Le Monde ne Suffit Pas (1999)

Le Monde ne Suffit Pas (1999)

twine1Le monde ne suffit pas est un de mes petits préférés. C’est aussi le premier James Bond que j’ai vu au cinéma. Je ne le mettrai pas en tête de liste, mais je trouve que c’est un très bon cru dans la saga, et qu’on n’en parle pas assez.

Un Bond inédit

Alors que le film précédent proposait un scénario plutôt convenu avec un conflit mondial, autour duquel s’articulaient toutes les scènes d’action, ce Bond là nous plonge dans le monde du pétrole où la contamination du Bosphore n’est qu’un des aspects de l’intrigue : trahison, enquête, vol de bombes, attentats et kidnapping rythment une mission de 007 où nous ne connaissons pas d’entrée de jeu la finalité.

Bond met du temps à se rendre compte de a situation. Lui et le MI6 sont manipulés à leur insu, ce qui nous ramène directement aux scénario du type Bons Baisers de Russie où chaque personnage a un rôle trouble. Le terroriste est amoureux, l’héritière manipule tout le monde, M laisse parler son cœur, et Zukovsky retourne sa veste. Bond lui même est blessé (ça change, même si l’épaule ne l’empêche pas de faire les galipettes les plus invraisemblables), et on a enfin le droit, après 18 films, à une poursuite au cœur de Londres.

Jouissif à regarder

C’est ce qui fait l’autre atout du monde ne suffit pas, c’est la réussite de la plupart des scènes (excepté peut-être le final dans le sous-marin). Incroyables comme toujours, mais amenées de façon crédible, et qui deviennent un vrai régal à regarder. Ça rappelle les Bond de Connery où il était dur de croire à l’action, mais où l’on prenait un plaisir jubilatoire à les regarder. La réalisation des poursuites est claire, les décors sont très variés, modernes et présentés sous un jour intéressant : Londres depuis la Tamise, le sous-sol aux bombes avec une curieuse architecture, le château du MI6, le sous marin à la verticale…Les technologies nouvelles sont bien incorporées dans l’intrigue, tels les parahawks, les hélicoptères, les pipelines, ou le bateau dans la plus pure tradition bondienne.

Ce visuel très réussi est attractif est accompagné par une des meilleurs BO de la saga, rythmée, moderne, et qui guide parfaitement l’action. Les scènes de dialogues sont très agréables également, présentant des répliques dont la plupart sont amenées à rester cultes, et une scène de torture comme on en avait pas vue depuis Goldfinger.

Bons personnages, mauvaises interprétations ?

Pierce Brosnan est au sommet de sa forme, et tout à fait à l’aise dans son smoking, alors que le XXe siècle se termine, il maîtrise ironie, action, drague et sérieux en étant parfaitement dans la peau de Bond. On le voit enfin tuer de sang-froid et rencontrer des adversaires à sa hauteur.

Les personnages qui l’entourent sont bien un peu caricaturaux, mais le fait qu’ils soient inhabituels dans la saga les rend vraiment intéressants. Les ennemis comme Renard, Zukovsky ou les sous-fifres sont surjoués avec intensité, constituant enfin de vrais adversaires pour Bond.

Je vous entend déjà dire que Sophie Marceau joue « comme un semi-remorque » (l’expression n’est pas de moi, mais bien trouvée), et que Denise Richard n’apporte rien à l’intrigue si ce n’est ses mensurations visuellement attractives, et qu’elle est aussi crédible en scientifique que Bond en clown. Je suis d’accord, mais le personnage vraiment original d’Elektra King arrive à me faire oublier le jeu sans finesse de son interprète. Et comme Christmas Jones ne reste que modérément dans les pattes de James Bond, elle n’handicape pas la bonne continuation de la mission. Il en est de même avec la BMW Z8 qui n’arrive pas à faire oublier l’Aston, mais qui se contente ici d’un usage modéré.

Conclusion

Bref, pour conclure, je dirais que ce Bond est classique et moderne, et c’est ce qui fait son charme. En effet, il nous présente des situations bien bondiennes comme on les avait oubliées avec la surdose d’américanisation précdédente. Les scènes souvent inédites sont accompagnées un visuel vraiment agréable (avec un générique magnifique). Ce film réussi avec brio à quitter le XXe siècle sans regrets (à part le départ de Q), en appréciant la modernité et le tempéremment british et classe de Bond, qui s’inscrit dans une bonne continuation de la saga.

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Des Jamesbonderies... entre autres
Avant de devenir webmaster du site, Yvain / Ytterbium faisait vivre son blog "Des Jamesbonderies... entre autres". Un monde de chronique et de dossiers plus ou moins pertinents aujourd'hui disponibles sur CJB !

0 Comments

  1. Smiert plutôt pro Twine aussi

    Plusieurs points :
    – Pour moi , Twine possède incontestablement l’un des meilleurs pré-génériques de toute la série ( je le mets au même niveau que celui de TSWLM )

    – Générique effectivement superbissime où , pour une fois, Daniel Kleiman utilise merveilleusement le motif de l’or noir …Qui correspond au leitmotiv du film . ( à l’opposé de séquences gratuites type  » fille incrustée dans diamant » ou autre mini-clip …)

    – On en apprend un peu ( bcp ? ) plus sur le fonctionnement interne du MI6 . Jusqu’à présent , à part le bureau de M,et les labos de Q , on n’avait pas vu grand’chose de l’intérieur de la maison . Là , on se balade enfin dans les couloirs …

    – Le titre est tout simplement fabuleux …Même si l’intrigue est pour moi un peu réductrice ( la mer caspienne et ses oil fields ne font pas trop exotiques ) . Perso, j’aurais carrèment mis ce titre de côté pour une autre aventure ( peut-être plus en rapport direct avec l’histoire personelle de James Bond ? )

    – Carlyle est génial…Mais , comme la plupart des Méchants de l’ère Brosnan, tragiquement sous-exploité . Avec un Méchant qui ne sent pas la douleur , on aurait pu avoir droit à des scènes d’anthologie , et là, hélas …Rien…

    Du côté des petits défauts ….

    – La BMW…Bien sûr …

    – La scène d’adieux à Q ( version Lllewylin ) . Pas assez émouvante , et John Cleese apparait trop en bouffon …

    – La mort trop rapide de la merveilleuse Cigar Girl …Superbissime Maria Grazia Cucinotta, hélas bénéficiant d’un temps de présence à l’écran plutôt réduit…

    Enfin, je suppose que vous le saviez mais il est bon de signaler qu’une des versions du pré-générique prévoyait une private joke de taille en se situant à l’origine à …Genève ( d’où présence d’un Banquier Suisse ) , patrie de…Danjaq !

  2. Smiert Anti Quantum ( Again ! )

    En fait , soyons honnête , devant la vacuité totale de Quantum of Solace ( rien à faire : à chaque fois que je me le repasse , j’ai bien du mal à relier ce film à la saga …Aucune inventivité , des personnages creux au possible , et une logique interne défiant l’imagination…) , ben je me dis que , finalement ,  » l’ère Brosnan  » était pas si mal que ça …
    Bcp plus fidèle en tout cas à l’univers de 007 tel que nous le connaissions alors …
    Mon Dieu, Faîtes que le prochain réal du Bond23 ne se gauffre pas comme cet ampoulé de Marc Foster !!!!!

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