Spectre Entertainment Weekly

SPECTRE nous racontera-t-il une quatrième fois la même histoire et les origines de James Bond ? C’est ce que laissent supposer de nouvelles déclarations de Sam Mendes dans l’article d’Entertainment Weekly :

Bond a été rebooté à la fin du film [Skyfall], c’est seulement le début de l’histoire. Le mythe de la création de Bond ne s’est jamais produit. Je sentais qu’il y avait là une occasion : qu’est-ce qui fait de lui ce qu’il est ? Et qui sont les gens qui l’ont affecté tout au long du chemin ? Vous racontez en quelque sorte l’histoire à reculons de comment Bond est devenu Bond. (Sam Mendes)

Depuis 2006 avec le reboot de Casino Royale, trois réalisateurs nous ont raconté cette histoire de comment James est devenu Bond. Martin Campbell nous a raconté l’histoire d’un jeune agent indiscipliné devenant l’agent 007 que l’on connaît suite à une histoire d’amour, Marc Foster à filmé l’histoire d’un agent indiscipliné devenant le James Bond que l’on connaît suite à une histoire de revanche (schéma qui n’est pas sans rappeler Jason Bourne), et Sam Mendes nous a fait découvrir dans Skyfall comment un vieil agent indiscipliné renaît de ses cendres pour devenir James Bond, revenant à ses origines et allant jusqu’au bout de sa relation avec une figure maternelle.

L’histoire change à chaque fois, mais le schéma reste le même. La nouvelle saga s’enrichit d’un nouveau 007, d’une nouvelle organisation, et de nouveaux alliés, mais on désespère toujours de voir James Bond enfin serein par rapport à son identité pour aller défaire les méchants de par le monde, comme il nous avait habitué au cours de 40 années d’aventures.

Avec SPECTRE, ce 4e James Bond semble s’engager une nouvelle fois vers une nouvelle variante des origines de 007, avec davantage de secrets du passé revenant sur le devant de la scène, et le retour de l’organisation terroriste au symbole de pieuvre.

Skyfall del aout 9

A moins de trois mois de la sortie, de nouvelles questions se posent sur cet éternel reboot :

Quoi de neuf pour 007?

Après trois films sur les origines de Bond, que reste il encore à raconter ? L’organisation de SPECTRE a déjà fait son entrée dans les deux premiers films sans dire son nom. La seule chose qui a changé depuis 2006 ce sont les droits d’exploitation du SPECTRE et de Blofeld qui sont revenus du camp McClory à EON production, et le succès plus que mitigé de Quantum of solace qui a mis un gros point d’interrogation sur les pistes lancées par le Bond mal aimé de Marc Forster.

Pour ce qui est du SPECTRE, on peut faire confiance aux scénaristes pour renouer les fils de Casino Royale et Quantum, via le personnage de Mr White avec un nouveau SPECTRE qui s’assume dans toute sa splendeur et s’inscrit dans la tradition des anciens Bond.

Spectre concept art 4Pour ce qui est des origines, on peut aussi faire confiance au talent de Sam Mendes pour reprendre le matériel et l’héritage de Ian Fleming pour nous raconter une histoire convaincante qui tient la route et procure des émotions au public.

La réelle question est donc de savoir ce qui va mener l’intrigue : est-ce que ce sera la menace d’un ennemi vraiment à la hauteur du service secret, avec le passé de Bond en arrière plan (comme dans Skyfall avec la menace de Silva et la relation entre M et Bond en arrière plan).  Ou à l’inverse, aurons nous le passé de Bond au centre de l’intrigue qui dirigera l’intrigue comme la vengeance de Bond dans Quantum of Solace.

Dans les deux cas, cette énième variation de la même histoire racontée depuis 10 ans peut elle encore convaincre le public ?

Quand en finirons nous avec les origines de Bond ?

Avec plus de 40 ans d’aventures derrière lui, l’agent 007, comme tout super héros qui se respecte, offrait une figure mythique que tout le monde connaît et un formidable matériaux pour un réalisateur qui veut faire quelque chose d’original et aller plus loin dans son Bond film en ne se limitant pas à une simple mission de 007.

Après avoir recréé un James Bond valide après la chute du mur de Berlin dans Goldeneye, Martin Campbell avait montré toute l’étendue de son talent en réussissant un superbe reboot dans Casino Royale en jouant sur la figure de l’agent secret, le matériel de Fleming et les codes connus du public. Cela aurait du suffire à relancer durablement les aventures de Bond sur grand écran.

C’était sans compter sur Marc Forster qui voulut lui aussi jouer avec les origines et les motivations avec le demi succès que l’on sait. Avec un réalisateur comme Sam Mendes appelé à la rescousse, on ne pouvait pas s’attendre à ce que le créateur d’American Beauty, Les sentiers de la perdition et des Noces Rebelles se contente d’une simple aventure, ce qui nous a valu un retour aux racines écossaises de James et le sacrifice de M.

Pour que Sam revienne à la réalisation, il avait dit lui même qu’il faudrait qu’il ait quelque chose de neuf à apporter et de nouvelles idées à offrir. Même avec le SPECTRE offert sur un plateau, cela ne suffisait sans doute pas au réalisateur anglais, et nul doute que c’est lui qui a insisté pour creuser plus loin dans les motivations et le passé de Bond. Connaissant le talent de Mendes pour des drames familiaux mêlés étroitement à de l’action superbement filmée, on peut être confiant que cette aventure nous ravira, même si elle veut changer l’histoire derrière la silhouette de l’agent secret.

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Mais combien de temps cela va t il encore fonctionné auprès du public ? Au bout de la 4e Aston Martin reintroduite avec fracas, après une énième crise d’identité de James Bond et peut-être une nouvelle perte d’un être aimé, va t on encore s’intéresser aux tourments intérieurs de Bond ? Ne ferait il pas mieux de se concentrer sur de nouveaux méchants à défaire et de nouvelles intrigues dignes de ce nom, plutôt que de nous raconter encore une fois comment il a gagné ses premiers gadgets, la confiance de ses patrons et son Quantum of Solace ? Une crise d’identité de 10 ans, voilà qui est un peu long, même pour cet éternel adolescent qu’est James Bond, sans oublier que plus on lui rajoute une histoire, plus on risque de se contredire avec les films précédents, et de sceller la séparation entre une première saga classique, et une nouvelle série de films de James Bond version 2.0.

A titre d’exemple, on peut prendre la trilogie du Dark Knight de Christopher Nolan qui malgré ses brillantes idées et sa réalisation à succès à finit par se prendre les pieds dans son reboot perpétuel du chevalier noir.

Le Bond que nous méritons ou le Bond dont nous avons besoin ?

Il semble donc que nous soyons bien condamnés, pour les cinq films du Bond blond de Daniel Craig, à devoir sans cesse le voir renaître de ses cendres et hésiter entre ses motivations et ses sacrifices.

Mais en fin de compte, n’est ce pas ce que James Bond a toujours fait ? Il défait les méchants, n’en fait qu’à sa tête, et sacrifie moult Bond girls, alliés et personnages féminins. Dans le même temps, nous le public avons toujours demandé à ce qu’on nous offre des Aston Martin vrombissantes, des gadgets astucieux, des aventures excitantes et des missions de haut vol bourrées d’action. Des personnages comme Tracy, Blofeld, Paris Carver ou Alec Trevelyan renvoient aussi directement au passé douloureux de Bond.

La seule différence avec les films d’avant 2006, c’est que les passages obligés sont maintenant reliés aux origines et aux sentiments de Bond et pas juste à sa simple mission.

S’il y a un risque réel dans tout cela,c’est le style sombre et sérieux avec lequel sont comptées ces aventures, et qui risque de lasser le public, alors que des espions comme Ethan Hunt, les hommes d’UNCLE et de Kingsman offrent plus de joie et d’insouciance.

Mais vous ? Voulez-vous encore fouiller le passé de Bond dans ses prochaines aventures ?

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Ytterbium
Webmaster de Commander007.net Ne reculant devant aucun monologue, aucune traduction et aucun codage de site internet, l'Ytterbium ne vit que pour le plaisir de parler de Jamesbonderies... entre autres !

2 Comments

  1. Ces références perpétuelles au passé de Bond ne me dérangeaient pas jusqu’à présent parce qu’elles étaient assez subtiles…
    « And since you’re first thought about me ran to orphan, that’s what I’d say you are »
    « Pathological rejection of authority based on unresolved childhood trauma »
    Par contre ça risque de me poser problème si ces références prennent une part importante à l’intrigue. J’aimerai vraiment une mission toute simple qui ne laisse pas de place à des implications sentimentales personnelles du style vengeance, renforcement identitaire…
    J’ai vraiment l’impression que ces thématiques font partie d’un cahier des charges de producteurs et que les réalisateurs doivent composer avec. Regardez Mission Impossible 4 de Brad Bird est juste décomplexé et fun et y’a plein d’idées de réalisation complètement délirantes (peut être trop).

  2. Hum, est-ce que j’aimerais que l’on encore fouiller le passé de Bond dans ses prochaines aventures ? Bonne question, je pense qu’il faut différencier deux sortes de passés, celui avant Casino Royale et celui qui va de CR à aujourd’hui. Dans le premier cas, oui pourquoi pas si cela apporte quelque-chose de sympa et que ce n’est pas introduit comme un cheveux sur la soupe. Dans le second cas, non, merde ça va fait 10 ans que Bond à battu le Chiffre et il n’y a pas toujours coincé White, on ne sait pas qui est derrière ce type (si tenté qu’il y ait quelqu’un), et toutes les questions soulevés à la fin de CR sont toujours en suspend, aucune révélation depuis le générique de fin. Il faudrait que Spectre close une bonne fois pour toute l’histoire débuté dans CR, et ce de manière totale et absolue, sans trou d’ombre, et bonne (perso je n’ai pas ta confiance envers les scénariste qui ont déjà relativement merdé dans Sky et QOS). Quand je lis (souvent) sur les forums « je voudrais que Blofeld apparaisse qq minutes avant la fin pour que 007 s’attaque à lui dans B25 », j’ai envie de les étrangler ! Non, que l’on en finisse les gars. J’ose espérer que le prod’ à retenu la leçon des dernière années, vouloir faire une suite c’est dangereux et autant faire les films 1 à 1 (gréve des scénariste de quantum, problème avec la MGM de sky, et remise en question des droit de distrib Sony après Spe).
    D’un autre coté, le Bond cool et détendu ne passerait plus vraiment pour moi. Damn, en regardant MI:5 je me suis dit que ce n’est plus possible, l’espion doit un minimum souffrir et compter sur son intelligence (les gadgets ne doivent par être des facilité scénaristique !). Là dans, MI5 c’était assez ridicule à mon sens. Le truc, c’est que la seul manière dont Bond souffre (or les coup de corde dans les testicule), c’est plus dans son passé depuis 2006. Il devrait souffrir pour la mission, genre en étant confronté à des choix très difficiles pour arrêter le vilain, aucun bon choix, juste le « moins pire ».
    La fin de Skyfall appelle à un Bond classique, ils ont tout réintroduit de manière à ce que le prochain soit classique (sauf la fin le l’histoire débuté CR), et il est temps d’en finir avec.

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