Spectre : les scripts du 8 octobre et du 9 novembre

Spectre : les scripts du 8 octobre et du 9 novembre

Cette semaine, CJB s’attaque à d’anciens scripts de Spectre ! On vous conseille très fortement de lire les épisodes précédents avant de consulter celui-ci :

Épisode 1 : Le script du 17 octobre (partie 1).
Épisode 2 : Le script du 17 octobre (partie 2).
Épisode 3 : Le script du 17 octobre (partie 3).
Épisode 4 : Le script du 1 décembre.

Untitled B24 : 8 octobre

Le troisième script que nous vous présentons est le plus vieux des trois, il est daté du 8 octobre 2014 (139 pages).

Pré-générique :

Le pré-générique, bien qu’il commence de la même manière que celui du script du 17, est foncièrement différent :

Gunbarell qui s’ouvre l’orbite d’un crâne… Mexico durant le Jour des morts… Marco Sciarra se déplace parmi la foule… Le couple se dirige maintenant vers un hôtel… (Un homme déguisé en Satan donne une clef à Bond dans l’hôtel)… Ils entrent dans la chambre et Estrella demande à Bond de l’embrasser… Bond retire une partie de son déguisement (il est maintenant habillé en tenue de commando noir dans ce script)… Bond sort sur les toits, prend son PPK, se dirige vers l’appartement où se trouve Sciarra et écoute…

C’est ici que les choses changent :

Marco : C’est ici, où sont les autres ?
Homme : À Saint Saviours.
Marco : Et le vol d’évacuation ?
Homme : Côté sud de la place principale.
Marco : À quelle heure le gouverneur est censé être au stade ?
Homme : Une heure.
[Bond se murmure à lui-même en latin : Nos morituri te salutamus…]
Marco : Un toast, mon ami. À la mort !
Homme : À la mort !

Bond décide de tirer et place une balle entre les deux yeux de Sciarra (qui meurt donc), son complice riposte et parvient à toucher 007 mais sa tenue de commando le protège. Finalement Bond tire sur la valise. BOUM ! Une grosse explosion dévaste tout le bâtiment dans lequel se trouvait le méchant ; soudain ce bâtiment commence à tomber sur celui de Bond avec grand fracas…

Bond parvient cependant à s’en sortir en vie et dans les débris, il tombe sur le corps de Sciarra, lui prend sa bague et il retire sa tenue de commando. Alors que des agents de police arrivent sur place, Bond s’éloigne de la scène de l’explosion et tombe sur un panneau indiquant : Scuela Infantil de San Salvador (Saint Savior’s Infant School – l’endroit dont parlait le complice de Sciarra).

Bond entre dans l’école, la cour est vide et il sort son PPK. En entrant dans une salle de classe, il tombe sur « les autres », deux hommes assis qui ont des fusils près d’eux. Les hommes remarquent Bond et il un moment ou plus personne ne bouge, soudain ils essayent de prendre leurs armes mais 007 les abats.

Bond examine les téléphones et se stop, sur la table où il y avait les deux hommes, il y a une troisième cigarette dans le cendrier… Lorsque Bond la remarque, il entend le bruit d’une chasse d’eau et un homme revenir dans la pièce. Celui-ci le voit, mais trop tard, 007 le descend en ajoutant : « Tu ne devrais pas fumer ». Bond remarque une vielle télé avec un magnétoscope dans la salle de classe et appuie sur le bouton play, un homme apparait à l’écran mais son visage ne peut pas clairement être vu :

Homme : Dia Di Muertos… Le jour des morts. Un nom parfait pour la tâche qui nous attend. Soyez forts, mes frères. Et quand la tâche sera accomplie, contactez le Signor Sciarra. Il vous donnera les dernières instructions pour l’élimination du Roi Pâle.

Bond attrape un des téléphones et compose un numéro :

Bond : Pruitt…
Pruitt : Bond ! Qu’est-ce qu’il s’est passé bordel ?
Bond : Plus tard, trouve la Saint Savior’s School, je serai devant. [Il entend des personnes venir du devant] Disons plutôt derrière.

Bond sort de l’école et un camion de livraison de bière Heineken (!) fonce à travers un portail et s’arrête à seulement quelques centimètres de la tête de 007 ! Bond monte dans la cabine pour rejoindre Pruitt (l’homme qui était déguisé en Satan, il s’agit d’un « expatrié qui est le contact local » de Bond) et prend le volant.

Ceci les enfants, c'est-ce que l'on un appel un très et trop gros placement de produit !
Ceci les enfants, c’est ce que l’on appel un très… et trop gros placement de produit !

Pruitt : Je pensais que tu avais dit que c’était un boulot tranquille ?!
Bond : Oui, désolé pour tout cela.
[Trois hommes sortent de l’école l’arme à la main et se dirigent vers des voitures]
Pruitt : J’ai dû voler ce foutu truc à l’entrée de service de l’hôtel. Je pensais que ce n’était pas supposé arriver.
Bond : Pas exactement.
Pruitt : Où vas-tu ?
[Les voitures sont maintenant à la poursuite du camion]
Bond : Au sud de la place principale, les poseurs de bombes y ont un plan de sortie.
Pruitt : Les poseurs de bombe ?!
[Ils passent devant plusieurs affiches qui indiquent que le gouverneur fera un discours au stade Estadio Azteca]
Bond : Ils ont prévu de faire partir le gouverneur en fumé, avec le reste du stade je suppose.
Pruitt : Seigneur… bien joué.
Bond : Je ne suis pas sur que M en pense autant.
[Bond continue à rouler, il voit un barrage routier de police]
Pruitt : Merde, pas moyen de passer à travers.
[Bond prend un autre itinéraire et arrive à la place principale]

Roulant à travers la foule, Bond et Pruitt voient un hélicoptère survoler l’endroit et larguer deux hommes. « Oh, dieu du ciel », s’exclame Pruitt. Bond considère la situation : deux voitures de poursuivants derrière et un hélicoptère devant, « Accroche-toi » et il passe la marche arrière, emboutissant ainsi les voitures. Des bouteilles d’Heineken tombent de l’arrière du camion et ensevelissent partiellement les voitures, « vous ne devriez pas boire ou conduire » commente Bond.

Les hommes de devant ouvrent le feu, Bond et Pruitt se baissent et 007 appuie sur l’accélérateur et parvient à se débarrasser de l’un des hommes, l’autre remonte dans l’hélicoptère. Bond sort, s’accroche a un patin de l’appareil, monte dedans et se bat contre l’homme… Finalement le pilote fait en sorte que l’hélicoptère vol presque à l’envers, les deux hommes s’accrochent mais finalement le type tombe dans hélice de l’aéronef. 007 se dirige maintenant dans le cockpit et se bat avec le pilote alors que l’hélicoptère qui n’est désormais plus piloté par personne, fait des manœuvres dangereuses. « Tu dois partir », dit Bond avant d’éjecter le pilote de l’hélicoptère et de prendre les contrôles.

La police arrive sur la place et le téléphone de Pruitt sonne :

Bond : Je te dois un verre.
Pruitt : Avec plaisir mon garçon. Mais plus jamais de truc comme cela. As-tu trouvé ce que tu cherchais ?
Bond : [En regardant la bague] C’est un début.

Le reste du script :

    • Il était prévu que nous entendions d’abord M qui engueule Bond depuis le bureau de Moneypenny « MAINTENANT VOUS M’ÉCOUTEZ… » avant d’avoir un premier plan à l’intérieur (les dialogues sont quelque peu différents) :

      M : Au cas ou vous l’auriez oublié, votre statut de 00 ne vous donne pas le droit de parcourir le monde pour régler de vieux comptes. Seigneur, à quoi pensiez-vous ?
      Bond : Pourquoi toutes ces caméras ?
      […]

      M : Je suppose que vous n’allez pas me dire ce que vous faisiez là-bas.
      Bond : J’aimerais bien, monsieur… mais avec tout mon respect, toutes ces fusions, « Inter-Departemental Streamlining », « Cost-Effective Restructurations », peut-on vraiment dire que l’on sait qui commande à présent ?
      M : Ne me poussez pas à bout, 007.
      […]

      Bond : Félicitation pour votre nomination C. M et moi discutions justement des nouvelles caméras.
      C : Oui, les caméras. Procédure standard au MI5. Croyez-moi, vous allez vous y habituer…
      Bond : Pourquoi je ne vous croirais pas ?
      M : 007 était sur le point de partir.
      Bond : : Bruce Denbigh. A écrit ce dossier l’année dernière qui expliquait à quel point la section 00 était obsolète et que des drones pourraient faire tout le sale boulot.
      M : C’est assez.
      C : Tout va bien, M. J’apprécie la sincérité. Après tout, c’est le sujet de cette fusion. Franchise, partage d’opinions à travers les départements, sortir le renseignement des temps obscurs pour l’amener vers la lumière.
      Bond : : Ça à l’air charmant.
      M : : Ce sera tout, 007. Présentez-vous à Q demain.
      Bond : : Alors je suis toujours actif ?
      M : : Non, vous êtes suspendu. Pour l’instant.
      Bond : : Très bien, monsieur.

    • Bond demande à Lucia s’il y a un mot de passe (à la place que ce soit elle qui lui donne sans qu’il ne le demande). Elle avait aussi une phrase où elle lui disait « J’ai connu bien des hommes, mais aucun n’était aussi fou que vous », il lui répondait avec une phrase Moneypenniesque : « la flatterie ne vous mènera nulle part ». Enfin, elle ne lui donne pas de masque (personne n’en porte à la réunion).
    • Durant la réunion du Spectre, le leader n’a pas le visage caché par l’ombre, mais par des bandages. Lorsqu’il arrive dans la salle, il est sous intraveineuse.
    • Après que leader ait balancé les globes oculaires sur la table, lui et les membres du Spectre récitaient une sorte de credo :

      Santa Muerta, Déesse de la mort, au corps écharné, ta mâchoire béante avale les étoiles pour nous protéger aujourd’hui. Alors quand la lune s’en ira et que la nuit éternelle tombera, nous danserons ensemble dans l’obscurité, alors que le ciel pleuvra des larmes et du sang.

    • Bien que Hinx et l’espagnol se proposent tous les deux, les mots « Roi Pâle » et « lac de Mondsee » ne sont pas prononcés durant la réunion.
    • Lorsque Bond se fait « démasqué », trente personnes pointent leurs armes sur lui et il saute par la fenêtre pour rejoindre l’Aston. Une fois dedans, il ne s’échappe pas aussi facilement du palais, une voiture bloque la sortie et il cherche un autre moyen de sortir. À un moment sa voiture se fait « encercler » par des hommes armés et Bond se lance dans un 360° sur place, faisant fumer les pneus. La voiture disparait dans fumée et en sort quelques secondes plus tard. Bond se dirige alors vers la sortie.
    • Un hélicoptère (contenant le leader) décolle du Palazzo Cardenza lorsque Bond s’enfuit en Aston Martin.
    • En plus de Spooky de Dusty Springfield, le script demande à ce que L-O-V-E de Nat King Cole soit entendu lorsque Bond évite un camion pendant la poursuite en voiture.
    • Juste après que 007 soit atterrie en parachute et soit passé devant les éboueurs, on devait entendre M parler à Tokyo :

      M : …Je le répète, mon agent est vraiment consciencieux… Il n’a pas eu le temps d’informer les autorités mexicaines de la menace qui se déroulait. Il a pris la décision de faire preuve d’une extraordinaire sensibilité dans des circonstances extraordinaires.
      Un Japonais : Cela révèle une fois de plus que plusieurs agences de renseignements extérieurs sont dominées par des éléments renégats et ont cessés de coopéré entre elles pour la sécurité.
      C : Si la coopération est le but, personne dans cette pièce n’est innocent. On se hack nos téléphones, on utilise la surveillance par ordinateur contre nos alliées, on collecte des renseignements sur nos amis aussi bien que sur nos ennemis. Nous sommes tous handicapés par la méfiance. Je crois que j’ai vu quelque chose de nouveau, pas juste des attaques coordonnées, mais différentes organisations terroristes qui joignent leurs forces. Ils se font plus confiance entre eux que nous nous le faisons. Quoi que l’on fasse, cela échoue. Je le dis encore, un comité Nine-Eyes aurait accès à tous les renseignements combinés de nos pays membres. Alors nous aurons une chance de faire la différence. Alors je vous en supplie, voter « Oui » est la seule chance d’avancer.

    • Mr White évoque déjà le thallium dans son téléphone (une idée absente du script du 17, mais reprise dans celui de décembre). Il en va de même pour Hinx qui arrive au chalet de Mr White.
    • Lorsque Bond demande à White où il peut trouver le leader, celui-ci répond « c’est bon de vous revoir, monsieur Bond » mais ajoute aussi « Je vous aie toujours détesté. Au moins maintenant je sais que vous allez mourir horriblement. Seul et demeuré ». Lorsque White dit que Vesper a échangée sa vie contre la sienne et qu’il voit que Bond ne cligne même pas des yeux, il ajoute : « Allons, vous vous êtes surement demandé pourquoi ? ».
    • Lorsque Madeleine pose des questions à Bond pour établir quelle thérapie serait le plus adaptée pour lui, il y a là un élément qui apparait dans les romans On ne vit que deux fois et Sur ordre de Sa Majesté :

      Madeleine : Alors, où avez-vous grandi ?
      Bond : Ici et là. Angleterre, Eton. Puis je me suis fait jeter d’Eton.
      Madeleine : Pour quel motif ?
      Bond : J’ai été attrapé avec l’une des femmes de ménage.
      Madeleine : C’était imprudent.
      Bond : Alors, comment quelqu’un qui a étudié à Oxford et à la Sorbonne […] ?
      Madeleine : Je vois que vous avez fait vos devoirs.
      Bond : Je vois que vous n’avez pas répondu à la question.

      Lorsque Bond dit à Madeleine que son père s’est suicidé, elle lui demande si c’était l’un de ses amis ; Bond lui répond que White était son « ennemi juré ».

    • Nous devions voir les deux agresseurs casser les fenêtres de l’hôtel Horatio.
    • À L’Americain, Madeleine raconte que son père lui a dit une fois que le leader avait un grave problème de santé :

      Madeleine : Il m’a dit une fois, quand il était ivre, il a dit que vous ne saurez jamais de quoi cet homme est capable. Il a dit qu’il avait une maladie. Dépérissement. Que ses organes se bouffent lentement entre eux. Mais il a trouvé un moyen.
      Bond : Comment ?
      Madeleine : Un rein ici, un foie là. Transfusion sanguine, moelle osseuse, greffe de peau… Il a suffisamment d’argent et les gens sont assez pauvres pour vendre leurs propres corps pièce par pièce. Voilà comment il reste en vie. Qui sait… peut-être pour l’éternité.
      Bond : Tout ce qu’il faut c’est une simple balle.

    • Dans la pièce secrète de L’Americain, Bond trouve non seulement la cassette intitulée « interview avec Vesper Lynd » qu’il décide de ne pas regarder, mais aussi l’article de journal disant que « Hannes Oberhauser a été retrouvé mort dans les montagnes. Son fils, Franz, est toujours porté disparu ».
    • Il y avait une très courte scène dans une gare où l’on voyait Bond et Madeleine monter dans le train. Il s’agit d’un train et luxe et elle lisait sur le ticket :

      Madeleine : Ça dit qu’il faut bien s’habiller pour le diner.
      Bond : Je suis sur que vous pouvez vous arranger…
      Madeleine : Je ne parlais pas de moi.
      Bond : Ne vous inquiétez pas pour cela.

Script B24 13

    • Durant le combat contre Hinx dans le train, il y a une scène où Bond passait dans un wagon restaurant privé où le serveur, à qui Hinx avait piqué l’uniforme, était attaché et bâillonné. Bond se rendait dans le wagon suivant (qui n’apparait également pas les autres scripts) qui est une voiture cuisine, là il attrapait un couteau et le plantait dans l’épaule de Hinx… puis le combat bougeait dans le wagon suivant.
    • La scène dans le restaurant italien se déroule ici dans le bureau de M, le dernier survivant du groupe de légionnaire n’est pas identifié sous le nom de Franz Oberhauser, mais sous celui d’Heinrich Stockmann.
    • Lorsque la vielle Bentley se gare, le majordome qui accueille Bond et Madeleine ne dit pas que son « patron » les rejoindra à 19h pour le dîner mais que « Herr Stockmann » les rejoindra à 19h pour le dîner. Ainsi des dialogues changent légèrement par la suite :

      Madeleine : Incroyablement. Je la déteste [ma chambre]. Comment est la tienne ?
      Bond : Émouvante.
      Madeleine : Alors, où est monsieur Stockmann ?
      Bond : Il n’y a pas de Stockmann.
      Madeleine : Que veux-tu dire ?
      Bond : Ce n’est pas son nom. C’est inventé de toutes pièces. Un autre masque, un autre jeu.
      Madeleine : Tu me fais peur maintenant. Qu’est ce qu’il se passe… ?
      Stockmann : Monsieur Bond, Docteur Swann. J’attendais ce moment avant tant d’impatience que j’en suis nerveux. Vraiment. J’ai des papillons dans le ventre…

      […] 
      Stockmann : Vous devez m’excuser. Comme vous le savez probablement, j’ai maladie chronique ce qui signifie que je dois régulièrement me faire opérer. Je me rétablis actuellement d’une opération et les médicaments qui atténuent la douleur me mettent un peu à cran.
      Bond : On ne peut pas en avoir, n’est-ce pas ?
      Stockmann : Portons un toast à cette… réunion, monsieur Bond. Santé, amour et argent, et le temps pour en profiter.
      […]
    • Dans le centre d’opération :

      Stockmann : […] de catastrophes liées et contrôlées pour manipuler la politique locale et mettre en place un maximum de pression sur la scène mondiale.
      Madeleine : La foi inébranlable caractérisée par des sentiments de puissance sur ses capacités personnels, privilèges ou infaillibilité.
      Bond : J’ai un autre mot pour cela.
      Stockmann : Assez, emmenez-là.

    • Il y a un gros changement ici : il n’y a pas la scène du dîner, on passe directement du centre de contrôle au four solaire :

      Stockmann : [À l’intention des gardes] Attachez ses mains, serrées.
      Bond : Si quelque chose lui arrive…
      Stockmann : Oui, oui…
      Bond : Son père m’a dit qu’un document serait lâché. Un passeport avec tes empreintes. N’est-ce pas le Franz Oberhauser qui est recherché pour avoir assassiné son propre père ?
      Stockmann : Tu bluffes.
      Bond : Mais peux-tu te permettre de prendre le risque ? Sans vouloir paraitre rude, comment se passe cette réunion ?
      Stockmann : Est-ce que je suis vraiment si… invisible ?
      Bond : Ton vrai nom pourrait aider.
      Stockmann : Il est mort avec mon père. Hannes Oberhauser. Tu te souviens de lui ? Il t’a appris à skier et à escalader. Combien de sommets as-tu escaladé à l’Aiguilles Rouges ? Vingt-deux ?
      Bond : Je ne comptais pas.
      Stockmann : Moi si. C’était tout un exploit. Toi et lui sur ces montagnes jour après jour. Alors que son fils malade et décevant regardait depuis son poumon d’acier.
      Bond : Tu as raison, je t’ai oublié.
      Stockmann : Eh bien, moi je ne t’ai jamais oublié. [Stockmann frappe Bond, il utilise ses poings et non un Cattle prod dans ce script] Ceci est un four solaire. Quand le soleil se lèvera, il ne restera rien de toi… Alors la souffrance que tu vas endurer à présent est vraiment importante pour moi. [Il continue de frapper violemment Bond avec ses poings et ses pieds] Nous désirons la vérité, et trouvons en nous seulement de l’incertitude. Nous recherchons le bonheur et trouvons seulement la misère et la mort. Nous ne pouvons que désirer la vérité et le bonheur mais sommes incapables de trouver l’un ou l’autre. Comme ton copain Q dirait ; « c’est ennuyeux ».
      [Un des hommes de main tend un mouchoir à Stockmann pour qu’il essuie le sang qu’il a reçu, Bond se relève au lieu de rester à terre].
      Stockmann : Je ne t’ai pas cherché. C’était écrit dans les étoiles que nous nous rencontrerions à nouveau. Tu t’en es pris à moi sans même le savoir… Tu as trébuché sur mon trésorier, Le Chiffre. Le plaisir que cela m’a procuré de te regarder tomber amoureux de Vesper, puis de te l’enlever. As-tu remarqué que les femmes qui t’entourent ont tendance à mourir ? J’étais tellement inspiré quand j’ai envoyé Silva auprès de ta M bien-aimée. C’était pourtant si… insatisfaisant. Parce que tu ne savais pas que c’était moi. Bien… maintenant tu sais.
      Bond : Je vais te tuer Stockmann.
      Stockmann : Non, tu ne le ferras pas.
      Bond : Où est-il ? Q ?
      Stockmann : C’est ton voisin d’à côté. C’était touchant, il a refusé de nous aider à traquer ton sang spécial. L’homme est à peine en vie, mais je l’ai sauvé comme cela vous pourrez vous voir tous les deux mourir [Effectivement, Q s’est bien fait tabasser et est à peine conscient]. J’aurais voulu rester, mais j’ai un programme plutôt strict. D’un autre côté, il n’y aura vraiment rien à voir, trop de lumière pour l’œil nu. Quand le soleil se lèvera, tu bruleras vivant. J’aurais voulu dire que ce sera lent et long… mais ce sera étonnamment rapide. Tu sais, c’est ironique, tu es dans ma maison et bientôt je serais dans la tienne, ta fille dans mes bras. Je suis venu de loin. Au revoir, petit frère.

    • Fan-illustration par Bril Crist

    • Lorsque Bond conduit la limousine de M, il lui dit « Si je suis responsable de votre mise à la porte, je m’excuse », M lui répond « Ne soyez pas aussi pompeux 007, qu’est-ce qu’il se passe ? ».
    • Stockmann n’est pas appelé « Ernst » par C.
    • Lorsque la fiche de C apparait sur les écrans et M monte sur le podium, les dialogues sont quelque-eu différents :

      M : Ah oui, je pense que je vois… Il semble que l’on peut vraiment tout dire depuis une analyse de données correctes. Toutes les occasions où vous et Mr Stockmann vous êtes rencontrés en secret, par exemple. Sept fois en Suisse, quatre à Rome. Deux autres. Et maintenant il semble que nous connaissons sa précédente identité, il était un assassin recherché. Il a changé de nom, fondé SPECTRE, une vaste organisation criminelle. Et il vous a mis au pouvoir avec des attentats à la bombe commis au hasard. Est-ce que j’ai oublié quelque chose ?

    • Stockmann s’enfuit de Moneypenny en bateau (au lieu d’en voiture).
    • En sortant du vieux MI6, Bond dit à Madeleine qu’il faut partir d’ici et repère une ambulance garée dans le coin. Ils montent dedans (comprenez par là qu’ils la vol), « le meilleur moyen pour passer les barrages routiers ». « Où va-t-on ? », « en sécurité », « c’est difficile d’être en sécurité en étant près de toi ». 007 reçoit l’appel de Moneypenny qui l’informe que Stockmann se dirige vers le pont Westminister. Bond conduit l’ambulance jusqu’à l’une des deux entrées du pont et en descend en disant à Madeleine de rester là, avant d’aller sur le pont à pied.

Script B24 15

  • Sur la Tamise, Stockmann regarde Bond sur qui se trouve sur le pont, puis au loin où un hélicoptère l’attend sur un hélipad. Le regard de Stockmann se porte de nouveau sur Bond et il réalise ce qu’il à a faire, il demande à son « chauffeur » de se garer près du pont et rejoint Bond sur la structure. 007 à son pistolet et Stockman un pistolet-mitrailleur.

    Oberhauser : Toi et moi avions cette date en tête depuis le début.
    Bond : Ne te flatte pas.
    [Bond pivote soudainement et tire dans l’arme qui est dans la main de Stockmann]
    Oberhauser : Non !
    [Stockmann essaye de reprendre son arme]
    Bond : Stop.

    Stockmann ignore 007 et celui-ci lui tire dessus mais click, son pistolet s’est enrayé. Stockmann récupère son arme et sourit mais Madeleine, au volant de l’ambulance, fonce sur Stockmann ! Celui-ci se retourne, tire sur véhicule et touche un pneu ; l’ambulance se retourne et glisse sur le côté en évitant Stockmann avant de se crasher dans un mur, où elle se balance alors sur le bord du pont, prête à tomber dans l’eau. Bond voit que Madeleine est inconsciente à l’intérieur mais ne peut rien faire car Stockmann pointe son arme sur lui.

    Oberhauser : Tu vois Mr Bond, c’était écrit dans les étoiles.
    Bond : Je me souviens de toi.
    Oberhauser : Quoi ?
    Bond : J’ai menti, bien sûr que je me souviens de toi. Ton père parlait de toi tout le temps. Lorsque l’on faisait de l’escalade. Il n’était pas déçu avec toi. Il se haïssait car il n’était pas capable d’en faire plus pour toi. Il se blâmait pour ta maladie. Il voulait vraiment que tu sois avec nous. Avec lui. Mais tu l’as tué. Et voilà, il n’y a plus que nous maintenant. Et elle [en désignant Madeleine].

    Stockmann détourne le regard vers Madeleine et Bond en profite pour s’approcher de lui et le désarmé, il met ses mains autour de la gorge d’Oberhauser et l’étrangle, « Mais… tu es mon petit frère », « Je n’ai jamais eu de famille » et Bond ne relâche pas son empire. Finalement, Stockmann meurt comme Blofeld dans le roman On ne vit que deux fois : étranglé par Bond.

    007 se dirige vers l’ambulance et sort Madeleine, « on est en sécurité avec toi ? », « définitivement ». L’ambulance tombe dans l’eau, « tout est dans le timing ». Sous le regard de M, Bond jette son arme dans le fleuve…

  • Bond part avec Madeleine en DB5 mais il n’y a pas de dialogue entre eux et donc pas de « We have all the time in the world ».

FIN

Résumé du 9 novembre

Pour conclure cet article, nous n’allons pas nous intéresser à un script complet, mais à un résumé détaillé de l’intrigue qui s’étend sur neuf pages et qui date du 9 novembre, écrit donc entre les scripts du 17 octobre et du 1 décembre. Il est précisé que Jez Butterworth a revu les deux premiers actes tandis que Neal Purvis et Robert Wade ont réécrit le dernier acte.

Ce résumé intitulé « POTENTIAL NEW STRUCTURE – UNTITLED B24 » est en fait un mélange des trois scripts et, si la plupart des idées se retrouvent dans le script de décembre, on peut tout de même y trouver des différences, lignes de dialogues, ou des idées qui n’ont pas abouti :

  • Estrella demandait à Bond s’il allait revenir après qu’il soit aux commandes de l’hélicoptère.
  • La confrontation entre M et Moneypenny au sujet de la transcription se fait au moment où Bond entre dans la clinic. Elle conclut en disant que 007 est leur dernier espoir.
  • Il est dit que 007 fait exprès de perdre à un jeu (qui se faisait avec des pièce appelées « spooks ») afin de mettre sa montre en jeu et durant sa fuite, Bond tue le personnel du centre d’opération et contacte Q (qui se trouve chez lui, sans emploi) pour savoir comment détruire le complexe.
  • Lorsque Madeleine quitte Bond, le dialogue est le suivant : « Je ne vais pas te regarder mourir. Quand tu auras décidé de quitter cette vie, je serais là pour toi. Mais je n’attendrais pas éternellement ».
  • Oberhauser ne se contente pas de couper le courant du CNS, c’est tout Londres qui est plongé dans le noir et le courant ne revient qu’après le final sur le pont Westminister.
  • Bond se rend du CNS au vieux MI6 en voiture.
  • Bond téléphone à M pour lui dire que Oberhauser est dans l’ancien MI6. M l’avertie que le bâtiment est voué à la démolition.
  • Bond tue plusieurs gardes avant d’arriver devant Oberhauser qui se trouve derrière une vitre blindée.
  • Il est précisé qu’il tire sur l’hélicoptère d’Oberhauser depuis le bateau soit avec un fusil, soit avec fusée éclairante (au lieu de son pistolet).
  • Enfin, lorsque Bond arrive sur le pont, Oberhauser est déjà à terre à cause du crash de l’hélicoptère et sort une arme de sa botte. Bond éloigne l’arme de sa main et révèle alors que Franz Oberhauser est un orphelin, du vrai nom de « ESB » (très probablement Ernst Stavro Blofeld, nom qui n’apparait dans aucun des trois scripts), avant de l’épargner…

Épisode 6 : Les autres scripts.

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

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