SPECTRE : Un passé qui ne passe pas ou Madeleine pour fans !

Depuis que j’ai visionné Spectre jeudi 29 Octobre en compagnie des collègues de Commander-James-Bond, de nombreuses images du film continuent de circuler dans ma tête. Surprenant est véritablement le mot qui vient à l’esprit en sortant de la salle. Frustrant, parfois agaçant mais tellement bon… Explication

NB: cette critique se base sur les premières impressions à la sortie de la salle. Je souhaitais absolument poster cette critique avant de revoir le film. Ainsi, témoigner des premières impressions et comparer avec les nombreuses relectures de Spectre. Cet article contient implicitement des Spoilers !

The Dead are alive

Mexico City, premier plan séquence de la saga absolument génial, accompagné par une musique tout en percussions où les cuivres du James Bond Theme montent crescendo. L’excitation ne cesse de grimper ! Le pré-générique se poursuit de manière moins iconique, mais demeure impressionnant dans son contenu. L’absence de piste sonore durant le combat en hélico, assez brutal pour un début de film. Heureusement le sourire de Craig quand il s’en sort en dit long. Il observe la bague, le tragique générique peut commencer.

 big_startfilmru1307405Une scène majeure

Spectre se veut « classique » dans sa première heure. Et le classique a de quoi rendre sceptique. Que penser du gag de la Fiat 500 tout droit sorti d’un Roger Moore ? Et du total manque d’enjeu dans cette course poursuite en voiture ? Pourtant la tension est à son paroxysme lors de la réunion des membres du Spectre, C.Waltz lançant son « coucou » à James.  Le sentiment d’être dans l’antithèse de Sam Mendes. Dans Spectre, on ne retrouve pas vraiment la construction idéologique d’un film du réalisateur, c’est à dire : la déconstruction des mythes/idéaux (Banlieue chic pour American Beauty, Guerre du Golf pour Jarhead, Mariage pour Les Noces Rebelles, le Mythe James Bond qui a 50ans pour Skyfall…). Normal, le réalisateur à déjà tout donné dans le précèdent opus… Par conséquent, cela lui permet de se concentrer sur les différentes scènes du film et leur apporter une ingéniosités narrative, visuelle. Je pense notamment à ce plan suivant l’entrée de Lucia Sciarra (Monica Belluci) dans son appartement, révélant au fur et à mesure l’envers du décors, le piège. Parmi d’autres cette scène témoigne d’une grande maîtrise.

Monica Bellucci, impactant dans sa courte apparition, scène hyper érotisée à la finalité très Bondienne… Bref, l’après générique laisse le spectateur un peu flottant, les scènes s’enchainent rapidement mais sans rythme. On est dans quoi là ? Un peu loin de l’intense Skyfall en tout cas… On alterne le meilleur et le moyen. C’est ce qui inquiétera les passionnés de l’ère Daniel Craig et réconfortera les amoureux de pop culture (on a quand même un siège éjectable, l’Aston Martin DB10 dans toutes sa splendeur, un gunbarell…). Mais pour réunir tout le monde, Sam nous propose de poursuivre l’aventure !

Le retour de Mr.White, apparaît miraculeusement, amorçant l’envol du film : Bond et Madeleine se rencontrent. Il y a dans leurs regards et histoire quelque chose de touchant, sensible et intelligible. Sam Mendes passe par l’implicite, les regards pour ressentir cette relation.

La séquence du film :

Script B24 5

Selon moi il y a une partie du film somptueuse, qui fait oublier tout les défauts et la légère déception qui commençait à m’animer. Celle de l’arrivée à Tanger (l’Américain, la scène de nuit dans l’appartement, le train, Hinx, amour, attente de la Rolls) jusqu’au repère du méchant. Enfin il y a de l’ambiance, une atmosphère, quelque chose d’intime. La confrontation de Bond avec le rat au cœur de la nuit… parfaite. Des secrets du passé ressurgissent, les émotions propres au Bond de Daniel Craig sont là, enfin. L’intimité, l’échange entre Madeleine et Bond font respirer le récit et nous préparent à redémarrer la course contre le Spectre. Dans le train, les dialogues sont bons. Interrompue par une parfaite scène d’action moins « plan-plan » que les précédentes : le combat entre Hinx et Bond. Hallucinant, scotché à son fauteuil on assiste véritablement à un massacre. Le bruitage de la scène ainsi que le montage impressionne, durée des plans suffisante pour ne pas croire qu’il s’agit seulement d’un habile jeu de montage. Le « ouf » de soulagement que l’on ressent une fois cette scène achevé atteint sa quintessence lorsque le thème de la chanson « Writing’s on the wall » fait son apparition pour nous exposer une scène d’amour fou, où les regards donnent envie… Le sommet du film selon moi.

 Madeleine pour fans

Les scènes dans le repère du méchant enchaînent les clins d’œils mais également tous les éléments propres à un James Bond. Confirme la présence d’une photographie splendide, très solaire. L’esthétique de certains plans fait artificiel dans la base de C. Waltz, notamment un travelling arrière suivant la marche du trio, un aspect clinquant. Contrastant totalement avec l’obscurité des scènes suivantes, provoquant un effet alternant ombres et lumières.

Spectre 22 octobre (3)Courte scène d’action mais à la conclusion SPECTACULAIRE

Je ne suis pas de ceux scrutant les moindres défauts d’un scénario, à relever les incohérences, j’aime qu’on me fasse croire en une histoire par un habile montage visuel de scènes fascinantes. Je dois cependant reconnaître, la véritable motivation du méchant nous échappe totalement. Christoph Waltz excellent acteur, fascinant à admirer dans ses mimiques, pas pleinement exploité ici. A droit tout de même à une réplique mémorablement bien prononcée : « It was me James, me; It was always being me; The author, of all your pain » Les révélations vont bon train et nous surprennent de plus en plus. Beau plan séquence en plein action et surtout beaux regards encore…

Mais que penser de cette scène de torture (inspirée du roman Colonel Sun), assez traumatisante par le contraste avec le ton justement plus ‘classique’ du début du film ? Prenant place dans une salle totalement blanche inondée de clarté pour marquer la violence. L’impression que Sam Mendes hésite. On retourne au classique ou on évoque à nouveau la genèse de notre héros comme dans les 3 précédents films ? J’aimerai surtout qu’on cesse de rétrograder notre héros au passé, Skyfall à fait revenir les double 0 à leur place. Spectre est proche du film historique, reconstitution d’une atmosphère passée. Certes c’est très beau même somptueux, mais cela provoque un souci d’unité dans la période Daniel Craig. Comme s’il était impossible de réaliser un James Bond aujourd’hui. A la base c’était l’objectif avec Casino Royale de totalement moderniser l’espion, son univers et offrir des nouveaux grands moments ! Exercice réussi avec brio, suivie de Quantum of solace parfaitement moderne mais trop « choquant » pour certains. Tandis que Skyfall semblait expliquer : oui Bond ne date pas d’hier mais aujourd’hui on a toujours besoin de lui dans notre Monde actuel ! Spectre vient contredire cette idée finalement… Car 007 évolue dans un monde « musée », son propre historique de la saga. Certes le maigre conflit prenant place au MI6 se veut moderne, hélas clairement pas assez développé et répétitif par rapport à Silva.

Aspect à double-tranchant, car ce musée Bondien demeure significatif : un personnage clef de l’enfance de Bond refait sont apparition. Par conséquent, l’univers dans lequel il évolue doit entremêler souvenirs, moments du passé. Cela fait sens.  Surtout en plaçant au tout début du film les mots « The Dead are alive », les Spectre du passé de Bond sont vivants, continue de hanter sa vie. Le film tissant habilement des liens familiaux dans ce système dont James Bond est lui-même prisonnier, son acte final (fait rare dans la saga) permet à notre héros de se délivrer.

Mention spéciale pour la toute dernière scène qui fait énormément du bien… Enfin une fin heureuse pour Daniel Craig.

Difficile de tirer une conclusion définitive sur le film, il divisera certes. Actuellement, j’ai l’immense envie de revoir Spectre, agissant comme une madeleine de Proust pour les fans que nous sommes… Et au final je pense sincèrement que c’était le souhait du réalisateur.

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PS : Il y a des choses évidentes que je n’évoque pas dans cette article, comme le fait que Daniel Craig est le meilleur James Bond de la franchise. Mais aussi que lui et Léa Seydoux portent le film à merveille. L’équipe du MI6 unis, offre une solide base pour la saga. Avec des acteurs hyper charismatique : Ben Wishaw (formidable Q), Naomi Harris (hélas moins utilisée mais parfaite) et Ralph Fiennes (le nom suffit).

5 Comments

  1. Beaucoup d’incohérences dans le récit .
    Par exemple , ça …
    Skyfall: ‘Were you expecting an exploding pen, we don’t go in for that type of thing anymore!’
    Spectre: ‘Here have an exploding watch!’

  2. Je reste ravi d’avoir vu spectre malgré bien sur deux trois petits points, j’ai adoré l’ambiance, Craig et Léa, les petits clins d’oeil aux passé et je pense que cet opus marquera la franchise.

  3. Vraiment un très bon Bond, il me tarde de le revoir.

  4. Effectivement, très bon article.
    Il s’agit pour moi aussi d’une critique a chaud juste après avoir découvert le film.
    Je n’ai pas beaucoup a ajouter, sinon que j’ai l’impression que les fans sont moins exigeants avec ce film qu’ils l’ont étaient avec QOS, je m’explique, Spectre n’est pas un Bond légendaire comme CS ou Skyfall, il boxe dans la même catégorie que QOS, pourtant dieu sait comme j’aime ce dernier, un film excellent qui a été matraqué et dénoncé comme un hors série dés sa sortie, alors que avec Spectre ça se passe super bien, autre chose, je comprend vraiment pas comment ce film a pu coûté la bagatelle de 250 millions de dollars, avec ce budget je m’attendais a d’avantage d’action et de punch, Rogue Nation a coûté 100 millions de moins quand même !
    Dernière chose, reconduire Mendes a été une erreur d’après moi, alors oui, on change pas une équipe qui gagne, mais la différence avec Skyfall est monstrueuse (scénaristiquement parlant), il aurait été mieux de donner la chance a un nouveau et jeune réalisateur qui aurait pu donner a Spectre une vraie construction idéologique avec plus de nervosité,suspens et d’originalité, cette critique est valable aussi pour Newman.
    Donc, après la tactique : Bond devait poursuivre l’exploration de son enfance, j’ai juste envie de voir une vraie nouvelle histoire dans le prochain film qui j’espère ne tardera pas beaucoup.

  5. Beaucoup d’éléments typiquement « Bondiens » sont inversés ici:
    La première girl rencontrée et qui aide Bond est généralement tuée. Ici elle survit.
    Le siège éjectable de l’Aston Martin est de l’autre côté.
    Bond laisse vivre le méchant.
    Il semble quitter le métier pour partir mener une vie normale avec la fille…

    D’autres m’ont peut être échappés mais en tout cas tout cela sort de l’ordinaire…

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