrivés que grâce à Bourne et aux Batman de Nolan, parce que le héro se mettait à réfléchir, à être mis face à ses démons et agir de façon plus brutale que par le passé.
    On a tendance à oublier que Bond était là bien avant Bourne et que tous les deux viennent de « l’école de la vie » (big up à Léa).
    Bond c’est l’espionnage durant la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre Froide et Bourne ce sont les expériences MK Ultra menées par la CIA.
    Ils ont tous deux traités ces sujets de façon neuves, particulières et, forcément, en se replongeant dans les romans, on réinvente le personnage ou un style.

    Bourne avait déjà fait quelques incursions par le passé (avec plus ou moins de succès), mais c’est la patte de Greengrass qui a servi à réinventer la façon de faire du cinéma d’action. Le style shaky cam, les zoom brutaux, les nombreuses cut constituant une scène, etc.
    Quant à Bond, il a eu la chance de bénéficier de Martin Campbell qui a un certain talent pour la mise en scène (j’oublie volontiers Green Lantern dans sa filmo) et avait déjà superbement réussi à mettre en scène le retour de Bond après le hiatus qui a suivi « Permis de Tuer ».

    Pour moi, il n’y a pas à les opposer ni même à chercher à les rassembler.
    Ils ont chacun contribué à rendre le genre de l’espionnage/action ce qu’il est aujourd’hui. Point. C’est suffisant.
    J’ai autant d’affection pour Bond que pour Bourne ou même pour Ethan Hunt.
    La seule chose qui les rassemble vraiment depuis 2015, c’est le scénario.
    Cherchant à surfer sur la tendance du moment, on se renferme à nouveau dans une intrigue où les grands méchants espionnent les gentils et cherchent à tout prix à contrôler toute l’information.
    Mais ce « marché » est complètement saturé et les scénaristes n’ont rien de neuf à nous apporter. Assange, Snowden, on les a vu et revu en long en large avec plus ou moins de panache.

    Ceci dit, si je devais les rassembler, j’irais en 2012 :

    – Bond est retourné dans son passé pour chercher sa place dans ce nouveau monde de l’espionnage où tout n’est pas noir ou blanc. Il évolue dans un monde fait d’ombres et il doit se trouver pour savoir à qui se fier. L’intrigue n’est qu’un prétexte servant à faire avancer la seule quête du personnage principale. Et c’est ce qui constitue la vraie force du film.

    – Bourne a laissé sa place à Aaron Cross, mais son ombre continue de peser. On voit les répercussions des actions de Bourne et on se rend compte que Treadstone n’était qu’un programme parmi d’autres. On croyait que Bourne était une sorte d’anomalie (un seul cobaye qui cherche à se révolter, c’est un peu mince sur un programme de cette ampleur), mais ce n’est pas le cas. Il y en a d’autres et tous les scientifiques ne sont pas forcément des « Docteur Evil » en puissance.
    L’intrigue est similaire à tout ce qu’on a vu dans les films précédents, mais la mythologie du personnage principal est étendue grâce à une histoire qui montre toute l’étendue des opérations secrètes de la CIA.

    Je pense que les gens ont tendance à trop vite dire : « Ok, il y a Jason Bourne OU Ethan Hunt OU James Bond » à la place de se dire qu’ils sont tous là et que le choix de la direction de ces bonhommes appartient aux scénaristes/producteurs…et donc qu’ils peuvent chacun nous apporter quelque chose en plus.

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