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Daniel Craig dans la scène finale supprimée
Daniel Craig dans la scène finale supprimée

Cet article passionnant est adapté de celui de nos amis de MI6-HQ. Alors que Jesper Christensen vient de finir sa part du tournage de SPECTRE, avec le retour de Mr. White, regardons 7 ans en arrière avec une scène clé qui aurait dû fortement changer le destin de l’homme de Quantum.

La fin de Quantum of Solace a laissé les spectateurs avec plusieurs questions sans réponses, l’une d’entre elle étant le destin du représentant de Quantum, Mr. White. Au départ cependant, ce qu’il devient après avoir échappé au MI6 et assisté à la représentation sous tension de Tosca ne devait pas être laissé ouvert, les réalisateurs ayant non seulement écrit, mais aussi filmé une scène impliquant à la fois Jesper Christensen et Paul Ritter (Guy Haines dans le film), qui viendrait conclure l’histoire et le film.

La scène supprimée devait impliquer 007 qui confronte Mr. White et le traitre Guy Haines. Elle devait également comprendre la mythique réplique « Bond, James Bond », dans la droite suite de Casino Royale (réplique qui n’apparaît à aucun moment dans Quantum of Solace). La scène a été tournée avec les acteurs sous la direction de Marc Forster le 14 avril 2008 et a pris place à mi-chemin du tournage qui a eu lieu de janvier à mi-mai. La décision de couper la scène a été prise lors du processus de post-production, après avoir pris en compte deux éléments : l’histoire en général, et le futur de la franchise.

La décision de couper la scène finale du film semble être une réserve par rapport à la possibilité d’utiliser le personnage de Mr. White dans les prochains films, et de continuer la trame de Quantum.

jesper

Marc Forster a également ajouté que, au moment de la production, la fin de Quantum telle qu’elle qu’on nous l’a montré était une façon plus naturelle de conclure l’histoire qu’il voulait raconter.

« Je trouvais juste que cette scène amenait le spectateur dans une direction émotionnelle différente, et je sentais que la façon dont nous avons choisi de terminer le film, avec Bond ayant trouvé son minimum de réconfort [Quantum Of Solace en anglais] concluait l’arc narratif. Cette scène finale supplémentaire aurait plus été une accroche ouvrant sur autre chose. Un cliffhanger sans suite » – Marc Forster

Plusieurs versions de la scène ont été filmées : une où Haynes réalise qu’il n’est plus seul et demande « Qui êtes vous bordel ? ». La réponse du public était évidente, et Forster pensait qu’il serait plus intéressant de laisser du suspense en concluant sur Bond regardant silencieusement le vilain. Une seconde option a été filmée par l’équipe de tournage avec Daniel Craig répondant par la célèbre réplique « Bond, James Bond ».

« D’une certaine façon, je pense que ce n’est pas mauvais [que Bond taise la réponse que tout le monde attend]. La réplique est déjà là et sera toujours là. La chose la plus intéressante avec Bond, c’est que le personnage ne cesse d’être réinventé. Renverser les attentes sur cette réplique n’est pas une mauvaise chose » – Marc Forster

Selon MI6-HQ, le plan original était d’avoir Bond éliminant les deux vilains, avec le dernier tir se fondant avec le fameux gunbarrel qui avait été conservé pour la fin du film.

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Que penser de cette fin alternative qui avait une durée d’environ une minute ? Après la fuite en avant que constitue le parcours de Bond pendant tout le film, la confrontation face à l’ex-petit ami de Vesper permettait de clore le cycle sentimental de Bond qui l’animait dans sa mission (même si elle y arrivait de façon frustrante avec une ellipse nous privant des révélations entre Bond et Yusef).

James Bond fait face à Haynes et White
Photo de Bond tirée de la scène supprimée
où il fait face à Haynes et White.

L’organisation Quantum, elle, était un peu l’arlésienne de ce film, ne cessant d’être frôlée par Bond avant de disparaître chaque fois de l’autre côté de la planète. La scène la plus réussie du film est sans nul doute l’arrivée à l’Opéra de Tosca nous montrant les ramifications et l’organisation du réseau, avant que l’intrigue ne s’échappe pour se concentrer sur les manigances de Dominic Greene. Pendant tout le film, l’intrigue se refuse de trop parler de l’organisation sur laquelle on n’apprend au final pas grand-chose si ce n’est qu’elle implique des puissances économiques et politiques. Son fonctionnement et ses motivations restent obscurs, et seuls les vautours de Bolivie auront entendu les aveux finaux de Dominic Greene à 007 (« Je t’ai dis tout ce que tu voulais savoir sur Quantum »). La scène finale aurait permis d’apporter plus d’éléments afin qu’on ait au moins apprit après 1h30 de film, quelque chose de neuf depuis l’apparition de l’organisation dans Casino Royale.

Cependant, d’un point de vue cinématographique, cette scène aurait sans doute été une erreur. Tout d’abord, elle n’aurait été que la transposition de la scène finale de Casino Royale (Bond rentrant en scène pour confronter un méchant) sans rien apporter de neuf. D’autre part, elle aurait fait revenir ce diptyque Casino Royale / QOS à la case départ, en ramenant Bond au pré-générique où il assassinait froidement un traitre. Bref, la scène n’aurait été qu’un remake des scènes de Casino Royale et du personnage de Mr. White, qui aurait, malgré le talent des acteurs, rajouté de la déception à l’équilibre précaire qu’est déjà Quantum.

La seule idée originale aurait été d’avoir Bond, laisser en suspend sa réplique pour faire son travail et exécuter Haines. Cela aurait été scénaristiquement fort, mais ça aurait également fait apparaître 007 pour le plan final, uniquement comme un assassin sombre et meurtrier : pas forcément le meilleur message à faire passer au public.


Au final, quelque soit l’option qui aurait été conservée, supprimer la scène nous aura au moins permis de garder l’option du retour de Mr. White pour une troisième, et peut-être dernière mais magnifique aventure, plutôt que d’utiliser sa mort comme une résolution d’un script peu sûr de lui. Cette scène pourrait aussi expliquer les propos acides tenus par Jesper Christensen au cours des dernières années, où il dénonçait le taux de morts inutiles dans une grosse production qui se voulaient divertissante. En se laissant convaincre par Sam Mendes, l’acteur danois permet de faire en sorte que son personnage reste sur un sans faute depuis son introduction en 2006.

SPECTRE, semble-t-il, s’élèvera sur les cendres de Quantum. En attendant, il nous reste quelques photos de la fameuse scène, une adaptation en jeu vidéo nous montrant Bond s’apprêtant à confronter Haynes et White, et enfin un extrait d’un reportage vidéo danois qui même si filmée de loin nous laisse voir White prêt à éliminer Haynes. Le tout à voir ci-dessus ou ici. Qui aurait tué qui ? Qui aurait survécu ? On le saura peut-être un jour si la scène est révélée (ou simplement piraté dans les comptes de Sony). Il nous reste tout de même cette réplique glaçante de Mr. White :

Ce n’est pas votre faute. Mais ils savent qui vous êtes.

Ainsi que quelques interviews de Marc Forster d’une époque où nous pensions que cette scène (et plein d’autres choses) finiraient dans les bonus des DVD, naïfs que nous étions :

Qu’est-ce que les fans peuvent espérer trouver sur le DVD/Blu-ray en ce qui concerne les scènes coupées ou d’autres bonus ? Ou êtes-vous encore en train d’y réfléchir ?
Pas grand-chose pour l’instant, mais il y a juste une petite scène de supprimée et puis il y a des tonnes d’images prises depuis les coulisses, vous savez nous avons fait l’ensemble des behind the scenes […], mais ce sera probablement ce qui sera inclus.

Est-ce que cette scène était une fin différente ?
Cette scène ? En fait oui, où [le film] se termine maintenant, il y avait une autre scène derrière. Mais je l’ai viré.

Pouvez-vous nous dire en quoi cette scène consistait ?
Non, vous ne voulez pas spoiler cela parce que… il vaut mieux juste garder les choses comme elles sont. Je veux dire nous avons tourné la scène et cela a fonctionné. Je pense que c’était une bonne scène, tout le monde l’a adoré et à la 1ère projection il y avait cette scène, puis nous avons pensé que non, terminons simplement juste là sur ce collier. Il a obtenu son quantum of Solace. Voilà tout, voilà où le film se termine et n’y allons même pas.

Pouvez-vous nous dire combien de temps elle durait ?
Quelque chose comme une minute.

Okay. Intéressant.
Mais je peux vous dire qu’il rencontrait Mr. White dans cette scène.

Vraiment ? Vous me tuez maintenant.
Ainsi, on pourrait presque commencer le prochain film avec cette scène.

Voilà ce que je voulais savoir.
Je ne sais pas si ce sera une trilogie ou non, mais ils pensent… Je ne sais pas. Je pensais à eux s’ils voulaient, ils pourraient juste… […] ça leur donne la possibilité de commencer un truc complètement nouveau ou… mais avec cette scène vous étiez presque obligé de vous lancer dans une trilogie.

Comment en êtes-vous arrivé à ne pas utiliser le slogan ? Le « Bond, James Bond » ? Vous ne vouliez pas l’avoir dans votre film ? Est-ce un signe distinctif ou est-ce… ?
Vous savez, c’est assez intéressant car je l’ai filmé mais cela a été supprimé. Je l’ai coupé. Cela y était… et puis je l’ai coupé… mais j’ai filmé la réplique, mais les producteurs ont ressenti la même chose donc je l’ai supprimé.

Et il y a beaucoup de petites scènes comme ça ? Des scènes qui étaient ici et là dans le film et qui ont été supprimées du film ?
Non, non, non. Juste celle-ci.

Collider

Oui, il y avait une scène qui se situait juste après où se se termine le film maintenant. Comme il est désormais, le film montre sorte de complétion avec James Bond qui trouve son quantum of solace. Si j’avais gardé la scène, les producteurs n’auraient pas eu d’autre choix que de faire une trilogie. Maintenant, ils peuvent commencer un nouveau truc. Ils en ont la possibilité. Mais si j’avais gardé la scène… disons le de cette façon : Bond rencontrait Mr White à la fin de cette scène… vous n’auriez pas eu le choix […].

REELZ

Et un peu plus tard :

Il y avait une scène après la fin du film, c’était une sorte d’accroche avec Bond et Mr. White, une scène très courte. Je sentais qu’elle forçait les producteurs à presque faire une trilogie, mais désormais ils ont le choix de continuer ou commencer un nouveau truc, peu importe.

Je sentais que la scène n’apportait pas vraiment grand-chose chose à l’histoire, malheureusement la fameuse réplique [« Bond, James Bond »] était dans cette scène. Tout le monde dit que je ne l’ai pas filmé, mais si. Je n’ai pas coupé la scène à cause de cette ligne. J’ai regardé le film avec et sans cette scène, j’ai préféré la version sans alors nous avons décidé de la laisser de côté. La scène n’est pas sur le premier DVD, je ne sais pas si elle sera sur le second.

Den of Geek

Quoi qu’il en soit, il nous reste la promesse du retour de Mr White dans Spectre et de ses répliques sans pareil :

Vous un cerf-volant qui danse dans un ouragan, Mr. Bond

mrwhite

Source : MI6-HQ / Collider / REELZ / Commanderbond.net / Den of Geek

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