Géopolitique européo-bondienne

Géopolitique européo-bondienne

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http://i2.wp.com/hmssweblog.files.wordpress.com/2016/06/daniel-craig-brexit.jpg?resize=275%2C390&ssl=1Aujourd’hui, le Royaume uni a choisi de ne plus faire partie de l’Union Européenne. Avec ce Brexit, James Bond 007, l’agent de sa Majesté, ne sera donc plus non plus au service de l’UE.

Mais est-ce qu’on a déjà vu l’Union Européenne dans les James Bond ?  En 54 ans et 23 films, l’UE n’est en fait jamais rentrée dans le monde de 007. Pourtant, les Nations Unies, l’Otan, les grandes puissances mondiales… toutes sont apparues dans les films, et mêmes certaines organisations fictives comme Quantum, Spectre et le comité Nine Eyes.

Alors avant que le Royaume Uni ne quitte définitivement l’UE, voyons pourquoi James Bond ne s’y est jamais intéressé. Parce que si Daniel Craig a fait campagne pour rester, l’agent 007, lui, se fiche totalement de la construction européenne.

Le contexte international dans les intrigues

Et pourtant, c’est bizarre qu’une organisation aussi importante de 27 pays et une puissance économique internationale ne soit pas visible !

Au fil du temps, Bond a toujours évolué dans un contexte contemporain au monde où il agissait. Ambiance guerre froide sous Sean Connery, ambiance détente sous Roger Moore, fin de l’URSS avec Pierce Brosnan (dans Goldeneye), jusqu’à la prise en compte de l’indépendance du Monténégro en 2006 (où se situe l’action de Casino Royale).

Les films de James Bond ajoutent toujours différentes dimensions de la vie politique, économique et sociale au sein de l’intrigue. Conquête de l’espace dans On ne vit que deux fois, luttes pour les ressources pétrolières ou hydrauliques (Le monde ne suffit pas et Quantum of Solace), la trahison de l’Angleterre vis à vis des Cosaques de Lienz (Goldeneye), la surveillance ou les services secrets internationaux (SPECTRE & Skyfall) sont autant d’exemples de ces diverses actualités politiques qui sont convoquées pour le déroulement des histoires.

Du  coup, les films de James Bond vont souvent avoir des scènes qui se déroulent dans les édifices et les différents conseils de dirigeants, et vont faire appel à des responsables fictifs d’organismes internationaux ou / et économiques : l’ONU, le Kremlin, les conseils de guerres Russie-US, et les cellules de crise pour faire face aux menaces de conflits…

Et puis, il y a aussi les dirigeants du Royaume-Uni que rencontre Bond au fil de ses missions : ministre de la défense, premiers ministres (dont Margaret Thatcher), conseil des ministres (au début de Casino Royale), représentants du parlement (Skyfall)… On a aussi les lieux de pouvoirs où se situent l’action : Westminster, les QG du MI6 (tellement important qu’on le fera exploser trois fois dans Le monde ne suffit pas, Skyfall et Spectre)

Bond rencontre également les services secrets de plusieurs de ces puissances : FBI, CIA, NSA, services secrets japonais et chinois, et même des rebelles afghans ou la mafia corse/italienne… On pourrait continuer ainsi, sans jamais trouver d’espion européen.

Et l’Europe dans tout ça ? Force est de constater que celle-ci est la grande absente de la saga, que ce soit l’Union Européenne elle même, ou les pays individuellement. Quoi !? alors que Bond fait appel aux ninjas japonais, et aux services de renseignements indiens et américains, il ne prend jamais la peine de se tourner ou de consulter les différentes instances du vieux continent. Pourquoi ? voyons quelques éléments de réponse !

Une organisation vide de pouvoir

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L’Union Européenne n’a pas un fort pouvoir de décision politique. Bien sûr, l’UE est une puissance économique et financière, et beaucoup de décisions s’y prennent, mais par rapport aux cellules de crises décidant de la guerre, l’UE n’est pas vraiment attrayante pour un film de James Bond : l’inter-étatique y domine, et c’est d’abord la coopération et le consensus entre les pays qui prévaut. Vue ainsi, elle présente peu d’intérêts car elle est un endroit secondaire de décision politique. Pourquoi alors, Bond daignerait s’en occuper ? Les pays sont tellement occupés à discuter et à ne pas être d’accord, qu’il y a peu de risque qu’elle soit la cible de complots internationaux.

A l’époque du Bond de Pierce Brosnan, les conflits mondiaux face à la Chine, les Etats Unis et la Corée du Nord étaient bien plus intéressants. Avec le Bond de Craig, les terroristes occupent la majeur partie du temps de 007.

D’autre part, elle n’a que peu d’influence dans le monde des services secrets, et n’a pas d’organes réellement puissants pouvant influencer significativement et directement des enjeux importants, ou des acteurs du monde de James Bond. La seule exception serait Interpol, et l’Angleterre lui attribue si peu d’influence, qu’elle n’y a, dans les films, jamais recours. La seule fois où Interpol est citée, c’est dans Rien que pour vos yeux, en même temps qu’une longue énumération de services d’information divers.

Même Mathis, agent des services secrets français dans les romans de Fleming devient un espion du MI6 dans Casino Royale.

Les anglais et l’Europe

Pour nous français, qui avons contribué depuis plus de 50 ans à la construction de l’Union Européenne, elle est une donnée inhérente à notre politique. Mais les anglais semblent ne pas y accorder d’importance.

Il faut savoir que le Royaume-Uni s’est toujours tenu à distance de cette organisation, et en a toujours été méfiant. Tout d’abord, jusqu’en 1973, le Royaume n’en était pas membre, et tentait même de concurrencer cette alliance de 6 pays. Aucun intérêt donc, de citer ces 6 pays et leur structure, ou de les hisser au rang des aventures de Bond. Ensuite, une fois le Royaume Uni membre de l’U.E., l’Europe n’a eu qu’un rôle économique pour l’Angleterre (jusqu’au traité de Maastricht en 1997).

Et puis la nation anglaise est fière et indépendante. Quelle honte de se rabaisser à n’être qu’un membre (même important) parmi d’autres au sein d’une organisation, quand on a créé et dominé le Commonwealth. Et quel est l’intérêt de se rapprocher d’États qu’on a concurrencé pendant si longtemps, et qui ne présentent aux yeux du monde que peu d’influence du point de vue des services secrets. La fierté des anglais dans l’univers des services secrets se retrouve dans le livre Bons baisers de Russie, où un dirigeant du KGB dresse une carte de l’espionnage mondial :

« Il y a des agents isolés servant la Norvège, la Hollande, la Belgique ou même le Portugal, qui pourraient nous causer pas mal d’ennuis. Mais plutôt que de faire bénéficier de leurs renseignements les pays les plus puissants, ils préfèrent rester assis dessus. […] Les suédois quant à eux, ont toujours eu, sur ce qui se passe dans la Baltique, des renseignements supérieurs à ceux qu’obtiennent la Finlande ou l’Allemagne. Ils sont dangereux […], mais ne cessent d’avoir des scandales d’espionnages. […] Les italiens sont intelligents et actifs, mais il ne font aucun mal et ne s’intéressent qu’à la Méditerranée. Les espagnols aussi, mais ils ne sont pas mûrs pour la révolution. Le deuxième bureau français et intelligent et dangereux, mais se ridiculise tout seul. De plus, la France se débrouille seule. »

Après cette description, il s’ensuit un éloge du service secret britannique, bien supérieur, même aux yeux des russes, à tout ceux de l’Europe réunie. La description date, mais cela donne un exemple du peu d’intérêt porté par l’univers bondien à ses voisins européens.

Country : England !

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Les anglais valent mieux que ça ! En effet, les James Bond, depuis James Bond contre Docteur No, ont toujours voulu donner plus de pouvoir à l’Angleterre sur la scène internationale. Plutôt que de la voir au milieu de l’Union Européenne, on verra plutôt le Royaume Uni invité à l’ONU, aux cellules de crises internationales, ou au coeur des services secrets !

Regardez 007 Spectre : C’est le Royaume Uni qui est en train de rassembler les 9 puissances du monde pour un service secret élargi (et on remarquera qu’on ne voit aucun représentant de pays européen à l’écran). Dans Skyfall, la liste qui est perdue n’est pas celle des agents d’interpol, mais celle de l’OTAN (organisation plus proche des Etats-Unis).

Enfin, depuis Quantum of Solace, c’est surtout l’Angleterre qui intéresse James Bond : est-ce que le Royaume uni va s’allier au méchant Dominique Greene ? Est-ce que les politiques vont dissoudre le service secret britannique ? Est-ce que le SPECTRE va corrompre et voler les données du MI6 ? C’est comme si seul le Royaume Uni existait.

L’Europe est un terrain de jeu

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Pour autant, cela n’empêche pas Bond de se déplacer comme il veut au sein de l’Union Européenne, sans être jamais dérangé.

Les scènes d’actions n’y manquent pas. La différence est que les gouvernement de ces pays sont totalement absents des régions où Bond voyage. Il n’y a pas de limitation sérieuse au fait que 007 et ses ennemis s’y battent. Les forces de police n’arrivent qu’après la bataille (comme par exemple la police parisienne dans Dangereusement Vôtre), ou se font vite éliminer des courses poursuites que mène Bond (la police italienne dans le pré-générique de Quantum). Aucun obstacle à ce que Bond détruise la campagne espagnole en 2CV (Rien que pour vos yeux), se serve des départementales françaises comme circuit de course (Goldeneye), se déplace place St Marc en gondole gonflable (Moonraker) ou détruise les vieux palaces italiens (Casino Royale) ou cavale sur tous les toits de la ville de Sienne (Quantum). On ne verra d’ailleurs jamais la police autrichienne intervenir entre Bond et Hinx, que ce soit à Rome ou en Autriche.

On est loin des forces de police affrontant Bond dans les rues de Las Vegas, sur les routes de l’île de Ste Monique (Vivre et laisser mourir), ou dans les avenues de St Pétersbourg (Goldeneye). De plus, ces endroits ne sont souvent que des étapes sur la carte de déplacement de Bond. L’ennemi véritable ne se dissimule qu’en des endroits réellement importants : en pleine mer méditerranée plutôt qu’en Sicile (Stromberg dans l’espion qui m’aimait), au sommet de montagnes suisses dans Au service secret de sa Majesté (la Suisse est si peu en Europe), au fond du désert, ou au coeur du Royaume Uni (Spectre) Les gouvernements de ces pays sont impuissants et n’ont pas voix au chapitre, tout comme ce policier qui arrive après la mort de Tracy dans OHMSS, et ne peut que constater tout ce qui s’est passé sur son territoire. Au contraire, les pays européens, en plus d’être des lieux de combat, sont des zones d’influences.

  • Influence de grande puissance : la Tchécoslovaquie de Tuer n’est pas jouer n’est que le territoire de l’URSS, l’Europe de l’est est à la botte du KGB du colonel Orlov (Octopussy). L’Allemagne de l’ouest elle, est un territoire occupé par l’armée américaine. Quand à la Grèce, elle est un espace de lutte entre les mafias de Colombo et de Kristatos. Tout comme le sud de la France est le domaine de la mafia de Draco, le centre parisien est là où se cache le siège du Spectre.
  • Influence du méchant : Hamburg devient la capitale de l’empire d’Elliot Carver, le château de Chantilly est habité par Zorin, l’assassin des Havelock se la coulent douce en Espagne, la police du Monténégro est aux ordres de Le Chiffre qui y organise ses parties de poker, Mr. White se cache au fond de l’Autriche, quand les opéras autrichiens sont des salles de réunions pour Quantum. Mais en aucun cas, ces endroits ne constituent le lieu de l’affrontement final.
  • Influence du MI6 : celui-ci a des stations et des agents dans tous les pays : à Prague (même que Bond assassine le chef de section), en France (Sir Godffrey Tibett surveille les champs de course), etc.

Les pays d’Europe sont donc relégués à la seconde place et servent juste d’exotisme et de terrain de poursuite.

UE = Quantum = SPECTRE

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Je pense que vous et moi pourrons être d’accord que l’Union Européenne brille par son absence dans les films de James Bond.

Mais réfléchissons un peu à ce Brexit : la sortie de l’euro soulève souvent un argument de poids : l’indépendance ! Il est hors de question pour les anglais de se voir dicter des règles par des bureaucrates qui risquent de couler leur pays. Et même si cela doit être démontré d’un point de vue économique, c’est quelque chose que l’on retrouve ces dernières années… avec Quantum et SPECTRE.

Qui sont les membres du SPECTRE que nous rencontrons à Rome ? Des allemands, des italiens, des autrichiens, des français, des espagnols… la fine fleur de l’Union Européenne, et Bond, l’anglais, qui n’est pas vraiment le bienvenu.

Et que font ces membres du SPECTRE ? Ils allient leurs forces pour augmenter le prix des médicaments, ils introduisent des migrants dans l’Union européenne, ils conduisent des attentats, ils complotent pour récupérer les données des anglais. Quand on regarde Quantum, on ne voit que de bureaucrates (Max Denbigh), des hommes d’affaires (Dominic Greene) et des politiques (Guy Haynes), complotant pour couler le Royaume Uni pour leur propre intérêt. Et pendant ce temps là, M se lamente que tout cela est fort peu démocratique.

Jamais le film n’accusera l’UE d’être SPECTRE. Mais cette façon de voir les organisations internationales et économiques, menaçant l’indépendance de l’Angleterre est typiquement british. Et nul doute que pour les anglais, l’Union Européenne est exactement comme Quantum : au dessus d’eux, purement économique, néfaste, et beaucoup moins fun que l’organisation de Blofeld.

It’s time to get out

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 Articlé écrit en 2009, approfondi et mis à jour pour l’occasion (juin 2016)

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Ytterbium
Webmaster de Commander007.net Ne reculant devant aucun monologue, aucune traduction et aucun codage de site internet, l'Ytterbium ne vit que pour le plaisir de parler de Jamesbonderies... entre autres !

4 Comments

  1. Il eusse été bon de préciser que , sur un plan purement économique , les productions des Bond ont TOUJOURS bénéficiées de subsides étrangers – et ce dès la mise en chantier de Dr No ( qui bénéficia de façon substantielle de l’équivalent du Plan Marshall mis en place par les USA pour aider le Royaume Uni au sortir de la seconde guerre mondiale …)
    Le nouveau statut de l’ Angleterre va provoquer une remise à plat des accords de co-production , ce qui risque d’avoir des conséquences immédiates et catastrophiques sur la mise en chantier du prochain film … Comme l’ont déja souligné Barbara Broccoli et Michael G.Wilson dans une tribune libre publiée sur Variety quelques jours avant le Brexit …

  2. Ytterbium

    Sur cet article, on se concentrait surtout sur les représentations à l’intérieur des films.

    Mais c’est sûr que cela a un impact décisif sur la production des films. Déjà, avec Moonraker, ils avaient été obligés de déplacer la production dans les studios français, pour des raisons fiscales je crois. et Dr. No avait effectivement bénéficié du plan de subvention qui soutenait les films tournés sur le territoire britannique.

    Je n’ai pas trouvé la tribune sur Variety, mais sur le Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/news/uk-producers-oppose-brexit-905409). Les productions anglaises en général dépendent beaucoup des financements européens, et c’est une des seules choses qui leur permet de faire face aux productions US (et même qui attirent des productions US sur le territoire britannique).

    En revanche, peut-être peux-tu m’éclairer sur un point : Barbara Broccoli et Michael G. Wilson sont américains, et si mes souvenirs EON est une entreprise américaine, non ? A moins qu’elle soit enregistrée sur le sol british ?

  3. Il y a un espion italien dans Rien Que Pour Vos Yeux, Luigi, à Cortina. Mathis dans les films aussi est italien. C’est un des pays historiques de l’UE. Sinon c’est vrai qu’elle apparait peu. Est-ce parce qu’elle a peu de pouvoir comme cela est écrit dans l’article d’abord ou parce qu’elle est en a trop comme cela est écrit dans la dernière partie, qui est apparemment celle ajoutée récemment ? Il y a une contradiction ici. Pour ma part je dirais que si Bond a des alliées et conquête dans tous les pays d’Europe (qui ne sont pas tous dans l’UE) c’est parce que dans les livres, 007 y passe aussi du temps. Il est Anglais mais collaborer avec des européens de tous bord ne le dérange pas comme il est mentionné brièvement dans cet article. Pourtant la liste est longue : Draco, Colombo, Bey, Aubergine etc …
    L’UE n’est effectivement pas d’un intérêt primordiale en effet car elle n’est qu’une coquille. Bond tape là ou le pouvoir se cache. Dans l’ombre. SPECTRE est plutôt une organisation comparable à de plus sombres commissions …
    Concernant la police, elle n’est jamais montrée effectivement sauf quand elle à la solde du méchant avec les films cités, Vivre et Laisser Mourir et Goldeneye. LA seule montrée c’est l’américaine et c’est généralement pour la ridiculiser, tout comme la C.I.A. Donc Bond reste plus respectueux des européens.
    Bon site et article intéressant et qui fait réagir. Continuer le « good job » !

    1. Ytterbium

      Merci pour la réponse !
      Peut-être que je n’étais pas assez clair dans les articles (et les ajouts). Politiquement et diplomatiquement, l’UE n’a pas vraiment d’intérêt primordial, donc les films n’en font pas de cibles menacées. Et ensuite, le Royaume Uni est fier de son indépendance et de son agent, et ils ne veulent pas le rabaisser au niveau des autres pays européens. Aujourd’hui, l’UE fait surtout peur par rapport à son pouvoir économique et financier, et ces peurs sont projetées dans les activités des méchants. En tout cas, c’est mon avis.

      C’est intéressant ce que tu dis sur les alliés de Bond. Dans les livres, Bond passe pas mal de temps à collaborer en bonne amitié avec les services secrets des pays voisins. Mais j’ai l’impression que les alliés des films, même s’ils sont italiens comme Luigi et Mathis ou encore Kerim Bey, ils sont avant tout des agents du MI6. Et pour ceux très puissants comme Draco, Colombo ou Zukovski, ce sont des mafieux, et leur pouvoir vient justement du fait qu’ils ne sont associés à aucun état européen.

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