Heads You Die : la critique

Heads You Die : la critique

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Garantie sans spoilers

Pas facile de passer après Charlie Higson et ses cinq romans de La Jeunesse de James Bond qui semblent inégalables ! Un homme a pourtant essayé de relever le défi, son nom : Cole, Steve Cole. Et pour être tout à fait franc, son premier roman, Shoot to Kill, m’avait laissé un arrière-goût amer de légère déception. C’est donc avec une certaine appréhension que je me suis lancé dans Heads You Die.

L’intrigue prend place juste après les événements de Shoot to Kill, Bond et Hugo Grande quittent les États-Unis et se rendent à Cuba pour passer du temps en compagnie d’une ancienne connaissance de Bond, un certain Gerald Hardiman. Après l’environnement terne et malfaisant de Los Angeles, il est bien agréable de se retrouver dans un pays exotique comme Cuba. Steve Cole parvient parfaitement à rendre les lieux intéressants et attrayants, le cadre de l’aventure est donc réussi. Avec l’annonce que Strike Lightning se déroulera dans un endroit « chilly », il semblerait que Cole souhaite alterner les destinations chaudes et froides tout au long de ses romans, comme l’avait fait Higson.

13129784_486980681510086_1451312679_nDans Heads You Die, Bond et Hugo doivent retrouver Hardiman qui a supposément été enlevé par un méchant du nom de Scolopendra. L’une des grandes forces des romans de La Jeunesse de James Bond, c’est que ce sont davantage des romans d’aventures que des romans d’espionnage. Ici pas de prise de tête, le scénario peut paraître simpliste dit comme cela, mais croyez-le ou non : il suffit amplement. Le roman est bourré d’action et de suspens, Bond et ses amis sont très souvent réellement en danger, à tel point qu’il faut bien avouer que l’on souhaiterait parfois pouvoir respirer un peu plus par moment. Heads You Die avance vite et est bien ficelé de A à Y, pas d’incohérences, et l’auteur prend le temps d’expliquer les détails de chaque retournement de situation. De plus les chapitres, sont de bonnes tailles (ni vraiment trop court, ni vraiment trop long).

L’une des choses qui m’avait énormément déçu dans Déclic Mortel (Trigger Mortis) d’Anthony Horowitz était le fait que je restais sur ma faim sur certaines séquences que je ne trouvais pas assez développées, notamment à cause de plusieurs ellipses (la course auto, l’évocation de la cicatrice de Bond, etc), ainsi que l’incroyable stupidité de Bond lorsqu’il laisse les documents seuls avec la fille. Dans Heads You Die, rien de tout cela, Bond s’avère aussi intelligent et débrouillard qu’un petit MacGyver et pas d’ellipses gênantes, tous les points les histoires sont développées comme il le faut.

Le personnage de Scolopendra est également intéressant, surtout la manière dont il est introduit au fur et mesure du récit. On en vient à se demander s’il est réellement méchant. Je vous laisse découvrir la réponse à cette interrogation par vous-même. Le coup de la pièce de monnaie est toutefois assez décevant et loin d’être aussi bon que le jeu de cartes qu’avait Horowitz.

Mais dans Heads You Die, on ne suit pas que James Bond. L’intrigue ne tourne pas qu’autour de lui puisque Bond est accompagné de trois de ses amis durant la majeure partie du roman. Il y a d’abord Hugo, personnage qui introduit beaucoup d’humour au récit lors de ses échanges piquants avec James, que ce soient lorsqu’ils se charrient entre eux ou lorsqu’ils font un commentaire sur une situation désespérée. Steve Cole est quelqu’un qui a manifestement de l’humour (et un bon humour). Puis il y a ensuite deux filles, qui ne sont absolument pas là dans le but de remplir un cota d’aventures amoureuses pour Bond, mais bel est bien pour faire avancer l’histoire de manière intelligente. Ces deux personnages féminins sont très réussis, agréables, et en deviennent attachants. Petit détail qui peut paraître insignifiant : l’une d’elles ne parle que l’espagnole, langue que James Bond ne comprend absolument pas et que Hugo est obligé de traduire (ça change de l’agent secret qui est à l’aise avec toutes les langues).

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Le roman marque aussi la première plongée de Bond dans l’univers sous-marin et ces passages sont plutôt réussis. Un suspens envahit ces séquences notamment à cause de l’équipement de plongée très rustique fait main et constitué de soufflettes, de tuyaux d’arrosage… bref un équipement qui n’est pas des plus sûrs.

Si j’ai énormément aimé Heads You Die, le roman souffre toutefois d’un chapitre final qui n’est peut-être pas assez abouti (comme c’est souvent le cas dans les romans de Bond). Je reste un peu sur ma faim, j’aurais aimé un chapitre supplémentaire qui se serait un peu plus épanché sur les résolutions des événements. Peut-être que Strike Lightning nous livrera quelques éléments de réponses ?

Mise à part cette petite tâche qui me semble être l’un des rares défauts du roman (outre l’absence de traduction française), je dois bien avouer que cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant délecté devant un roman de James Bond ! Et en ce qui me concerne, quitte à indigner les foules et que l’on me lance des cailloux : j’ai de loin passé un meilleur moment devant ce roman que devant Trigger Mortis !

Lire un extrait de Heads You Die

Pour finir, quelques mots sur l’édition limited de Doubleday : celle-ci s’avère être vraiment décevante. Le contenu bonus behind the scene ne tient sur quelques maigres pages (dont une demi-page est une citation du Spécimen rare de Hidebrand). Pas grand-chose d’intéressant à se mettre sous la dent, l’auteur n’y mentionne même pas son problème d’écran gris de la mort. Seul le court chapitre supplémentaire (la signature de l’auteur et les titres de travail) valent vraiment le coup. Par ailleurs sachez qu’il s’agit d’un de ses livres à la couverture volante détachable :

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Mais bon, après tout, ça reste toujours un plus qu’il est sympa de posséder !

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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