Spectre : le script du 17 octobre (partie 3)

Spectre : le script du 17 octobre (partie 3)

Le spectre du script 3

Cette semaine, CJB s’attaque à d’anciens scripts de Spectre ! On vous conseille très fortement de lire les épisodes précédents avant de consulter celui-ci :

Épisode 1 : Le script du 17 octobre (partie 1).
Épisode 2 : Le script du 17 octobre (partie 2).

Untitled B24 : 17 octobre

La dernière fois, nous nous étions arrêtés alors que 007 et Madeleine descendaient du train marocain et qu’une vieille Bentley avec chauffeur se garait près d’eux…

Ils montent silencieusement dans la Bentley qui est conduite par un chauffeur en uniforme et qui les mène à un cratère isolé dans lequel se trouve différents dômes argentés, des hommes armés, une pelouse, une maison moderne, etc… La voiture se gare, ils en descendent, un majordome les accueils poliment et leur indique que son patron les rejoindra à 19h pour le dîner. Bond place son arme sur le plateau d’argent du majordome et lui répond : « Dites merci à notre hôte et que nous ne serons pas en retard ». Le majordome leur indique aussi que leurs chambres sont prêtes et ils s’y rendent.

Dans sa chambre, Madeleine est accueillie par une grande femme, Irma (probablement Irma Bunt, même si le nom n’est jamais prononcé), qui lui montre la garde-robe ; celle-ci semble être très attirée sexuellement par Madeleine…

Madeleine : Vous connaissez ma taille.
Irma : Nous savons tout sur vous, docteur Swann. Si vous avez besoin d’aide…
Madeleine : Je suis une grande fille, je peux m’habiller toute seule.

Dans sa chambre, Bond trouve un costume et des photos de lui enfant, en compagnie de Hannes Oberhauser et parfois avec aussi son fils, Franz Oberhauser ; ils sont en train de skier, jouer aux cartes, etc… Il y a aussi une vidéo de White qui se suicide qui tourne en boucle.

La nuit tombée, ils se retrouvent sur un toit-terrasse, Bond demande à Madeleine :

Bond : Vous aimez votre chambre ?
Madeleine : Incroyablement. Je la déteste. Comment est la vôtre ?
Bond : Émouvante.
Madeleine : Alors où est notre hôte ? Et comment s’appelle-t-il ?
[Une voix se fait entendre de la porte, il s’agit de celle du leader]
Stockmann : Son nom est… Heinrich Stockmann. Monsieur Bond, Docteur Swann. J’attendais ce moment avant tant d’impatience que j’en suis nerveux. Vraiment. J’ai des papillons dans le ventre [j’ai l’estomac noué].

Un chat persan blanc saute sur une table et Stockmann s’adresse à lui en disant : « Descend de là, foutu idiot ». Il pousse le chat par terre, il miaule, « Créature dégoûtante… tais-toi ». Un serveur arrive et propose du champagne à Bond.

Bond : Maintenant, tu peux peut-être me dire où est mon ami ? [Rappel : Q s’est fait enlever].
Stockmann : Chaque chose en son temps, monsieur Bond. Premièrement, portons un toast à cette… réunion. Santé, amour et argent, et le temps pour en profiter.
Bond : À cela.
[Bond lève son verre et boit]
Stockmann : C’est un plaisir de vous rencontrer enfin Dr. Swann. C’est étrange car j’ai l’impression de vous connaître si bien depuis toutes ces années.
Madeleine : Vous connaissez peut-être ma taille de robe, mais vous ne me connaissez pas.
Stockmann : Au contraire. Je vous regarde depuis le début de votre vie. Vous voyez, quand l’on a une organisation aussi grosse que la mienne, il faut garder un œil sur ses associés. Je vous ai vus grandir de petite fille à femme. Mais c’est juste moi. J’ai toujours, toujours… aimé regarder. Maintenant j’ai quelque chose que j’aimerais que vous regardiez, y allons-nous ?

Script B24 6

Stockmann amène Bond et Madeleine dans son centre d’opération, un endroit moderne avec plein d’écrans et une demi-douzaine d' »employées ». Les écrans montrent les informations de CCTV, des images de satellites, de caméra de surveillance, de diverses villes… Stockmann dit qu’il va leur montrer quelque chose qui est arrivé 48h plus tôt, tous les écrans s’éteignent sauf un qui montre un camion se garer dans une rue et le chauffeur en descendre.

Stockmann : C’est probablement mon passage préféré. Le moment juste avant, quand la scène est immaculée, tout va bien, il n’y a aucun mal pour personne. Tout est comme cela devrait être… Observez…

Soudain le camion explose, « Whoosh ! » s’exclame Stockmann et tous les écrans se rallument, ils montrent les rues autour où les gens sont pris de panique.

Stockmann : Regardez cela. Juste regardez…
Bond : Pourquoi ?
Stockmann : Avant qu’il ne s’explose la cervelle, le père du docteur Swann t’a informé que mes motivations étaient beaucoup trop stratégiquement complexes pour que tu puisses ne serais-ce que vaguement comprendre. Et avec tout mon respect, monsieur Bond, ne perdons pas de temps à essayer d’expliquer du Mozart aux singes. Maintenant… écoutons la musique.

Sur les écrans, des bulletins d’informations de partout dans le monde font un reportage sur la catastrophe dans une cacophonie de son. On peut lire « Attaque terroriste à Le Cap » sur certaines chaines.

Stockmann : Ce à quoi nous assistons, Docteur, à un niveau moléculaire, c’est le pouvoir lui-même qui prend forme.
Bond : Le pouvoir de tuer des innocents ?
Stockmann : Quelle est la différence entre ceci et un tremblement de terre ? La réponse est aucune. La raison pour laquelle nous existons est simplement les événements cataclysmiques de la nature. Tremblement de terre, inondations, sècheresse, ces « abominations » [en se faisant des oreilles de lapins] est le simple pouvoir d’influencer le plus grand bien à travers une stratégie de catastrophes liées et contrôlées pour manipuler la politique locale et mettre en place un maximum de pression sur la scène mondiale.
Bond : Une bombe en Afrique du Sud ? Juste alors que leurs leaders refusent de signer un pacte pour une nouvelle surveillance internationale ?
Stockmann : Oh, tu n’as pas été informé ? Il l’ont signé maintenant.
Bond : J’en suis sur.
[…] 
Stockmann : Alors ? Qui a faim ?

C’est donc le moment de dîner, il y a une grande table dans l’observatoire, le toit est ouvert de manière à voir les étoiles, des serveurs arrivent servir de la soupe, des légumes, du vin, mais un problème se pose avec Madeleine qui repousse son bol de soupe :

Madeleine : Je n’ai pas faim.
Stockmann : Allons, docteur Swann.
Bond : Elle a dit qu’elle n’avait pas faim.
Stockmann : Peut-être que je devrais expliquer. Vous voyez Mr Bond, Dr. Swann, bien que vous soyez mes invités, et que j’offre mon hospitalité, j’ai bien peur que vous ne soyez plus libre de choisir. À partir de maintenant, vous ferrez tout ce que je vous demande. À commencer par apprécier cette crémeuse et tout à fait délicieuse bisque de homard. Alors, faisons cela ? Allez Madeleine, vous savez ce qui arrive aux petites filles qui ne mangent pas leurs soupers ?
Bond : Cela en est assez.
[Bond se prépare à intervenir mais le serveur pointe maintenant un pistolet sur sa tempe].
Stockmann : Papa va compter jusqu’à trois… Un. Deux…
[Madeleine prend finalement une cuillère de soupe].
Stockmann : Voilà une bonne fille…

Bond : Vous savez quoi ? Je n’ai plus très faim non plus.
Stockmann : C’est un tel frisson de te revoir Mr Bond. Depuis que tu as gagné ton statut de double zéro, je surveille de très près tes progrès. J’ai toujours été là, à te soutenir, me délectant à chacun de tes triomphes. À partager tes échecs, qui semblent, êtres nombreux.
Bond : Tu devrais me rafraichir la mémoire.
Stockmann : Par où commencer ? Attends… Vesper Lynd ! [À Madeleine] Il ne t’a pas dit ? Non ? C’était « Elle ». Elle était éblouissante. Intelligente. Charmante. Si charmante, même quand cette garce menteuse aux quatre visages l’a doublé, il essayait encore de la sauver. Tristement, il a échoué. Puis il a essayé de sauver sa M bien-aimée. Mais elle est morte aussi. Tu as déjà remarqué monsieur Bond à quel point toutes les femmes que tu as connues semblent mourir ?
Bond : « Heinrich Stockmann », où as-tu trouvé cela ? Je connais un peu de choses sur toi Herr Stockmann. Toi et ton organisation dont personne n’ose murmurer le nom. Spectre.
Stockmann : Whoops ! Le chat est sorti du sac [jeu de mot, signifie « révéler un secret »] !
Bond : Le Chiffre, Quantum, Silva, ils travaillaient tous pour toi. Pour Spectre.
Stockmann : Allons Mr. Bond. Es-tu réellement en train de dire qu’une seule personne est responsable de toutes tes souffrances ? Cela fait un peu de toi… un paranoïaque. Quel est le mot, docteur, pour quelqu’un qui centre toute sa malchance et son malheur sur un seul individu ?
Madeleine : Un paranoïaque délusionnel.
Stockmann : Çà sonne bien, ne pensez-vous pas ? Paranoïa délusionnel. C’est un mot que j’ai déjà entendu auparavant. Parce que, à un moment de ma vie, je pensais aussi qu’il y a avait qu’une seule personne que je pouvais blâmer pour tout, pour toutes mes souffrances, tout mon malheur, douleur. Je l’ai dit aux docteurs, et qu’ont-ils fait ? Ils m’ont mis dans une camisole. M’ont donné des chocs électriques. Ils ont dit que j’étais délusionnel. Paranoïaque. Mais je ne me sentais pas paranoïaque. Alors du temps s’est écoulé, ils m’ont donné un peu plus de liberté et à la première occasion que j’ai eue, j’ai mis un peu de strychnine dans le café matinal du docteur. Et j’ai pris ses clés, franchi le mur, avant de partir rejoindre la Légion. C’est une bonne histoire pour l’instant… non ?
Bond : Captivant.
Stockmann : Je suis content que tu le penses.
Bond : Alors, qui c’était ? Ce démon qui a ruiné ta vie ?
Stockmann : C’est si injuste que tout ce qui tourne mal dans la vie remonte à l’enfance docteur, ne le pensez-vous pas ? Quand vous êtes trop petit, trop faible, pour y faire quelque chose. Je n’étais pas un très bon enfant, mais j’aimais follement mes parents. Puis un jour, ils ont accueilli un autre garçon à la maison. C’était un orphelin dont les parents étaient morts dans un accident d’escalade. Lorsqu’il est arrivé, tout ce qu’il a fait ce fut de rester dans sa chambre et pleurer comme bébé. Mais alors que le temps passait, il est sorti de sa coquille. Le garçon était grand, fort, avec des yeux bleus glaciaux. Il était absolument l’incarnation de tout ce que je n’étais pas. Et mon père est tombé d’admiration pour lui. Il a passé tous ses jours avec lui, à skier, escalader, chasser, jouer au poker la nuit. Je m’asseyais seul dans ma chambre, à écouter mon père jouer aux cartes heures après heures avec ce garçon. Ils jouaient des noisettes en guise de jetons. Un jour j’ai demandé si je pouvais jouer. Mon père a dit… Mon père a dit que l’excitation ne serait pas bonne pour mon cœur. Mais je l’ai supplié et il a finalement cédé. Ce qu’il ne savait pas, c’est que j’avais secrètement appris à jouer. Tout seul, dans ma chambre. Et la nuit où nous avons joué, j’ai doucement commencé à gagner au cours de la soirée. J’ai gagné au moins la moitié des noisettes du cuckoo [jeu de mots qui peut se traduire traduit par imbécile/fou ou par oiseau de race « coucou »]. Je pouvais voir le cuckoo transpirer. […] Et à la main suivante, j’avais tous les coeurs du Roi. Une flush ! J’ai poussé toutes mes noisettes au milieu, le cuckoo me regardait et a fait de même. Puis il a atteint son poignet, et retiré la montre en argent que son défunt père lui avait donné avant de la placer sur la table. Et soudainement… j’ai paniqué. J’ai pensé, mon Dieu, il a une meilleure main. Il a une meilleure main que moi. Et j’ai commencé à trembler, et vous savez ce que j’ai fait ? Je me suis couché. Et quand il a retourné ses cartes, il avait une paire de trois. Il n’avait rien, il bluffait. C’est comme si c’était hier, n’est-ce pas, cuckoo ?
Bond : J’ai bien peur de ne pas m’en souvenir.
Stockmann : Bien sûr que tu ne t’en souviens pas, pourquoi tu t’en souviendrais ?
Bond : Tu t’appelles Franz Oberhauser… le fils unique de Hannes Oberhauser. Herr Oberhauser est mort dans un incendie à Kitzbühel, en Autriche. Un incendie criminel.
Stockmann : Tu as tord, monsieur Bond. Franz Oberhauser est mort aussi. Dans le désert de Tanger… Tu veux savoir comment je m’appelle ? Mon vrai nom… est… DOULEUR… [Il s’adresse à un garde] Commençons.

Concept art d'une pièce ressemblant à celle-ci par Tim Browning.
Concept art par Tim Browning d’une pièce ressemblant à celle décrite ci-dessous.

Il fait toujours nuit, 007 est dans une sorte d’abattoir où il y a des traces de sang par terre, il est ligoté sur une chaise, une tablette affiche ses statistiques vitales.

Stockmann : Regarde ça. Ce sont tes statistiques vitales. Je les ai eus pas par ton petit copain du MI6. Ça valait la peine de le laisser en vie juste pour cela !
Bond : …Où est-il ?
Stockmann : Voyons voir… Pression sanguine, fréquence cardiaque, température cutanée.

Stockmann prend un « Cattle prod » et commence par frappé Bond à plusieurs reprise juste pour le plaisir en gardant un œil sur la tablette. 007 hurle de douleur, mais ne cherche pas à dialoguer.

Stockmann : Whoops, regarde cela… Où est ton visage impassible maintenant, Mr Bond ?.. Ça fait mal n’est-ce pas ?.. C’est fun… Tu sais, je ne suis pas docteur, mais à en juger par toutes ces données… Fréquence cardiaque, respiration, niveau d’adrénaline, dilatation des pupilles, je dirais… que tu as peur… As tu peur 007 ? C’est cette peur que nous voyons ?.. Tu es vraiment quelqu’un de drôle…

Finalement Stockmann arrête de frapper Bond avec sa Cattle prod et lui révèle une information importante :

Stockmann : Tu sais où tu es, petit frère ? Ceci est un four solaire. Quand le soleil se lèvera, tu seras lentement en train de cuire ; mais ne t’inquiète pas, cela prendra des heures. La chair va gentiment tomber des os.
Bond : J’ai une question. Pourquoi tous ces jeux ? Pourquoi pas juste une balle ?
Stockmann : Ha. C’est une bonne question.
Bond : Ça l’est, n’est-ce pas ?
Stockmann : Hé bien, c’est très simple enfaite. La vérité c’est que je n’ai jamais voulu que tu meures. Après tout, les morts ne ressentent pas la douleur.
Bond : Je te promets que… Regarde-moi dans les yeux. Si tu ne me mets pas tout de suite une balle dans la tête, je te retrouverai et je te tuerai.
Stockmann : Oh, c’est une menace plutôt effrayante.
Bond : Ce n’est pas une menace, mais une promesse.
Stockmann : Hé bien, je serais fou de prendre le risque alors.
Bond : Oui, tu le serais.
Stockmann : Tu sais quoi, tu as raison, je ne peux pas courir ce risque. Je me suis bien amusé, il est temps de mettre une balle où il faut. [Il se lève avec une arme qu’il a chargé] Au revoir Mr Bond, tu me manques déjà…
Bond : Tu veux jouer une dernière main Franz, en souvenir du bon vieux temps ? Il y a un dossier à Londres. Il te relit à Spectre et relève ta vraie identité. Si quelque chose arrive à Madeleine, le dossier sera rendu public et tout ton château de cartes s’écroulera.
Stockmann : Tu bluff.
Bond : Vraiment ? Tu ne peux en être sur.
[Stockmann regarde la tablette, la fréquence cardiaque de Bond est normale]
Stockmann : J’ai plus d’yeux au MI6 que tu ne pourrais le penser monsieur Bond. Beaucoup, beaucoup plus… Cela ne va pas me prendre très longtemps pour le découvrir…

Stockmann/Oberhauser (appelons-le Stockmann puisque c’est le nom qui est avancé avant chacune de ses lignes de dialogues) se lève et se dirige vers la porte en ajoutant « Ne t’inquiètes pas, j’ai toujours beaucoup tenu à elle… Je m’occuperais d’elle pour toi », avant de définitivement s’en aller. Un luxueux hélicoptère avec Oberhauser et Madeleine à l’intérieur décolle du cratère et s’en éloigne avant de disparaitre dans le lever du soleil. Enfermé dans le four solaire, Bond entend une voix qui viens de la cellule d’à côté :

Q : 007…
Bond : Q !
Q : Premièrement, je voulais que vous sachiez que je vous blâme pour tout cela.
[Les rayons du soleil commencent à bruler la peau de Bond]
Bond : Q. Il commence à faire sacrément chaud. Une quelconque idée ?
Q : Vous avez toujours la montre, ou vous l’avez aussi perdu ?
Bond : Quoi ?
Q : La montre… j’ai menti à propos de la montre…
[Bond défait la montre]
Q : 007…

Alors que sa peau brule, 007 met en marche le compte-rebours de la montre explosive et la place près de la porte de la cellule. Boum ! La porte explose et atterrit en plein sur un garde. Un autre garde réagit et sort son arme, Bond le désarme, le pistolet atterrit aux pieds de Q. Le garde parvient à se saisir de l’arme de son collègue décédé et met Bond en joue. Bang ! Le garde tombe, Q l’a tué, il est traumatisé. Bond réplique par :

Bond : Sometimes a trigger has to be pulled (De temps en temps il faut bien appuyer sur la gâchette – en écho avec un dialogue de Skyfall).

Bond voit un SMS sur l’un des téléphones des hommes de main : « Sont-ils morts ? », il tape une réponse et Bond dit à Q qu’il faut détruire cet endroit. Dans l’hélicoptère, Stockmann lit la réponse sur ton téléphone et dit à Madeleine : « Je pensais que je me sentirais fou de joie lorsque se serait fini, mais maintenant… je me sens vide ».

Dans le centre d’opération, des techniciens surpris voient des miroirs se reconfigurer, ceux-ci concentrent les rayons du soleil sur un système de refroidissement. Q et Bond sont à une distance sécuritaire :

Q : En concentrant la lumière du soleil sur le système de refroidissement, l’ordinateur va instantanément surchauffer et causer une réaction en chaine.
Bond : Et ?
Q : Deux issues possibles. La première va juste court-circuiter l’endroit.
Bond : Et la seconde ?
Q : C’est compliqué à expliquer, mais si le système est surbooké à sa limite, je pense que cela va…
[BOUM, une explosion en chaine géante !]
Bond : Je pense que j’ai compris.

Londres, il fait nuit et il pleut violemment. Bruce Denbigh marche dans le bâtiment du CNS qui s’apprête à recevoir une réception en vue du lancement du Nine-Eyes. C dit à un assistant qu’ils seront en ligne à 20h00, et demande « où se trouve notre bienfaiteur ? ». L’assistant lui répond qu’il a atterri, mais qu’il est juste en train de faire un petit détour. C est content, « Splendide, amusant de voir à quel point l’histoire avance vite ».

Comme pour illustrer les paroles de C, une vedette noire s’arrête près de l’ancien bâtiment du MI6 qui porte les stigmates de l’explosion provoquée par Silva. Heinrich Stockmann, Madeleine, Irma et d’autres hommes de main en descendent, ils sont accueillis par un assistant de C, un certain Jenkins. Ils entrent dans le bâtiment délabré, il y a des câbles un peu partout, un filet et un ascenseur de construction et ils s’arrêtent devant le mur commémoratif. Là Stockmann fait un commentaire en disant que ce sont ceux qui ont donné leurs vies pour ceux qui ne connaissent même pas leurs sacrifices (« quel ramassis de conneries »), et ordonne à Irma d’aller fouiller du côté de la chambre forte. Le voici qu’il s’adresse maintenant à Madeleine :

Stockmann : Qu’en penses-tu, mon enfant ? Y’a-t-il un dossier ? Ou est-ce qu’il bluffait ? Je ne sais vraiment pas ce que je vais te faire s’il a menti. Et dans le cas où il aurait dit la vérité ? […] [Ils arrivent à l’endroit d’où l’explosion est partie] Ah, la scène du crime. Ils ne pouvaient même pas sortir l’argent pour le reconstruire. C’est vraiment un pays du tiers monde.
Madeleine : Vous avez fait cela ?
Stockmann : J’adore le revendiquer. Mais c’était mon ami monsieur Silva. J’ai fourni l’argent bien sûr. Je pense que l’on peut dire que j’ai mis de l’huile sur le feu…
Madeleine : Pas étonnant que mon père ait arrêté de vous faire confiance. Vous êtes juste un autre criminel à la petite semaine.
Stockmann : Un diagnostic correct Dr Swann, mais que partiellement. Je suis un criminel, mais pas à la petite semaine.

Au nouveau MI6 à Whitehall, nous retrouvons Gareth Mallory à son bureau qui est désormais vide. Il tient une petite boite qui contient une Croix de Georges qu’il avait obtenue pour sa bravoure lorsqu’il servait dans les SAS. Moneypenny entre et lui demande s’il est prêt, M lui répond qu’il est prêt comme il ne le serait jamais. Ils sortent du bureau et M s’adresse brièvement au staff entier du MI6 (dont Tanner) qui l’attendait à l’extérieur, c’est un discours d’adieu. M s’en va, Moneypenny et Tanner le regardent partir dans une limousine mais Moneypenny est surprise : « Bizarre, ce n’est pas son chauffeur habituel », « que voulez vous dire ? », « mauvaise plaque minéralogique ». Ils se regardent, Tanner s’exclame, « Jésus », et sort son téléphone.

La limousine de M accélère, Mallory demande c’est quoi ce bordel et c’est 007 qui lui répond : il conduit la voiture. Bond lui dit qu’il espère qu’il a apprécié sa retraite mais qu’il reste quelques affaires à régler. Le téléphone de M sonne, Bond demande qui c’est, Tanner, et Bond dit à M de lui dire de les retrouver au département Q.

Sur une table du département Q, il y a des armes et Bond examine un plan du CNS building :

Bond : Votre boulot est d’amener Q ici.
Q : The Vertex, c’est le terminal d’où sortent le plus gros des données.
M : Nous devons empêcher la mise en ligne, sinon Stockmann aura accès à tout.
Bond : Au contraire. Nous allons les laisser faire… avant de l’utiliser contre lui.
M : Contre Stockmann ?
Bond : Contre son numéro deux.
M : Qui c’est ?
Bond : Le Chiffre était le trésorier, Silva le magicien de la technologie. Deviez qui est l’expert de la sécurité…
M : Denbigh, ce bâtard.
Bond : Allons-y, Q, nous sommes toujours aveugle ?
[Un point apparait sur une carte, près du pont Vauxhall, il s’agit de la localisation du téléphone de Stockmann]
Q : Ce n’est pas parfait, mais voici la dernière localisation du téléphone. Stockmann était sur la rive sud, puis le signal à tout simplement disparu.
Bond : Il n’y a qu’un seul endroit où il peut être…
Bond et Q : …la cage de Faraday.
M : L’ancien MI6 ?
Q : Ce doit être là.
Bond : Il se cache sous notre nez.
M : Qu’est-ce que vous allez faire ?
Bond : Vous avez toujours votre accès à l’aviation de la section 6 ?
M : …oui.
[Moneypenny et Tanner les rejoignent]
Bond : Qu’est-ce qui vous a pris si longtemps ?

À l’ancien QG du MI6, Madeleine regarde le bateau noir s’éloigner. Irma lui dit : « Votre père était un bon fantassin avant qu’il ne devienne un alcoolique lâche et un handicap », « J’aimerais vous briser la nuque », « Pourquoi n’essayez-vous pas ? Je suis juste là ». Au CNS building, les invitées arrivent, dont M, ce qui étonne Denbigh : « Je dois dire que je suis surpris que vous ayez répondu à l’invitation », « Oh, je ne voulais rater cela pour rien au monde », « nos écoles publiques forment de si fervents masochistes ».

Madeleine repère un morceau de métal sur une fenêtre et le prend, elle se prépare à frapper Irma avec mais celle-ci évite le coup et lui donne un coup de poing dans l’estomac. Madeleine tombe à terre mais n’abandonne pas, elle se remet et pied et commence soudainement à courir. Elle passe une porte mais se retrouve face à un trou dans le sol, elle recule pour prendre de l’élan et saute par-dessus. Irma lui dit qu’elle est une « enfant pathétique » et soudain les deux femmes ont conscience du bruit. Le bruit d’un hélicoptère qui se rapproche. Le pilote, James Bond, balaye l’endroit avec des projecteurs, mais à cause du vent fort (rappelons qu’il pleut à seaux), 007 se pose sur le toit du bâtiment. Il descend de l’appareil mais deux hommes armés arrivent, il remonte dans le cockpit pour les éblouir avec les projecteurs et les tues, deux balles, des « coups gagnants ». Bond s’enfonce maintenant dans les entrailles du vieux MI6… Pendant ce temps, au CNS building, un discours est prononcé. Stockmann se trouve dans le public, un de ses hommes vient lui murmurer quelque chose à l’oreille, il devient blanc puis sourit : Bond est vivant.

L’ascenseur de construction du vieux MI6 descend. Deux hommes armés le remarquent, les portes s’ouvrent et ils mitraillent l’intérieur ; il n’y avait cependant personne dedans. Bond se trouvait sur le toit de l’ascenseur et tue les deux hommes d’une balle chacun. Soudain quelqu’un mitraille l’ascenseur par en dessous, 007 en sort et saute par-dessus des trous dans le sol. Il tire dans une lucarne et le verre brisé tombe sur les hommes en dessous, ils sont blessés et Bond en profite pour les tuer.

Photo 18 oct (22)

Du côté du CNS building, C prend la parole (et révèle au passage une information importante) :

C : Merci. Bien, comme vous devez le savoir maintenant, la construction de ce joli bâtiment n’a été possible que grâce à la généreuse donation d’un homme extraordinaire. Faites un pas en avant je vous prie, monsieur Heinrich Stockmann.
[Un projecteur éclaire Stockmann et le public applaudi, mais en le regardant, C voit que quelque chose ne va pas]
C : Alors, finalement sortie de l’ombre… monsieur Stockmann, Ernst si je peux me permettre, j’aimerais vous inviter [à venir sur la scène] pour mettre le système en ligne.
Stockmann : Bien sur.

Dans un tonnerre d’applaudissements, Stockmann se dirige vers la scène sous le regard de M. Dans la zone technique de ce bâtiment, Q et Tanner se branchent sur le réseau. Il se trouve que Tanner a une arme pointée sur Jenkins : « vous serez emprisonné pour cela Tanner », « Alors vous tirer dessus ne ferrait pas une grande différence ». Du côté de la scène, C murmure à Stockmann de lui dire ce qu’il ne va pas pas, Stockmann lui murmure que Bond et en vie et appuie sur le bouton qui met en ligne le système. Des données illuminent les écrans de la salle. « Si cela m’expose, vous êtes mort », avertit-il à C. Stockmann descend de la scène et se dirige vers la sortie alors que Denbigh propose une démonstration au public. Moneypenny suit désormais Stockmann à distance raisonnable…

Au vieux MI6, le son de l’ascenseur se fait de nouveau entendre. Bond tire dans le câble, il le touche mais le câble ne se casse pas. Soudainement, une porte s’ouvre derrière Bond, un homme de main ouvre le feu, manque 007 qui lui ne le manque pas. Alors qu’il a maintenant le dos tourné à l’ascenseur, la porte de celui-ci s’ouvre et un homme de main pointe sur arme vers Bond qui lève alors les mains en l’air pour se rendre. Bond se retourne rapidement et tire à nouveau dans le câble qui se romp, l’ascenseur et l’homme qui était dedans descendent violemment de quelques étages avec fracas, « on descend » commente Bond.

Du côté du CNS, Q presse sur un bouton de son clavier. Dans la salle de l’inauguration où Denbigh fait sa démonstration, la fiche personnelle de Denbigh apparait sur l’écran derrière lui et M prend la parole :

M : Passionnant. Ce qui apparait derrière vous là, qu’est-ce que cela représente ?
C : Mauvaise page, les problèmes de lancement, comme souvent. [C se retourne et se rend compte que c’est sa propre fiche sur l’écran] Bien, je… ce n’était…
M : Ah oui, je pense que je vois. Ce que nous regardons, mesdames et messieurs, c’est le profil numérique d’un homme impliqué dans un réseau international de terrorisme. Voici, par exemple, les fonds secrets transférés sur des comptes d’une banque suisse entre vous et monsieur Stockmann. [Plus de données, M rejoint C sur la scène] Il y a juste dix jours, vous vous êtes rencontrés dans un restaurant de Rome. Avec vous, il y avait Sciarra, le poseur de bombe à Mexico. [Plus de données] Il y a un mois, monsieur Denbigh et monsieur Stockmann à l’hôtel Mont Nelson de Le Cap. Qui ils rencontraient ? [Sur l’écran, la vidéo d’un homme marchant dans le hall de l’hôtel avec les mots « suspect pour l’attaque à la bombe »]. Il semble que l’on peut vraiment tout dire depuis une analyse de données correctes… Maintenant nous savons ce que C signifie…

À l’extérieur du bâtiment un orage s’est levé, la pluie est torrentiel maintenant. Moneypenny a suivi Stockmann jusqu’à la sortie, il se dirige maintenant vers un bateau. Moneypenny en informe Tanner qui dit à Q de faire bloquer les routes. À l’intérieur, C dit à M qu’il n’a pas de pouvoir dans ce bâtiment mais des policiers s’approchent de la scène pour arrêter Denbigh, « mais eux si ».

Du côté du vieux MI6, Bond se rapproche d’Irma. Lorsqu’il la voit, celle-ci à une arme pointée sur la tête de Madeleine qui est désormais enchainée et baillionée. Irma n’a pas repéré Bond, elle est en train de détacher Madeleine et de l’amener ailleurs lorsque soudain boum ! 007 passe à travers un mur au volant d’une pelleteuse ! Irma prend une décision rapide, une décision de suicide, elle se jette dans un trou du sol en emportant Madeleine avec elle. Bond descend de la pelleteuse, trop tard, il s’approche du trou et voit que les deux femmes sont enfaite tombées dans un filet de sécurité qui est doucement en train de céder sous leurs poids. Bond essaye d’aider, les deux femmes sont en train de se battre dans le filet, celui-ci se décroche mais 007 l’attrape. Finalement Madeleine donne un coup de pied à Irma, s’accroche à un câble et Bond relâche le filet… Irma chute ainsi vers sa mort. 007 demande à Madeleine si ca va, elle lui répond que non qu’elle pensait qu’ils allaient y rester ; il lui dit qu’il est désolé de la décevoir. Ils s’embrassent.

Moneypenny essaye de contacter Bond mais il est hors de porté, le bateau est en train de démarrer… Moneypenny fait alors ce qu’elle a faire, elle prend son arme, cours, vise et tire sur le bateau. Elle le rate et les hommes de main à l’intérieur s’apprêtent à retourner le feu lorsqu’elle tire une seconde fois et touche le réservoir d’essence, BOUM ! Stockmann et son dernier homme de main abandonnent le bateau et vont sur la rive où une voiture attend. Moneypenny tire, touche l’homme de main, mais Stockmann monte dans la voiture et s’enfuit ; elle prend son téléphone.

Script B24 6

À l’extérieur du vieux MI6, Bond reçoit un appel de Moneypenny qui l’informe que Stockmann se dirige vers lui, seul, en voiture. En raison des barrages routiers, elle lui dit qu’il ne pourra que passer par le pont Westminister. Lorsqu’il lui demande ce qui est arrivé aux hommes de main, elle lui répond qu’elle n’est pas une si mauvaise tireuse après tout… Bond demande à Madeleine si elle l’attendra, elle lui répond que oui, et il commence alors à courir en se dirigeant vers le pont Westminister.

Stockmann arrive sur le pont et voit une silhouette noire devant lui, Bond, il ralentit et descend de la voiture. La pluie tombe violemment, les deux hommes se rapprochent en marchant comme dans un western sauf que Bond n’a pas son arme dans la main alors que Stockmann à un pistolet-mitrailleur.

Stockmann : J’aurais voulu dire que j’avais prévu que cela se déroulerait comme cela, mais ce serait mentir. Je n’ai pas…
Bond : J’ai.
Stockmann : Je vois. Alors comment tu voyais les choses, juste toi, moi, le clair de lune ? Qu’en dirait notre amie thérapeute ?
Bond : Elle a dit : tue l’autre enfoiré.
Stockmann : Comment ? De tes mains nues ? Tu sais ce que je pense ? Je pense que tu as toujours voulu que ce soit comme cela. Tu vois Mr Bond, c’était écrit dans les étoiles depuis le début.
Bond : Tu veux parier ?
Stockmann : Un pari, monsieur Bond ?
Bond : Tu vois, j’ai un Walther PPK 9mm dans cette poche et il y a trois balles dedans. Je pense que je peux le dégainer avant que tu ne presses la détente. Et tu le penses aussi, n’est-ce pas ?
Stockmann : Même maintenant tu continues à bluffer ?
[Plus loin sur le pont, M et Moneypenny descendent d’une voiture]
Bond : Tu ne me crois pas ? Alors vas-y. Tout ce que tu as à faire c’est d’appuyer sur la détente. Ou tu as trop peur ? Trop faible ? Ou alors tu vas juste me manquer.
Stockmann : Je ne pense pas que je vais te manquer Mr Bond, pas à cette distance…
Bond : Il parlait de toi tout le temps. Il n’était pas déçu avec toi. Il se blâmait lui-même pour ta maladie. Il t’aimait. Il n’a jamais cessé de t’aimer jusqu’à la fin. Mais tu l’as tué. N’est-ce pas… frérot ?

Stockmann est soudain déconcerté par ces mots, son pistolet-mitrailleur s’abaisse de manière imperceptible, et en une fraction de seconde, Bond dégaine son PPK et tire deux balles dans la poitrine de son « frère », simultanément, Stockmann en tire une dans l’épaule de Bond. Stockmann tombe à terre mais Bond parvient à rester debout, il pose son pied sur le poignet de Stockmann qui tient encore l’arme. Bond se penche sur lui :

Bond : À propos, ce n’était pas une paire de trois… mais une paire de deux. [Bond pointe son arme sur la tête d’Oberhauser] Désolé copain, tu as encore perdu…
Stockmann : Mais… tu es mon petit frère.
Bond : Je n’ai jamais eu de famille.

Pan ! Bond tire une balle dans la tête de Stockmann ! Franz Oberhauser est définitivement mort. Bond prend un mouchoir dans sa poche et essuie le sang de son épaule, il regarde vers M puis vers la Tamise. Il regarde ensuite son PPK pendant un moment (« le dernier moment » nous dit le script) puis décide de le jeter dans le fleuve et de rejoindre Madeleine. Elle lui demande pourquoi il a jeté son arme et il répond que cela « l’entraînait vers le bas ». Il s’éloigne avec elle, loin de M, loin du pont, loin de Londres, loin…

Une semaine plus tard, Bond s’introduit dans l’atelier de Q mais tombe sur ce dernier. Q lui dit qu’il pensait qu’il était « parti » mais Bond lui dit qu’il a besoin d’une dernière chose… Le James Bond Theme commence à se faire entendre, Q lui jette des clefs et Bond le remercie. Une série de plans de près, une main tourne les clefs dans le contact, un compte-tour revient à la vie, le moteur démarre, un embrayage est pressé et le levier de vitesse est poussé vers l’avant. Bond est dans le siège conducteur de la DB5 et se tourne vers Madeleine qui est dans le siège passager :

Madeleine : Où allons-nous, James ?
Bond : J’ai quelques idées dans ma manche, après tout… nous avons tout le temps du monde (we have all the time in the world).

James Bond appuie sur l’accélérateur, les roues tournent et l’Aston Martin DB5 s’éloigne, les amenant quelque part… n’importe où… ensemble…

FIN

 

Alors que penser de ce script (si ce n’est qu’il y a un tas d’éléments qui sont meilleurs ici que dans le film ?). Selon le site Wikileaks, plusieurs cadres de Sony et MGM ont été satisfaits et enthousiastes vis-à-vis des deux premiers actes de ce script (et des précédents), mais pas du dernier qu’ils trouvaient trop calme et ennuyeux.

Un mémo daté de quelques mois plus tôt, fin août, propose de couper vingt pages du troisième acte et « une sorte de twist au lieu d’une série de poursuite aquatique avec des armes » car « c’est Blofeld après tout, qu’a-t-il dans sa manche ? ». Cependant, il n’est nullement mention d’aucune « grosse » poursuite en bateau dans le script du 17 octobre (aurait-ce un rapport avec ceci ?), pas plus que de Blofeld (eh oui, ce nom n’y apparait nullement, seulement « Ernst » est mentionnée). Enfaîte ces idées ont été développées dans des scripts antérieurs mais abandonnées par la suite… mais nous y reviendrons plus tard.

Un haut placé de la MGM écrit que le script montre déjà de nombreux actes de terroristes horribles et suggère que le Spectre devrait en avoir prévu un beaucoup plus gros pour le final du film ; un acte terroriste (ou quelque chose d’autre) qui nécessiterait d’avoir accès à toutes les bases de données des agences de renseignement (Nine-Eyes). Spectre devrait aussi avoir plus urgent à faire que de détruire un document.

D’autres personnes se demandent la signification de la fin : pourquoi Bond semble-t-il vulnérable à Madeleine ? Démissionne-t-il ou prend t-il des vacances bien méritées ? Ressent-il un sentiment d’accomplissement pour avoir terminé la dernière mission de M (Judi) ? Par ailleurs, on s’interroge également sur une vidéo de Vesper que Bond ne regarde jamais (un élément qui n’apparaît pas dans le script du 17, mais qui revient dans celui de décembre).

Des idées sont émises, comme développer une histoire avec les données des renseignements qui inclurait un pacte entre le MI5 et des sociétés privées, inspiré du vrai deal que la CIA a avec Amazon. Éclaircir le fait que Bond sache que C est un méchant, développer l’histoire du Nine-Eye et de Stockmann (notamment son ascension en chef du Spectre). Réduire les scènes de dialogue avec White et avec Stockmann : l’asile, les noisettes, meurtre de son père, c’est « trop d’idée pour une seule scène ». Hinx ne devrait pas mourir dans la scène du train afin qu’il puisse revenir pour le final du film, et revoir peut-être revoir les priorités de Bond qui choisit de sauver Madeleine plutôt que d’empêcher l’activation du Nine-Eye. Faire en sorte que Bond arrose quelqu’un de son sang pour pouvoir localiser la personne par la suite.

Par ailleurs, des « illogismes » sont soulignés : pourquoi Stockmann ne se débarrasse-t-il pas de Madeleine ? Pourquoi Stockmann ne regarde pas Bond souffrir dans le four solaire alors qu’il semble être motivé par la vengeance ? Pourquoi Bond ne semble pas vraiment inquiet lorsque Q disparaît ? Pourquoi au MI6 personne ne remarque que Q a disparu ? Pourquoi veulent-ils tuer White maintenant alors qu’il semble être sur leur liste depuis longtemps ? Considérant que le renseignement est le domaine de C, pourquoi Stockmann ne s’adresse pas à lui pour trouver le dossier dont Bond lui parle ?

D’autres cadres critiquent le troisième acte car celui-ci implique des tonnes de sbires, Irma et que les séquences sont exagérés et familières comme la cage d’ascenseur, un filet et un hélicoptère. Il est également dit que « Blofeld » devrait être dans un autre endroit pendant ce temps là. Une autre suggestion est émise : « Et tuer Blofeld d’un tir dans la tête ? Je ne sais, cela semble brutal, même pour Bond », n’y a-t-il pas un moyen de le tuer autrement ?

Il est également proposé, début novembre, plusieurs idées pour réduire le budget de Spectre qui était trop élevé. Parmi les changements suggérés il y avait l’idée de tourner la scène de la villa romaine en Angleterre, de réduire le nombre de wagons du train, d’oublier la pluie lors des scènes finales et de montrer les aspects modernes du Mexique. Il est aussi précisé que le partenariat avec Heineken aidera à réduire le budget.

Enfin en novembre, il est fortement envisagé que le troisième acte soit réécrit, ce qui s’est finalement fait par la suite. Le président de la MGM exprime d’ailleurs être content des réécritures aussi bien d’un point de vue créatif que financier.

Épisode 4 : Le script du 1 décembre.
Épisode 5 : Les scripts du 8 octobre et du 9 novembre.
Épisode 6 : Les autres scripts.

About the author

Clément Feutry
Fan passionné de l'univers littéraire, cinématographique et vidéoludique de notre agent secret préféré, Clément a traduit intégralement en français le roman The Killing Zone et vous amène vers d'autres aventures méconnues de James Bond...

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème :

Au service secret de Sa Majesté : le shooting script

George Lazenby n’a fait qu’un seul Bond, mais