Bond 17 : l’histoire du troisième film de Dalton que nous n’aurons jamais

Bond 17 : l’histoire du troisième film de Dalton que nous n’aurons jamais

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Un box-office décevant pour le second Dalton avait jeté le doute sur l’avenir de la saga. L’acteur avait été franc dans une interview dés 1988 ou 1989 :

Je pense que ce sera le dernier. Je ne veux pas dire « mon » dernier, le dernier de la saga. Je ne parle pas avec une réelle autorité, mais c’est une sorte d’impression que j’ai. Désolé !

En fin de compte Dalton avait partiellement raison, jamais il ne revendra dans le rôle de 007.

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Et si Timothy Dalton avait fait un troisième film ? Le monde connait Goldeneye avec Pierce Brosnan en tant que 17 éme Bond, mais il grand temps de jeter un œil sur ce qui était originellement prévu pour Timothy Dalton, soit un film très différent. MI6-HQ, Life between frames, 007 Bond, The James Bond International Fan Club, 007 Forever et Some Kind of Hero nous en apprennent plus sur sujet et, ce week-end, CJB va donc retracer l’histoire du troisième Bond de Dalton qui n’a jamais été produit ; et ainsi nous allons comprendre pourquoi il y a eu cette longue période de six ans avant la sortie de Goldeneye…

La pré-production de Bond 17

Les choses avaient déjà mal commencés avec la campagne promotionnelle de Permis de Tuer qui était attendu dans les salles obscures pour l’été 1989, ou plutôt devrions nous dire, par l’absence de campagne promotionnelle. Le titre du film étant passé de Licence Revoked à Licence to Kill de peur que le public américain n’arrive notamment pas à différencier un film de James Bond d’un film pour adolescents sur le permis de conduire (le matériel promotionnel portant l’ancien nom fut alors mis au rebut et resta inutilisé), une rude concurrence (Batman, l’Arme Fatale 2, Ghostbusters 2) ainsi que l’absence des deux Bond girls dans les médias pour promouvoir le film, sont pour certain, la cause de l’échec du film au box-office américain.

À sa sortie en juillet 1989, Permis du Tuer est effectivement vite tombé dans les abysses du classement nord-américain : déjà relayé à la 4 éme place lors de sa semaine de sortie, le film est descendu à la 7 éme lors de la troisième avant de complément disparaitre du top 10 dés la quatrième semaine. Le box-office mondial, semble aussi être un peu insatisfaisant.
La MGM/UA admet alors ouvertement penser que la franchise semble un peu se fatiguer, malgré le fait qu’elle reconnaisse avoir besoin de James Bond.

Le 8 août 1990, Variety rapporte que « Cubby » Broccoli a mis Danjaq, la société qui détenait une partie des droits cinématographiques de 007, en vente, et qu’il a remis EON Productions à sa fille, Barbara Broccoli, et à son beau-fils, Michael G. Wilson. Joel Silver, producteur de films tels que L’Arme Fatale, Die Hard, Commando, …, fut notamment intéressé avec la perspective de mettre Mel Gibson dans le smoking de 007. Mais finalement, Danjaq n’a pas été vendu.

La série avait besoin de sang neuf et de nouvelles perspectives, l’équipe technique était toujours la même depuis quelques années. Un gros risque avait été pris avec Permis de Tuer qui montrait un Bond un plus froid dans un contexte réaliste et violent… mais il était clair que le public n’était pas encore tout à fait prêt pour ceci.

En 1990, la pré-production de Bond 17 commence et Timothy Dalton est prêt à enfiler le smoking pour sa troisième aventure. Il est bientôt annoncé que John Glen, qui avait dirigé les cinq derniers films, ainsi que Richard Maibaum, qui avait travaillé sur treize scénarios des seize films de la saga, ne reviendraient pas pour le film. Les deux hommes ont « amicalement » quitté EON en août 1990 alors que la presse parlait d’un « coup d’État sans effusion de sang ». Maibaum dira plus tard : « Je ne suis pas fâché, cela a été fait par consentement mutuel. Ni moi, ni Mr. Glen n’avions d’engagement pour après Permis de tuer, donc ils étaient libres de faire ce qu’ils voulait ».
L’ère de John Glen à donc touché a sa fin après un box office décevant pour son dernier film, et un membre d’EON a remué le couteau dans la plaie en déclarant à Variety que Maibaum était un « has-been » qui n’avait contribué qu’aux dialogues des derniers films.
Pour répondre aux rumeurs de l’époque, Albert Broccoli avait même écrit à la presse que Glen et Maibaum n’avaient pas été « saqués » pour Bond 17, mais qu’ils n’avaient pas de contrats pour ce film et que Glen voulait explorer d’autres opportunités après Permis de tuer.

Pour remplacer Maibaum à l’écriture, EON fait appel à un scénariste qui n’a encore jamais travaillé avec eux, Alfonse Ruggiero Jr, qui avait notamment écrit quelques épisodes de Miami Vice et de Supercopter (et c’est à peu près tout). Apparemment, Ruggiero avait déjà imaginé un scénario pour un film de James Bond et l’avait envoyé au producteur Michael G. Wilson, mais celui-ci était trop semblable à Permis de tuer. Cependant, Michael Wilson aimait son style d’écriture et, ensemble, ils écrivirent une première ébauche du film de 17 pages en mai 1990.

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Bien qu’il ne s’agissait pas d’un script complet, l’ébauche contenait un résumé détaillé de l’histoire. Celle-ci aurait été rédigée avec un ensemble de dates provisoire pour le tournage qui était censé commencer à Hong Kong au début 1991, avec pour objectif de libérer le film dans les salles obscures pour la fin de cette même année.

Dans les années qui ont suivi la mise au rebut de ce premier projet pour Bond 17, des rumeurs se sont répandues, disant que celui-ci aurait eu pour nom The Property of A Lady, en référence à la nouvelle éponyme de Ian Fleming (qui a été « adapté » à l’écran dans Octopussy). Cependant, aucun synopsis du film n’a apparemment jamais, au grand jamais, porté ce nom. Il s’agirait seulement d’une légende urbaine qui circule sur internet (donc arrêtez de l’appeler ainsi sur les forums ! Merci).

Quoi qu’il en soit, le ton du scénario était plus semblable à Tuer n’est pas jouer, Bond n’était pas émotionnellement impliqué et il s’agissait plus d’un Bond « classique » dans sa structure. Il est bien connu par les fans, que ce scénario impliquait beaucoup de technologie, dont des robots. Pas des cyborgs, mais plus le genre de robots que l’on retrouve dans les chaines de montage d’usines ou de défense (enfin, à une infâme exception près). Au début du scénario, il y a d’ailleurs une préface disant que les « dispositifs robotiques » de celui-ci étaient « des machines complexes et exotiques conçus pour des tâches spécifiques » et qu’elles seraient conçues « spécialement pour le film pour le maximum d’impact visuel théâtral ».

Ainsi, la Walt Disney Imagineering aurait été engagée par la production pour créer le design de ces robots high-tech qui figurent dans les premiers scripts. Apparemment, les premières ébauches des potentiels robots ont été terminées et remises à EON.

Le synopsis était le suivant : une mystérieuse explosion dévaste une usine d’armes chimiques écossaise. L’auteur de ce méfait annonce déjà d’autres attentats et 007 est envoyé en Extrême-Orient pour enquêter sur une voleuse, Connie Webb, qui pourrait bien avoir un rapport avec tout cela. Très vite, Bond se rend compte que Sir Henry Lee Ching, un businessman de Hong Kong travaillant dans la haute technologie, n’est pas l’homme si respectable que l’on pourrait croire… 007 devra faire équipe avec les services secrets chinois afin de découvrir les plans du mystérieux Henry Lee Ching, et empêcher un désordre mondial qui pourrait aboutir à la Troisième Guerre mondiale…

Au Festival de Cannes de mai 1990, nous pouvons alors voir une sorte de grosse affiche déployée sur la façade de L’Hôtel Carlton. Celle-ci annonçait que Timothy Dalton reviendrait dans le 17 éme film de la saga durant l’été. Une petite légende dans le coin droit indiquait également que « la saga la plus réussite de l’histoire du cinéma » allait « continuer ».

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Pendant ce temps chez EON, on cherche un réalisateur. Le journal The Daily Express a rapporté que « Cubby » Broccoli ou Michael Wilson était intéressé par le réalisateur de Rambo 1, Ted Kotcheff et par John Landis (qui avait déjà travaillé sur le script de L’espion qui m’aimait). Roger Spottiswoode (Demain ne meurt jamais) fut apparemment aussi considéré. Variety a également rapporté en 1991 que Broccoli, insatisfait du scénario original, était en pourparlers avec le scénariste/réalisateur John Byrum pour qu’il prenne les rênes du film avec les scénaristes Willard Huyck et Gloria Katz qui auraient la lourde tache de retravailler le script.

Toujours vers 1991, il fut décidé d’embaucher de nouveaux scénaristes : William Osborne et William Davies. Les deux hommes ont travaillé sur le projet pendant près d’un an, Osborne se rappelle :

Tout cela s’est passé pendant la guerre du Golfe. Je me rappelle avoir eu des réunions [aux bureaux de EON], CNN était sur la télévision et nous regardions Saddam Hussein qui lançait des missiles scud sur Israël. La réunion était sur le fait d’essayer de ramener Bond dans le monde réel tel qu’il était en 1991.

William Davies lui se souvient que :

On a commencé à parler de ce que serait le prochain film de Timothy Dalton. On s’est assis avec l’acteur, lui en avons parlé et écouté son point de vue sur le sujet. Nous avions cette ligne direction : Bond sentait légèrement qu’il devenait trop vieux [pour ces conneries], il commençait à penser comme quelqu’un qui est dans sa quarantaine. La vie qu’il avait, et les scènes d’action dans lesquels il était impliqué commençaient à lui couter plus que dans le passé. Nous n’avons jamais réussi à le faire fonctionner suffisamment pour Michael. Nous avons fait deux ou trois script et sommes partis.

Voici un résumé d’un script daté du 2 janvier 1991 et crédité au nom de Osborne, Davies, Al Ruggiero, et Wilson (et qui reprend pas mal d’éléments de l’ébauche d’Alfonse Ruggiero et Michael Wilson) :

Le prégénérique se déroulait en Afrique du Nord où, prétextant prendre part à une course de bateaux puissants, Bond se parascending (parachute tracté par un bateau) au-dessus d’une falaise où il été alors révélé qu’il se trouvait en Libye. Là, il infiltrait une usine d’armes chimiques qui était gardée par un robot high-tech ! Après avoir s’être montrer plus malin que le robot et le Colonel Al-Sabra de la police secrète de Libye, Bond plonge dans l’eau (depuis un endroit assez haut). Il se fait alors réprimander par un jeune officier qui est chargé de l’évaluer, celui-ci n’est pas content car Bond a échoué dans sa mission qui consistait à détruire l’usine. Soudain celle-ci explose et des restes du robot atterrissent près du bateau !

Bond arrive au quartier du MI6 à Londres où il tombe sur Nigel Yupland, un jeune ministre de la défense, qui est dans l’optique de faire des coupures budgétaires. Moneypenny est fiancé (engaged) à un « ingénieur des structures de chez Harrow » et le département Q a été fermé. Q, mélancolique, demande à Bond de lui envoyé une carte postale.

Le scénario était centré sur un avion de chasse furtif très couteux, le « Scimitar », développé par les Britanniques et qui rapporterait des milliards dans l’économie du pays. Cependant, cet avion a été volé alors qu’il effectuait un exercice avec l’US Navy. 007 a alors pour mission de le retrouver. Durant son enquête, Bond apprend que le chasseur, avec sa technologie furtive, doit être utilisé pour lancer une attaque nucléaire indétectable sur la Chine, ce qui provoquerait un changement de régime et permettrait au Général Han de la ligne dure de prendre le pouvoir. Han cèderait alors Hong Kong à Sir Henry Ferguson, un industriel impitoyable. Ferguson possède déjà une petite ile à Kowloon et fournit Han en arme high-tech (développées par lui-même) qui sont livrés par des gangsters de Las Vegas, les frères Vinelli. À un moment donné, Ferguson tue les Vinelli pour que l’on ne puisse pas le relier aux armes. Dans sa mission, James Bond rencontre Connie Webb qui, en apparence, est une voleuse de bijoux.

L’ensemble incluait une course-poursuite en monster truck dans les rues de Las Vegas, un combat contre des femmes bodybuildées, une séquence de séduction avec du rafting, un combat pendant un rodeo, un raid dans un dépôt d’armes secret caché dans le barrage Hoover, une poursuite entre l’Aston Martin DB5 de Bond équipé de gadgets contre un véhicule similaire de vilain lui aussi équipé de gadgets, et un assaut sur un bâtiment qui était équipé d’armes de défense. Bond rencontrait plusieurs personnages : un(e) assistant(e) gay appelé(e) Jennings, un homme de main nommée Rodin, un agent old-school de Hong Kong nommé Denholm Crisp. Les lieux visités étaient : Vancouver, Las Vegas, la Chine, Hong Kong et la Libye et le gun-barell était situé au milieu du prégérique.

Alors que le scénario de Bond 17 n’était apparemment pas satisfaisant et non terminé (vu que Osborne et Davies ont quitté le projet), Timothy Dalton pense se souvenir que le film était écrit et qu’ils étaient en discutions avec des réalisateurs lorsque ce qui allait maintenir James Bond hors de l’écran pendant encore longtemps, le business de l’industrie du cinéma et des questions juridiques, est arrivé. Un peu plus tôt, Pathé Communications, une société dirigée par un homme d’affaires italien à la réputation controversée, Giancarlo Parretti, était désireuse d’acheter MGM/UA (le studio qui distribuait notamment les films de 007) pour 1,2 milliard de dollars. Pour aider à financer son achat, Parretti est allé jusqu’à négocier la vente des droits de diffusions de plusieurs licences de la MGM (dont Bond). Lorsque Albert Broccoli a eu vent de la promesse de Parretti, « quand MGM sera mienne, Bond sera à vous », il intenta un procès à Parretti pour l’empêcher de vendre les droits.

Je n’ai rien contre Parretti, mais j’émets de fortes objections quant à son utilisation des films de James Bond comme un pot-de-vin aux rabais dans sa course pour soulever 1,3 milliard de dollars afin d’acheter MGM/UA.

Avec le soutien d’une branche néerlandaise du Crédit Lyonnais, Parretti devient officiellement le nouveau propriétaire de la MGM/UA en novembre 1990. Le tribunal rejette la plainte de Broccoli au début de l’année 1991, mais Broccoli ne s’avoue pas vaincu et intente une nouvelle action en justice.

Cinq mois après la fusion MGM-Pathé Communications, la société est dangereusement au bord de la faillite et enchaine les impayées. Le Crédit Lyonnais accepte d’aider le studio en difficulté avec un prêt, mais seulement à la condition que Parretti soit écarté de son poste de PDG. Parretti est resté l’actionnaire majoritaire, mais il fut destitué du conseil d’administration en juin 1991.

Le procès de Broccoli contre MGM-Pathé a continué tout au long de l’année 1991 et en 1992, pendant ce temps presque aucun progrès n’est fait sur Bond 17 en dehors du travail d’Osborne et Davies. EON n’allait évidemment pas faire un nouveau film tout en poursuivant son distributeur en justice (d’autant plus qu’EON n’en avait apparemment juridiquement pas le droit tant que le procès était en cours), la seule chose qui réussit à heurter les écrans est l’infâme James Bond Junior.

Le procès ne sera pas réglé avant décembre 1992, lorsque sa conclusion fut satisfaisante pour Broccoli/Danjaq/Eon. Toutes les personnes impliquées ont alors plus se remettre au travail sur Bond 17. La dette de la MGM-Pathé Communications continuait cependant à s’accroitre et en 1993, Pathé Communications était finalement « exclue » de la société. La MGM avait alors besoin d’un film à succès…

Bond était apparemment définitivement revenu sur les rails en mai 1993, lorsque la vice-présidente des affaires créatives de la MGM, Elizabeth Robinson, a annoncé qu’elle travaillait sur 17 éme film avec le scénariste Michael France (Cliffhanger) qui écrivait un tout nouveau script. Variety a divulgué que le scénario comprenait « des implications mondiales » et que le salaire de France s’élevait à hauteur de 400 000 $.

Deux semaines plus tard, Variety révèle que Richard Smith a été embauché pour travailler sur de futurs scénarios pour les prochains films de James Bond. John Cork, membre de la fondation Ian Fleming, est également venu travailler sur ces scénarios (tout comme Donald E. Westlake ; au final au d’entre eux ne signera les Bond qui suivrons). Un « porte-parole de Danjaq », Charles Juroe, a déclaré :

France est en train d’écrire Bond 17. Ces deux autres messieurs écrivent pour les Bond futurs, en supposant [que le relancement de la saga] soit un succès. […] Lorsque vous arrivez à votre 17 éme, vous faites les choses différemment. Vous n’attendez pas qu’il soit un succès pour dire, « Oh, nous devrions en faire un autre ». Ce cycle de deux ans ne donne pas à Danjaq le luxe d’attendre 10 ou 11 mois pour commencer à travailler sur le prochain. Ils ont appris qu’ils doivent être en avance sur le jeu. Quand United Artists dit qu’elle est prête à en faire un autre, elle espère en avoir un de prêt.

Juroe laisse également entendre que Timothy Dalton sera probablement de retour pour Bond 17.

Le 6 août 1993, Timothy Dalton est interviewé par le Daily Mail et affirme aussi que Michael France travaille sur le scénario du film tout en laissant entendre que la production commencerait en janvier ou février 1994.

Dans l’édition août 1993 de Film Review, il est dit que Michael France travaille sur le film depuis que deux scripts écrits par William Osborne et William Davies ont été mis au rebut. Une porte-parole d’EON, Liz Ihre, a déclaré que les négociations avec Dalton avaient reprises : « rien n’a encore été signé, mais nous avons grand d’espoir ».

Les producteurs voulaient effectivement garder Dalton pour qu’il remplisse son contrat initial de trois de film, même s’il avait expiré. Cette idée s’est heurtée à l’opposition du nouveau président de la United Artists, John Calley, qui ne voulait pas Dalton dans le rôle de 007 mais plutôt Hugh Grant, Ralph Fiennes, Liam Neeson, ou Pierce Brosnan. Broccoli a de son côté catégoriquement affirmé que Timothy Dalton devait rester James Bond.

À Variety, la MGM déclare qu’elle cherche « un important réalisateur pour donner un look différent » au film, quelqu’un qui pourrait redonner vie à la série et faire un carton au box-office. Une rumeur a commencé à évoquer le nom de Michael Caton-Jones pour réaliser le film, avec des lieux de tournages qui incluraient l’Australie, pays absent du premier scénario. Renny Harlin, le réalisateur de Cliffhanger, fut aussi considéré pour Bond 17 mais a refusé, n’aimant pas le Bond de Timothy Dalton.
À la question de savoir si la production ferait Bond 17 en Chine, la plupart de l’action se déroulant à Hong Kong (qui cependant appartenait encore au Royaume-Uni à cette époque) dans le script original, Ihre a répondu : « Nous avons examiné la Chine il y a quelques années, mais il est peu probable que nous y posions nos caméras dans un futur proche ». Vancouver (Canada) a ensuite été évoqué comme un lieu possible de tournage.

Extrait du numéro d'août 1993 de Film Review
Extrait du numéro d’août 1993 de Film Review.

Avec un tournage prévu pour la fin 1993 dans le but de sortir le film durant l’été 1994, MGM a sorti un budget de 42 millions de dollars, soit 10 de plus que pour Permis de Tuer.

Il était cependant prévu que Michael France termine le script en 12 semaines, mais celui-ci eut besoin d’un délai supplémentaire. France termina son premier script de Bond 17 en janvier 1994, celui-ci était alors intitulé « GOLDENEYE » en référence à la villa jamaïcaine de Fleming et était écrit avec Timothy Dalton en tête.

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Cependant, après que le contrat de Dalton ait officiellement expiré fin 1993, l’acteur a gracieusement tiré sa révérence du rôle en 1994. Il avait lu le scénario de France pendant qu’il tournait la mini-série Scarlett et ce fut à ce moment-là que Dalton prit apparemment, et annonça ensuite sa décision de quitter la saga le 11 avril 1994 :

Même si les producteurs m’ont toujours fait comprendre qu’ils voulaient me voir reprendre le rôle de James Bond dans leur prochain film, j’ai désormais pris cette décision difficile. En tant qu’acteur, je crois qu’il est maintenant temps de me détacher de cette merveilleuse image et d’accepter le défi d’en acquérir une nouvelle.

Lorsque Dalton fut interviewé par Tom Snyder, il ajouta ceci : « Pour le monde, il a été Bond pendant 8 ans, il était temps de passer à autre chose ou il porterait ce manteau pour le reste de sa vie ». Cela a en quelque sorte arrangé Calley et la MGM qui demandait à Broccoli de virer l’acteur. En fait, Broccoli avait demandé à Dalton s’il voulait reprendre le rôle pour plusieurs films James Bond, mais après ce long hiatus de plusieurs années, Timothy n’était partant que pour un seul film.

[Vers 1990] nous avions un script. Ils auditionnaient des réalisateurs. Nous avancions vraiment, prêts à commencer. L’histoire était plutôt bonne, du moins je pensais. À cause de l’action en justice [contre la MGM], mon contrat avait expiré. Et Mr. Broccoli, que je respectais vraiment en tant que producteur et ami, m’a demandé ce que j’allais faire quand ce serait résolu. J’ai dit : « Écoute, en toute honnêteté, je ne pense pas que je vais continuer ».
Mais quand le procès a pris fin, Dalton avait changé d’avis : « Quand [le film suivant] est sortie, c’était probablement quatre ou cinq ans plus tard. Broccoli m’a demandé si je voulais le faire, et je lui ai dit : « Eh bien, j’ai réellement changé d’avis, je crois que j’aimerais en faire un ». Essayez de prendre le meilleur des deux films que j’ai fait, et le consolider dans un troisième. Et il a dit, à juste titre : « Écoute Tim, tu ne peux pas en faire un. Il n’y a pas moyen, après un trou de cinq ans entre les films tu ne peux pas revenir et en faire juste un. Tu dois te préparer à en faire quatre ou cinq ». Et j’ai pensé : « Oh, non, cela signifie le reste de ma vie ». Trop long. J’ai donc respectueusement décliné

Timothy Dalton à The Week

Et puis le 15 juillet 1994, EON doit faire face à un nouveau problème : le film True Lies avec Arnold Shwarzenegger vient de heurter les salles obscures des États-Unis. Beaucoup des scènes d’action du script de France furent alors jugées trop semblables à celles de True Lies et le scénario de Goldeneye devait donc être revu en conséquence (j’imagine que d’autres choses devaient aussi être revues, notamment certaines cascades un peu ambitieuses ; France à lui même avoué que l’un des problèmes de son script est que celui-ci contenait des séquences d’action coûteuses toutes les dix minutes). Par la suite plusieurs scénaristes, Bruce Feirstein, Jeffrey Caine et Kevin Wade, sont donc venus réécrire et polir le script du film. L’objectif était maintenant de faire sortir GoldenEye en 1995.

Un mois plus tôt, en juin 1994, Pierce Brosnan, l’homme qui avait failli être James Bond à la place de Dalton en 1987, et qui était sur la liste de souhait de Calley, fut annoncé comme le 5éme James Bond officiel. Six ans après Permis de Tuer, James Bond revient dans les cinémas sous la réalisation de Martin Campbell avec Goldeneye, en novembre 1995.

Restez connectez, CJB vous livre des résumés détaillés de quelques scripts de Bond 17 :

Le scénario original d’Alfonse Ruggiero et Michael Wilson :
Cliquez ici

Le script original de Michael France :
Cliquez ici

 

Sources : MI6-HQ, Life between frames, 007 Bond, The James Bond International Fan Club, 007 Forever, Variety, Some Kind of Hero: The Remarkable Story of the James Bond Films de Matthew Field et Ajay Chowdhury.

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

7 Comments

  1. Grand article sur l’histoire derrière Bond 17. Très complet … vous n’avez pas oublié quelque chose, vous avez rejoint très bien. Je l’avais toujours appris de cette histoire séparément des endroits différents.
    Il est dommage que nous ne pouvons pas obtenir les scripts originaux que Davies et Osborne a écrit en 1991. Ou un résumé plus détaillé. Nous l’obtenons?
    Et je l’espère pour samedi prochain le résumé détaillé du premier projet de Ruggiero et Wilson a écrit.
    Clément Bon travail!

    1. Chose promise, chose due ; ton commentaire me fait extrêmement plaisir (c’est hélas si rare d’en avoir). Oui c’est vraiment dommage de ne pas avoir ces scripts nous-même, et même en règle tous les scripts de la saga. Ce serait vraiment intéressant de s’y plonger, faudrait qu’il sortent un livre qui serait un recueil de divers scripts bondien, mais là je rêve. Dommage que seul le script (final) de Goldeneye semble avoir été publié en livre ( http://www.jamesbondfirsteditions.com/pages/books/40644/eon-productions/goldeneye-released-through-united-artists-james-bond-script-by-jeffrey-caine-and-bruce-feirstein , je me demande si c’est une lecture intéressante au passage, je ne l’ai pas).

      Yep samedi ça va être du lourd, du bel ouvrage (sans me vanter gratuitement), avec le max de détails que j’ai plus trouver sur le sujet. Si comme moi tu est matinal, tu devrais pouvoir le trouver vers 7h00 😉

  2. Il me fait plaisir de commenter des articles intéressants.
    Peut-être un jour à venir scripts légers Davies et Osborne. J’ai une théorie qu’il « http://propstore.auctionserver.net/view-auctions/catalog/id/26/lot/3381/ » est l’un de ces deux scripts. Elle coïncide dans de nombreux aspects de petit résumé que nous connaissons.
    Si un livre qui était une collection de plusieurs scripts mis au rebut (ou même plus), il serait merveilleux de lire.
    A propos du livre du script final de Goldeneye, moi non plus, mais je pense que ce sera comme une sorte de « novelization complète et détaillé » de ce que nous voyons déjà dans le film. Peut-être avec les détails mis au rebut qui ont été utilisés dans Le monde ne suffit pas.
    Depuis ce temps, je vais essayer de le lire du début à la fin avec soin.
    Clément Bravo!

  3. @Dieg007.MI.6 si je ne me trompe pas sa voiture préférée n’était elle pas une Ford Bentley décapotable grise? dans le roman de Goldfinger n’avait il pas une Jaguars fournies de gadget réalistes que souvent les espion se servaient pendant la guerre froide ?

  4. Merci beaucoup pour cet article, très intéressant ! Il est dommage que le projet ne soit pas venu à bout, j’aime beaucoup Timothy Dalton dans le rôle de 007, et le sujet semblait promettre un excellent spectacle. Je lirais les parties sur le scénario avec grand plaisir ^^

    Sinon, si quelqu’un a des infos sur le scénario de Gloria Katz et Willard Huyck (voir à une ébauche ou le script entier), je suis preneur 😉

  5. comme c est dommage tout cela…..quel gachis!

    1. il y a 4 ans c etait la gourmandise du prix de location des sites de tournages qui faisaient la guerre aux resultats de production .Maintenant l essoufflement de la serie proviendrait semble t il de l originalite de l aventure
      Aretez d aller dans des pays classiques ou d actualite
      allez plutot au japon ou au canada ouen france profonde
      l europe du nord contient de jolis paysages ainsi que l afrique du sud et l allemagne

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