La naissance de Bond

La naissance de Bond

craigSuite de mon analyse sur la naissance du personnage de Bond , et son cheminement vers la James Bond attitude. Après qu’on nous l’ait présenté, Bond part en mission, va explorer différents chemins, et éprouver différents obstacles avant de devenir Bond pour de bon.

Aux Bahamas

Pour la première partie de sa mission, Bond suit un peu sa manière de faire montrée précédemment : sans trop de soucis pour repérer Dimitrios, et en prenant même le temps de défoncer des bagnoles. Normal pour notre Bond encore un peu fou. Le premier affrontement qui le met à l’épreuve est la partie de poker. Malgré sa désinvolture, Bond se retrouve face à un vrai méchant, froid et menaçant. On a une première apparition de la James Bond attitude lorsque notre James gagne, et demande le ticket du voiturier. Ça fait très James Bond, et un dérivé de James Bond theme est audible en musique de fond. La scène de drague avec Solange est un peu moins bondienne : il s’y prend de façon encore arrogante, « en voyou » comme le dit Solange.

Ce n’est qu’à partir du moment où il va à Miami que les choses se corsent. Sa façon d’abandonner Solange est très professionnelle (et un peu bondienne il faut l’avouer). Une fois à Miami, Bond perd le contrôle des choses et est obligé de courir après son objectif au lieu de juste le suivre. Il se fait surprendre par Dimitrios, et il a beaucoup de mal à arrêter Carlos (le terroriste). Il s’en prend plein la gu… et on voit, à la tête qu’il fait une fois qu’il a réussi à arrêter le camion, que c’était vraiment gros pour lui. Il n’en tient d’ailleurs plus sur ses pattes.

Deuxième coup dur lors du débriefing avec M. On voit que la mort de Solange le trouble tout de même. Sa mission a réussi, M lui parle d’égal à égal, mais 007 sent que tout ne sera pas toujours aussi facile, qu’il faudra peu être changer sa façon de faire. C’est d’ailleurs ce qu’il fera par la suite.

 Le personnage de Bond progresse vers la Bond attitude, après avoir éprouvé, des obstacles durs (à l’aéroport) et par rapport à sa façon de faire (la mort de Solange).

Au Monténégro

Bond commence a attraper la 007 attitude. Le dialogue avec Vesper est typiquement bondien et James arrive tout de même à être à la hauteur, même si la James Bond Girl lui fait comprendre qu’il n’est qu’une brute sans autre chose que « son exceptionnel petit cul ». Elle lui fait sentir ses faiblesses et ce qu’il est. La encore, on peut entendre le james Bond thème qui approche.

Arrivé à l’hôtel, Bond montre ses premières difficultés à se comporter dans le milieu riche. Il y va toujours au culot et avec une arrogance pas toujours fine. En plus de ça, il se fait rabaisser par Vesper qui lui donne son costume. On sent un certain rapprochement avec elle, et aussi le vrai James Bond qui arrive. Quand il se regarde dans le miroir, la 007 musique est présente. On sent que Bond commence à trouver sa personnalité avec le smoking. Ça se voit d’ailleurs au début de la partie lorsqu’il commande son Vodka Martini. Ça ne l’empêche pas cependant de commencer à perdre contre Le Chiffre... et de se justifier en étant d’autant plus arrogant.

Pendant tout la partie, il accumule alors les contrecoups et les faiblesses : il digère mal la bagarre dans l’escalier et on voit qu’il n’aime pas sa façon de tuer (il suffit de voir la scène où il se nettoie et se regarde dans la miroir), il goûte à la défaite face au Chiffre, affronte le refus de Vesper, perd son sang-froid, frôle la mort avec l’empoisonnement, ne profite même pas de sa victoire car on lui kidnappe Vesper immédiatement après … Bref, Bond se rend compte que sa façon de faire ne lui réussit pas, que ce soit par rapport à ses sentiments, sur le champ de bataille (où il se fait battre plusieurs fois), où même une fois la victoire acquise puisqu’il se fait torturer.

Son arrogance ne suffit pas pour battre des adversaires comme Le Chiffre, et sa seule chance est d’avoir toujours quelqu’un pour le sortir d’affaire (Félix Leiter, Vesper, Mr White). Parallèlement, il se rapproche de Vesper Lynd où il cherche une forme de réconfort. On voit l’amour naître.

 Dans cette séquence au Monténégro, Bond arrive à se débrouiller en public pour avoir la classe qu’on attend de Bond (teintée tout de même d’arrogance), mais il affronte sur tout les terrains des revers cuisants qui vont l’envoyer à l’hôpital. Il prend conscience de ses limites, et en plus, une histoire d’amour lui tombe dessus.

En Italie

Bond commet une nouvelle erreur, il se repose sur ses lauriers avec Vesper. Il pense pouvoir oublier avec elle tout ce qu’il a subi, et passer à autre chose. En pensant pouvoir quitter les services secrets, Bond oublie de tirer les conséquences des échecs qu’il a vécus. Il pense qu’en se débarrassant du traître Mathis, il sera en sécurité.

La dure réalité se rappelle à lui lorsque d’un seul coup, il se rend compte à la fois que la mission n’est pas finie (l’argent n’est pas rendu), et qu’il est trahi par celle qu’il aimait. Au début, il n’y croit pas et court dans Venise, moins après Vesper qu’après son illusion de pouvoir être tranquille. La mort de Vesper Lynd brise d’une part ses sentiments amoureux et d’autre part lui fait comprendre qu’il ne peut faire confiance à personne (voir l’article sur la mort de Vesper ).

Il accepte finalement son âme de tueur et d’agent secret : il DEVIENT Bond. Pour cela, il trouve enfin la personnalité de James Bond qu’il cherche depuis le début du film, et se lance à fond, et consciemment dans sa carrière.

Finie l’arrogance, fini l’emballement. Bond naît véritablement. On a enfin ce cocktail de classe, de décontraction, de force, d’ironie, propre à James Bond. C’est alors que le spectateur se rend compte que cette James Bond attitude masque en fait la déception et les épreuves que l’agent d’origine a subies.

La dernière scène nous présente ce James Bond, enfin complet. Il réussit à arrêter Mr White d’une façon très bondienne. En se présentant, il tire un trait sur ses erreurs, son passé, ses émotions en raccrochant le portable de Vesper (ça lui permet en plus d’accomplir sa vengeance), et Bond apparaît véritablement sous nos yeux lorsqu’enfin il prononce la vraie phrase :

« The name is Bond… James Bond »

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Des Jamesbonderies... entre autres
Avant de devenir webmaster du site, Yvain / Ytterbium faisait vivre son blog "Des Jamesbonderies... entre autres". Un monde de chronique et de dossiers plus ou moins pertinents aujourd'hui disponibles sur CJB !

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